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59 ans
Eurasien
Déçu

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  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 8 novembre 2012 12:03

    Ce serait utile qu’un spécialiste nous explicite ce qui est dit sur le sujet des sortes de concurrences avec des systèmes disons d’ambulances médicalisées (15, 18)

    On peut se douter qu’à partir du gros machin qu’est l’hôpital, il y a plein de gens qui montent des structures de service qui, sous mine de servir, profitent (ajouter « grassement » serait facile et gratuit). Mais il faudrait nous l’expliciter. 




    Cette lettre de médecin d’hôpital renvoie la responsabilité de l’implosion du système de santé à nous tous et ça j’apprécie.
    Jouer ici les « Moi je n’abuse pas ; les abuseurs sont les autres » serait grotesque.

    Si sur ce genre de sujet ne déboulent que les commentaires en « Ah la la que les autres sont cons » ce topique va ressembler à tous les autres.

    Nous abusons tous en tant qu’utilisateurs.

    Mais puisque le terme médico-légal et été utilisé, autant dire un mot sur ce qui nous pousse à abuser. C’est peut-être plus de 50% des cas où nous abusons du système de santé pour un tiers, non pour nous-mêmes. Rares sont ceux d’entre nous qui ont exigé le maximum pour eux-mêmes. La plupart d’entre nous sont peu soucieux de leur propre vie ou santé, ce qui donne à chacun de nous l’impression qu’il n’abuse pas.

    En réalité nous abusons très souvent mais pas pour nous-mêmes. Nous abusons en position d’archange, donc pour autrui.

    Nous abusons pour nos vieux. Ici ce n’est pas trop une problématique légale qui nous pousse à abuser mais plutôt notre besoin de nous décharger en tant qu’enfants de ces vieux. Nous hurlons que c’est à la société de s’occuper de nos vieux parents afin de n’avoir pas à nous en occuper personnellement. Cf. Le film Les invasions barbares qui expose un cas inverse de démerde privée (Chacun pourrait en faire autant même en disposant de bien moins de moyens pécuniaires)

    Nous abusons pour nos enfants. Et là, la composante légaliste est forte. Je ne conteste pas que des parents grimpent de toutes manières au rideaux dès que leur enfant semble malade. De toutes manières ils abuseraient déjà en utilisant mille rhétoriques humanistes. Mais il s’y ajoute depuis 30 ans une pression judiciaire. Des parents sont très souvent traînés en justice parce qu’ils n’auraient pas appelé le médecin dès le premier toussement du petit. En partant de cas exposés en faits divers où des parents ont été très négligents et où il s’en est suivi leur stigmatisation ou diabolisation, les autres parents se retrouvent à devoir jouer les parents parfaitement archanges. Ce qui les pousse à hurler toutes sirènes au moindre bobo de leur petit. Ils jouent une comédie sociale en plus de leur véritable angoisse naturelle. Ou, dit autrement, ils résolvent leur angoise naturelle en la surjouant.


    Prenons la problématique de l’enfant secoué. Il ne me semble pas sorcier d’imaginer que pendant des milliers d’années des enfants en sont morts et des parents se sont alors retrouvés surpris, secoués.
    Savoir désormais que secouer peut tuer n’empêche pas les parents à bout de nerfs de secouer. Et de plus, le savent-ils vraiment ? A quel point ? Où a-t-on formé les parents à éviter mille erreurs ?
    Or un parent qui a tué d’avoir secoué se retrouve diabolisé. Bientôt son avocat sera lui aussi diabolisé.
    Il ne peut pas y avoir diabolisation d’un comportement parental sans que ça produise un tissu d’hystérisations.
    L’implosion actuelle résulte d’un cercle vicieux diabolisations-hystérisations.

    Oui il y a une grande pression judiciaire sur les personnels soignants.
    Mais sur les parents aussi.
    Et cette pression, c’est nous tous qui nous l’infligeons mutuellement.



