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Eurasien
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  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 10 novembre 2012 17:42


    Entre Europe et Chine, nous avons eu l’idée de développer fortement le commerce à distance, donc le néo cannibalisme qui aura permis de remplacer le cannibalisme. Mais imaginons bien les énormes risques que prenaient les marchands, y compris entre Paris et Meaux (Forêt de Bondy)
    Ce commerce tiercé ne s’est pas développé un un jour et il est longtemps resté des pratiques cannibales, même ici

    Que ce soit le cannibalisme résiduel par ici ou celui des Amériques ou encore d’ailleurs, il fallait, afin de contourner le risque de se faire bouffer par son voisin, le conditionner.
    Une des premières conditions pour bouffer quelqu’un, la plus basique, consistait à bouffer ceux des autres bleds, pas ceux de notre village. On pourrait même dire « On mange ceux qui ne parlent pas notre langue ». Fondements du racisme ou de la xènophobie.

    Plus les gens se sont nationalisés, plus la notion d’ennemis de bleds voisins s’est estompée, plus il a fallu inventer des conditions d’exception. On pouvait éventuellement bouffer des gens de notre village à condition que ...Lesquelles conditions étaient appréciées par la communauté.

    C’est cette nécessaire complication dans les conditions qui aura rendu les actes de cannibalisme de plus en plus transcendants. On finissait par ne plus manger un type pour se nourrir mais pour prendre son énergie, son courage, sa force, sa valeur. Au point que les Jivaros ne tuaient plus que pour piquer les têtes brandies en trophées, de même que les Peaux-Rouges avec leurs scalps) 


    Pas question de vivre les uns sur les autres si chacun peut bouffer son voisin sans conditions.
     


    Quand ils partaient dans le grand-nord, les trappeurs du genre John Jacob Astor escomptaient tuer des animaux à fourrure eux-mêmes.
    Mais les Indiens voulaient prélever leur scalp.
    Nos trappeurs ont donc dû éveiller les Indiens au commerce tiercé "Ramenez-nous des peaux et nous vous livrerons des fusils, de l’alcool.
    Pour ces trappeur plutôt négociants, une fois leur scalp sauvé, le problème consistait à fournir assez d’alcool mais pas trop car un Peau-Rouge ivrogne ne parvient plus à ramener de peaux.


    Alors qu’il n’y avait que 1000 km entre la source d’approvisionnement et le point de vente, ce commerce avec cloisonnement a été si lucratif qu’en dix ans JJ Astor est devenu millionnaire.




  • easy easy 10 novembre 2012 17:02

    Des colonisateurs, il y en a eu depuis 5000 ans. Chacun d’eux (en tant que groupe) se posait en tigre, en dragon, en lion, en aigle, en prédateur, en féroce conquérant dont un certain Guillaume.
    Même Napoléon en était encore à « Je suis le plus fort donc.. » Lui aussi brandissait des aigles impériales qui disaient clairement son mental de prédateur. Il n’était pas faux-cul.

    Il était impossible de faire procès à ces colonisateurs se posant eux-mêmes en Attila. On pouvait en être révolté, choqué, très malheureux mais on ne pouvait que brandir les armes pas faire procès. (Il a été impossible de faire le procès du nazisme en son seul volet colonialiste ou hégémoniste puisqu’il ne prétendait pas le contraire).


    Mais après Napoléon 1er, a surgi une nouvelle manière de se présenter et les Français l’ont adorée « Je suis l’Archange. Je viens vous sauver des ténèbres. Je vous apporte la lumière. Je suis votre Papa. Je viens vous rendre civilisés, prospères. Je vous apporte la Justice, la Liberté, la Fraternité ». La France aura été le seul colonisateur de l’Histoire à avoir trimballé à travers les océans l’instrument de sa Justice la plus dure, la veuve (deux unités rien que pour l’Indochine). Justice française ta ra ta ta, Justice française, ta ra ta ta !

    Il est tout à fait possible de réclamer Justice à un colonisateur qui s’est posé en dieu de Justice et qui a tué, pillé, violé, incendié, spolié. Aussi bien au cas par cas que globalement.

    Quand on parie au Loto et qu’on perd, on ne peut pas faire de procès car la Française des jeux n’a pas promis le gain.
    La France avait promis la félicité, le bonheur, bla bli bla blo ; il est donc possible de lui faire procès pour engagement non tenu. 






    D’autre part, s’il est possible de faire procès à quelqu’un qui s’est posé en Archange alors qu’il a tué, il faut encore que le notion de procès ait cours.

