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easy

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59 ans
Eurasien
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Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 2 février 2012 20:12

    Là vous avez fait court. Mais vous auriez fait long, ça aurait été pareil, vous recourez à une rhétorique digne de 1880.

    Je vous propose de reconstruire vos doléances à partir non plus de poncifs usés à la moelle mais à partir de faits contemporains.

    Les Romains avaient pratiqué une monstration fortement orientée autour de retours de victoires et conquêtes militaires. Le héros recevait une couronne de lauriers devant la cité. Etre ainsi reconnu et glorifié faisait peut-être fantasmer quelques privilégiés de naissance ou de sort mais certainement personne de la plèbe, la voie lui étant interdite de principe.

    Puis, en France, il y a eu une longe période pendant laquelle je ne remarque plus de telles monstrations.

    Ce n’est que quelque part dans autour de François 1er, qu’aurait démarré une nouvelle forme de monstration de la part des Princes et là, c’était moins basé sur des victoires militaires, davantage sur des capacités à produire de beaux tissus (Cf l’incroyable démonstration du camp du drap d’or de la part de deux rois)

    Là encore, j’imagine que les gueux ne caressaient aucun espoir de parader un jour à tel niveau.

    Louis XIV pareil, énorme passion pour la solarisation de soi et surtout sur base de performances artistiques. Là encore, le gueux ne pouvait rêver mieux que de servir de valet lors de ces solarisations particulièrement réservées entre aristocrates (le roi paradant rarement devant la gueusaille)

    Jusque là il y avait donc bel et bien une vedettarisation ou solarisation d’individus mais d’une part cette solarisation n’était pas accessible à tous, même sur le papier, et d’autre part elle se passait entre privilégiés, Disons qu’il y avait donc peu de provocations ou d’ostentations devant le peuple.

    Déjà sous Louis XVI, sans doute parce que l’esprit des Lumières avait touché le peuple et que les gueux commençaient à se sentir quelque droit d’opinion et surtout de reproche, le peuple se mit à critiquer ouvertement Marie Antoinette parce qu’elle dépensait trop (Jamais auparavant on n’avait vu de tels reproches émaner de la gueusaille). Au point que quand Jeanne de Valois avait monté un coup hyper tordu contre le marquis de Rohan qui l’a conduit à mouiller, sans le savoir, Marie-Antoinette dans la sale affaire du collier, malgré l’enquête qui s’en est suivie et qui avait blanchi la reine, le peuple a persisté à la traiter de folle dépensière et....il y a eu la Révolution.

    A partir de là, à mon sens, le peuple s’est mis en tête qu’il était de plein droit de se saisir de la question de la monstration, de la parade. 

    Napoléon en a tout compris, qui, de minuscule Corse, s’est mis à concevoir de ressusciter les parades à la romaine sur base de victoires militaires. Là aussi devant toute la cité et pour faire bonne mesure, le voilà à faire édifier des arcs de triomphe (En dehors du monde romain et napoléonien, il n’y en a pas)
    Il dit donc clairement « N’importe qui peut se trouver à ma place à défiler sous l’arc de triomphe » et il fait de gueux des princes.

    Il est viré, trois rois « des français » puis le second Napoléon prennent la suite quelques années et arrive la troisième république « tous égaux » (sauf les femmes et les colonisés) et Jules Ferry

    Jules nous dit « Chacun peut accéder à la solarisation par la scolarisation républicaine »
    Voilà tous les élèves à se précipiter vers les pupitres pour y écouter respectueusement le maître, pour apprendre au moins à lire et écrire et pendant que leurs parents font des courbettes à n’en plus finir devant le docteur venu soigner la petite dernière ainsi que devant le patron de l’usine (qui est aussi le patron de la mairie, du dispensaire, de l’école...)

    C’est à ce moment là que surgit le microphone qui offre enfin l’ubiquité rêvée. Il est d’abord réservé aux chefs mais apparaît assez vite voué à être saisi par tous


    Jusque là, les sceptres avaient la caractéristique d’être uniques et ne pouvaient donc être tenus que par une seule personne à la fois, le roi.

    Le microphone (et sa suite vidéo) ressort alors comme le premier sceptre, le même sceptre qui avait par exemple permis à De Gaulle et l’abbé Pierre de lancer leur appel, pouvant être fabriqué en grande quantité (avec un pouvoir augmentant avec cette quantité) et que sauf à être timide, chacun pouvait saisir et bénéficier, lui aussi d’ubiquité.