  • easy easy 6 novembre 2012 12:13

    Depuis les dessins sur les parois des grottes, l’homme n’a fait que fabriquer des transcendances à partir de dessin.
    On dessine un type en position hiératique, on lui met un disque de lumière autour de la tête et émerge une transcendance du genre ’Oh la la, si on est très immobile, très ordonné, très sage, très impassible, on devient magique’
    On dessine un type franchissant un port à Arcole en tenant un drapeau, on favorise les éclairages sur lui, on évite les poussières et saletés et surgit une transcendance autour de ’courage à la guerre, patriotisme, sens du commandement...’


    Puis, pour la première fois de l’Histoire, vers le XIXème siècle, peut-être parce qu’on ne pouvait aller plus loin en termes de fabrication de transcendances, on a commencé à jouer de l’émotion que procurent leur démolition.

    Emotion lente, transgénérationnelle pour créer un totem ou un tabou
    Emotion vive, immédiate lors de la démolition.


    Un coucher de soleil n’est devenu une belle chose que récemment. Peut-être à partir du XVIIIème où l’on a commencé à s’intéresser à la nature. Pour l’instant cette transcendance tient encore. Mais nul doute qu’un artiste s’ingéniera à le flinguer.

    Pendant 3000 ans on n’écrivait de pièces qu’en vers à allure de vers. Voilà qu’en 1830 Hugo commence à écrire en vers bizarres qui, à l’écoute, ne ressemblent plus à des vers. Scandale et succès.
    Pareil pour la danse avec le Sacre du printemps et la musique bizarre de Stavinsky 70 ans plus tard.



    De nos jours, parce qu’il y a une transcendance autour de l’amour pour les animaux de compagnie, il y a largement moyen de choquer en jouant à la démolir.
    Les démolitions échouent lorsque le public n’est pas choqué.



    Notre sécurité (entre nous, les gens) dépend énormément de la confiance en l’existence, chez ceux qu’on croise, du nerf de l’amour envers quelque chose de vivant.
    Il est donc possible d’exploiter le fait que nous nous affolons lorsque nous voyons quelque chose nous donnant à penser qu’autrui ne possède pas ce nerf.

    Même quelqu’un qui n’en a rien à faire des chats de manière directe, compte sur le fait que chacun est doux avec les animaux de compagnie. Il compe dessus pour oser sortir dans la rue. S’il voit que des individus n’ont pas ce sens et s’il voit que le public n’est pas choqué par ce spectacle de non douceur, il prend peur pour lui-même, il panique et le provocateur a gagné.

    Reste que pour sa propre part l’artiste provocateur compte lui aussi sur l’existence de ce nerf chez les autres pour oser se promener dehors. Comme il voit que les gens sont choqués par son exploit, il réussit à la fois son coup et sa réassurance. Il réussit son sondage.
    « Les gens ont été choqués, Chouette pour ma notoriété, Ouf pour ma sécurité (une fois l’orage passé) »



    Ce jeu aurait pu durer longtemps en toute sécurité de tous puisque chacun ayant besoin de confiance en autrui, chacun promeut quelque amour envers quelque forme de vie, ne serait-ce qu’un cactus.
    Mais arrive le moment où les gens en sont à caresser bien plus souvent un machin en plastique qu’une forme de vie biologique. C’est profondément effrayant en termes de sécurité pour sa propre vie. « Les gens me piétineraient pour prendre mon smartphone »


    En dépit du choc que ça produit chez tous ceux qui ont besoin de croire au nerf de l’amour et parce qu’ils constatent que ça choque beaucoup de gens, cette affaire de lancer de chats réalisée dans un cadre de performance artistique offre une réassurance en « Ouf, les gens sont encore des êtres sensibles à la souffrance biologique, donc à la mienne ».

    On voit qu’au fond ce n’est pas ce que fait l’artiste provocateur qui compte le plus pour nous, mais le spectable de nos réactions face à cette occasion de manifester notre croyance ou non en l’amour du biologique.
    Et c’est vraiment le moment de nous interroger sur la question tant nous commençons à adorer la silicone. 

    Cela dit, je ne pense pas que l’évolution de nos amours vers les objets non biologiques puisse nous faire paniquer de manière exponentielle. Nous aurons de plus en plus peur mais cette peur aura un plafond car l’homme sait s’adapter.
    Au problème d’argent près, car ça coûte cher, je pense que nous allons compenser ce risque de plus en plus grand d’être piétinés par des gens préférant les machines en devenant ces machines.

