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59 ans
Eurasien
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Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 16 septembre 2012 17:06

    Effectivement, on peut considérer que les échoués de la pyramide qui acceptent de bosser pour des clopinettes sont responsables de la pyramide puisqu’ils l’engraissent.

    Même en faisant abstraction des immigrés, même en ne considérant que les laboratores français, on peut dire qu’ils sont responsables puisqu’ils acceptent ce mauvais sort.

    Mais ce n’est pas si simple.
    D’abord, il y a une grande partie de la pyramide, celle du bas, qui, sans être laboratores, en bave tout de même. Les valets des princes ne sont certes pas des paysans, ils ont belle livrée mais ils en bavent aussi.
    Les laboratores smicards voient donc des oratores à peine mieux payés qu’eux et souffrant presque autant qu’eux.


    Ensuite, il y a les engagements privés. Qu’on soit prince, chambellan ou maçon, on a des parents auxquels on est attaché de mille manières. Pour eux on fait des sacrifices de soi.
    Un laboratore va évidemment sacrifier beacoup de lui puisqu’il est pauvre mais il le fera tout de même par attachement.

    Ensuite, il y a le provisoire « Je fais ça en attendant qu’un truc se débloque et ensuite, je ferai quelque chose de plus gratifiant » . Et il est un fait, il y en a des exemples donnés sur ce fil, qu’on peut démarrer coffreur et finir patron. François Pinault, zéro diplôme, lapin de menuiserie, a eu la chance de faire un mariage intéressant mais encore fort modeste, puis il est devenu milliardaire par intelligence pyramidaliste. Un autre aurait fait le même mariage lui offrant à diriger une petite scierie, il ne serait pas forcément devenu milliardaire. Bernard Tapie zéro diplôme, grandit à Blanc Mesnil 93.
    Il est donc possible de faire partie des damnés pendant un moment puis de faire partie de l’élite.

    Le fait est qu’il y en a parmi ces sueurs qui ne peuvent vraiment pas devenir des leaders. 
    Ceux-là qui ne peuvent que finir leur vie à porter des sacs de ciment, s’ils sont dégagés de liens privés, ont alors comme seule solution, s’ils ne veulent pas servir d’esclaves, de se suicider. 

    Allez-vous faire le tour des chantiers pour dire « Vous qui bossez pour rien et qui n’avez vraiment pas la capacité de monter la moindre affaire, suicidez-vous sinon vous faites le jeu des esclavagistes » ?

    Allez-vous faire le tour des domus de Rome et des plantations de coton de Virginie pour dire aux esclaves, « Vous êtes les responsables de l’esclavagisme parce que vous refusez de vous suicider ! »


    Avant de de suicider, ils pourraient tout de même se mettre en grève. Oui mais les mineurs Anglais comme ceux de l’Afrique du Sud ont très bien vu qu’ils se faisaient tirer dessus comme les lapins afin de servir d’exemple à ne pas suivre.



  • easy easy 16 septembre 2012 16:26

    «  »«  » Comme beaucoup de personnes de mon âge j’ étais debout dans le 
    à 2h du mat à 14 ans pétantes «  »«  »

    Moi aussi, « pétante »

    Mais ayons bien conscience que nous avons participé à un des éléments de la religion d’Etat, la religion de l’heure.

    Il y a toujours eu besoin, dès qu’on est en groupe de villageois, de coordonner les efforts. D’abord on détermine une date pour les semailles et ensuite on dit « Bon, on s’y met tous demain matin »
    Même dans les tribus sans notion d’hier et de demain (ça existe !) on coordonne les efforts dans le temps.
    M’enfin, dès qu’on a inventé l’horloge à la seconde près et qu’on les a placées sur les beffrois pour concurrencer les cloches des églises, dès qu’on en a placé aussi sur l’entrée des usines en symbole de l’afla à l’oméga, on est entré dans une religion de la ponctualité dont les conséquences sont délirantes.
    On peut être insulté, traîné dans la boue parce qu’on a 2 minutes de retard.

