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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 27 janvier 2012 00:59

    Mon grand-père Viet avait fait ses études dans la première université de médecine de l’Indochine créée à Hanoï par le très humaniste Alexandre Yersin en 1904
    En 1958 il dirigeait l’hôpital de My Tho, près de Sadec où avait vécu la famille de Marguerite « Duras »
    Cet hôpital consistait en un ensemble de bâtiments servant à plusieurs choses : dispensaire, chirurgie, maternité, sanatorium, asile et même prison.
    Et proche de l’entrée, il y avait le bâtiment où mon grand-père avait son logement de fonction.
    Nous allions souvent lui rendre visite depuis Saïgon.

    Au Vietnam, comme en Inde et en Chine, on voyait déjà de tout dans la rue. Toute la misère humaine s’y étalait au grand jour, maladies comprises. Elle nous collait même puisque ces malheureux s’accrochaient à nous jusqu’à ce qu’on leur lâche une pièce.

    Je comprends la légende du choc qu’aurait vécu Sidharta Gautama en passant le mur du palais de son père parce pour ma part, je vivais principalement dans un endroit isolé, le tarmac de l’aéroport. Disons que du point de vue de l’habitude de voir des choses dingues, je me situais à mi chemin entre un Viet vivant en pleine ville grouillante et un Parisien d’aujourd’hui.

    Contrairement à mes cousins de la ville blasés de tout, je pouvais encore en découvrir et être choqué.

    Et c’est dans cet hôpital de mon grand-père, que j’ai vu, entre mille horreurs, un enfant en train d’agoniser du NOMA. A l’époque je comprenais ce mot en deux syllabes, à la vietnamienne où MA veut dire fantôme. Je te dis pas la trouille que ça m’a foutu déjà que nos bonnes prétendaient que leurs bleus provenaient de la morsure de fantômes pendant la nuit.

    Et cela pendant que NO ne voulait encore rien dire pour moi (Les masses d’Américains ont débarqué un peu plus tard)
    Déjà que MA me foutait la pétoche, ce NO incompris ressortait mystérieux et pire que fantôme, surtout au vu du résultat de la « morsure » sur cet enfant.

    ( Il avait été trouvé errant seul dans la maison de ses parents, ces derniers ayant été embarqués en prison sur soupçons de communisme)

    Comme l’enfant était mourant, il faisait peine à voir mais comment dire, ce n’était pas le monde à l’envers pour moi au sens où quand on saute sur une mine, on est arraché, on agonise et basta. 

    Tandis que les lépreux (et les malformés de l’agent orange que je verrai plus tard) produisent une étrange impression de gens prétendant à vivre comme tout le monde alors qu’ils sont très anormaux. 
    Quand on est enfant et qu’on ne saisit pas encore exactement sa place surtout quand on est Eurasien (en sorte de fils qu’aurait eu Marguerite Duras de son Chinois) c’est l’individu complètement difforme qui se déplace, quitte à ce que ce soit en rampant, l’arrière posé sur une planche à roulettes, qui tripote le même argent, qui semble avoir les mêmes aspirations ou désirs de vivre et qui est donc un jumeau d’âme mais dans un corps totalement tordu, c’est lui qui est très terrorisant.

    C’est fou. 
    Ces culs-de-jatte qui se traînaient donc sur des planches avec des roulettes constituées d’un bête roulement à bille tout en acier et bien il m’est arrivé de les jalouser. Pour me fabriquer mes boîtes à savon, je devais bricoler mes roues avec du bois, elles tournaient mal, s’usaient vite et ne faisaient pas vraies. Pour un garçon, pour moi en tous cas, un roulement à bille est une chose bourrée de merveilles techniques et je voulais bien être infirme pour avoir enfin des roulements à billes.
    Je ne me suis senti aussi chanceux que ces malheureux que le jour de Noël où mes parents m’ont offert des patins à roulettes.

    Whaaahh, 8 roulements tout acier d’un seul coup ! Et me voilà à fantasmer de les porter sous mes blanches Bata pour faire le marché avec ma mère en slalomant entre les immondices et y défier enfin les infirmes avec mon double train de roues. Fantasme resté inassouvi.


    En fait, un Mowgli ne peut pas de lui-même caler ses critères de comparaison, jugement, compassion, envie, etc selon la même toise qu’un parisien. Greystoke me fait rire car il est bourré d’erreurs. Cet enfant de la jungle n’est pas assez décalé par rapport à ce que serait un véritable enfant sauvage. 


    NO MA veut donc dire quelque chose de concret pour moi mais ça me renvoie automatiquement à un passé où trop de choses étaient sens dessus-dessous pour tout le monde et très mal comprises par moi en raison de ma position singulière. A l’époque, pour les deux bords ennemis, un Eurasien symbolisait la traitrise et ne pouvait que trahir et mériter le rejet.

    Depuis, j’ai recalé mes toises et je partage les mêmes réflexes compassionnels qu’un habitant du Marais ou de Rotterdam mais je suis surtout épaté qu’on en soit aujourd’hui à avoir d’emblée envie d’aider un infirme qu’on n’a jamais vu alors qu’à l’époque, on m’insultait et me lapidait d’office à la vue de ma beauté qui signifiait une alliance contre nature.



  • easy easy 26 janvier 2012 21:01

    «  »«  » A ce constat effroyable... «  »«  »

    Ce genre de constat effrayant j’en lis depuis 60 ans

    Et il s’en est passé des choses depuis.
    Mais jamais, pas une seule fois, celles qui avait été annoncées
    Que des surprises !

    A croire que ce qui est annoncé ne se produit jamais.


    Tu lis plein de truc effrayants sur H1N1, tu te gaves de tapioca pour t’en garder et tu meurs écrasé par un chauffard. Surprise !

