« Grâce au recul dont nous disposons ont peut désormais évaluer ce qu’est le
socialisme. C’est une régression de type religieuse pour des catégories
sociales angoissées par le monde moderne, des gens en transition sociale et
qui le supportent mal. De ce point de vue, et parce que les sociétés
libérales sont par nature évolutives, il est juste de dire qu’ils sont
effectivement victime du libéralisme. Il l’expriment d’ailleurs de façon
assez attendrissante. Ainsi a un quelconque porto allègre, les alter ont
affirme conjointement, avec cet absence de cohérence intellectuelle qui les
caractérise et les révèle, "qu’une autre vie était possible, mais que
malheureusement, elle ne l’était pas parce que le « système capitaliste » s’y
opposait victorieusement".....Soit dit en passant, cela est bien la preuve
que ce qui les intéresse vraiment est que les autres, vivent autrement,
comme eux le voudrait : le pouvoir ! Parce que des milliers de moines et
religieuses dans le monde par exemple, prouvent que l’on peut faire
délibérément le choix de vivre autrement en dehors du systeme, sans que qui
que ce soit s’y oppose...
A tous égards, l’adhésion a des idées « socialiste » s’analyse comme une
réaction a des situations d’anomie et donc comme une réponse a une
pathologie sociale. Mais cela, on le sait depuis longtemps. Des petits
bourgeois qui se prennent pour une avant garde « ouvrière » dans des sociétés
qui ni au 19eme ni au vingtième ni encore moins au 21 eme siècle n’ont
jamais été majoritairement ouvrières, ou qui quelle que soit leurs
difficultés a définir le « peuple » aboutissent touours a des définitions qui
les placent en dehors, ont nécessairement un problème d’identité. »
Désolé, cher ami, mais tout ce qui précède n’est à mon sens que salmigondis empreint de sophismes et d’extrapolations.
« Évoquer
le stalinisme est un truc des socialistes pour éviter d’avoir
a penser ce qui est le pus grave, le plus important et le plus caractéristique,
qui est la stagnation Brenevienne. »
Un
truc de « néo-marxistes-léninistes », peut-être ;
mais certainement pas un de mes trucs en tous cas (idem pour bien
d’autres que moi), le brejnevisme n’étant à mon sens qu’une version
soft du stalinisme.
La
stagnation est le destin inéluctable de toute dictature, cher ami ;
et ce, quelle que soit l’idéologie qui la sous-tend.
Le
+ grd drame des régimes marxistes-léninistes, au fond, fut d’avoir
voulu à tout prix passer par l’étape capitaliste (selon la théorie
marxiste du matérialisme historique) via une dictature étatique et
et bureaucratique, par laquelle ils entendaient rattraper au plus
vite leur retard au regard des puissances capitalistes - voire de les
dépasser in
fine - , en termes de développement économique stricto
sensu,
suivant la maxime machiavélique qui veut que « la fin justifie
les moyens ».
« et
ils ont eu 70 ans en main, les rennes d’un pays richissime et
regorgeant de ressources naturelles avec un peuple de grande qualité.
et 40 ans de paix intérieure et extérieure pour mettre en
œuvre tous ce qu’ils auraient pu souhaiter ».
Plusieurs
raisons peuvent expliquer pourquoi ils n’ont pas mis en œuvre « tous
ce qu’ils auraient pu souhaiter » :
1)
Le dogmatisme comme vecteur de sclérose généralisée - d’où
la stagnation, évoquée plus bas, qui touche tout système empreint
de dogmatisme.
2)
Le pouvoir aux mains d’une « bourgeoisie bureaucratique »
non renouvelée démocratiquement (dictature oblige) et jalouse de
ses prérogatives. Une politique authentiquement socialiste aurait
tout simplement signifié la fin de leurs pouvoirs et privilèges
outranciers au regard du reste de la population.
3)La
concurrence avec le monde occidental, exacerbé pendant la Guerre
froide. Pour remporter cette « compétition » l’URSS
singea le système capitaliste occidental jusqu’à la caricature.
Leur but : atteindre une production, dans tous les domaines,
supérieure à celle de l’occident (« En 1980 nous produirons
beaucoup plus par habitant que les Etats-Unis d’Amérique. » N.