    La ponctualité devenue vertu névrotiquement recherchée peut par exemple conduire un pharmacien devant ouvrir sa boutique à 9 h pétante, d’en être si obsédé parce qu’il se voit en retard, qu’il en oublie sa fille dans la voiture. 
    6000 morts sur les routes c’est peut-être 3000 qui la jouaient « pétante »

    Mais surtout, cette religion fait perdre le sens de la patience, elle lui est contraire.

    La patience c’est pêcher à la ligne avec un tit hameçon
    L’impatience ça conduit à pêcher avec un énorme chalut.

    C’est l’impatience, pas autre chose, qui crée le « Je veux tout tout de suite ou je casse tout »
    Hitler était très, très impatient et nous sommes des milliards à hystériser à la moindre contrariété de timing.



    La temporalité excessive conduit à « Il est en avance sur le temps, bravo » « Il est en retard,c’est un nul »
    Elle conduit donc à dire des peuples qui ressemblent à ce que nous étions autrefois qu’ils sont en retard donc beurk


    C’est ce qui fait aussi nos dépressions.
    Etant donné qu’il nous faut toujours grimper dans la pyramide, au lieu de nous dire « Ban ça se fera quand ça se fera » nous sommes endoctrinés dès l’école à concevoir que si nous ne sommes pas parvenus à la 6 ème marche au 6ème âge, nous sommes cuits. Donc dépression.
    Et ça conduit évidemment au jeunisme effréné puisque c’est mieux d’être virtuose du piano à 7 ans qu’à 70.

    Vous voyez donc que vous avez été un curé du « pétante », mais que vous vous êtes retrouvé à souffrir du sentiment d’être toujours dépassé (encore que vous étiez dans une branche où ça ne se ressentait pas trop)

    Un entrepreneur de télécom qui joue l’évêque du « pétante » s’enterre sans s’en rendre compte.


    On ne peut pas être de l’impatience, de la vitesse, de la ponctualité et respecter les anciens.




  • easy easy 16 septembre 2012 14:52

    «  »«  » ce ne sont pas le sedentaires qui se sont réunis se sont les envahisseurs qui les ont dominés !!!! «  »«  »

    Il me semble qu’il y a eu des groupes pilleurs (on en trouve encore dans des tribus primitives qui restent) dont la stratégie consiste à piller puis à repartir histoire de n’avoir rien à gérer et laisser la victime se refaire pour lui refondre dessus dans un an. C’est une stratégie très économique qui laisse beaucoup de temps de loisir. La bande de pillards purs est très facile à constituer

    Les Huns n’avaient pas du tout envie d’asservir. 

    Les villageois, tout à leurs activités de production, ne se dotent ni d’armes ni de murailles, se font piller et parfois tuer s’ils lèvent des bâtons. Il leur vient très vite à l’idée de constituer une coopérative de défense et d’accepter alors l’existence d’une Personne Ailleurs pour les protéger moyennant une cotisation. Du coup, ils créent une bande encore plus puissante que les pillards originels et qui est supposé se contenter de la cotisation convenue.
    Problème : la coopérative exige plus.

    Exactement ce qui s’était passé entre les Romains et les deux groupes de Goths.


    Il me semble que ce n’est qu’une fois ces Etatisations surgies à la demande des villages, qu’il est venu à l’idée des chefs protecteurs de s’imposer à d’autres villages, parfois bien plus lointains, qui ne demandaient rien afin d’augmenter leurs prélèvements.
    Tout comme le font les protecteurs mafieux. Au départ ils protègent vraiment d’autres mafieux puis ils s’imposent.

    Même les premiers Cow-boys, qui n’avaient pourtant aucune envie d’Etat, ont demandé de l’étatisation quand ils se sont vus subir des pillages soit d’indiens soit de Blancs. 

    Dès le second vol en bande organisée qu’ils subissent, les pillés ont envie d’une Police, donc d’un Etat. 


