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Eurasien
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  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 9 septembre 2012 11:47


    Il y a toujours eu une religion du demain
    Religion du demain tant pour les concrétudes « Je plante aujourd’hui, demain je récolte », que pour les abstractions « je suis gentil aujourd’hui, demain j’irai au paradis »

    Le demain des concrétudes allait assez loin car on plantait des chênes pour les générations suivantes et on construisait des cathédrales pour 300 ans.

    Mais jamais avant Jules Verne, personne n’avait fait des projections futuristes aussi concrètes et différentes du présent. Même Galilée, même Vinci n’avaient pas fait de projections futuristes.

    Avant Verne, les Hommes avaient proposé des millions de délires sur les paradis et enfers mais ça c’est l’abstraction totale, définitive et même s’il y a parfois lassitude à les croire, nul ne peut affirmer que c’est tout bidon. Résultat, le futur des abstractions ne s’est pas écroulé en dépit de la chasse aux curés. 

    Avec Verne, c’est une révolution. Il pompe le style ’Je suis sérieux, très lucide, je vérifie tout, je ne dis pas n’importe quoi’ de A E Poe, mais pour nous raconter non pas la mort, les fantômes, les maladies, pour nous raconter note futur matériel, très, très matériel. 

    Et dans ce futur matériel, il n’y a ni oesophage, ni estomac, ni anus. Il y a bien une bouche mais elle ne sert qu’à parler. 
    Dumas père et Hugo en étaient encore à raconter des gens qui transpirent, qui ont faim, qui ont soif, qui ont mal, qui baisent, qui pillent et violent, à raconter les immondices, les goitres et les rats. 
    Verne ne dit plus rien de ça et nous voilà embarqués à croire en un paradis réel où plus rien ne pourrit en dehors de l’ennemi. 

    Après Verne on a donc vraiment vécu une course à l’aseptique : le spatial, la médecine, l’hygiénisme... le pain blanc, le papier blanc, OMO même avé les noeuds...On en a vu défiler des hommes en scaphandres qui isolent de mille radiations, ypérites, feux et pourritures. On en a vu des armures en titane, delron et kevlar.

    Mais on a constaté que les bateaux avaient leurs titanics leurs marées noires et que les voitures avaient un anus qui nous rend malades.

    Des millions de pubs, toutes vernistes, sur des millions de produits, jamais un anus.

    Le choc que nous subissons, c’est le dépit de découvrir que quoi qu’on fasse, paradis très abstrait ou paradis très matérialiste doivent toujours s’entendre avec un nombril et un anus.

    Annus 2000, anus inclus.




    On peut, histoire de se fixer les idées ou de prendre repère, considérer par exemple la question du feu et de sa fumée.
    Concernant les incendies, de Troie à Londres en passant par Rome et Alexandrie, pas glop, ça n’a jamais été très bien perçu. Encore que l’on aura assez vite considéré les cendres avec un regard de phénix. «  Nous rebâtirons plus beau ».


    Si les feux incontrôlables étaient plutôt angoissants, il en était tout autrement des feux maîtrisés qui exprimaient au contraire la réussite prométhéenne puisqu’ils servaient toujours à transformer quelque plomb en or, à se protéger du froid et à remplir un estomac vide.

    Pour Platon, Saint Augustin, Cervantès, Rabelais, Daudet, Grimm, Perrault, Morris, il y a la fumée des feux contrôlés dans leurs livres. Elle signifie repère (retour au père sécurisant) Elle signifie présence humaine qui sauve de l’isolement. Elle signifie cassoulet roboratif ou sanglier bien rôti. Elle signifie communication et même développement économique, prospérité. Même Turner, même Monet semblaient d’accord pour positiver les fumées.

    Jusqu’au fog de Londres et Jack l’éventreur (1888). 
    Avec ce fait de société (criminel jamais identifié donc terreur qui perdure), il apparaissait aux gens que la vie dans le monde industriel, produisait des fumées plus repaires que repères.