    Alors que toutes les professions ont progressivement tenu compte de ce nouveau sceptre populaire et en ont intégré le principe dans leur activité et prospective, les professeurs n’en ont rien fait.


    Certes, jusque là, comme ils avaient devant eux une classe de 30 élèves pas immense et que les élèves se taisaient, ils tribunaient, ils étaient le soleil de 30 gosses et ils n’éprouvaient aucune nécessité d’embrasser la micromanie.

    Disons donc que les professeurs ont certes eu une sorte de désir de se produire en soleil mais seulement devant des gosses et seulement par groupe de 30 à la fois
    Cela ajouté au fait que les profs ont rarement conçu de faire autre chose au long de leur vie professionnelle, ils étaient comme résignés à ce petit niveau de solarisation-parade.

    Et au fur et à mesure que toutes les autres professions se jetaient sur la micromanie, en se concevant des envergures de plus en plus mondiales, les profs sont ressortis comme étant les professionnels les plus modestes, les plus figés dans la vision de 1880, les plus statiques.

    Il y a encore 5 ans ; les médecins s’offusquaient quand un malade leur demandait un avis par téléphone. Désormais ils en sont à dire qu’ils peuvent très bien télésoigner.

    Il y a 5 ans, mon fils a eu une leucémie et pendant ses moments de rémission, étant à la maison, des profs de son école habituelle ont consenti à venir l’enseigner dans sa chambre toute emproprée. Mais quand il leur a été proposé de poser une webcam dans leur classe pour que mon fils puisse suivre les cours à distance, ils ont tous refusé.

    Ils conçoivent un modeste rayonnement devant 30 gosses mais n’osent pas se monter à l’oeuvre devant des millions d’adultes.

    Du coup, ils se retrouvent situés dans une sorte de corps d’arrière garde au moment où de plus en plus de gosses se gavent de savoirs qui leur parviennent par le microphonisme ambiant.

    Et en même temps que nos rois n’ont plus aucun sceptre bien à eux, toute la gueusaille se conçoit star, au moins d’un jour, au moins le temps d’un entartage, d’un lancer de chaussure ou d’un enfarinage


    Alors, pendant que les parents sont, aussi bien à la maison que dans leur entreprise, complètement acquis au micro ; donc à la solarisation pour tous, à se bousculer tous devant la moindre caméra et dieu sait qu’il y en a, pour y grimacer ou y dire prout, alors que les élèves en classe ne songent qu’à leur micromanie, les profs archi 1880, apparaissent comme des dinosaures.

    A la rigueur, les profs qui enseignent la micromanie, l’informatique, l’infographie, l’entertainment, ceux là sont considérés comme étant à la hauteur des enjeux solaristes.
    Mais les autres profs, ceux qui restent sages et discrets à l’instar d’Odon Vallet, ils sont enterrés vivants

    A noter ici que le monde des psys en tous genres, tant qu’ils en sont, comme les profs de 1880, à n’opérer qu’en manière de Freud Lacan, ressortent, eux aussi, effrayants de ringardise aux yeux des jeunes.

    D’autant que quelques malins et opportunistes de ces corporations ont réussi à devenir des stars de ce solarisme universel où même des chiens et des poissons rouges passent sur le Web : Haroun Tazieff, Hubert Reeves, bien sûr, mais ensuite Cousteau et Hulot, et maintenant Halmos, Hefez et de fil en aiguille, les plus malins des enseignants, dans toutes les matières sauf les plus dures, se retrouvent à soleiller sur les écrans devant des masses énormes.


    Comme plus ca va plus des gamins gagnent fort bien leur vie, même honnêtement, sans aucun diplôme mais en ayant saisi le fil du micro, il apparaît de plus en plus inutile et d’exercer un métier manuel et d’apprendre les sciences dures. Apprendre à chatter, à parler parler parler en raillant les autres à la Debouze, voilà qui est important de nos jours. Y parvenir un jour et être éjecté de la scène le lendemain par d’autres encore plus pendus de la langue, voilà ce qui déprime les Loana et autre FX

    Les profs à la Pagnol qui ne se sont pas siliconés les lèvres ou gougouttes, qui n’ont même pas un piercing dans les trois narines, ce qui est un minimum, qui n’ont pas pensé à faire de leur corps ou de leur tchatche une performance, sont archi dépassés et toute la structure scolaire avec, ses psys compris.

