• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

easy

easy

59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 21 3431 838
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0
Modération Depuis Articles modérés Positivement Négativement
L'inscription 230 126 104
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 2 juillet 2011 14:06


    Je vais livrer quelques réflexions personnelles.

    En France, nous semblons souffrir autant de l’homosexualité que du fait que nous en souffrons. En somme, nous semblons ne pas bien comprendre pourquoi nous en souffrons. Et nous sommes, malgré nos efforts incapables de nous sortir de ce pétrin.

    En fait, au cas pas cas, certains parviennent à résoudre cette équation qui semble insoluble mais ceux-là, à l’évidence, ne parviennent pas à s’en expliquer. Il semble qu’il manque une grammaire qui permette à ceux qui l’ont solutionné de l’expliquer à ceux qui restent confondus.

    Je vais donc m’efforcer de vous montrer ce que ne vois de ce qui constitue les grammaires ou sur quoi elles sont fondées. Vous verrez pourquoi il sera longtemps impossible de résoudre la problématique de l’homosexualité dans notre pays
     
    Pour voir la problématique de l’homosexualité, il faut changer de regard, il faut quitter les lunettes analytistes que portent trop souvent les Français et adopter la vision synthétique, la vision d’ensemble en intégrant tout. Or le verbe, en France, va aux phrases courtes qui claquent.


    Nous, les humains, nous sommes mortels et avons la particularité d’en être conscients.
     
    Du coup, nous ne comprenons pas le sens de la vie. La première réponse ou consolation à cette interrogation-angoisse, nous est livrée par deux choses : la progéniture et la société, surtout en sa forme agglutinante, très grégaire, bloc. A l’évidence, la somme de mortels, par fait des décalages chronologiques des générations, forme une entité immortelle.

    Je ne m’étends pas sur l’aspect progéniture que chacun peut comprendre sans aucune difficulté de filtre culturel. Je finis dessus en disant banalement que si un individu voit sa consolation d’immortalité par le biais de sa progéniture tomber à l’eau, il se retrouve devant le non-sens de sa vie-mort, de ses efforts pour vivre-mourir, de ses efforts pour ne pas déprimer de cette vision de l’absurde.

    Un élément se rattache à ce point, c’est celui de l’héritage. Il consiste en des valeurs immatérielles et des valeurs matérielles. Dans la perspective d’être consolé de son immortalité par le biais de sa descendance, un homme travaille, vole, tue, va jusqu’à vendre son âme au diable comme on dit, pour rassembler bien plus de provisions que sa seule carcasse n’en aurait l’utilité. Afin de s’assurer que sa descendance aura de quoi prospérer. Afin de garantir l’immortalité de sa ligne.

    Il ne pourrait exister de société aussi pleine de caves à vins, de châteaux et de livres si chacun de ses membres n’avait travaillé volé et tué que pour ses stricts besoins biologiques personnels. Toutes les accumulations de richesses qui font la matérialité de la société française proviennent de cette préoccupation ou névrose consistant pour chacun à prévoir des noisettes de toutes natures pour sa descendance. 

    Il a bien entendu fallu que cette névrose ou fixation anti-dépression noisettiste soit partagée par tous pour que des lois aient été rédigées imposant et protégeant le principe noisettiste-pour-les-descendants, le principe de l’héritage-qui-favorise-l’immortalité-par-la-descendance. 

    Alors chaque individu, tout en s’efforçant de favoriser sa descendance par rapport aux autres, tout en semblant pour une part chercher à dépasser les autres parents, est également protecteur de cette société. Sans cette société qui approuve et protège les principes noisettistes, pas de garantie que les noisettes accumulées profiteront bien à ses propres descendants. Chaque parent doit réaliser un équilibre entre ses fantasmes de domination filiale et ses raisons de soutenir également les autres parents. Chaque parent joue de son curseur entre ces deux exigences. 
    Dans une manifestation de parents en faveur de l’avenir de leurs enfants, quoique concurrents d’un point de vue darwinien ou évolutionniste, ils sont tout de même camarades et crient en choeur « On veut un avenir pour nos enfants » 

    Il apparaît donc que si l’homosexualité de sa progéniture casse complètement le moral des parents, même les moins noisettistes, l’homosexualité des autres personnes, en dehors de sa famille est également catastrophique en second plan. 


    Petit détour par les Anciens.
    Afin de défendre leur position, les homosexuels convoquent souvent les Anciens, Grecs et Romains. Très bien. Mais ces Anciens avaient résolu le problème en incluant l’homosexualité dans le global de leur socialisation. Les relations homos étaient banales et étaient souvent plus mécaniques que sentimentales ou, plus exactement, de même qu’ils adoraient plusieurs dieux en rotation libre, ils éprouvaient des sentiments d’attachement en rotation libre.

