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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 30 janvier 2012 22:11



    «  »«  » Qui vous dit que je cherche à m’attirer les bonnes grâces des princes ? «  »«  »

    Déjà le titre de votre papier (de quelles oreilles regrette-t-on la surdité sinon celles du prince ?) 
    Mais aussi tout le fond de vos doléances au fil de vos dizaines de papiers

    Et ne serait-ce qu’au travers vos protestations que les subventions aillent constamment dans la direction qui ne vous convient pas


    Et vous voilà à insister encore sur l’idélisation d’une époque. Je n’aurais pas évoqué la bonne époque des Ducs, c’est ça ? J’aurais choisi la pire c’est ça ?

    Vous revenez avec une Beaune présentée en sa meilleure époque et vous invoquez la construction de son hospice qui, à l’évidence devait fournir du travail. 

    Or, c’était parce que le contexte était dramatique que le prince avait lancé la construction de cet hospice

    « Le 4 août 1443 naît l’Hôtel-Dieu. La guerre de cent ans n’est pas encore terminée, Beaune souffre de misère et de famine, les »écorcheurs" pillent et ruinent les campagnes. Les Beaunois sont dans leur grande majorité déclarés indigents.

    Nicolas Rolin, chancelier du Duc de Bourgogne Philippe le Bon, et son épouse Guigone de Salins, décident alors de créer un hôpital pour les pauvres."



    Vous focalisez sur l’hospice de Beaune qui vous enorgueillit et il y a de quoi d’un point de vue loco-régional.
    Mais vous vous méprenez avec la gloire actuelle de cet hospice qui tient davantage au fait qu’il cultive des vins luxueux qu’au fait qu’il aide des indigents. 
    Et ramené à son époque, il n’était par forcément extraordinaire ou inédit (sinon sur le plan architectural où il domine haut-la-main).
    Le concept hospitalier datant de 1100, il a existé des hospices dès cette époque et c’est deux siècles avant celui de Beaune qu’avait été construit l’Hospice des Quinze-vingt à Paris.



    Sur 3000 ans d’Histoire de France, je ne vois pas une seule époque d’idéale et je ne crois donc pas du tout aux idéaux réels (alors que les idéaux fantasmés, pour en avoir moi-même mille en tête, je sais qu’ils existent)
    Même le camp du Drap d’Or qui n’a pourtant duré que quelques jours et où tout avait été mis en oeuvre par deux rois pour que ce soit idéal, ne l’a pas été (et cela sans élargir le périmètre examiné, Sinon c’est la cata). C’est dire.


    Effectivement, l’épopée de Jeanne d’Arc a jeté plus qu’une ombre, plutôt une honte (mais ancienne, dépassée, surpassée) sur les Ducs de Bourgogne. Mais quand on est historien, on ne voit plus ni gloire ni honte, ni bien ni mal historique.

    L’Histoire n’est pas à rejuger car elle est constamment jugée en son juste temps.
    Et si après Jeanne la France s’est réconciliée des Bourguignons, c’est qu’elle avait de bonnes raisons de le faire.

    C’est automatiquement, inévitablement en cherchant à faire du passé des argument de fierté qu’on piétine ce principe de neutralisation qu’opère le temps, qu’on déterre des morts qui ne demandent qu’à rester tranquille car ils en ont assez fait et qu’on se retrouve face à des contradicteurs qui objectent alors des arguments de honte (Cf. le rappel de nos génocides par les Turcs en ce moment, par simple retour de boomerang).

    Vercingétorix n’a aucun besoin de vous.
    Aucun besoin que vous soyez fier de lui.
    Il est mort et ne demande pas à être secoué en pavois.



  • easy easy 30 janvier 2012 19:59


     «  »« il n’empêche qu’au temps des grands ducs de Bourgogne, tout le monde avait un emploi »«  »

    Vous idéalisez le passé de manière puérile alors que vous avez grand besoin d’être crédible

    Chaque époque a ses problèmes.
    Si en ce moment le souci de la gueusaille c’est l’emploi, entre 900 et 1500, son souci c’était la famine, les épidémies (au petit bonheur la chance) et parfois les impôts

    Fernand Braudel : « Des siècles durant, la famine revient avec une telle insistance qu’elle s’incorpore au régime biologique des hommes, elle est une structure de leur vie quotidienne. Ces famines peuvent être lues comme des « manifestations paroxysmiques d’une sous alimentation chronique et généralisée ».

