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Connolly

Historien, enseignant-chercheur précaire

Tableau de bord

  • Premier article le 19/12/2011
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Derniers commentaires



  • Connolly 27 décembre 2011 23:45

    @Eric


    Voici justement quelques extraits de l’article en question : " Si nous payons un tribut plus élevé au capitalisme d’État, cela ne nous nuira en rien, mais servira au contraire à nous conduire au socialisme par le chemin le plus sûr. [...] Quand la classe ouvrière aura appris [...] à organiser la grande production à l’échelle de l’État, sur les bases du capitalisme d’État, elle aura alors, passez moi l’expression, tous les atouts en mains et la consolidation du socialisme sera assurée. [...] Le capitalisme d’État est, au point de vue économique, infiniment supérieur à notre économie actuelle. [...] Le socialisme est impossible sans la technique du grand capitalisme, conçue d’après le dernier mot de la science la plus moderne, sans une organisation d’État méthodique qui ordonne des dizaines de millions d’hommes à l’observation la plus rigoureuse d’une norme unique dans la production et la répartition des produits. Nous, les marxistes, nous l’avons toujours affirmé ; quant aux gens qui ont été incapables de comprendre au moins cela (les anarchistes et une bonne moitié des socialistes révolutionnaires de gauche), il est inutile de perdre même deux secondes à discuter avec eux."

    Suite de l’article de Lénine au prochain numéro...



  • Connolly 27 décembre 2011 23:43

    @Eric





  • Connolly 27 décembre 2011 23:38

    @Eric


    « Capitalisme d’État ! »

    Pour revenir au capitalisme d’Etat, rappelez-vous de ce passage de mon article : « En effet, que s’est-il produit au 20e siècle dans les pays dits « socialistes », si ce n’est la volonté d’appliquer scrupuleusement une doctrine léniniste respectueuse de la théorie marxiste de l’histoire selon laquelle il ne saurait y avoir de socialisme sans capitalisme (encore que Marx ait apporté des variantes à cette théorie) ? Or comme les révolutions d’inspiration léniniste eurent lieu dans des pays à dominante agricole et rurale, où le capitalisme privé n’en était qu’au stade embryonnaire, celles-ci s’employèrent à développer les structures d’un capitalisme non pas privé car « bourgeois », mais étatique et donc supposé « ouvrier » ou « populaire » car géré par une bureaucratie, représentante autoproclamée des intérêts du peuple et des travailleurs. Et ce afin d’aboutir au socialisme, qu’il restait néanmoins à définir concrètement. Du reste, Lénine ne disait pas autre chose à propos de la Russie, notamment dans son article intitulé « Sur l’infantilisme "de gauche" et les idées petites-bourgeoises » ‒ publié dans la Pravda le 5 mai 1918 ‒, soulignant le caractère inéluctable du capitalisme d’État comme condition indispensable à l’avènement du socialisme. »

    Suite au prochain numéro...



  • Connolly 27 décembre 2011 23:31
    @Eric« Une fois que l’on a place indifféremment sous ce concept flou, les sociétés massivement rurales de la moitie du 19eme, Les sociétés industrielles et post industrielles, les socialismes totalitaires soviétiques ( capitalisme d’État ! il faut oser sur le plan conceptuel, et d’un point de vue socialiste, puisque cela signifie quand même que la forme de propriété du capital importe peu et en tout cas, dédouane largement les " vrais capitalistes" eux mêmes en tant qu’individus...), les féodalismes post socialistes Russes et Chinois, les démocraties libérales anglo saxonnes, les social démocraties nord européennes ( il faut aussi oser parce que cela signifie que la forme de pouvoir politique aussi importe peu), le tiers monde et l’occident développé on se trouve dans la situation ou hors peut être quelques tribus retirées, c’est du monde entier que l’on parle. C’est donc d’une pensée qui n’aime pas le monde. Vous me direz oui, mais le monde tel qu’il est.... peut être, mais compte tenu de sa diversité géographique et historique, c’est donc avant tout une pensée « irréaliste ». »

