Voici
justement quelques extraits de l’article en question : " Si
nous payons
un tribut
plus élevé
au
capitalismed’État,
cela ne
nous nuira
en rien,
mais
servira au
contraire à
nous
conduire au
socialisme
par le
chemin le
plus sûr.
[...] Quand
la classe
ouvrière
aura appris
[...] à
organiser
la grande
production
à
l’échelle
de l’État,
sur les
bases du
capitalismed’État,
elle aura
alors,
passez moi
l’expression,
tous les
atouts en
mains et
la
consolidation
du
socialisme
sera
assurée.
[...] Le
capitalismed’État
est, au
point de
vue
économique,
infiniment
supérieur
à notre
économie
actuelle.
[...] Le
socialisme
est
impossible
sans la
technique
du grand
capitalisme,
conçue
d’après le
dernier mot
de la
science la
plus
moderne,
sans une
organisation
d’État
méthodique
qui ordonne
des
dizaines de
millions
d’hommes à
l’observation
la plus
rigoureuse
d’une norme
unique dans
la
production
et la
répartition
des
produits.
Nous, les
marxistes,
nous
l’avons
toujours
affirmé ;
quant aux
gens qui
ont été
incapables
de
comprendre
au moins
cela (les
anarchistes
et une
bonne
moitié des
socialistes
révolutionnaires
de gauche),
il est
inutile de
perdre même
deux
secondes à
discuter
avec eux."
Suite de l’article de Lénine au prochain numéro...
Pour
revenir au capitalisme d’Etat, rappelez-vous de ce passage de mon
article : « En effet, que s’est-il produit au 20e
siècle dans les pays dits « socialistes », si ce n’est
la volonté d’appliquer scrupuleusement une doctrine léniniste
respectueuse de la théorie marxiste de l’histoire selon laquelle
il ne saurait y avoir de socialisme sans capitalisme (encore que Marx
ait apporté des variantes à cette théorie) ? Or comme les
révolutions d’inspiration léniniste eurent lieu dans des pays à
dominante agricole et rurale, où le capitalisme privé n’en était
qu’au stade embryonnaire, celles-ci s’employèrent à développer
les structures d’un capitalisme non pas privé car « bourgeois »,
mais étatique et donc supposé « ouvrier » ou
« populaire » car géré par une bureaucratie,
représentante autoproclamée des intérêts du peuple et des
travailleurs. Et ce afin d’aboutir au socialisme, qu’il restait
néanmoins à définir concrètement. Du reste, Lénine ne disait pas
autre chose à propos de la Russie, notamment dans son article
intitulé « Sur
l’infantilisme "de
gauche"
et les idées petites-bourgeoises » ‒ publié dans la Pravda
le 5 mai
1918 ‒, soulignant le caractère inéluctable du
capitalisme d’État comme condition indispensable à l’avènement
du socialisme. »
@Eric« Une fois que l’on a place indifféremment sous ce concept flou, les sociétés
massivement rurales de la moitie du 19eme, Les sociétés industrielles et
post industrielles, les socialismes totalitaires soviétiques ( capitalisme
d’État ! il faut oser sur le plan conceptuel, et d’un point de vue
socialiste, puisque cela signifie quand même que la forme de propriété du
capital importe peu et en tout cas, dédouane largement les " vrais
capitalistes" eux mêmes en tant qu’individus...), les féodalismes post
socialistes Russes et Chinois, les démocraties libérales anglo saxonnes,
les social démocraties nord européennes ( il faut aussi oser parce que cela
signifie que la forme de pouvoir politique aussi importe peu), le tiers
monde et l’occident développé on se trouve dans la situation ou hors peut
être quelques tribus retirées, c’est du monde entier que l’on parle. C’est
donc d’une pensée qui n’aime pas le monde. Vous me direz oui, mais le monde
tel qu’il est.... peut être, mais compte tenu de sa diversité géographique
et historique, c’est donc avant tout une pensée « irréaliste ». »
Le capitalisme n’est pas un concept flou mais repose sur un certain nombre de piliers dont les principaux sont évoqués dans mon article : « l’accumulation du capital, la compétition (en l’occurrence avec le capitalisme occidental), le productivisme (en l’occurrence le stakhanovisme), le salariat, la production pour l’échange (et non pour la consommation directe) ; auxquels s’ajoutent, du moins dans le cadre restreint du modèle libéral du capitalisme, la propriété privée, l’intérêt personnel et le marché libre ».