    Si bien que les Anciens, qui pratiquaient toutes sortes de gymnatiques sexuelles et qui, bien que s’interdisant la paraphilie animale, concevaient toutes sortes de centaures et minotaures, greffant toutes sortes de parties incongrues entre elles, sexaient avec n’importe mais faisaient également des enfants, dont des légitimes qui allaient récupérer les noisettes.


    Alors que nous avions des ancêtres homos et pédérastes qui faisaient également des enfants, alors que ces formes d’homosexualité étaient banales sinon urbaines et valorisantes, alors que nous avions comme des raisons historiques ou culturelles d’en faire autant, alors que nous avions ça dans le sang, le christianisme a soudain obligé à marginaliser et désocialiser ces manière de fusionner en les condamnant et en les déclarant paraphiles, au mieux, diaboliques au pire.

    La règle sévérissime du « Tu n’adoreras qu’un seul dieu » a changé la donne et conduira aux amours exclusives et définitives, non tournantes. La sexualité devenait utilitariste et procréatrices, il n’était soudain plus question de prendre du plaisir hors production d’enfants.

    En devenant monothéistes, nous en sommes venus à ne concevoir que des amours tirant sur les infinis en termes de fidélité. Notre société révolutionnaire, qui s’est crue laïque, a prolongé ce principe en condamnant l’adultère et en marginalisant toujours les autres sexualités. Même la masturbation devint considérée comme gaspillage interdit et obscène.

    Du coup, lorsque des gens se sentent homos et décident de franchir les limites de notre normalisme, limite en Rubicon, ils oscillent entre les relations débridées et les relations christiques en allant, eux aussi, vers l’amour exclusif et définitif. Perdus, malheureux dans la marginalisation qu’on leur impose, ils solutionnent souvent leur problème en entrant dans l’église de l’exclusif
     « Toi pour toujours, toi seulement, rien que toi, tout à toi »
    Au moins face à Jésus, tels des Saint Sébastien, ils sont dans la ligne.

    Ils peuvent, par ce biais de l’amour exclusif, partager une communauté de religion avec les hétéros et se sentir moins en marge. Ils réclament donc de se marier à l’Eglise. Les hommes les condamnent, mais Dieu -probablement moins maniaque qu’on le dit- les comprend. « Pourvu que l’on aime sincèrement et exclusivement, Dieu ne peut qu’approuver ».

    Pour une part considérable donc, à cause de l’effet Rubicon, les homos d’aujourd’hui, contrairement aux Anciens, ne font pas d’enfants. Comme tout individu ils ont envie d’avoir des enfants mais bon...Alors ils compensent de toutes les manières possibles et vont essayer toutes les greffes imaginables.




    Les parents qui, passé le choc de la découverte de l’homosexualité de leur enfant, s’y résolvent et lui restent attachés, accomplissent un travail de réforme mentale considérable sur eux-mêmes. Les uns après les autres, ils doivent démonter toutes les briques du château qu’ils avaient conçu et qui les avait maintenus en bon moral. Ils se retrouvent avec un champ de ruine qu’ils doivent cependant aimer en dépit d’un absurdité qui émerge.
    Et s’ils n’accomplissent pas ce démontage total de leurs valeurs, s’ils ne s’accrochent pas à « J »aime mon enfant malgré tout, point", il leur reste la solution de la haine pour tenir le coup et ne pas se suicider. 



  • easy easy 1er juillet 2011 20:51

    Ah ! Merci Deli

    Je me disais bien que je ratais quelque chose de majeur. C’était la superbe expression « Tu me casses les couilles ».


    Alors, vous les adultes qui êtes devenus mono après avoir largement utilisé ces expressions, vous devez évidemment les regarder et regarder ceux qui les prononcent, avec une sorte d’amusement relatif.

    Mais un garçon qui n’en a jamais eu deux et qui entend ça à longueur de temps, qui ne peux pas savoir qu’il y en a d’autres comme lui (alors qu’on sait tous qu’il y a des aveugles ou des tétraplégiques) se sent forcément très seul sans jamais pouvoir le dire.


    Je vous ai montré qu’il y a des différences étonnantes entre le français et le vietnamien. Peut-être voyez-vous mieux à quel point notre langue est dure sur le fond quand elle semble si douce sur la forme.
    Une expression comme « tu me casses les couilles » devrait en toute logique, être rectifiée en « Tu me casses la couille » si elle est prononcée par un mono en français.