    « Si je deviens mon smartphone, on tuera pour me posséder ; je serais logé, alimenté, carressé, choyé » 
    (A condition d’évoluer du point de vue technologique)



  • easy easy 4 novembre 2012 00:07

    Quand je disais qu’on avait voté la décapitation, l’incarcération, la guerre, le PLU, le COS, je voulais dire que les élus avaient voté en petit comité (pas le peuple). Et cela suffit, l’oligarchie fait l’affaire (pourvu que chacun ait la même chance que tout le monde, 10 000, de faire partie de l’élite, de devenir très actif et apollonien)

    L’oligarchie (tournante, tout de même) suffit pour trancher mille questions qui ne peuvent être tranchées que dans le tas telle la décision de l’endroit où placer une décharge d’ordures.

    Mais comme le peuple a besoin de croire qu’il y est pour quelque chose, et pour ne pas laisser les oligarches en place trop longtemps, on organise des élections tous les 5 ou dix ans. Ca permet par une élection très transparente de choisir une personnalité. Cette personnalité se démarquant des concurrents (pas trop nombreux sinon il y a dilution qui fait perdre le sel) par quelque grande orientation sociale. Rien de plus.

    Une fois cette personnalité élue, on la laisse organiser des petits votes entre dix ou cent, au sommet, ils se démerdent, le peuple s’en fout et ne se détend qu’à râler.

    En plus des élections principales, on peut donner au peuple l’occasion de renforcer son impression d’être considéré de manière individuelle en l’invitant à des votations ou référendum sur des questions très précises à réponse en oui/non, jamais autre chose.
    Les élus déjà aux commandes étaient indéterminés entre eux sur ce sujet, ils ne savaient quoi en penser et ont trouvé intéressant de refiler la patate chaude au peuple en le faisant choisir entre oui et non.
    Mais à part les grandes élections de personnalité présidentielle et les quelques votations référendaires, les gens n’ont pas besoin de plus, il leur suffit qu’une oligarchie décide entre elle (votes plus ou moins formels en petits comités).
    Les gens ont voté pour une personnalité qui va décider seule pendant quelques années, ils votent aussi sur quelques questions en oui/non, ça leur suffit pour se sentir considérés et respectés, leur honneur est sauf, ils sont contents. Dans l’intervale, ils braillent, ils protestent de fait du prince, ce qui leur donne encore plus l’impression d’avoir le droit de parler, ça leur suffit amplement. C’est un modus vivendi. Une comédie consentie parce que chacun sait qu’on ne peut pas faire mieux que ça.


    Sisyphe est réputé être malheureux.
    Mais observez bien qu’on lui accorde d’être malheureux alors que personne ne lui a posé la question. 
    Figurez-vous que Sisyphe est peut-être heureux. 
    Des milliards de gens font jour après jours quelque chose qui ressemble beaucoup à ce que fait Sisyphe.
     
    Si l’on regarde le fait que le rocher retombe, on dit que c’est un échec mais si l’on considère qu’au total Sisyphe mange bien, conserve une bonne santé, boit bien, baise bien, qu’il voit chaque jour son rocher à remonter et qu’en fin de journée il a droit à un câlin avec sa belle, où est son malheur ?

    Lorsque Sisyphe pousse son rocher, il sue, il pète, il râle, il proteste. Mais le soir venu, il se tape un bon repas, il roucoule avec sa douce puis il dort du sommeil du juste en étant tranquille que demain, le rocher sera en bas qui l’attendra pour lui offrir une journée comparable qui finira tout aussi bien. Où est son malheur ? Qui ne voudrait pas d’une telle tranquillité ?

    Tel est le cas des Français, des Européens.
    Il ne faut pas se fier aux râles des gens. C’est le moyen qu’ils ont de compléter leur dignité de citoyen.

    Vous connaissez cette comédie « Retiens-moi ou je fais un malheur ! » C’est cela que nous faisons tous les jours. Nous faisons les coqs, nous nous juchons sur nos pattes, nous bombons le torses en « Non mais ça ne se passera pas comme ça ! » et ensuite nous faisons notre sieste. Là où nous sommes baisés c’est quand des malins nous prennent au mot et nous poussent à aller plus loin que nous ne l’aurions voulu.