    C’est encore le cas de nos jours et même ici alors que l’Etat est déjà omniprésent. Dès qu’un de nous est victime de deux vols trop rapprochés, il hurle qu’il faut plus de Police donc plus d’Etat.



  • easy easy 16 septembre 2012 12:20


    J’ai fait partie des laboratores du bâtiment.

    Ce que vous en dites est vrai, à de rares exceptions près telle la mienne où, parce que je faisais un boulot plus spécifique et que je m’organisais d’une façon particulière, je gagnais 3000 F net par jour.




    Essayons d’expliquer ce phénomène du salaire au diplôme et plus exactement aux études

    Avant les cités, les gens vivaient en tribus et troquaient, kolkhosaient. S’il y avait dans quelques cas une monnaie, telle les barres de sel, ça ne correspondait pas au temps passé pour réaliser la chose échangée. 


    Peut-être à partir du phénomène des razzias devenues spécialités de certaines tribus, les ethnies passées sédentaires se sont retrouvées contraintes de s’unir de manière plus ou moins explicite pour y faire face et ça a fait surgir le concept impérialiste de nation et d’Etat.


    Si ce n’étaient ces menaces de razzias, les villageois n’auraient jamais accepté d’être gouvernés par une Personne Ailleurs. Et une fois les Personnes Ailleurs constituées pour protéger, elles se sont mises à s’imposer, à taxer. On voit très bien ce jeu dans les rapports de force entre les Romains et les deux sortes de Goths. Un coup je te protège, un coup je te taxe.

    Passer à la nationalisation est donc une contrainte humiliante pour les hommes qui sont fondamentalement claniques, villageois. 
     
    Une fois que les nations et Etats sont devenus la règle, les villageois se retrouvent certes libérés du souci des razzias grâce à la Police nationale mais on tendance à oublier cet avantage puisqu’il n’y a plus de razzias. 
    On se retrouve à subir les taxes d’un Etat sans plus savoir pourquoi. On grogne mais c’est trop tard, il n’y a plus rien à faire.
     


    L’Etat, qui a tout de même le souci constant, en tous cas avant les traités d’union inter étatiques de pacification, de protéger ses frontières des razzias des autres Etats, reste martial. Il a la Police et l’armée. Cas des Spartiates qui asservissaient les Hilotes. Cas des Achéménides qui asservissaient des dizaines de peuplades.

    Ceux qui dirigent cet Etat, vivent sur le dos des gens nationalisés. Ils ont intérêt à maintenir l’Etat, même si les traités inter atatiques de pacification les rendent moins utiles. Ces maharadjahs ne peuvent tenir le pouvoir seuls, il leur faut établir une pyramide de pouvoirs qui part du palais et qui s’étend jusque chez chaque concierge dans chaque village.

    Soit on fait partie de cette pyramide (et ce qu’on y fait selon les directives est inattaquable en justice), soit on la subit.

    A part quelques cas dynastiques du genre Saoud ou Bourbon, tout le monde peut faire partie de la Pyramide, ça appaise les tensions, ça fait égalitaire, démocratique, ça coupe l’herbe sous le pied des anarchistes.

    Mais il n’est pas possible que 100% des individus soient au pouvoir sinon il n’y aura plus personne à exploiter.

    Il faut donc créer un système de concours, certes ouvert à tous, toujours pour saper les protestations, mais sélectif. On va imposer l’Ecole en affirmant que c’est un énorme avantage que de savoir la différence entre introjection et incorporation, de savoir calculer Pi, de savoir contruire des fusées, et exactement comme dans les cas particuliers de communisme à la Mao, chacun se retrouve dans un jeu qu’il n’a pas choisi et où il lui apparaît qu’il faut pourtant réussir ou être éboueur.