    Les romans de Verne ne sont optimistes qu’avant Jack L’éventreur. Les livres qui nous ont enchantés sont d’avant 1888. 

    Ou, plus exactement

    Il a écrit de 1863 à 1905 et 1888 se situe au centre de la Grande Dépression (1873-1896)
    Or ses livres les plus optimistes ont été écrits entre 1863 et 1873. Ensuite, et plus encore après Jack l’éventreur, il n’a cessé de passer de plus en plus pessimiste. (Robur le conquérant étant devenu fou dans Maître du monde 1904)

    Bien entendu, tous les directeurs de théâtre, les personnages qui font l’Histoire, les politiques et les grands industriels, vont naturellement faire valoir de Verne que ses ouvrages les plus optimistes. Disney va préférer ses premiers livres aux derniers. 

    Mais depuis, les fumées des chaumières des images d’Epinal sont devenues noires et toxiques uniquement des repaires
    Tiens dans le film True Grit, la fumée joue une place importante.




     

    Sinon, on ne peut pas parler de l’optimisme vernien (trié) des années 50 sans dire qu’il provenait des EU.
    Aucun peuple au monde n’a autant vendu le vernisme (trié) que les EU, Curiosity included.

    Alors pourquoi ?
    Pourquoi cet optimisme débridé des Américains ?

    Ceux qui y sont allés étaient fondamentalement les plus optimistes des Européens en toute fuite bien bue.
    Mais ils ont eu sur le dos de leur courte histoire deux gros fardeaux. Celui de l’extermination des natifs et celui de l’exploitation directe des esclaves. Ca ne peut se justifier que pour faire mieux. Impossible de supporter cette culpabilité si ce n’est pas pour faire un paradis concret, qui saute aux yeux. Il faut mordicus prétendre que c’est mieux maintenant et surtout que ce sera encore mieux demain puisque l’aujourd’hui est bourré de casseroles.

    Or ce double fardeau, ils l’ont payé extrêmement cher. La guerre de Sécession a été une très authentique guerre fraternelle conduisant à un suicide massif.

    Double crime contre l’humanité, soldé par une guerre fratricide. Ca vaut bien une messe, une promesse de futur meilleur. 
    Alors ils sont piégés car à vouloir toujours prouver qu’ils ont fait le pire, Bombe comprise, pour rendre le monde meilleur, ils ne peuvent que continuer à faire de pire en pire.




    Alors attention Luc-Laurent, la déception des Français résulte du constat en tant que tiers observateur de l’impuissance des EU à livrer le monde de Disney sans anus. 
    Or, il reste tout de même 2000 peuples dans le Monde qui ont échappé à l’influence de l’empire, qui n’ont jamais ouvert aucun livre, qui n’ont donc jamais été endoctrinés par un concept de paradis matériel, qui en restent à leur paradis abstraits et à leur quotidien rugueux et bourré de vermines. Ceux-là n’ont rien vu du cirque des transcendances sur 2000, ne savent même pas notre date et n’ont jamais envisagé de ne plus sentir la sueur. 

    Allez raconter votre écroulement d’espérances à un Himbas ou à un Saigonnais qui a pourtant subit le théâtre occidental, ils ne comprendront rien à votre dépit (qui est effectivement partagé par les Français les plus formatés par Disney)

    Je ne sais ce que vous comptez écrire comme théorie, mais selon votre préambule, j’ai l’impression qu’il sera francocentriste. Non universel. 





    Tiens, un autre point à considérer. 

    Alors que l’Europe passait chrétienne, en dépit de protestations de Julien l’apostat, assez curieusement les pères de l’Eglise ont constamment traité la question des philosophes Grecs (certains des Grecs appréciaient fort le monothéisme des Juifs m’enfin leur région était restée païenne). Les chrétiens ont donc retourné les Platon et Aristote dans tous les sens et in fine, il en reste quoi ? 
    Toujours l’idée que les Grecs étaient très pertinents 
    Or, cette scolastique a constamment zappé un fait pourtant éclairant du principe théâtral que nous adorons :
     le procès de Socrate. 
    Dès qu’on le considère en premier lieu, on voit que ces gens que nous admirons encore, qui seraient les pères de la religion démocratique, condamnaient en abusant de mots, en ne procédant que de rhétorique, non de véritable dialectique, de véritable raison.