    Or il ne le fait pas.
    C’est très sciemment, qu’il dit « les couilles » alors qu’il sait très bien n’en avoir qu’une.

    A quoi conduit alors ce mensonge on ne peut plus actif ? Peut-être le plus actif des mensonges ? Car un aveugle qui porte des lunettes noires ne ment pas trop sur son infirmité. Et une femme qui porte de faux seins ne ment pas de manière très active non plus. Une jambe en plastique non plus.

    Dire de vive et intelligible voix « les couilles » quand on n’en a qu’une, pose, à mon sens, un sacré problème. Mais c’est bien entendu à vous de nous en parler.



    Il y a un gouffre entre le français et le vietnamien.
    Le français est donc normaliste. Il est séparatiste aussi.
    Par exemple
    Ici on dit un Français, un Italien, un Vietnamien.
    Ainsi, à part le « un » qui ne vaut que comme indication de quantité et de genre à la fois, rien ne relie ces 3 individus. Ils ne semblent rien avoir de commun. On dirait que chacun ne se définit que par sa nationalité.

    De la même façon, ici on dit « un aveugle », « un fou » « un infirme » Et là encore, on ne voit rien de commun avec « un Français » ou « un normal » . Ils sont tous les trois définis uniquement par une certaine caractéristique.

    En France, il est très facile de séparer totalement les individus puisque rien ne les réunit dans leur désignation

    En vietnamien, on dit « personne française » « personne paralysée » « personne aveugle » « personne sénégalaise » « personne folle »
    Ca change considérablement la façon de voir les êtres humains ey ça rend beaucoup plus incongru le concept de séparation ou de rejet.


     



  • easy easy 1er juillet 2011 19:35


    Bon, avec le témoignage de Deli en plus, on se retrouve devant des hommes qui ont perdu un testicule disons à 30 ans.
    30 ans après s’étre senti entier et fier de sa paire.
    Choc bien entendu.


    Autre est le cas de garçons qui grandissent avec une anomalie testiculaire. Dans leur cas, il peut n’y avoir aucune menace mortelle, pas de choc violent mais quelle douleur permanente de devoir grandir, devenir un homme en n’étant pas dans la norme !




    Dans la langue française, il y a le singulier et le pluriel.
    Il y a le genre qui sépare tout en masculin et féminin
    Et puis il y a les conjugaisons des verbes selon les temps et modes.

    En France, tous ceux à qui il manque un bras, une jambe, une oreille...se retrouvent face à des expressions comme « gare à tes couilles » « haut-les-mains » « les yeux dans les yeux »

    La langue, qui exprime notre profond normalisme, blesse et piège constamment tous ceux qui ne collent pas à ces expressions.


    Une culture normaliste ne se voit pas que dans sa langue. Ca se voit partout. Par exemple dans l’art statuaire ou pictural.

    Ici, nous serons allés très très loin dans la représentation des corps, des superbes corps, exécutés de manière semblant réaliste. Nus ces corps, complètement nus. Et nous sommes allés jusqu’à représenter des parties de corps. Des têtes, des bustes, des troncs, des phallus 
    Et bien entendu les images pub...

    Très standard le corps puisque les mesures de longueur étaient basées dessus.

    Ce doit être très dur de vivre dans une telle société quand on ne colle pas de naissance, ou plus adulte, à ces standards. Ce doit être pénible de chausser du 52, d’être indécis du point de vue de sa sexualité.



    Au Vietnam, il n’y a pas de singulier/pluriel, pas de conjugaison et les genres séparent le règne animal du règne végétal et minéral 

    Avant la colonisation, il n’y avait aucune sorte de représentation de nus et encore moins de partie de corps isolée et certainement pas de sexe détaché. Aucun trophée animal, pas de cuir, pas de parties animales portées sur soi, aucun maquillage, tatouage..

    Au Vietnam, on peut écrire un livre entier sur Kim sans que jamais on ne sache s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille. Et cela sans prendre aucune précaution particulière. (Une jeune auteure française s’était fait remarquer en réussissant le tour de force d’écrire un livre en JE sans jamais dévoiler son sexe. Que de précautions elle a dû prendre !)

    Au Vietnam, on pourrait n’avoir qu’un testicule, qu’un sein, on ne se retrouverait jamais piégé par la langue aussi bien écrite que parlée.
    Et puis de toutes manières, avant l’arrivée des Jésuites et des colons, il ne venait à l’esprit de personne de considérer les gens isolément, de séparer des choses que la nature ne sépare pas. Même l’âme des ancêtres, leur présence, est constamment avec les gens, dans leur maison. Là-bas, on ne se sépare ni des morts, ni des infirmes, ni des idiots.