    Cette scolarisation permet à l’Etat de sélectionner les plus convaincus et performants de sa doctrine nationaliste (nationaliste non pas au sens actuel en « Notre pays est le meilleur » mais au sens originel déjà oublié de « La nation étatisée c’est mieux que des villages et ethnies incohérentes »)

    Et comme on n’entre pas dans la pyramide du pouvoir pour rien, comme on y entre pour faire du gras sans se casser le cul et sur le dos des gens sans pouvoir, les pyramidalistes s’entendent très parfaitement et sans faille pour misérabiliser ceux qui, bien qu’ayant en principe participé au concours, se sont retrouvés largués car trop indépendants d’esprit.

    La pyramide des endoctrinés (s’ils ne le sont pas de fond, ils le sont de forme et d’attitudes tout de même) qu’ils soient de l’Administration, de l’Armée, de la Police ou du privé, s’entend pour profiter des échoués en les encerclant, en les affamant. Les écoués et rétifs du genre Roms ne peuvent plus aller nulle part, tous les territoires sont sous contrôle étatique, ils ne peuvent que plier et suer pour constituer une part de taxes et une part congrue pour survivre. 

     

    La manière dont est foutue la TVA est révélatrice de cette doctrine étatique.
    Alors qu’il serait logique d’un point de vue compassionnel, que la TVA soit de 1% sur tous les produits dont la gueusaille a besoin pour survivre et qu’elle soit de 80% sur tous les produits dont se gavent les saigneurs, elle est de 20% sur tous les produits.

    Une TVA de 1 % sur les produits de base et de 80% sur les produits de luxe irait fondamentalement à l’encontre de la nationale éducation. N’iraient plus à l’école que ceux qui veulent s’instruire pour le seul plaisir de s’instruire, non pour entrer dans la pyramide. Les gens au pouvoir refusent donc toujours la TVA différenciée.


    Arrive le cas des artistes.
    Voilà des gens qui tout en ne construisant pas une pyramide de pouvoir dans leur entreprise, tout en bossant de manière très solitaire, représentent in fine les anarchistes intelligents de la stratégie de l’Etat.
    Les princes ont besoin des orfèvres et artistes pour constituer l’aspect extraordinaire et impressionnant de leurs palais, ils ne rejettent pas les artistes, ils les achètent. Alors que les Pinault et Lagardère n’avaient aucun intérêt pour l’art quand ils étaient étudiants pauvres, ils deviennent soudain intéressés par l’art au fur et à mesure qu’ils deviennent milliardaires.

    En achetant les néo anarchistes que sont les artistes contemporains, en achetant même les plus cénobites d’entre eux du genre Séraphine de Senlis, en formant un UNESCO qui protège les oeuvres anciennes, en récupérant dans la Pyramide tout ce qui a été produit de singulier, d’indépendant, le Pouvoir contrôle toutes les velléités de singularisation.


    Il y a eu Voltaire qui avait posé qu’un pays bien organisé est celui où un petit nombre....Et il n’avait même pas eu à le démontrer puisque c’était déjà le cas et que tous les autres rhéteurs ne pouvaient qu’en être d’accord ;

    Mais ensuite il y a eu des gens qui, tout en ayant l’air de brasser des idées nouvelles, n’ont fait que perpétuer ce principe nationaliste (toujours au sens où le village et l’ethnie sont abolis).

    JP Sartre prétendait que si l’essence de l’arc précède son existence au sens où l’archer le conçoit avant de le réaliser, l’homme existe d’abord et son essence (sa fonction, son rôle) apparaît ensuite.

    Or c’est faux.

    Quand les parents conçoivent leur enfant, ils lui prévoient généralement une fonction, un rôle à jouer. Parfois ce n’est pas très clair dans leur tête. Parfois cette essence est privée « Il sera mon nounours ».
    Mais dès la maternelle, les parents doivent se rendre à l’évidence que l’enfant aura une dévolution nationaliste et le poussent à concourir dans la nationale éducation. Puisque ce n’est pas l’enfant qui choisit son destin de nationaliste, ce n’est pas lui qui choisit son essence. L’Etat ne lui a certes pas assigné une place précise avant qu’il naisse, mais de manière statistique sa place ou tout le moins sa participation au jeu nationaliste est bel et bien prévue.
    L’Etat ne permet aucune conception ou naissance qui échapperaît à son contrôle, à son imposition de participer au jeu nationaliste

    Dans un village de Massaïs, l’existence précède l’essence de l’individu
    Mais dans une nation étatisée (car une nation peut exister de manière naturelle , nation Sioux, nation Apache, sans Etat) c’est le contraire.

