Non. La séparation des pouvoirs dans une démocratie implique que les électeurs ne décident pas si une personne est coupable ou non, ni à quelle peine elle est condamné.
Et puis quels électeurs ? Le RN est loin d’être majoritaire, que je sache.
justement, que les Balkany aient pu continuer à se présenter est effectivement un scandale, qui a beaucoup contribué au durcissement de la loi dont le RN fait les frais.
S’il y avait quelque chose de sérieux contre LFI, il est certain qu’il y aurait eu perquisitions, mis en examen, et pourquoi pas, embastillement, tant qu’on y est.
Perquisitions, il y ont eu droit mais c’était pour le financement de leur campagne de 2017 (FG à l’époque). Et elles ont eu lieu alors que le dossier était complètement vide, et tout cela n’a donc abouti à rien. S’il y avait quelque chose de microscopique contre LFI, à part les insinuations actuelles, ne vous inquiétez pas, « quelqu’un » aurait appuyé sur le bouton pour mettre la machine « en marche »...
Sauf que l’exécution immédiate est bien dans la loi.
Vous avez raison, la loi est sujette à interprétation, mais l’arrogance des inculpés du RN a énormément pesé dans ce jugement, somme toute logique.
Quand on est pris la main dans le sac et que l’on vient à son procès avec pour seule défense que tout cela n’est pas bien grave, qu’il n’y a pas d’enrichissement personnel (ce qui est faux), ce qui revient à s’amnistier soit même, ça énerve beaucoup, beaucoup les juges. Les motivations du jugement explique clairement que la dureté de la sentence est une conséquence de l’attitude des accusés, dont la seule défense a été que ce qu’on leur reprochait était une peccadille. Et que donc, dans l’esprit des juges, les accusés n’ayant manifesté aucune conscience de la gravité des faits qui leurs étaient reprochés, ils étaient en toute logique tout à fait prêt à récidiver d’une façon ou d’une autre.
Or il y a bien enrichissement personnel. Lorsque l’on fait payer son petit personnel par des fonds publics, qu’est-ce d’autre ?
De plus, je vous rappelle que le financement des partis politiques est strictement réglementé et plafonné. Et donc, l’argent public qui est allé dans les caisses de la famille, pardon, du parti, est de l’argent qui a échappé à tout contrôle et à fait bénéficié le RN d’un avantage financier par rapport à ses opposants.
Condamner à l’inéligibilité des élus corrompus et arrogants est tout à fait dans le principe de la séparation des pouvoirs : les juges mettent des gardes fou au pouvoir des élus, en appliquant aux élus les lois qu’ils votent. Et cela quel que soit le score électorale des élus en question, qui n’entre pas en ligne de compte.
En fait, les lois sont pour tout le monde. Il n’y a pas des lois pour le RN et des lois pour les gueux.
Que le RN se soit cru tout permis parce qu’il obtient de bons scores électoraux n’augure rien de bon s’il accède un jour au pouvoir. Manifestement, et c’est précisément ce que l’attitude du RN pendant et après ce procès incite à anticiper, ces guignolos vont s’en mettre plein les poches et se plaindre que les juges n’ont pas à se mêler de ce que font les élus du peuple, si des magistrats ont l’audace d’y regarder d’un peu trop près.
La séparation des pouvoirs en démocratie implique que les députés votent les lois et que les juges les appliquent.
Pour être plus clair, une entorse à la séparation des pouvoirs seraient que les juges fassent la loi, ou que le Parlement juge. Et c’est le cas avec la soit disant « Haute Cour de la République » dans laquelle les ministres sont jugés par des parlementaires. C’est inadmissible sur le principe et n’aboutit (comme par hasard) presque jamais a des condamnations de ministres.
Pour le reste, les élus sont comptables devant la loi comme n’importe quel citoyen, quel que soit leur popularité. C’est le principe même de la séparation des pouvoirs, contrairement à ce que proclament les élus qui se font gauler.
Marine Le Pen s’est faite gauler. Fallait pas mettre les doigts dans le pot de confiture. Tant pis pour elle.