Ces principaux traits caractéristiques se sont tous déclinées à divers degrés et sous des formes variables selon les époques, les pays, les continents, les cultures etc. En clair, ils constituent un socle de caractéristiques communes à toutes les économies du monde, et ce quel que soit la forme du pouvoir politique – bien que de celle-ci dépend bien entendu (je ne l’ai jamais nié) le degré de nocivité du système économique, et ce par voie de compensations(ou pas) politiques (liberté d’expression, d’association, démocratie...) et sociales (sécurité sociale, allocations chômage, congés payés, retraites...), arrachées de hautes luttes bien souvent (ironie de l’histoire) par les détracteurs du système.
Eh oui cher ami, « hors peut-être quelques tribus retirées
», l’économie mondiale est aujourd’hui à dominante capitaliste !
Et cela c’est produit graduellement dès le milieu du 18e
siècle avec la première révolution industrielle. Vous semblez d’un
coup « découvrir la lune ». Et c’est moi qui serais
irréaliste ?
Par ailleurs, ce que vous appelez, « Le
monde », ne saurait se réduire à un système économique
(comme vous semblez le faire). Il est avant tout constitué d’êtres
humains, d’une flore et d’une faune. Et c’est parce que ma pensée
aime les humains (leur cultures, civilisations, coutumes...diverses
et variées), la flore et la faune qu’elle s’oppose au capitalisme
(incarné par une infime minorité) qui, lui, subordonne l’humain, la
flore et la faune à ses intérêts et, partant, « n’aime pas
le monde » parce qu’il n’éprouve que peu de respect à son
endroit.
En revanche, je ne lutte nullement
contre la démocratie politique et sociale – laquelle, je le
rappelle, rend le système économique plus « vivable ».
Au contraire, j’aurais même tendance à lutter pour son maintien et
sa survie (malgré ses multiples imperfections) face aux assauts du
capitalisme néo-libéral qui ne recule devant rien pour asseoir son
hégémonie et son omnipotence.
@Eric
« même des lors qu’elle renoncerait a ses prétentions« scientifiques » »
Sauf que la « science » à
laquelle il est fait référence avait valeur de « vérité
révélée », notamment chez les marxistes les + orthodoxes,
léninistes comme sociaux-démocrates (au sens originel). Autrement
dit, ces derniers avaient fait du marxisme une science « exacte ».
Aujourd’hui (c’est-à-dire depuis la
chute de l’URSS), ce sont plutôt les néo-libéraux qui se font les
chantres du caractère scientifiquement exacte de leurs théories.
Avec pour symbolique le fameux « there is no alternative »
de M. Thatcher. Cette tendance vantant l’exactitude scientifique du
libéralisme économique a été développée dans maints ouvrages
dont celui, assez récent, de Guy Sorman, L’économie ne ment pas
(Fayart, 2008). D’aucuns sont même allé jusqu’à parler de « fin
de l’histoire » (Francis Fukuyama) !
Or la question ici n’est pas de
renoncer à des prétentions scientifiques, mais de faire remarquer
qu’aucune démonstration scientifique (dans sa méthodologie et ses
conclusions) n’a valeur de vérité absolue dès lors qu’elle traite
de l’humain. Du reste, un passage au début de mon article abonde
clairement dans ce sens : « Parmi les divers pourfendeurs de
l’URSS et de ses pays satellites, d’aucuns les désignèrent
idéologiquement (et les désignent toujours) par le qualificatif, au
mieux discutable, au pire saugrenu, de … « capitalisme
d’État ». Discutable, il l’est assurément.
Saugrenu ? Rien n’est moins sûr, à dire vrai [...]. »
En d’autres termes, « ma »
vérité n’est pas « la » vérité.