    Dans les familles, comme les parents ne sont tenus à aucune feuille de route, ils improvisent et s’adaptent tant bien que mal, ça casse, ça plie, ça déchire, ça secoue dans tous les sens. Mais ça bouge. Les politiciens aussi adaptent leurs manières et procédures à la nouvelle donne où ils doivent se partager le sceptre avec n’importe qui et donc se montrer impassibles ou blasés quand ils sont enfarinés. Tandis que l’école ressort, de tous les systèmes, comme étant le plus figé.

    Pour l’instant nous parvenons encore à produire des maisons et des avions. Mais j’ai un mal fou à concevoir que nous puissions encore en produire dans 30 ans si ce canopisme en rien élitiste, en rien réservé à une classe, continue

    (canopisme : propension à se hisser sur la néo canopée pour y être vu de l’Oeil médiatique)

    Voilà les deux trois choses que je voulais vous montrer de vous et de nous





  • easy easy 2 février 2012 17:42


    Vous avez tellement l’habitude de votre vision (très partagée, très commune et très bien vendue) que vous ne comprenez que dalle à quiconque parle de vous dans une autre langue.



    «  »«  Il ne faut pas confondre le passionné qu’est le geek (qui se fout souvent assez royalement de l’avis de la masse et se préoccupe surtout de l’avis de ceux qu’il reconnait comme des geek) et l’utilisateur des technologie de type facebook ou youtube. »«  »

    J’ai effectivement inclus les geeks dans l’univers du microphone, de la tribune, du canopisme (de même que j’incluerais le concepteur de chambres froides et d’ensachage sous vide dans l’univers de la bouffe).

    Or, si dans cet univers du microphone il y a évidemment des Tournesol et des Nimbus tout au fer à souder qui semblent effectivement préférer quelque ombre, d’une part ils sont friands d’une vedettarisation entre eux (je parlais d’Oeil spécialisé) et surtout, ils sont consubstantiels à tout l’univers du microphone, donc à tout ce que les gens peuvent en faire.
    Tout ce que moi je fais du système Microphone, que ce soit geek quand je participe à Wiki (où je suis très soucieux de l’avis de la masse), que ce soit non geek quand je braille sur AVox (où je suis aussi soucieux de l’avis de la masse, la preuve ici), est fruit de geeks

    Ce n’est pas parce qu’un geek bricole des curseurs d’amplis qu’il n’est pas de l’univers du son et sans responsabilité sur ce que les utilisateurs en font (eux, les utilisateurs « aux mains nues » dont j’ai parlé produisant plus exactement la mode)
    Un geek croit se foutre de la mode mais il offre les outils matériels de la mode. Il offre les tissus, les machines à coudre. (Ayant travaillé dans le cinéma, j’ai vu des habilleuses cracher sur le travail du metteur en scène. OK pour la décharge d’humeur. Mais elles faisaient bel et bien partie du film)
     
    J’ai placé Kim Dotcom sur le même listing que Jobs car si contrairement à Jobs, il ne cherchait pas à être vu de l’Oeil global, il cherchait à être très connu d’un sous-Oeil (sinon au travers de sa personne, du moins au travers de son oeuvre). Et son oeuvre, contrairement à ce que vous prétendez, a pleinement participé à notre culture, débats, tiraillements et affrontements inclus.

    Si vous persistez à croire qu’il existe des geeks totalement déconnectés d’un Oeil, sans aucun rapport avec la solarisation, donnez m’en des exemples.



  • easy easy 2 février 2012 16:16

    Associer l’enfariné de la Chandeleur à Farinelli le castrat, je pense que vous êtes un des rares à y avoir pensé. Je doute que Claire Séguin y ait pensé.

    Mais somme toute, parce que se monstrer à tous est devenu notre lubie, voire notre nouvelle essence, il est de toute logique qu’un Flamby ayant cherché à viriliser son image avec un Noah, se retrouve aussi justement (en termes de monstrationnisme) farinellisé.



    J’indique un point que les Occidentaux actuels ne peuvent plus percevoir.

    Ca fait maintenant un siècle qu’ici on n’utilise quasiment plus la chaux vive

    Or pour les anciens qui connaissent un peu la chaux vive et pour les gens des pays qui l’utilisent encore pour badigeonner leurs maisons, leurs rues et leurs arbres, et qui ont vu cette scène d’hier, ils ne peuvent s’empêcher de penser au cas où la farine aurait été remplacée par de la chaux vive, cette poudre de même aspect que la farine et que l’on jette sur les cadavres dans les fosses communes pour assécher les chairs.