    Et Sartre, tout en ayant l’air d’être un trubion, un fou du roi, un philosophe, un artiste, dit que l’ouvrage, le livre, si méchante et désespérée que soit l’humanité qu’il peint, doit avoir un air de générosité.
    Alors qu’il se prétendait athée, il fait exactement la recommandation du clergé chrétien qui, in fine, encourageait les gueux à supporter leur sort d’exploités en leur montrant un théâtre de générosités.


    La république n’est laïque qu’au sens où elle n’est pas théiste et au sens de l’ancienne définition de Dieu. Mais elle est le nouveau Dieu, elle est religieuse et impose sa religion qui est fondamentalement anti nature, anthropocentrique et matérialiste (quand elle tolère des religions théistes, c’est sous contrôle, sous censure).

    Ce système ne peut plus être réformé. Il n’y a plus d’alternative. Toute révolution douce sera censurée et toute révolution violente constituera un autre nationalisme. Il n’y aura jamais plus de villagisme.
    Les échoués de l’école (et les immigrés humiliés) doivent se contenter de leur mauvais sort ou tenter quelque indépendance en attendant de se retrouver en taule. 




    Il y a le sexage.
    C’est l’activité transactionnelle à deux individus qui peut délivrer des hormones de gratification compensant toutes les contraintes que la nationalisation impose. Or, comme dans les religions théistes, la religion nationaliste contrôle jusque dans les chambres et bordels. Elle contrôle jusque dans les questions de transmission de patrimoine conjugal. Même l’espace du sexe est censuré de mille manières. Et si un des partenaires d’une partie de sexage originale court dénoncer à la Police, légion d’honneur pour lui, zonzon pour l’autre.


    Le système pyramidal s’auto verrouille. Comme 100% des individus s’y sont fait, soit en le servant dans la pyramide, soit en trimant sur les chantiers et dans les égouts, tout le monde tient à valoriser son sort et refuse toute glorification de l’inverse, toute glorification des originalités. Chacun, prince, valet et gueux est si impliqué dans la nationalisme qu’il est conformiste et réactionnaire. Les gens braillent pour se donner l’impression de savoir se révolter mais tout ce qu’ils disent est infiniment plus conformiste qu’anarchiste et individualiste. Ce braillage vain rend l’étatisme encore plus imposant et incontournable


    Dans Ça se discute, Jean Luc Delarue montrait que les gens ne parviennent pas à être standards, conformes, lisses, et ça a soulagé des millions de personnes de voir que leur problématique était vécue par d’autres.
    Mais il a beau avoir réalisé ces monstrations en ayant une chemise blanche, amidonnée, repassée, un costume symétrique sombre et grave, des chaussures cirées, il y a des gens qui en ont tellement bavé de réduction d’eux-mêmes pour réussir à occuper une fonction -forcément policière- dans cette pyramide qu’ils tiennent à leur place, à l’ordre établi, et traînent cet animateur dans la boue dès qu’il faiblit d’audience.

    Ce que montrait JL Delarue c’est qu’il est impossible d’être normal ou conventionnel ou parfait (lui compris) dans tous les espaces, des plus publics aux plus intimes et ce genre d’émission ne peut que rester marginal.

    Tant que par son apparence conforme JLD pouvait tout de même donner à penser que les gens bizarres sont des échoués de la normalité, lui ne l’étant pas, tant qu’il donnait l’impression qu’il valorisait personnellement la normalité et n’exhibait les montres qu’avec pitié et compassion, avec générosité, ça allait encore. C’était limite tolérable mais tolérable. On était encore dans le zoo humain de 1880.