    Et ce qui est consternant c’est que même Socrate n’a pas pu contrer le bidonnage en le démontrant. Il en était venu à accepter le jugement forfaitaire, celui que Jeanne d’arc subira à son tour. Brûlée pour port de pantalon.

    Notre refus de reconnaître le bidonnage du procès de Socrate nous autorise à continuer de nous comporter en menteurs et manipulateurs. Ce déni nous permet de nous accuser mutuellement d’accusations qui ne tiennent que sur des dogmes où la véritable raison n’a jamais sa place et où la croyance l’emporte toujours.

    « Je le crois coupable, j’ai donc raison  »

    La raison est phagocytée par la croyance. Dès que la raison apparaît en toute sa nudité, anus compris, on se jette dessus pour la rhabiller et n’en plus retenir que ce qui nous débarrasse de l’anus. Dès que Newton dit la pesanteur, on en retient qu’il faut léviter, on fabrique des avions, ils chient, ils pètent, ils se crashent, on l’ignore, on persiste.

    Le malum in se ne nous intéresse pas. Nous ne pratiquons que le malum prohibitum et la prohibition est celle que chacun a envie d’imposer aux autres, en toute théâtralité. Chacun veut imposer aux autres ses fantasmes afin de rendre valide, crédible, ce qui lui sert de protection contre son angoisse due à la perspective de sa putréfaction.




    Votre illustration, celles de Verne, représentent non le futur en tant que tel mais une solution à la putréfaction.
    La première idée qui nous vient en tête quand nous voyons ce risque peser sur nous consiste à le renvoyer vers d’autres donc de putréfier quelque autre au plus vite. 
    De nos jours, les jeux vidéo où l’on putréfie l’autre, un Romain ou un Alien, ont remplacé les BD des années 50. 


    La seule solution pour ne pas subir la mort c’est de l’occuper avec un autre.




  • easy easy 8 septembre 2012 08:32

    Vous me donnez l’impression d’être le directeur d’un théâtre français des environs de 1800 qui critique le théâtre américain actuel.

    Moi, c’est le théâtre que je dirais.

    Encore qu’il me semble indispensable à l’homme. C’est peut-être le cinéma de la vie qui permet d’enfumer l’angoisse que provoque la perspective assez absurde ou insensée de notre mort.
    Je ne dis donc pas qu’il faut fermer les théâtres. Mais je crois qu’il faut, de temps en temps, dire en toute lucidité que l’Humanité n’a cessé de faire du théâtre, du cinéma de vie, du cinéma de mort.

    Dès que sur un cadavre de proche on pose des pierres, on commence le théâtre. Aucun autre être vivant ne fait ça.

    Or, du petits tas de pierres aux panthéons en passant par les pyramides, il n’y a rien de plus qu’une surenchère de ce théâtre d’une autre vie, d’une autre mort, d’une autre raison de vivre, d’une autre raison de mourir.



    Dans l’Histoire de ce cinéma, il y a eu des sauts en escaliers chaque fois qu’une société d’hommes a eu l’occasion de revivre dans un contexte plutôt nouveau, en particulier suite à une migration.
    Territoire nouveau, contexte différent, théâtre différent.

    Il n’y avait aucune raison que les Américains reproduisissent exactement le théâtre européen. Alexandre avait réinventé un théâtre, les Américains aussi.
    Ici on a nos Lancelot et autres Arthur, il était normal qu’ils inventassent leurs Rambo. Avec en toute logique, une tendance plus mécanique, machiniste, technologique.



    Chaque fois qu’on dénonce le théâtre d’un autre, on défend jalousement le sien. On défend encore le théâtre. Du reste, vous utilisez une rhétorique très théâtrale.