    Le capitalisme n’est pas un concept flou mais repose sur un certain nombre de piliers dont les principaux sont évoqués dans mon article : « l’accumulation du capital, la compétition (en l’occurrence avec le capitalisme occidental), le productivisme (en l’occurrence le stakhanovisme), le salariat, la production pour l’échange (et non pour la consommation directe) ; auxquels s’ajoutent, du moins dans le cadre restreint du modèle libéral du capitalisme, la propriété privée, l’intérêt personnel et le marché libre ». Ces principaux traits caractéristiques se sont tous déclinées à divers degrés et sous des formes variables selon les époques, les pays, les continents, les cultures etc. En clair, ils constituent un socle de caractéristiques communes à toutes les économies du monde, et ce quel que soit la forme du pouvoir politique – bien que de celle-ci dépend bien entendu (je ne l’ai jamais nié) le degré de nocivité du système économique, et ce par voie de compensations(ou pas) politiques (liberté d’expression, d’association, démocratie...) et sociales (sécurité sociale, allocations chômage, congés payés, retraites...), arrachées de hautes luttes bien souvent (ironie de l’histoire) par les détracteurs du système.

    Eh oui cher ami, « hors peut-être quelques tribus retirées  », l’économie mondiale est aujourd’hui à dominante capitaliste ! Et cela c’est produit graduellement dès le milieu du 18e siècle avec la première révolution industrielle. Vous semblez d’un coup « découvrir la lune ». Et c’est moi qui serais irréaliste ?


    Par ailleurs, ce que vous appelez, « Le monde », ne saurait se réduire à un système économique (comme vous semblez le faire). Il est avant tout constitué d’êtres humains, d’une flore et d’une faune. Et c’est parce que ma pensée aime les humains (leur cultures, civilisations, coutumes...diverses et variées), la flore et la faune qu’elle s’oppose au capitalisme (incarné par une infime minorité) qui, lui, subordonne l’humain, la flore et la faune à ses intérêts et, partant, « n’aime pas le monde » parce qu’il n’éprouve que peu de respect à son endroit.


    En revanche, je ne lutte nullement contre la démocratie politique et sociale – laquelle, je le rappelle, rend le système économique plus « vivable ». Au contraire, j’aurais même tendance à lutter pour son maintien et sa survie (malgré ses multiples imperfections) face aux assauts du capitalisme néo-libéral qui ne recule devant rien pour asseoir son hégémonie et son omnipotence.



  • Connolly 27 décembre 2011 23:29
    @Eric
    « même des lors qu’elle renoncerait a ses prétentions« scientifiques » »

    Sauf que la « science » à laquelle il est fait référence avait valeur de « vérité révélée », notamment chez les marxistes les + orthodoxes, léninistes comme sociaux-démocrates (au sens originel). Autrement dit, ces derniers avaient fait du marxisme une science « exacte ».

    Aujourd’hui (c’est-à-dire depuis la chute de l’URSS), ce sont plutôt les néo-libéraux qui se font les chantres du caractère scientifiquement exacte de leurs théories. Avec pour symbolique le fameux « there is no alternative » de M. Thatcher. Cette tendance vantant l’exactitude scientifique du libéralisme économique a été développée dans maints ouvrages dont celui, assez récent, de Guy Sorman, L’économie ne ment pas (Fayart, 2008). D’aucuns sont même allé jusqu’à parler de « fin de l’histoire » (Francis Fukuyama) !

    Or la question ici n’est pas de renoncer à des prétentions scientifiques, mais de faire remarquer qu’aucune démonstration scientifique (dans sa méthodologie et ses conclusions) n’a valeur de vérité absolue dès lors qu’elle traite de l’humain. Du reste, un passage au début de mon article abonde clairement dans ce sens : « Parmi les divers pourfendeurs de l’URSS et de ses pays satellites, d’aucuns les désignèrent idéologiquement (et les désignent toujours) par le qualificatif, au mieux discutable, au pire saugrenu, de … « capitalisme d’État ». Discutable, il l’est assurément. Saugrenu ? Rien n’est moins sûr, à dire vrai [...]. »

    En d’autres termes, « ma » vérité n’est pas « la » vérité.


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