  • easy easy 1er juillet 2011 18:55

    Plus les situations nous surprennent, plus nous affichons, dès que c’est possible, le temps de rassembler un peu nos esprits, une attitude standard.

    En Occident, tout étant standardisé , nos attitudes aussi le sont. Ce sont même les attitudes à adopter au moment des surprises qui sont les plus standardisées puisque c’est là qu’elles nous sont le plus utiles pour adosser notre contenance.
    Et notre conformité aux standards dans ces moments là est particulièrement examinée par tous ceux qui chercheraient à juger notre attitude.

    Alors qu’un choc provoque une perdition et qu’on devrait trouver normal que la personne choquée fasse des choses incroyables, c’est précisément ce qu’on lui interdit en ne reconnaissant valides que les attitudes standards.

    A un enterrement, marcher lentement, tête baissée, en silence, lunettes noires, foulard noir pour les femmes, vêtements sombres pour tous, mains croisées sur le devant, etc. voilà le standard. Courir pied nus, les cheveux défaits, en slip, tourner comme un fou autour du trou creusé, insulter tout le monde, casser des choses, quand on a son fiancé à enterrer d’être tombé sous les balles dans quelque guerre au loin, ça ne se fait pas.

    La dignité toute standard d’une veuve démontre qu’elle encaisse et les moins proches n’ont alors rien d’autre à encaisser que leur moindre douleur, s’il en ressentent vraiment une.

    Et puis il y a une question de préséance. Il est convenu de considérer que la veuve est celle qui souffre le plus, puis les enfants du soldat, puis les oncles, puis les amis...Ce standard fait que si la personne considérée comme la plus malheureuse reste très sobre, tous les autres peuvent se contenter d’un snif.
    Alors que si la veuve court dans tous les sens en s’arrachant les cheveux, les autres, pour ne pas paraître indifférents, se sentiront obligés de sortir les grandes eaux.
    Il faut donc s’aligner sur l’attitude de la veuve et ne surtout pas en faire plus qu’elle. Ce serait très mal vu.


    « Les grande douleurs sont muettes » étant l’assertion qui permet d’entériner cette codification.


    De toutes manières, si nous vivons en société c’est parce qu’elle comporte quelque chose que nous, les individus, n’avons pas. Elle est immortelle et peut rester bien plus optimiste que nous. Jouer le jeu de la société implique donc de participer à sa sérénité en affichant cette sérénité à titre individuel. Par effet collectif, mimétique et feed back, par projection et introjection, chacun trouve très souvent des raisons d’espérer en voyant la sérénité de sa société. Après un bombardement, se retrouver tous au marché, est rassurant.

    Celui qui expose sa panique ou son hystérie est mal vu.


    Au contraire, pour les manifestations et les révolutions, c’est l’attitude inverse qu’il faut afficher.



    La standardisation dévore l’humain plus que n’importe quoi d’autre.

    Lorsque les médias n’existaient pas, chacun avait deux ou trois fois dans sa vie à assister à un enterrement ou à l’annonce d’un cancer. Chacun relevait le standard selon ces trois expériences. 
    Il y avait alors des standards d’attitude mais fondés sur de petits échantillons peu médiatisés et en Alsace on ne savait pas comment les Bretonnes pleuraient leurs marins disparus.
    Il restait de la place entre la standardisation sociale et l’improvisation individuelle, au moins folklorique ou régionale ;


    De nos jours, avec les médias, cinémas et vidéos servis à tous à travers la planète, chacun a vu des milliers de fois des scènes de ce genre. Les standards s’en dégagent d’autant plus. Si des millions de gens réagissent comme ça c’est qu’il faut vraiment réagir comme ça sinon je vais passer pour cinglé et je vais me faire jeter.


    Gagner au Loto est un choc. Mais comme nous avons vu comment les gens réagissaient, nous ferions comme eux si ça nous arrivait.

    Sortir les briquets dans un concert, lever les bras et ls balancer, standard.
    Promener son enfant en poussette quand on est un père, OK mais en tenue décontractée, pas en costard, standard. Pour une femme sous l’effet d’une bonne surprise, sauter au cou de son chéri en levant une jambe, standard...
    Les manières de rire, de pleurer, de grimacer, de dire ouille quand on se cogne, toute la grammaire théâtrale est standardisée mais au niveau mondial désormais.

    La place accordée à la spontanéité ou improvisation individuelle est donc réduite d’autant.



  • easy easy 1er juillet 2011 17:14

    J’ai écrit un commentaire qui n’est pas passé.
    Ai-je été censuré ?

Voir tous ses commentaires (20 par page)


Publicité


Publicité



Palmarès

Publicité


Agoravox.tv