Khroutchev). Le bloc de l’est perdit en définitive la partie, parce
que dans le domaine du productivisme le capitalisme libéral
(capitalisme privé ou mixte), doublée d’une démocratie politique,
est quasi imbattable. Or justement parce que le socialisme a pour
principale ambition de mettre l’économie au service de l’Homme (et
non plus du Capital)et de répondre à ses besoins élémentaires, on
ne peut le construire par voie de productivisme, synonyme de
consumérisme, de gaspillages et de destructions environnementales.
Venant
d’un conservateur néo-libéral (semble-t-il), de surcroît fervent
chrétien (assurément), cette remarque prête à l’hilarité. C’est
un peu « l’hôpital qui se moque de la charité ».
« et
très irréalistes) ils partaient des mêmes analyses de la société,
ils avaient les mêmes buts ».
Il
ne faut pas confondre « diagnostique » et « thérapie »
cher ami. Le diagnostique des bolcheviques n’avaient rien
d’irréaliste. Celui-ci s’inspirait de la grille d’analyse de Marx
qui, elle, n’est aucunement saugrenue - de l’avis même de certains
libéraux, c’est dire !
En
revanche, je n’abonde nullement dans le sens des bolcheviques pour ce
qui est de la thérapie – pour les raisons évoquées plus haut. La
différence est de taille, cher ami. Ce qu’ils ont eux-mêmes reconnu
de façon implicite via l’élimination de toute velléité ou volonté
thérapeutique alternative issu des autres courants socialistes
(mencheviques, socialistes révolutionnaires, anarchistes...) puis de
leurs propres rangs (purges des années 30...).
« Et on ne s’arrête
pas la... Sur 150 ans, il n’est pas une expérience de
gauche, longue ou courte,
plus ou moins socialiste, qui soit considérée
comme un succès durable
par ces mêmes socialistes hors quelques mois de
guerre civile ou une
coopérative peut être ouvrière en 1834 (?) a
Manchester..... »
C’est faux cher ami. En
tous cas, je n’ai jamais écrit pareille chose. M’avez-vous mal lu ou
êtes-vous intellectuellement malhonnête ? Je vous ai donné un
exemple de réussite, parmi bien d’autres, d’une coopérative
ouvrière (le familistère de Godin), parce que celle-ci avait
Fourier pour principale inspirateur théorique.
Quant à l’ensemble des
expériences authentiquement socialistes - que je qualifie de
micro-socialismes – celles-ci se divisent en deux catégories :
les micro-socialismes aspirant au macro-socialisme ; les
micro-socialismes œuvrant parallèlement au capitalisme.
Dans la première
catégorie, toutes les expériences ont échoué du fait de facteurs
non pas internes mais externes (la répression sanglantes perpétrés
par leurs opposants).
La deuxième catégorie,
constituant aujourd’hui l’économie sociale et solidaire, a de son
côté connu un bilan globalement positif depuis 150 ans ; et
ce, bien que les expériences orchestrées par leurs inspirateurs
théoriques (Fourier, Owen, Proudhon, Saint-Simon …) aient pour la
plupart bel et bien échoué.
Voici
ce que l’on peut lire dans mon article à ce sujet : « Les
échecs de ces « micro-socialismes » témoignent-ils, par
conséquent, du caractère inamovible du capitalisme ? Il est
permis d’en douter, et ce pour la bonne et simple raison que,
parallèlement à l’économie capitaliste, existent de par le monde
d’autres variétés d’expériences relevant du
« micro-socialisme », à commencer par les organisations,
telles les coopératives et les mutuelles, issues d’une économie
sociale et solidaire ‒ elle-même inspirée des théories
socialistes de notamment Proudhon, Owen et Fourier ‒ qui, malgré
ses échecs, a fait depuis près de 150 ans la démonstration et de
sa viabilité et de son efficacité, en termes de répartition
équitable des richesses créées, mises au service de la justice
sociale, et donc de l’Homme, et non plus du Capital comme dans les
entreprises classiques. Il s’agit certes d’un secteur
non-capitaliste mais œuvrant néanmoins dans le système
capitaliste. Comme le souligne à ce propos le PDG d’une
coopérative minière du Pays de Galles, Tyrone O’Sullivan :
« Nous vivons dans un monde capitaliste, mais nous gérons
notre entreprise sous un mode socialiste ». »