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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 28 janvier 2012 18:16



    Salut Papy,

    J’aime cette histoire des bourgeois de Calais et vous remercie de l’avoir rappelée



    Vous exhumez d’abord un exemple de représentation physique de responsables.

    Dans cette histoire il y avait trois parties et chacune, même la cité, était clairement représentée par des personnes physiques se proposant en entièreté absolue. Ces bourgeois étaient allés très au-delà de leurs responsabilités originelles selon nos codes actuels mais à l’époque, ça correspondait à peu près à ce qu’on attendait des princes (ou riches bourgeois)


    Puis, vous demandez que Marianne fasse le geste de ces bourgeois

    Vous démontrez que nous sommes dans une situation en ouroboros



    Notre hystérie révolutionnaire nous avait poussés à désincarner les chefs en croyant pouvoir demander aux devises, aux Nounours, aux Marianne, aux Mairies, aux Assemblées, aux Constitutions, aux administrations, à la Patrie, à l’Assistance Publique, à la Police, aux Citroën, de se comporter de manière parfaite. 

    Or une personne morale qui pense selon une constitution ou un statut, qui ne souffre pas de la faim, de la solitude, qui ne meurt pas, n’est pas un individu et relève davantage de l’objet. Demander à des quasi objets de se comporter comme des humains, comme d’excellents humains ou ne serait-ce qu’avec des éclats humains, c’est se berner d’illusion, c’est de la superstition. 


    Ce n’est pas demain la veille qu’un Nounours ou qu’une Assemblée fera un geste de magnanimité. Demandez à un tribunal un geste exceptionnel, il vous répondra qu’il ne le peut pas parce qu’il n’est pas conçu pour ça.

    Sauf à avoir été expressément constituée à cette fin, une assemblée d’êtres humains n’est ni généreuse, ni miséricordieuse, ni courageuse, ni juste, ni amoureuse, ni romantique, ni câline


    Votre cri me semble donc synthétiser notre contradiction actuelle.
    D’un côté nous hurlons que Sarko et Berlu incarnent trop et agissent trop en êtres humains ; de l’autre nous réclamons encore plus de fétiches républicains et démocratiques qui sont pourtant secs de sentimentalisme.

    Rien n’est plus froid que la démocratie.

    Rien ne délivre autant le sentiment d’être abandonné, désindividualisé et dévalorisé que cette ambiance où tout se décide par le biais d’Assemblées et d’Associations 





    Déjà pour un roi, le problème se posait. Il n’était pas censé agir ou réagir en tant qu’individu (Les Anglais ont été les premiers à limiter les possibilités d’un roi à faire selon son bon vouloir. Magna carta)
    Mais implicitement, chacun se doutait bien qu’un roi restât un être humain. Tout se passait donc en balance constante entre un explicite représentatif d’assemblée et un implicite personnalisé
    C’est cette double acception de ce que devait être un roi qui lui permettait, ici et là, de temps à autre, de casser le jugement d’une assemblée, de gracier un condamné ou de promouvoir un jardinier.

    De nos jours, chacun réclame que tout passe par des assemblées. On se retrouve alors avec pléthore de représentants et chacun de nous grelotte d’un sentiment d’abandon ou d’un sentiment d’insignifiance sociale qu’on essaye de compenser par quelque Facebook ou Agora.

    Il y a eu des rois lépreux, des rois aveugles, des rois fous, des rois amoureux, des rois laids, des rois bègues. des gros, des petits, des grands, des homos, des bis, des femmes, des enfants. N’ayant jamais été choisi ni pour leur physique ni pour leur discours ni pour leurs promesses, ni pour leur charisme, ils n’ont jamais été raillés pour leurs imperfections.

    Mais depuis un siècle, en démocratistes de plus en plus entêtés, nous voulons des Assemblées et des Présidents objets parfaits.
    Nous voulons que le Président fusionne ou se fonde dans l’Assemblée parfaite

    Nous ne voulons plus de président, plus la moindre tête qui dépasse de nos assemblées. Nous ne voulons que de la pure assemblée, que de l’objet.

    Nous sommes devenus comme Le Corbusier qui trouvait idéale et radieuse une ville où tout était aligné, prévisible et répétitif

    Oui nous voulons Marianne l’idéale.

