On aura des bébés qui ressembleront aux fruits vendus actuellement : bien calibrés, bien cirés, sans goût. On finira par les détester et revenir à la nature qui sait si bien faire mal les choses.
Comme tous ses autres livres le dernier de Ian MacEwan est passionnant et instructif : un foetus raconte sa vie utérine, la tête l’envers, en suivant toutes les péripéties de la vie de sa mère, interprétant les bruits et les déplacements, écoutant la musique à travers les membranes, apprenant le projet d’assassinat du mari du fait de la présence d"un amant, les relations sexuelles avec ce dernier auxquelles il assiste au premier plan. Etrange à une époque où l’on se passionne pour le défense de la cause animale, où l’on parle aux plantes, que le foetus ne bénéficie pas d’autant d’attention en tant qu’être conscient.
Oui une forme d’ intelligence, parfois plus directe. Mais il n’a pas
été possible de mettre en évidence un même niveau de méta connaissance,
de recul par rapport à son propre comportement. C’est à dire :
l’animal est il sûr de ce qu’il sait, oui, dans sa conduite ordinaire il
ne se trompe pas, il peut aussi trouver des solutions à des problèmes
plus ou moins complexes. Mais dans des situations où l’homme se
dira : »j’ai un doute devant ce problème", il n’a pas été possible de
démontrer que l’animal est conscient de son doute du moins jusqu’à
présent. Ce sont les niveaux de recul par rapport à soi et de
projection par rapport aux autres qui font la différence , un chimpanzé
ou un animal considéré comme intelligent pourra déduire des faits par
l’observation de ses pairs (par exemple où son rival cache la
nourriture), mais l’homme va beaucoup plus loin dans sa conscience en
imaginant à tort ou à raison ce qui se passe dans la tête des autres et
en se reflétant à lui-même, notamment dans le doute. Ce sont de toute façon des recherches en cours.