    Pour éviter ce qui n’est alors qu’une surenchère conduisant à toujours plus de cinéma, je ne vois qu’une solution :
    Chaque fois qu’on critique un cirque, on rappellerait d’abord que Socrate, un homme qui avait décidé de vivre très pauvrement et de seulement questionner les gens dans la rue, non de leur délivrer une doctrine, seulement de les habituer à s’interroger sur le barnum, avait été condamné dans un procès tout en bidonnages.
    Condamné à mort pour ce que théâtre français actuel appelle « trouble à l’ordre public ». En clair parce qu’il dénonçait le théâtre.


    Si de nos jour, on refaisait ce procès en établissant que cette condamnation était absurde, tous les théâtres du monde s’effondreraient.
    Alors personne ne propose de le refaire ce procès
    (En France, il y a peu, Hossein avait proposé de refaire le procès de Marie Antoinette. Elle ressortait à nouveau coupable. Mais je l’aurais parié d’avance puisque nous ne pouvons déjuger ceux qui ont conduit à ce que nous profitions du théâtre actuel)


    Mais je le répète en conclusion, je crois qu’au problème près de la surenchère, l’Homme ne peut pas se passer de l’enfumage. Il ne parvient pas à laisser un cadavre là, tel qu’il est tombé sur le sol. Quelque chose le pousse à poser des pierres dessus.

    Je ne sais pas comment nous pourrions sortir de la surenchère mais il me semble évident que de cheval de Troie en Statue de la Liberté, nous ne pouvons que finir fous de jeu.

    Le seul dieu des Hommes est le théâtre.





  • easy easy 6 septembre 2012 09:44

    Un livre sur les champignons ?

    C’est d’abord un livre. C’est déjà la religion du livre.

    Promenez-vous avec votre livre dans un bois d’un bled où ne vivent que des gens ignorant le livre. Vous voyant vous référer constamment à votre livre, ils considéreront que vous avez une religion et que votre idole est ce livre.


    Dito concernant les nouveaux media. Un Papou nous verrait rassemblés sur une plage de Nice avec une propension à tripoter toutes les minutes un appareil appelé Iphone, il nous verrait paniquer quand on l’a perdu, il trouvera que nous sommes religieux et que notre idole c’est cet objet (ainsi que tout ce qu’il représente au-dela de sa seule enveloppe physique)



    Je ne suis pas en train de dire que c’est mal la religion car il me semble qu’il nous en faut tous et souvent de multiples (il est rare qu’on ait qu’une seule religion, avec acception au sens large)
    Je dis seulement que ceux qui se croient athés ou laïcs sont en réalité dans une religion ou plus exactement dans un jeu de multiples religions.
    Celui qui est fan de bière, de Ferrari, de Mozart, de tissu vichy ou de cèpes de bordeaux est dans une religion. Il va sacrifier beaucoup d’autres possibilités à cette passion (et parfois au détriment de ses proches) 



    Ce n’est pas bien ce n’est pas mal, mais c’est ainsi, nous sommes tous en religions


    Dans une année, dans un mois, dans une semaine, dans une journée, SDF inclus, nous nous déplaçons à 99% selon les mêmes trajectoires. Je parle des vraies trajectoires de marche, de voiture et de métro. Si l’on excepte le fait qu’il nous faille aller voir un client à Vincennes, puis un autre à Rambouillet parce que le patron nous l’a ordonné, nous serions sur des rails. 
    Rien que sur le sujet de la trajectoire, nous sommes prévisibles à 50 cm près et à 10 minutes près. 

    Répétition de mêmes gestes, de mêmes paroles, de mêmes réflexes, prévisibilité = liturgie.