    Un moine décrit une famine en Bourgogne vers 1033 :
    « Quand on se fut nourri de bêtes et d’oiseaux ; pour échapper à la mort, on rongeait des racines, on arrachait l’herbe des ruisseaux ; puis on en vint à manger de la chair humaine : les forts saisissaient les faibles ; beaucoup attiraient à l’écart des enfants, etc. etc... »

    Vous aimez notre passé, vous aimez l’exhumer ? 
    OK, mais attendez-vous à trouver du cannibalisme dans vos caves.
    Quand on tait ce genre de choses pour ne plus retenir et brandir qu’une Histoire à l’eau de rose, on n’est pas crédible auprès des historiens scrupuleux

    Mais reconnaissons que c’est là un bien gros problème qui se pose à tous les histoiriens du monde concernant leur propre pays.
    Comment obtenir des subventions, passionner le public, enthousiasmer les foules sans tricher sur son passé, sans l’enjoliver ?

    Alors, comme chaque historien sérieux sait cela, il existe un modus vivendi entre eux pour poser le couvercle sur ce qui file la honte au public quand il s’agit de monter une exposition ou un musée. Chaque historien sachant ce palimpseste peut attaquer facilement un collègue si de besoin.
    Ils doivent donc s’entendre autour de ce modus vivendi

    Et là, vous jouez trublion tout en idéalisant. Vous prêtez alors le flanc à tous ceux qui voient facilement que vous arrangez l’Histoire pour en faire un sujet de fierté sinon national, au moins local voire familial.


    Je mets les points sur les i

    Par votre réflexion en « Tout le monde avait alors un emploi » vous raillez on ne peut plus explicitement ce pouvoir en place qui est sourd à vos paroles. Et le pire c’est que le successeur du prince actuel ne saura pas mieux résoudre ce problème. Ca fait que tous les pouvoirs seront agacés par cette réflexion moqueuse.

    Pour obtenir l’oreille des princes, il me semble que la seule chose à ne jamais faire c’est de les humilier, surtout en public.


    Je vous l’ai déjà dit d’une autre manière, votre stratégie d’influence me semble suicidaire car manquant de hauteur et d’esprit de synthèse.



  • easy easy 30 janvier 2012 18:27

    Je ne m’intéresse pas au jeu des comparaisons entre ces délires en tous cas pas dans une optique polémiste où l’on fait surenchère de connaissances de textes fort moisis.

    J’en viens directement à la religion d’une manière générale et en l’évaluant à partir du seul raisonnement. .

    Longtemps je m’étais dit qu’il devait exister un réflexe religieux chez tout homme de tout temps. Par exemple : Un type marche seul. Un rocher se détache de la montagne et tombe à 1 cm de lui. Là, il ressent le concept de chance qui est assez fortement corrélé au concept de gratitude. Mais comme il ne voit personne à remercier, il remercie quelque chose d’invisible et s’attache à elle, se marie avec elle. Cette chose n’étant d’ailleurs pas forcément située dans le ciel. 

    Mais aujourd’hui, j’estime que ce réflexe suffit peut-être à expliquer le concept d’ange protecteur individuel mais ne suffit pas pour expliquer les agrégations des esprits autour d’une vision métaphysique élaborée et commune.

    Pour qu’il surgisse un dieu d’envergure collective, il faut déjà qu’une « chance » ait apparu simultanément à un groupe. Genre : arrivée d’un troupeau de bisons qu’on n’avait pas vu depuis des lustres alors que tout le village crevait de faim.