    C’est ce jeu que pratique le camarade qui nous secoue en nous disant « Non mais t’as vu comment il a osé te parler, l’autre ? » ou « Non mais t’as vu ces arabes ? Bientôt ils chieront sur ta bagnole ! » ou encore « Moi à ta place, je lui pèterais la gueule ! »
    Farce.

    Vous avez une famille ; 5 personnes c’est rien à gouverner, rien du tout. Vous pourriez proposer de voter pour toutes les décisions. Proposer une votation toutes les heures minutes. A la troisième fois les vôtres vous diront « stop stop stop stop, décide donc toi-même, on te fait confiance ». Ensuite ils vont râler, ils vont protester du choix de voiture que vous avez fait, ils protesteront du repas que vous avez préparé mais au fond ils ne demanderont rien d’autre que ça continue comme ça.

    Là où ça va mal c’est quand les gens sentent que le chef qu’ils ont élu est dépassé. Là ils paniquent vraiment. Là ils ressentent une véritable angoisse.

    Et depuis 30 ans chacun sent que quel que soit le chef, il est dépassé par des forces externes ou mondiales. Là les gens ont vraiment envie de changer vite de chef, tous les 2 mois. Mais ça ne sert évidemment à rien.

    Ce que les chefs ne parviennent plus à fournir alors que pendant des millénaires ça ne leur incombait pas, c’est le boulot, le rocher à pousser tous les matins. 

    Ils ont eu tort les premiers chefs qui ont accepté la responsabilité de fournir du travail (vers 1880). Ils ont mis le doigt dans un piège et se sont retrouvés obligés, pour alimenter artificiellement la masse de travail alors que la machine remplaçait la main d’oeuvre, d’emprunter, d’emprunter, d’emprunter ; alors qu’on ne fait pas de grosse guerre (autrefois les rois s’endettaient mais c’était uniquement pour faire la guerre)

    Changez les chefs aussi vite que vous le voulez, choisissez les plus probes, ça ne changera pas la problématique du chômage et nous deviendrons de plus en plus malheureux de n’avoir pas le sort de Sisyphe.

    Jusqu’au jour où nous serons devenus nous-même des machines, où nous serons devenus des ordinateurs, où nous serons le WWW lui-même. Mais c’est là un autre sujet. Bonne nuit et merci pour le papotage.


     



  • easy easy 3 novembre 2012 21:58

    Merci beaucoup pour votre effort.

    Ce doit être épuisant d’essayer d’expliquer à un ignare.

    Je crois alors comprendre que même extirpées vers le bas, les barres de contrôle sont toujours dans la même eau primaire. Autrement dit, remontées ou descendues, elles sont toujours dans le coeur, dans la cuve, dans le même environnement. Mais en ce cas, les mécanismes ou vérins qui les manoeuvrent (une à une) sont aux aussi dans le même bain, en tous cas en partie. Ouille ! que c’est délicat alors.

    Si vous avez une adresse à m’indiquer avec de grands dessins pour que je puisse visualiser, je serais très preneur.

    Ce que j’ai dit sur mon bras et sur la cuillère est-il correct ?



  • easy easy 3 novembre 2012 21:41

    «  »«  » le vote règle en tranchant tout problème pour le grand nombre «  »«  »


    Dans une famille de 5 personnes, le père s’enorgueuillit de proposer un vote entre aller voir se Seigneur des anneaux et aller au restaurant.

    Chacun vote et la famille va au restaurant.
    Il y en a bien deux dans la bande qui sont un peu frustrés mais ils sont tout de même en train de se régaler d’un plat qu’ils ont choisi entre cent.

    Un autre jour, la mère propose un vote pour déterminer qui va faire la vaisselle. Celui qui sera désigné sera seul perdant et aura la très nette impression qu’il y en a au moins deux qui l’ont dans le collimateur.

    Il y a vote et vote.

