Rosemar, je n’ai pas pensé que l’article était inutile, bien au contraire, mais j’ai préféré mettre les points sur les « i » pour contrer les dérives, classiques, chez les propagandistes religieux genre « pro-vie ».
Non Sabine, l’IVG n’interrompt pas « LA » vie, ça, cela ne veut rien dire, la vie passe son temps à s’interrompre de toutes les manières possibles. Toutes les cellules sont vivantes, avant de mourir comme aurait pu dire La Palisse… Quant aux cellules fécondées, c’est une forme de vie comme une autre. La contraception interrompt aussi la vie alors (exemple : le stérilet, méthode empêchant la nidation de l’oeuf fécondé ou la pilule du lendemain).
Prononcer simplement cette phrase : ’interruption de la vie" est la marque d’une idéologie. C’est la vôtre, peut-être, mais ce n’est pas la mienne. Le droit à l’IVG est un droit à protéger absolument et d’autant plus contre les manipulateurs de mots, les plus dangereux, les plus difficiles à combattre face à face.
Cette affaire est vraiment intéressante à observer pour ce qu’elle révèle des comportements « désaccordés ». C’est curieux comme elle provoque des failles dans les blocs de conviction. Les gens paraissent écartelés dans leurs habitudes, entre condamner et approuver, admirer et se moquer, banaliser et en faire un fait de société.
Le fait qu’il s’agissent d’actions qui touchent le « sexuel » est pour beaucoup dans la gêne de ceux qui, par ailleurs, seraient à fond pour des actions de provocation et manifestations politiques. D’ailleurs, l’action que l’auteur préfère c’est « comment renverser une voiture de police », c’est-à-dire la bonne vieille action gauchiste avec un adversaire traditionnel et clairement ciblé.
Là, des remarques comme « le mauvais goût » ou « l’absence de pudeur » sont davantage du registre de la bonne bourgeoisie moraliste que des « indignés »… ou la critique de la récupération du « no pasaran » est assez contradictoire pour qqu’un dont le pseudo et l’avatar sont piqués à une légende de la Révolution…
Je me permets d’attirer votre attention sur le risque qu’il y avait à traiter votre sujet sur le seul angle du viol. Le fil qui s’en ai suivi démontre bien que le risque était réel : le lobby religieux des « pro-vie » est très actif et souhaite arriver à faire supprimer l’avortement. Focaliser la question de l’IVG sur le seul cas des femmes violées laissent entendre que l’IVG dans les autres cas ne serait pas légitime.
Le débat sur l’IVG pour les seules femmes violées n’a en réalité aucune raison d’être. L’IVG est un droit reconnu à n’importe quelle femme qui désire arrêter une grossesse non voulue tant qu’elle est à un stade embryonnaire. Point.
Par leurs arguties et leurs manipulations sémantiques (bien connues !), les adversaires de l’IVG ont pu s’en donner à coeur joie… Ainsi cette notion d’avortement « post-natal » (schweitzer) qui ne veut absolument rien dire. Ou la fameuse interruption de « la vie » (Sabine, Foufouille), ou pire : l’IVG consisterait à « punir un être innocent » (péripate)… ben voyons ! et revoilà l’avortement « de confort » du Front National. Le vocabulaire est déjà une propagande éhontée. Enfin, je n’ai pas tout lu, mais c’est l’esprit général du fil.
Il faut juste rappeler que les femmes ont le DROIT de pratiquer des IVG pour quelque raison que ce soit. Ces raisons ne regardent personne et n’ont aucun intérêt. Leur statut de « victime » ne leur donne aucune légitimité supplémentaire dans leur droit à l’IVG.