  • easy easy 6 septembre 2012 09:10


    «  »«  » (sauf pour les questions finales qu’il veut poser alors que c’est inutile car il va de soi que nous sommes tous bien pensants et que, la main sur le coeur, nous sommes opposés à tout lynchage).«  »«  »

    Je vous pose vraiment la question

    Estimez-vous qu’à cette question il y aura plus de 50% des gens répondant qu’en aucun cas ils n’acceptent le lynchage ?
    (Mon pif m’indiquant qu’il n’y en aura que 20%)


    C’est très souvent que nous voyons dans les commentaires des gens sur une affaire sordide « Il faut le XXXX ce salaud » Ce qui est nettement une incantation au lynchage
    Il suffit qu’un lecteur sur mille fasse ce commentaire pour que la file paraisse lyncheuse.

    Il suffit donc de 0,1% de lyncheurs actifs pour qu’il y ait des lynchages.

    Mais si ce millième d’entre nous se sent très tranquille de lancer cette incantation, c’est forcément qu’il n’a jamais constaté, comme moi, qu’il existe une forte proportion de gens déterminés anti lynchage. 

    Je dis donc que si l’on faisait un sondage avec cette question et qu’il en sorte 80 % de gens jurant être catégoriquement contre le lynchage, ça se saura et plus un seul lyncheur n’osera lancer d’incantation avec une telle assurance.


    Le lyncheur n’est jamais stigmatisé, jamais lynché.


    Il existe quelques très rares cas où des lyncheurs ont été poursuivis par la Justice
    Bien que ces cas fussent très rares, il s’était encore trouvé dans la salle des troupes les soutenant. 

    Les lyncheurs ont donc parfois affaire à la justice d’Etat, mais jamais la masse ne leur reproche quoi que ce soit. 
    En Israël, il vient de se produire un lynchage de 4 jeunes Juifs contre un Palestinien. Peut-être que là, l’opinion est assez massivement révulsée. Mais pas au point d’organiser la moindre manifestation de protestation.
    Il me semble donc que chacun a une sorte de désir secret qu’un transgresseur à sa religion (au sens largissime du mot, le rolexisme et le tabagisme étant alors religions) subisse un lynchage. Il n’a pas forcément envie d’y participer, il refuse d’être concrètement impliqué devant dieu, mais il n’est pas fâché que ça se produise.


    En somme, et ça me semble capital de l’ambiance comminatoire qui règne dans toute société, nul ne veut s’engager définititivement et formellement contre l’éventualité d’un lynchage. Chacun semble tenir à ce que cette menace perdure.

    Les gens arborent des tas de signes du genre sidaction.
    Personne n’arbore un signe indiquant qu’il est opposé au lynchage alors que c’est déterminant de l’ambiance générale.

    Personne ne s’est pointé autour de DSK avec une affichette anti lynchage quand il a été trimbalé sous les huées et menaces de lyncheurs. Personne car chacun sait que les lyncheurs lui auraient dit, comme sous l’Inquisition, que protéger DSK du lynchage c’est soutenir le viol, donc être violeur.


    La société est profondément terroriste et le lynchage n’est jamais explicitement interdit.



  • easy easy 5 septembre 2012 19:02

    Si l’on enseignait la physique et la chimie, des sciences dures, sans jamais offrir aux élèves la possibilité de faire des travaux pratiques, on pourrait leur faire croire la même chose ou le contraire sans preuves.

    Il n’est pas logique que les sciences molles soient enseignées sans TP

    Une classe de 30 élèves c’est une cohorte très suffisante pour réaliser des TP sur les sciences molles.
    On ne le fait pas.
    On est donc dans une religion.

    La religion, enseignée dans un couvent, c’est tout sauf des TP. C’est le contraire des TP. Une religion pratique c’est une religion qui marche à tous les coups, dans toutes les circonstances de la vie naturelle où il faut se cogner la neige, les sauterelles et la sécheresse ainsi que les razzias. Il ne peut pas y avoir de religion qui marche sur le terrain de la nature, elles ne marchent que par abstraction.

    La morale est très similaire à une religion. Son Dieu c’est Modus vivendi.