    Dans un village, le conseil municipal vote entre dépenser pour un feu d’artifice ou pour des conteneurs à roulette. Ça va.
    Un autre jour, il vote pour dire quelle terre agricole à 10 sous l’hectare sera déclarée constructible à 1000 sous le m². Ça va déjà moins facilement d’autant que le résultat offre au maire de vendre ses terres au centuple. Magouille ? Connicence ? D’autant que c’est son adjoint qui va avoir le marché des VRD et qu’un autre adjoint aura le marché de la construction du lotissement.

    Les dix conseillers municipaux ont été élus (certes en bloc, sur la liste du maire élu) mais au moment de voter le nouveau PLU, ont-ils pensé à leurs électeurs où à leurs intérêts ?
    On vote pour placer une décharge d’ordures. On va certes choisir un endroit éloigné. Mais il y aura tout de même deux ou trois habitants qui vont l’avoir sous leur nez pendant un siècle cette décharge. Comme par hasard, alors qu’ils ont fait partie des électeurs, ils ne font pas partie du conseil municipal. Prévenus du projet, ils rouspètent mais trop tard, les jeux sont fait, chacun en mairie a convenu de les abandonner à leur mauvais sort. Car si ce n’est pas sous leur nez que la décharge est installée, ce sera sous le nez d’un autre, sous le mien peut-être.

    Et puis on vote aussi pour incarcérer, pour pendre, pour torturer pendant deux heures (Cf. François Damiens) 

    Le vote n’est pas entre cinéma et restau, mais entre guerre et guerre. Le bras d’honneur de Longuet est un vote public et il est à la guerre.
    Les votes de la rive d’en face étant aussi à la guerre.



    On vote pour crucifier un prophète, pour décapiter un roi, aussi bien Charles 1er que Louis XVI, on vote pour décapiter une reine, on vote pour attaquer Saddam, pour attaquer Kadhafi, on vote pour tuer, on vote pour prendre plus d’argent aux uns et le distribuer va savoir à qui. On vote bien plus de cruautés et duretés qu’on ne vote de bisous et câlins.

    Voter est même, avec le lynchage qui est une sorte de vote de rue à main levée, le moyen de plus sûr de commettre quelque chose de dur envers quelqu’un, dont le fait d’envoyer des jeunes de la patrie à la guerre.

    Il faudrait donc d’abord que les Français reviennent un peu sur la transcendance positive qu’ils accordent au fait de voter car ce geste est source de bien des horreurs. Ce n’est pas parce que la responsabilité des horreurs est assumée collectivement que les horreurs n’en sont plus.
    On n’est pas un ange quand on vote. Voter ne fait pas de soi une personne parfaite, sainte, probe, généreuse.



    Ensuite, le vote, en France et de manière ordinaire, est un vote entre des programmes politiques, chacun faisant dix à 20 propositions-promesses.
    Or ce sont des propositions venant des candidats. et ils nous ont bassiné les oreilles avec ça depuis 3 mois. Si ça se trouve, j’aurais eu à écrire noir sur blanc mes voeux, je n’aurais rien écrit de leurs promesses et j’aurais demandé toute autre chose.

    Il y a 60 millions de Français mais une fois tous les 5 ans, on se retrouve avec 10 points de vue. On vote alors à l’envers, par défaut, par dépit. La vie est déjà absurde en soi mais avec ça on ne fait rien pour lui donner plus de sens.


    Pourquoi acceptons-nous ce vote à l’envers ?
    Parce qu’au fond nous avons tous compris ce que je vous ai explicité plus haut. Un véritable vote à l’endroit (qui serait posible avec les ordinateurs qui calculeront le plus grand dénominateur commun entre 60 millions de demandes) n’est d’aucun intérêt puisque personne n’aura son compte.
    Si un ordinateur peut aisément calculer le bon pourcentage d’impôts à appliquer en moyennant les taux que chacun des Français aura proposé et déclarer que le taux sera désormais de 17,25589%, il ne peut pas dire où placer la décharge municipale pour ne gêner personne car elle gênera toujours quelqu’un, ainsi qu’une ligne de TGV, ainsi qu’une ligne de très haute tension...
    D’autre part, l’ordinateur ne peut pas moyenner entre faire la guerre et ne pas la faire, entre autoriser le mariage homo et l’interdire. Trop de questions ne se résolvent qu’en oui/non. Or il ne suffit pas qu’il y ait 51% des électeurs qui votent pour le nucléaire pour que la question soit tranchée, il faut encore préciser où les placer les centrales. Or elles ont des contraintes techniques ces centrales, il leur faut de l’eau. Alors ceux qui auront voté Oui au nucléaire vont voter non si c’est dans leur jardin ou vont voter non si la ligne doit passer chez eux, L’Ordinateur ne s’en sortira pas des votes infinis et surtout contradictoires.