    Mais quand il a été prouvé que lui, le normal, le pyramidaliste, qui démontrait tout l’intérêt d’être conforme par la réussite matérialiste qu’il affichait, était en réalité en grande souffrance, ça a eu un effet dévastateur et révélateur sur ceux qui s’accrochent coûte que coûte à leur position du bon côté du grillage.
    Voir que Delarue, en dépit de ses apparences premières, se trouvait en réalité du côté sauvage de la cage, a choqué tous les visiteurs de zoo.

    Quand le Juge est pris en flagrant délit d’anormalité, ça ébranle la pyramide. Ca l’ébranle mais tout est devenu si systémique que le système ne peut pas s’effondrer. Un mur de pierre ou de pouvoir peut s’écrouler, pas une pyramide de pierre ou de pouvoir.

    C’est le genre Michel Drucker qui doit dominer.

    La pyramide démagogique change carrément la nature humaine. Le test d’illusion d’optique de Muller-Lyer est valide pour les gens des cités et invalide chez les peuplades en village





    Les propositions alternatives de type démocratie à élus tournants ou choisis au hasard ne changeront rien. On est trop habitué à n’aimer de l’homme que sa capacité à tout transformer, sa nature comprise, à n’aimer de l’arbre que le papier et le parquet, et d’accorder donc du mérite à ceux qui transforment le plus le monde vers un idéal humaniste (au sens hommiste où seul l’homme est important) 

     



  • easy easy 15 septembre 2012 17:25


    Félicitations !


    Lorsque les Hommes vivent en petits groupes (il y en a encore) ils ignorent l’anonymat.
    Il est d’ailleurs possible que ces identitaires refusent de devenir de trop gros groupes par refus de l’anonymat

    Dans un système où chacun se connaît, il n’est pas possible de mentir, de faire des coups en douce, de lyncher.
    Mais il n’est pas possible non plus d’idéaliser, pas même le chef de clan tellement on connaît ses faiblesses.
    Chacun a une relation rude et directe, sans intermédiaire avec la nature. La nature est un interlocuteur. L’homme n’est pas idéalisé et la nature est importante. Résultat, les projections et introjections que font les gens sont en rapport avec la nature qu’on ne peut ni encenser ni injurier. Ces deux sortes de projections ne sont ni encensantes ni dénigrantes. On projette de l’homme dans l’ours, on introjecte de la rivière en l’homme, ce sont des échanges d’images mais sans classement de valeur.
    De plus si d’aventure un membre est frustré d’une transaction avec un autre, il n’a que la ressource de se trouver un exutoire vers la nature.





    Dans les cités, surgit l’anonymat et l’homme, l’homme, l’homme. Tout le temps l’homme.
    Chacun n’a plus un rapport que très indirect avec la nature et elle disparaît de son paysage. Si un type est frustré d’une relation avec un autre, il va réessayer avec un autre, à l’infini. Il n’a pas besoin d’exutoire dans la nature, désirs et frustrations sont toutes dirigées vers l’homme l’homme, l’homme.

    La nature est déniée et l’homme est idéalisé.
    Parce qu’il est idéalisé, surgit le manichéisme. Et surgit alors l’obligation de bien faire sinon lynchage par la masse anonyme. La nature est ignorée, on ne connaît plus que les hommes et on est terrorisé par eux en tant qu’anonymes, par son concierges

    L’image de soi doit donc devenir, dans cette ambiance à la fois idéaliste et comminatoire (similaire à un état où chacun devrait être le communiste idéal), très parfaite.
    Du coup l’image est hyper importante.