    Or que se passe-t-il sur ce point ?
    Et bien au fur et à mesure de leur indépendance, les ex colonies ont adopté le code des lois Françaises c’est-à-dire que notre concept de Justice s’est répandu partout, surtout chez nos anciens colonisés.
    Et ici, dans notre hexagone ?
    Et bien nous avons continué à brandir le mot Justice à tout propos, même entre ex. amoureux, même entre parents et enfants. Procès, procès, procès, chacun n’a plus que ce mot à la bouche avec celui de Justice, bien entendu.

    Des Parisiens se font procès en famille, d’une génération à une autre (Dessange, Cousteau, Bettancourt, Herzog, Sheila, Delarue...) et pour du fric.
    Alors des fils ou petits-fils de colonisés abusés à mort par l’Archange réclament eux aussi cette fameuse Justice.

    La France avait colonisé en prétendant à la Justice. Elle compte aujourd’hui des Français dont les parents ont été abusés par cette prétention. Elle prétend toujours savoir juger. Il est donc logique que des gens l’interpellent en Justice.



  • easy easy 10 novembre 2012 16:05

    Le constat d’Huxley est valide mais incomplet. Parce qu’il est incomplet, parce qu’il ne montre que les perversions de notre société, il offre un boulevard à ceux qui fantasment d’une révolution.

    Or avant de faire une révolution, il faut faire un bilan complet de la situation actuelle. Il faut compléter ce que Huxley n’a pas dit.
    Si l’on ne fait pas le bilan complet, si l’on n’examine pas ce qu’il en serait sans ce panurgisme, on va en un éclair à croire qu’on peut conserver le concept de société mais l’orienter différemment pour aboutir au bonheur. Ce que s’empressent de faire les révolutionnaires en herbe.

    A quoi sert le fait de vivre en société ?
    Il y a deux millions de réponses à cette question puisque nous vivons en société depuis des millénaires et que nous avons tout bâti sur ce principe. (Il y a par exemple le fait de la spécialisation : La vie en société permettrait l’optimisation des compétences de chacun)
    Il ne faut pas se perdre à examiner ces deux millions de réponses car elles sont filles de la société et on virerait alors forcément au sophisme ou à l’ouroboros.
     
    Il faut essayer de trouver la cause première. Il faut essayer de trouver cette cause qui nous a conduits à accepter de vivre comme des ’moutons’ (à quelques éclats d’humeur et suicides près)

    Qu’est-ce qui peut y avoir chez l’homme non socialisé de si effrayant ou repoussant que nous ayons convenu d’un modus vivendi de ’moutons’ ?

    Probablement le cannibalisme.

    Je ne vais pas exploser ici les arguments que j’ai trouvés en ce sens mais vous inviter seulement à partir de ce fait comme postulat. D’autant que s’il n’est pas premier, il n’est pas loin derrière.

    Il a fallu trouver le moyen de parvenir à ne plus avoir une peur énorme des dents de nos congénères, il nous a fallu inventer le sourire.

    Et il nous a fallu détourner notre cannibalisme primaire en un cannibalisme secondaire puis tertiaire.
    La classification des secteurs d’activités humaines en secteur primaire, secteur secondaire et secteur tertiaire, traduit le fait que nous nous sommes mis à pratiquer une cannibalisation indirecte et de plus en plus indirecte.
    Ce n’est plus la viande de nos congénères que nous visons mais, comme pour nos chevaux, leur travail.


    Pourquoi manger cet homme alors que je peux en faire le porcher qui me livrera de bonnes saucisses ?


    Le jeu social consiste à cannibaliser l’autre en ce qu’il accepte de se faire croquer.

    Comme chacun préfère se faire croquer son travail que sa vie, ce jeu arrange tout le monde. Et voilà l’être humain devenu premier être vivant à pratiquer l’échange de nourritures (posées en tiers car on n’offre pas son bras à manger), de productions (posées en tiers car on n’offre pas ses productions corporelles à consommer. Encore qu’il y ait des exceptions, tel le sang et certains organes désormais).

     
    Il va de soi que le porcher veut bien se faire croquer son boulot à condition que le forgeron accepte de se faire croquer lui aussi son boulot.
    On convient assez aisément de ça.
    Alors on passe au troc et si de temps en temps il y en a un d’entre nous qui préfère croquer notre viande, nous, les échangistes-tiersistes, nous convenons de le pendre.
    Nous voilà devenus commerçants.
    Même les dealers, qui sont souvent des jeunes, pratiquent ce qui est devenu un réflexe des plus basiques et sont des commerçants.