    Tu lis plein de trucs effrayants sur les chauffards alcooliques qui roulent sans permis ni même PC mais à contresens, tu n’oses plus traverser une rue et encore moins prendre la route et tu chopes le Sida. Surprise !




  • easy easy 26 janvier 2012 20:35

    Bonsoir Surya

    Laissons toujours de côté les chefs religieux trop en filiation avec l’ancien Tibet et ne considérons que la plèbe.

    Vous ne savez pas combien il y a de Tibétains qui n’en n’ont rien à cirer de la religion. Moi non plus.

    Mais en faisant un parallèle avec le cas de la France de 1800, on peut faire un raisonnement.
    Il montre que partis d’une population quasiment complètement acquise à l’Eglise ou au protestantisme dans une moindre proportion, nous sommes devenus, de force, après avoir décapité les composantes politiciennes et autoritaristes des religieux, après avoir démoli toutes les églises (c’est une image) une population qui en grande majorité n’en a plus rien à cirer de la religion et où une minorité peut exercer la liturgie qu’elle veut mais discrètement.

    Si notre situation nous convient, au terme de 200 ans de décantations et de bien des révoltes ou manifestations tout de même, pourquoi ne pourrait-elle pas devenir celle des Tibétains de 2200 et leur convenir tout aussi bien ? 


    Dans les faits, s’il y a eu un épisode vraiment très dur contre les bâtiments de l’Eglise et s’il y a eu de rélless démolitions, dès les moments d’hystérie passés, les laïcs ont levé le pied et se sont mis à reconstruire ce patrimoine tombé dans leurs responsabilités

    Et il se trouve qu’au Tibet, s’il y a réellement eu des destructions de monastères dans le premier temps de l’intervention Chinoise, ils sont en reconstruction.
    La Chine, encore plus laïque que nous et depuis plus longtemps que nous car depuis toujours, a également toujours toléré les pratiques religieuses pourvu qu’elles restassent dans la sphère privée, n’aient aucune prétention politique et ne servent de planque à aucun mouvement rebelle.

    Les centres religieux, des planques à rebelles, à révolutionnaires ou à contre révolutionnaires ?
    Oh que oui !
    Partout dans le monde et de tous temps, en France compris.


    Ainsi
    Primo, nous ne devons protester contre la laïcisation forcée qu’entreprend la Chine au Tibet que si nous nous trouvons malheureux de la laïcisation que nous avons subie ici et de notre sort actuel.
    Deuxio, je le répète, devenus essentiellement laïcs, les Français ne sont actuellement pas les meilleurs interlocuteurs des religieux martyrisés.

    En rapport à notre propre Histoire et sauf à la dénoncer, c’est ce que fait la Chine que nous devrions applaudir. La seule différence étant qu’ici la décapitation s’était produite entre frères alors que là-bas elle se produit entre cousins.


    Il semblerait donc que dans le cas de la Chine il y ait comme un peu d’ingérence alors qu’ici ce n’était que de l’entre soi
    Et bien même pas.
    Car ici, nous avions décapité l’Eglise chez elle. Chacun de ces bâtiments que nous avons défoncés et natioonalisés, appartenaient à l’Eglise (l’Eglise avait eu ses armées, ses fonds de guerre et ses possessions avec des titres aussi valables que ceux de la couronne royale)



  • easy easy 26 janvier 2012 19:57

    C’est p’tet l’occasion de dire ce que nous souhaiterions comme améliorations sur AVox


    J’aimerais savoir pourquoi en « commentaire » je ne peux pas utiliser les italiques. Ca vient probablement de ma bécane mais où ?

    Il y a aussi les notes en + et - qui me semblent infantilisantes et dont je ne regretterais pas la disparition. 

    J’aimerais que nous ayons un système de suivi avec un drapeau bleu qui apparaîtrait sur les papiers que nous avons lus quand au moins un nouveau commentaire y est arrivé. Et il serait de couleur rouge pour toute nouvelle intervention commentant directement un de nos commentaires.



  • easy easy 26 janvier 2012 19:54

    Vous êtes en train de dire que les Européens qui avaient colonisé ces premiers états d’Amérique parlaient la même langue et avaient les mêmes croyances alors que ce n’est pas le cas des Européens actuels.

    A vous rappeler alors entre mille détails que vers 1840 (Indépendance effective des Etats Unis = 1783) une goélette, la Amistad avait été saisie car contenait une cargaison d’esclaves dont on s’interrogeait sur la provenance. Il y avait tant de problèmes de langue, en particulier bien entendu avec des Noirs, que ça avait été tout un pataquès rien que pour comprendre d’où ils disaient avoir été enlevés.

    Et les mille langues des natifs qu’il avait bien fallu piger. Quoique bien des difficultés linguistiques avec eux eussent pu se résoudre d’un simple coup de fusil

    Et les 20 000 Chinois qu’il avait bien fallu comprendre pour leur faire construire la première transcontinentale ferrée

    A vous rappeler alors la situation extraordinairement interlope de la Nouvelle Orléans en sa période française, non seulement sur le plan des langues mais aussi des moeurs et des habillements. Tout y était possible, d’où son rayonnement.

    Et au cas où vous objecteriez un point différent, bancaire par exemple, je vous rappellerais que quand Napoléon a vendu l’énorme Louisiane aux jeunes Etats Américains (limités à la côte Est) afin de financer sa guerre contre les Anglais et préparer l’invasion de la perfide Albion, ces Américains ont été emballés par l’aubaine mais n’avaient pas le cash. Ils ont donc fait un emprunt auprès d’une jeune banque, la Barings.
    Elle a disparu en 1995 mais jusque là elle avait toujours été anglaise.

    Ya rien de neuf









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