    Les projections et introjections deviennent vraiment anales et orales comme disait Ferenczi. On ne projette sur les autres non plus nos qualités mais nos merdes et on n’introjecte des autres non plus leurs défauts mais leurs seules qualités. La télé, quand elle montre Nous, elle doit montrer un Nous parfait.
    (le 11 septembre ça nous a filé un coup sur cette illusion)

    Les terrorisés, qui ont, à leur sens, réussi au prix de bien des sacrifices, à se constituer un pack d’image d’eux suscceptible de les protéger de ces mille épées qui nous menacent tous, tiennent à ce que l’idéal ne change pas. Ils se sont fait chier pour paraître nickel, il n’est pas question pour eux d’accepter que l’image de l’idéal bascule vers ce qu’ils ne sont pas.
    Ils se sont shootés à tout ce qui est permis pour tenir le coup et paraître honorables, ils se sont frustrés de mille plaisirs pour avoir leur diplôme de conformité, ils ont très parfaitement dissimulés leursss anus, il n’acceptent pas le moindre laxisme.
    Ils tiennent à ce que les médias ne montrent de l’homme que son idéal, le même idéal.


    Or JL Delarue se met à monter les réalités les plus intimes, justement celles qu’on cache pour faire lisse. Et si seulement il les montrait pour les dénigrer, mais non, le con, il en est même à compatir. Bientôt il les couvrirait de médailles ces gens qui avouent des trucs pas nets, pas conformes à l’idéal.
    Il faut donc le pendre.

    Tant qu’il a son public, on s’écrase mais dès qu’il faiblit d’audience, dès qu’il se vautre sur une peau de banane, on ne va pas le louper.
    Et s’il est mort, on va y aller à fond pour le démolir et démolir son oeuvre obscène. On va traîner son cadavre dans le caniveau.




    Il est interdit de montrer aux hommes des cités ce qu’est vraiment l’homme, en toute nature. On ne doit montrer que ce qu’il sera quand il ne sera plus du tout naturel.

    C’est l’histoire du bal en smoking. On mentionne sur les cartons qu’il faut se saper cher. Chacun s’y pointe super déguisé en prince sans anus au prix de mille efforts et s’il y a un type qui se pointe pieds nus on va le jeter d’une force, je te dis pas.


    JP Sartre disait qu’un ouvrage, en dépit de la misère et de l’horreur du monde qu’il décrit, devrait toujours donner à croire en quelque générosité (un idéal)
    Alors faut-il oui ou non persister dans la voie de l’idéalisation de l’homme de manière si hommiste, si exclusivement hommiste, ou faut-il commencer à reconnaître, comme Bukovski, que l’homme a un anus et que tout ce qu’il fait, quel que soit son décor et son cinéma est bourré d’anus ?



    A mon sens, il est impossible d’avouer nos anus (ce que font un peu les rappeurs) sans foutre la cité en l’air (ce que font un peu les rappeurs).

    La cité a été contruite sur de l’idéalisme, admettre la vérité ruinerait la cité. (Même nos campagnes, même nos littoraux, même nos montagnes font partie de la cité, c’est la même police partout) 


    Que faire alors ?
    Bah, continuer à faire ce que faisait Delarue, i.e. dire les anus et sanies de l’homme mais de temps en temps, tard la nuit, comme en marge et tout en gardant une chemise blanche, des chaussures bien vernies, un plateau sans ordures qui traînent partout. Et donc dire ces anus mais les regretter tout de même. Dire nos merdouilles mais s’en lamenter tout de même. Donc émettre de la compassion. Non les considérer banales, normales. Dire nos imperfections à voix basse et pas devant les enfants, il faut les faisser croire que le Père Noël n’a pas plus d’anus que Donald.

    Voilà la seule chose que nous puissions faire jusqu’à ce qu’un jour, à force d’être devenus trop fous d’idéalisation de l’homme, nous en venions à tellement haïr quelque gens n’ayant pas pu se déguiser en anges, que nous en viendrions à larguer nos Bombes et que les cités finissent en cendres.
    Après ça, les survivants pourront opter, s’il le veulent pour une voie plus naturelle.
    Mais nous ne repartirons jamais vers la nature de manière organisée.


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