    Chaux vive + humidité = forte élévation de température et corrosion des chairs

    Dans le bagne de Poulo Condor, le pire que les Français n’aient jamais conçu et construit, les prisonniers étaient placés dans des cellules dont le plafond était entièrement barraudé. En fait les gardiens circulaient sur les sommets des murs en regardant les prisonniers en contrebas, à travers cette grille. Sur ce chemin de ronde surplombant les fameuses « Cages aux tigres », ces gardiens disposaient de jarres contenant de la chaux vive. Quand des prisonniers (Il s’agissait d’indépendantistes appelés pirates ou criminels) réclamaient à boire, les gardiens les mouillaient d’eau puis les saupoudraient de cette chaux vive.

    Des enfants, de cette ancienne époque, m’avaient surpris et brûlé en me tirant dans le visage avec des pistolets à farine (corps plastique noir, poire rose) dans lesquels ils avaient remplacé la farine par de la chaux vive qu’on pouvait facilement se procurer.

    François Hollande a eu beaucoup de chance 



  • easy easy 2 février 2012 14:58

    Je vous remercie.
    Et pour les ailes ?



  • easy easy 2 février 2012 14:45

    je trouve que votre regard manque de recul.


    Depuis son invention, le microphone est devenu le sceptre du pouvoir.
    Or, pour la première fois de l’Histoire, si dans les premiers temps de cette invention ce sceptre était bien dans les seules mains du roi, il s’est très vite montré accessible aux mains de tous.

    Et on se retrouve avec un sceptre que n’importe qui peut fantasmer et vouloir saisir, s’il n’est pas timide.

    Jamais les tripoteurs-améliorateurs de ce sceptre technologique et multipliable à l’infini n’ont été animés par un sentiment analogue à celui d’un Darwin, d’un Copernic, d’un Pasteur ou d’un Yersin, encore moins d’un Schweitzer.

    Ce qui fascine les geeks et qui nous fascine tous c’est ce nouvel accès à la canopée pour être exposé au nouveau soleil, celui que forme l’Oeil, le soleil médiatique

    Cette entreprise canopiste n’est pas forcément égoïste. Chacun consent volontiers à partager avec les autres le principe canopiste permettant d’être vu de tous, d’exister aux yeux de tous, d’exister aux yeux du nouveau dieu qu’est l’Oeil mondial. Mais tout partageur que soit un geek, il entend automatiquement se situer un cran au-dessus des autres puisqu’il maîtrise un savoir-faire et des codes sources.

    Il s’ensuit un mouvement d’ensemble de l’humanité vers cette nouvelle obsession qu’a chacun à être visible de l’Oeil, certes, mais au sein duquel les plus doués entendent bien être plus visibles que la masse ou de tenir les manettes de cette visibilité.

    Kim Dotcom, Assange, Gates, Jobs, ont tous contribué au canopisme tout en s’y plaçant au sommet et en y tripotant les curseurs technologiques

    Toutefois, dans cette nouvelle passion, il y a très certainement des geeks qui ne tiennent à exister, à être visibles qu’au sommet d’une canopée restrictive, spécialisée.

    Il y a des gens qui ont envie d’être visibles de l’Oeil général et global quand il y en a qui préfèrent n’être visibles que d’un sous-Oeil spécialisé.




    Cela dit, la technologie canopiste est loin de suffire en elle-même.

    En effet, si dans un premier temps il avait suffi aux premiers équipés de media de diffuser pour être remarqués, la concurrence est devenue telle sur cette canopée que chaque canopiste doit inventer des solutions non technologiques pour être mieux remarqué. Par exemple en jetant au bon moment, sur le bon prince des canopiste, une insulte, une tarte à la crème, une chaussure ou un sac de farine. Ou bien en jetant un avion sur quelque immeuble célèbre et bien en vue.


    Il y a donc certes une émulation et une progression purement technologique qui offre d’atteindre la solarisation mais pour l’atteindre effectivement, chacun doit faire preuve d’inventivité non technologique.

    Il n’avait pas suffit à Steve McCurry de disposer de mille moyens technologiques pour devenir visible. Il lui avait fallu inventer une astuce toute personnelle « à mains nues » pour buzzer avec l’image d’une Afghane aux yeux verts qui n’a jamais rien su de ce que le Monde solariste faisait de son image. Et qui n’a bien entendu jamais profité de la moindre miette de toute cette mousse que Mc Curry et nous avons faite à partir de son image.

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