    Hélas, Marianne ressemble peut-être à une maman selon les gougouttes qu’on lui a collées sur la poitrine, mais en réalité elle n’a ni coeur, ni âme, ni rien d’une tendre maman




  • easy easy 28 janvier 2012 13:56

    Je comprends votre souci et croyez bien que j’ai eu le temps de méditer sur 3 ardoises que mes clients m’ont laissées après m’avoir trimballé pendant des mois

    Mais en bonne holistique, il faut considérer le tout dans l’objet et l’objet dans le tout.

    Mis à l’épreuve par mes remarques, après seulement deux rounds, vous en êtes déjà à dire qu’au fond, il faudrait payer au cul du camion

    C’est à ça que je voulais que nous en venions.

    Le paiement au cul du camion devrait être le principe central autour duquel les aménagements doivent être faits


    Or, dans cet échange idéal au cul du camion, il y a deux éléments : la marchandise, bourrée de moisissures en cours de développement (j’espère qu’on me comprendra) et l’argent.
    Cette marchandise livrée, parce qu’elle n’est pas aussi parfaite que des biftons, est entachée de doutes.
    Le livreur a beau exiger vite vite le tampon de réception conforme parce qu’il est garé en triple file et n’a pas que ça à faire, lui accorder ce tampon avant de vérifier la marchandise, c’est très imprudent.
    Il y a donc toujours et depuis que le commerce se pratique avec de la monnaie, une garantie absolue de conformité sur l’argent donné au marchand alors qu’il n’y a pas de garantie absolue de conformité sur la marchandise livrée

    Ce point est essentiel à admettre par toutes les parties, au moins implicitement pour ne vexer personne.
    Et si l’on convient de cet implicite, on peut convenir d’un décalage en « Aujourd’hui tu livres, demain je te paye »

    Et une fois ce décalage convenu...la porte s’ouvre aux abus


    On est donc coincé par les abus non par le principe incontournable du décalage
    Il nous faut donc légiférer sur le moment de l’abus et c’est il y a à bouger les curseurs. La Chambre de Commerce n’est pas sourde à cette nécessité et sa Cour de Justice non plus.


    D’autre part, il y a un autre implicite du commerce qui consiste à considérer que le choix du fournisseur, le choix du client, en termes de fiabilité, fait complètement partie du commerce et lui est donc consubstantiel.

    Le commerce ne peut se réduire à un tableur car il comporte le paramètre confiance

    On saura écrire la formule de l’incertitude du « chat de Schrödinger » mais jamais celle de la confiance
    Les agences de notations qui sont obligées de varier leurs notes de jour en jour après bien des examens, pesages et soupesages ne me contrediraient probablement pas



  • easy easy 28 janvier 2012 13:14

    Très pertinent

    D’autant qu’à l’instant où l’on cultive de quoi manger, on invente la prospective, la convoitise, et en cascade mille sentiments, toises, calculs, stratégies et concepts qui se tiennent entre eux. En tout bon holisme, dirait un buzzeur.

     Le mieux, à mon sens, c’est de le dire ou le rappeler comme vous le faites et de ne surtout rien en déduire.



  • easy easy 28 janvier 2012 11:06


    Il vous revient de les exposer



    Quoi qu’il en soit :

    Dans un contexte à transfert de propriété à la livraison, en cas de procès, on ne parle à la barre que d’un chiffre en Euros. Aucun besoin d’expert

    Dans un contexte à transfert de propriété au paiement, en cas de procès, on ne parle à la barre que de moisissures. Il faut des expertises.




  • easy easy 28 janvier 2012 10:33

    Certes

    Mais un transfert de propriété au paiement, s’il se produit une seconde ou 100 jours après la livraison, pose alors des problèmes de transfert de responsabilité ou de droit sur ces marchandises pendant cet intervalle

    Il n’est pas logique que vous n’en ayez dit mot alors que c’est un véritable casse-tête.

    Continuer d’être le propriétaire d’un sorbet 15 minutes après l’avoir livré à un client qui oublie de le placer au froid, fait souci
     
    Votre client vous commande 100 chemises à fleurs en Mars. Vous les lui livrez en Juin. Il ne paie pas ou seulement ce qu’il vend
    Et en Septembre, il vous dit « Bin le reste, ce que je n’ai pas vendu, c’est toujours à toi Coco »


    Votre proposition peut conduire, dans certains cas à une accélération des règlements mais pas toujours alors que ça conduit automatiquement à des risques de sacs-de-noeuds juridiques


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