    Une fois le commerce, le troc local-local établi, arrive la notion de commerce distant.
    Là on n’est plus dans l’échange entre voisins de village, on est dans l’échange avec des gens ramenant des marchandises venant de loin.
    Surgit alors l’intermédiaire.
    Ce n’est plus du troc entre celui qui propose des carottes et celui qui propose des cochons, tout ça produit dans le village. C’est du troc par personne interposée où l’intermédiaire fait son affaire des litiges qu’il a eu avec son fournisseur. Autrement dit, chacun du village peut acheter au marchand itinérant des produits qu’il a obtenus en volant, en tuant, en pillant quelqu’un au lointain.
    Ce pillé, ce tué, ce volé au lointain, chacun ici s’en fout.
    Chacun peut subodorer que l’intermédiaire a pillé mais ici, entre nous, gens de ce village, on n’en a vraiment rien à faire. Et nous voilà à échanger avec un type qui a pourtant abusé de quelqu’un hors notre vue.


    Ce principe du commerce à cloisons se développe et on en arrive à la situation actuelle où chacun participe à un jeu où il y a quelques échanges honnêtes et équitables mais aussi énormément d’abus commis envers quelqu’un qu’on ne voit pas. Chacun de nous devient un des marchands intermédiaires d’une chaîne de production parfois fort longue et chacun de nous participe au cloisonnement du point de vue de l’équité.
    Il se produit des abus, chacun en subi mais chacun cloisonne, chacun ment et rend le procès global impossible.
    Nous fonctionnons donc au forfait. Nous nous contentons de ce forfait gains-pertes dans lequel accepter de se faire croquer notre travail, nous évite de nous faire bouffer en pot-au-feu.

    Afin de consacrer notre renoncement au cannibalisme originel, nous traitons les cadavres de nos morts de sorte à ce qu’ils ne puissent être mangés.

    Ce jeu de l’échange avec cloisonnements cachotiers (Il y a 10 milliards d’échanges marchands par jour sur Terre, il n’y en a pas dix qui se passent en toute transparence « Voilà à qui je l’ai acheté, à tel endroit, à tel prix ») permet à chacun de cannibaliser des autres de manière moins radicale et plus personne ne craint d’être dévoré. 

    Alors moutons ? 
    Non, intermédiaires de commerce se prétendant herbivores, c’est cela que nous sommes devenus.
    En tant qu’intermédiaires de commerce de ce jeu néo cannibalisme, nous mentons tous, nous cloisonnons tous, et c’est cette hypocrisie commune, cette connivence néo cannibaliste qui nous donne des allures de penser tous pareillement.
    C’est la raison pour laquelle depuis le temps que nous nous faisons les uns les autres traiter de moutons, nous persistons « Quoi ? Moi, cannibale ? Tu déconnes Léon ». Personne ne veut promouvoir la fin de l’homme herbivore car ce serait le retour à l’homme cannibale.

     
    Etant entendu que comme dans tout jeu de société, il y en, a qui réussissent mieux que d’autres. Ca fait les riches, ça fait les pauvres.




    Aucune révolution qui conserverait le principe social ne changera cet état de fait.

    Il faudrait revenir au strict échange de source à source et en dyade ’’Toi, Moi, personne d’autre dans le coup« (comme cela se passait dans une relation entre amoureux du début du Monde) pour éviter le cannibalisme primaire et aussi le néo cannibalisme.
    Il faudrait en revenir aux temps où aucun commerce ne se faisait sur un principe de lointain. Il faudrait revenir en arrière de 10 000 ans, au temps des cavernes. (Les Gaulois, les Celtes, pratiquaient déjà le commerce au-delà des collines. Ils pouvaient déjà vendre ce qu’ils avaient volé)
    Mais ce retour en arrière, s’il est faisable un jour, une semaine, ne peut pas perdurer. On reviendra très vite au commerce polygonal. Nous avons trop besoin du tiers pour dissimuler notre néo cannibalisme.

    Dans le cannibalisme, il n’y a que le dévoreur et le dévoré, rien en tiers.
    Dans l’échange, il y a apparition de l’élément tiers. »Si tu ne me manges pas, je te donnes ça"

    Ce ça est l’élément qui déboule en tiers dans nos relations.

    (Seule les relations sexuelles et mère-enfant restent strictement dyades, encore que l’argent ou quelque autre argument apparaisse parfois en élément tiers)




    Nous conviendrions d’être, ne serait-ce qu’à 10% cannibales, nous accepterions davantage qu’un type qui nous propose une bague de fiançaille nous avoue que l’or provient d’un néo cannibalisme. Or nous le l’acceptons pas ; surtout pas devant la belle à qui nous offrons cette merveille. Nous exigeons que le vendeur nous raconte une ontologie où personne n’a été abusé. De même quand nous offrons à notre belle un repas au Grand Véfour, nous refusons que le maître d’hötel nous raconte ce que l’oie a enduré pour aboutir à ce foie gras. C’est ainsi pour tout ce que nous achetons, y compris pour nous-mêmes.