    Mais ce côté « chance collective » ne suffit sans doute pas encore.
    Peut-être faut-il que s’ajoute à ce contexte de fragilité psychologique, la survenue d’un mensonge de quelqu’un « Hier j’ai vu un bison gros comme un éléphant ». Mensonge qui peut viser à rassurer, à redonner espoir mais qui peut parfois servir à se faire valoir.
    Et dès qu’il y en a un dans la bande qui prétend avoir été témoin d’un truc dépassant la connaissance des autres, il prend ascendant sur eux (tous ceux qui ont vu des choses dingues se retrouvent piédestalisés), il pousse les jaloux à la surenchère et c’est ainsi que serait apparu le concept de l’irréalisme, de la fable, du mythe « Bin moi j’ai vu un type marcher sur l’eau »
    (Ces exploits qui semblent pourtant attachés à un don, contrairement à ceux des scientifiques, ne se répétant jamais deux fois)

    Et se rattache au concept de mensonge autre chose encore.
    Si deux types sont en pirogue et que l’un deux se noie d’être tombé à l’eau. Le survivant se retrouve avec un énorme problème pour s’en expliquer au village. Chacun le soupçonnant d’avoir tué, chacun se met à concevoir la caméra vidéo surveillance en quelque sorte. L’oeil magique qui verrait toutes les situations de ce genre. Et il en découlerait deux visions, soit un médium apparaîtrait dans le village qui prétendrait communiquer avec cet Oeil rapporteur de toutes les vérités, soit l’Oeil Jugera et Condamnera quiconque aura échappé à la sanction par menterie


     

    Il faut bien garder à l’esprit que des gens ont été carrément payés par les princes pour inventer des mythes ou contes bourrés de magie et c’était un des talents de Shéhérazade. Et dans un conte ou mythe, tout est mis en cohérence. Ce n’est pas la cohérence vis-à-vis de la réalité évidente qui compte mais la cohérence interne.

    Jules Verne, Freud, Tolkien, Ron Hubbard inventent entièrement un univers qu’ils mettent en cohérence interne parfaiteet expliquent les hiatus avec la réalité par des passerelles impossibles à vérifier : ça se passait il y a très longtemps ; c’était très loin ; tout a fini englouti ; l’inconscient existe mais on ne peut en avoir conscience ; il faut être pur pour comprendre le code d’accès ; il faut être choisi par dieu pour le voir ; tu ne peux pas comprendre parce que tu refoules ; tu ne vois pas dieu parce que tu ne paies pas assez cher ; la mer n’est pas restée ouverte ; le Graal a été volé ; l’entrée de la grotte a été refermée ; le paradis est devenu interdit ; etc.


    Aucun mythe ne dit donc « Cet incroyable a bel et bien existé et la preuve c’est qu’à 300 m d’ici il y a un rocher qui dit l’heure à quiconque la lui demande »



  • easy easy 30 janvier 2012 16:32

    Je suis de l’avis de Baty

    Afin de trouver ce qu’il voulait prouver, Freud a tout inventé non seulement des preuves à trouver mais aussi de comment les appeler et encore de l’art et la manière de les arranger en bouquet aussi abscons que coruscants

    Tolkien a procédé selon le même principe pour faire surgir du néant tout un univers cohérent avec lui-même. Là aussi c’est brillant et fumeux.
    Ron Hubbard idem.


    Einstein n’avait pas forcément raison sur tout mais quand il parlait de rigueur scientifique, on peut lui faire confiance « C’est la théorie qui décide de ce que nous pouvons observer »


    Cela dit, je reste à faire confiance aux scientifiques précautionneux et scrupuleux à la Darwin
    Ce sont les médias qui se placent entre eux et la gueusaille qui sont enclins à fabriquer de la mousse car ils n’ont rien à perdre à délirer, au contraire.





  • easy easy 30 janvier 2012 09:59

    En première partie vous vous offusquez qu’on ait utilisé l’hystérisation collective provoquée par le drame du Concordia pour pratiquer une métaphore insultante à peu de frais intellectuels et éthiques

    Et en seconde partie vous utilisez à votre tour et de manière aussi économique ce nouveau point Godwin contre celui qui croule déjà sous les pierres, en particulier ici.

    Ceux qui se sentent frustrés de n’avoir pas été les premiers à déflorer la dignité d’un espace vierge en balançant dessus une vanne bien grasse, invalident toujours le premier tir pour faire valoir leur coup tardif mais mieux ajusté.

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