    Si l’on refuse de procéder à des TP de morale à l’école c’est parce qu’on sait qu’elle ne marche pas parce que c’est une idéologie une religion (de même que la laïcité, la fraternité, l’égalité, la liberté..).




    Des TP de comportement ça consisterait à procéder à des expériences (genre Milgram, Hawthorne, Rosenthal &  Jacobson, Matthieu, Bernstein...) où il n’y aurait aucune règle de morale d’énoncée mais où l’on ferait une analyse de tout ce qui se passe au cas par cas.

    Mis devant le fait qu’un élève régresse depuis quelques mois et où l’on fait remarquer qu’à l’époque où il était bon, il était stigmatisé comme fayot, qu’il aura donc régressé pour se faire mieux accepter, chacun en tirera tout seul la morale qu’il veut.
    Il n’y a pas à indiquer ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Il n’y a pas à indiquer qui mérite le paradis, qui mérite l’enfer. Qui a été gentil, qui a été méchant.

    Il faut seulement sensibiliser chacun sur le fait que tout le monde a une sensibilité, que tout le monde a des peurs de subir des humiliations et que chacun développe une stratégie pour s’en sortir, par exemple en renvoyant les risques sur la tête de quelqu’un en position de faiblesse.

    Dès que chacun a conscience que l’autre est plus fragile qu’il ne l’affiche pour se protéger de blindage, chacun réduit automatiquement ses violences, sans qu’il soit besoin de quelque règle de comportement que ce soit.

    Il serait beaucoup plus productif d’intérêt de montrer aux jeunes que les transactions relationnelles se font par deux (cas du couple) mais aussi très souvent par principe triangulaire où, en une fraction de seconde, il y en a deux qui conviennent de la jouer « Toi + moi formons donc la paire sauveur+sauvé et dénonçons le troisième qu’on accusera d’être persécuteur »

    Il serait bien plus intéressant de montrer aux enfants comment se forment les meutes, comment se lancent les opérations de type cercueil volant katangais. On verrait alors que nos plus grands dangers ne viennent jamais d’un individu seul mais toujours d’un groupe.
    Or enseigner une morale, une éthique, pour tous identique, c’est justement inculquer le principe de coagulations autour de mêmes valeurs pour fondre sur un original ou trublion qui n’aura pas respecté la morale.




    Chaque fois qu’une meute attaque un individu, elle a un slogan.
    Il tient en peu de mots et c’est ce simplisme qui permet la coagulation rapide, sans discussion.
    On crie « DSK violeur » et en 3 seconde il y a mille personnes qui fondent sur lui pour le mettre en pièce. 

    Nous devrions trouver une manière pour éviter de se comporter comme lui et aussi comme ses lyncheurs.

    Or une morale ne peut pas réussir ces deux volets à la fois.
    Une morale se trouvant obligée de dire « Cépabien de forcer Dialo » « Cépabien de manger du cochon » elle pousse automatiquement au lynchage de quiconque transgresse. 
     

    La morale ne peut pas être la solution pour réduire les lynchages en tous genre.





    Mais avant toute chose, il y aurait à sonder les gens avec la question suivante :
    Quelle qu’en soit la raison, êtes-vous catégoriquement opposé au lynchage sous toutes ses formes. Tenez-vous toujours à ce qu’un individu poursuivi puisse constamment s’expliquer tranquillement ?
    Si l’on découvre que plus de 50% sont favorable aux lynchage, autant laisser les choses en l’état.

    Ce n’est que s’il est très officiellement établi que 80% des gens refusent le lynchage sous toutes ses formes, que ça vaut le coup de se lancer dans la recherche de solutions pacifiantes. Ce n’est que si l’on obtient ce chiffre qu’on peut, devant chaque départ de violence, appeler au pacifisme avec des arguments solides en poche.

    Tant que cette question très simple et à laquelle il n’est pas compliqué de répondre n’est pas posée, il n’y a aucune raison sinon hypocrite de postuler que les gens ne veulent pas de la violence la plus sauvage.

     

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