    Détails :

    Quand un gamin est grondé par son parent, il se défend en invoquant un troisième élément qui n’est pas là, sur place, qui est quelque part au-delà des collines et qui est un élément agissant, une sorte de Personne.
    Un procès, une dispute, entre deux personnes passe très vite à un procès à plusieurs. L’utilisation d’un tiers (sous mille formes, dont les formes On, Il, Dieu) est inévitable. 
    C’est ce qui fait qu’en France en tous cas, les verbes se conjuguent certes en Je et en Tu mais aussi en Il, en Nous, en Vous et en Ils. (Le plussage, le moinsage d’une discussion par des tiers en est un des avatars)

    Et la notion de Justice émane toujours d’un jeu à plus de deux.
    Vous réclamez plus de Justice, alors vous réclamez du commerce à plus de deux.
    Or le premier nerf des condamnations c’est le cloisonnement. On refuse que le condamné soit au contact des siens. Ainsi cloisonné, isolé, On peut abuser de lui, bouffer tout ce qu’il est possible de bouffer de lui. La Justice avec les violences qu’elle fait subir aux condamnés, sous ses airs de transparence, hyper cloisonne, met au secret et nous renvoie au plus près du cannibalisme primaire



  • easy easy 10 novembre 2012 15:04

    Emile,
    Vous adorez parler du passé très lointain au sujet de laquelle vous comprenez toutes les questions mais déniez l’Histoire à laquelle vous avez directement participé hier et au sujet de laquelle vous ne comprenez aucune question.



  • easy easy 10 novembre 2012 13:03

    Vous avez écrit que Poséidon avait sexé avec sa fille Clito.

    Je vous ai dit mon étonnement car je ne savais pas que Clito était la fille de Poséidon (même sous forme métaphorique)

    Vous me répondez trois fois et chaque fois en refusant de me montrer où Clito serait fille de Poséidon.

    Maintenant, vous introduisez explicitement la notion de colonisation. C’est à propos.
    Mais en quoi des colons qui déboulent dans une contrée et sexent avec les autochtones sont alors les pères de ces femmes ?

    Que ces autochtones soient belles ou moches, je ne vois pas intérêt à examiner ce point et je crois que vous introduisez ce détail pour m’embrouiller. Idem concernant votre introduction sur la différence entre assimilation et non assimilation

    Il y avait eu, dans nos grandes heures coloniales, l’assertion selon laquelle l’Indochine était la fille de la France et que l’Algérie était la fille de la France (Et la France était la fille de l’Eglise). Ça c’est pour le paternalisme, nouvelle version du féodalisme devenu condescendant de racisme. Très bien.

    Mais.

    Quand vous et vos camarades avez sexé avec des Algériennes, vous étiez leur père, elles étaient vos filles ?
    Quand vous et vos camarades avez sexé avec des Tonkinoises, vous étiez leur père, elles étaient vos filles ?



    Après ces premières relations hyper exogamiques (non hyper endogamiques commes vous le dites) il en naît des métisses portant sang colon pour moitié.
    Si ces métisses sexent avec un nouveau contingent de colons, on pourrait, en tirant à fond sur l’élastique de la métaphore, dire qu’on assiste au sexage entre colon et enfant de colon donc entre Père et fille. Mais là on tire à tel point sur l’élastique que tout Parisien qui sexe avec une Parisienne sexe alors avec sa fille.

    Auriez-vous fait une fixation sur les assertions paternalistes de l’époque colonialiste française ?
    Je rappelle à l’amateur d’Histoire que vous êtes que dans l’Antiquité, ceux qui avaient quelque allure de colonisateurs, tels les Perses, puis Alexandre, n’ont jamais considéré être des Pères des colonisés. Ils vainquaient certes, ils soumettaient certes mais ne considéraient pas le vaincu-soumis-inféodé comme ayant besoin d’être nourri, éduqué, formé. Ils conquéraient des adultes, pas des enfants. Pas de paternalisme condescendant. Même quand Rome voulait raser Carthage (et réciproquement) aucun des deux camps ne considérait l’autre comme son enfant.

    Même les Arabes qui remontaient vers le Nord des caravanes de futurs exclaves noirs ne les considéraient pas comme étant leur enfant.

    Le paternalisme du conquérant est une notion apparue récemment en Europe.

    Vos réponses correspondent certes à celles d’un colonisateur 1900 européen mais sont un contresens d’un point de vue génétique car il n’y a pas plus exogamique que le sexage entre colon et colonisé.

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