    J’appelle Ordinateur la Chose idéale qui entendra tous nos votes, qui saura les moyenner et qui sera incorruptible, cela 24h/24



    Nous avons des pieds qui mesurent entre 5 cm et 50 cm. A moins d’autoriser les gens à aller au musée et au bureau pieds nus, il faut fournir aux gens des chaussures à petit prix donc fabriquées en série. Si chacun vote pour sa taille, l’ordinateur livrera uniquement des chaussures de 28, 4567 cm.
    Des personnes en viande, après avoir relevé les tailles des pieds sur une cohorte significative, ont estimé, sans vote aucun, de faire 20 tailles. Il y a donc des gens qui trouvent pile la pointure qui leur convient et il y en a qui ont le pied quelque peu coincé ou flottant. Il n’y a pas de solution par vote.





    «  »«  » nous ne pouvons plus feindre d’ignorer la rotation des charges & la désignation aléatoire pour les grands Etats «  »«  »"

    Parce qu’ils croient le vote merveilleux, parce qu’ils ne lui voient que pureté, les Français ont l’impression de ne pas avoir leur content parce que les élus sont corrompus.
    Il leur vient donc à l’idée qu’il faut changer quelque chose dans le choix des candidats afin qu’ils soient probes. Plus de candidats, plus de représentants, mandats plus courts, pas payés, élection au hasard...

    Il est un fait qu’un élu qui reste plusieurs années en place peu s’organiser plein d’avantages.
    Mais même en faisant tourner les élus tous les ans, même en les choisissant au hasard, on se retrouvera avec les mêmes apories les mêmes questions qui ne peuvent se résoudre qu’en tranchant dans le tas en produisant des tas d’insatisfaits.

    Tant que nous tiendrons à un Etat, il faudra qu’il y ait un type ou une équipe au sommet du pouvoir exécutif pour trancher en fonction de leurs intérêts. A cinq, à dix, surtout quand on sait qu’on doit choisir pour une énorme masse, on parvient à s’entendre et on parvient à trancher sans qu’aucun des cinq ou dix ne soit trop lésé (encore qu’il arrive qu’un ministre sorte d’un vote en claquant la porte)


    Choisir les élus au hasard ?
    Oui mais pas les patrons, pas les syndicalistes, pas ceux qui ont perdu leurs points, pas ceux qui ont fumé, pas deux qui ont triché au Bac, pas ceux qui ont tiré sur la Bac, pas ceux qui dorment dans la rue, pas ceux qui prient dans la rue, pas des islamistes, pas des homos, pas des divorcés, pas ceux qui n’ont pas de gosses, pas ceux qui en ont six, pas ceux qui aiment la corrida, pas ceux qui aiment Polanski, pas les Corses, pas les Basques, pas les guadeloupéens, pas ceux qui ne savent pas lire, pas ceux qui ne savent pas faire une règle de trois, pas ceux qui fument, pas ceux qui boivent, pas ceux qui ont un cancer, pas ceux qui ont une MST, pas les bègues, pas les aveugles,...
    Il va rester quelle cohorte dans laquelle piocher au hasard ?
    Faut qu’on vote cette question...


    Non vraiment, ce qu’il y a de génial dans la formule actuelle c’est que n’importe qui a le droit de voter, que chacun se sent citoyen et impliqué, alors qu’en réalité, son vote ne sert qu’à délivrer cette impression.

    Il n’y avait pas de solution pour réaliser une vraie démocratie alors on a inventé le vote pour tous afin de s’offrir une illusion irréfragable.

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