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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 1er septembre 2012 14:50

    Le jeu des aller-retours est complexe.

    Dès 1976, il y a eu des Viets vivant à l’étranger qui se sont précipités vers Saïgon en croyant au bien du communisme. Ils en savaient pourtant tout, ils savaient Cuba, Staline, Mao...Mais ils croyaient que les communistes viets ne vireraient pas cons et sauraient mettre en place une société aussi partageuse que démocratique.
    Très vite, ces idéalistes ont réalisé que le communisme, même viet, virait en totalitarisme avec mises à mort et incarcérations à la pelle. Ils sont partis une seconde fois.

    Puis, de même que la Chine a semblé devenir de plus en plus vivable si l’on ne regarde pas certaines choses, le Vietnam a semblé vivable. Même Cuba peut être vivable, mais selon les objectifs qu’on se fixe en y allant.

    Pourvu qu’on ne se mêle pas de politique, qu’on porte des boules quiès pour ne pas entendre les hauts-parleurs qui diffusent en permanence de la propagande et qu’on se fasse à la corruption, on peut effectivement vivre au Vietnam.
    Du coup, il y a des Viets de la diaspora qui y retournent mais ils ont la détermination de porter des oeillères sur la politique à l’instar des Français ou autres étrangers qui y vivent soit pour y faire du business soit pour se la couler douce. On ne les entend donc jamais parler de politique.
     
    Astérix, Français qui vit au Laos ne nous dit pas ce qu’il faut penser de la persécution que subit un groupe de Hmongs faméliques, cachés dans la jungle, descendants de ceux qui avaient collaboré avec les Français de l’Indo puis avec les Ricains. Il a intérêt à ne rien nous en dire. 

    6 personnes que j’ai exfiltrées de HCM en 89 y sont déjà retournées en moyenne 3 fois histoire de revoir la famille et le pays. Aucune ne veut y rester.



  • easy easy 1er septembre 2012 14:20

    Je veux bien évoquer le cas des Juifs mais pour illustrer des mécanismes plus universels.

    Dès qu’il apparaît qu’il y a des individus qu’on ne connaît pas, on prend conscience du fait de l’anonymat, on élabore sa pensée en fonction de ce paramètre et ça conduit à des visions où les autres sont interchangeables, à des stratégies égocentriques, à des lâchetés, à des paranoïas. 

    L’anonymat est inconnu de ceux qui vivent en tribus alors qu’il est connu de nos enfants dès la maternelle.

    C’est une vieille histoire que cet anonymat dans ce secteur du monde.
    Il apparaît par exemple avec Ulysse qui dit à Polyphème qu’il s’appelle Personne.
    Nous aurions cultivé la dénonciation de cette mètis ou lieu de l’admirer, le monde aurait pu être différent.


    Même sans le matérialisme, même sans l’argent, l’anonymat suffit à générer des perversions.




  • easy easy 1er septembre 2012 12:35

    C’est en effet surprenant mais seulement si nous en restons à ce que nous voulons voir.

    Car un autre fléau est considéré par bien des Viets, en particulier par ceux qui ont risqué 1000 kilomètres d’errance en mer (la plus grande des errances en mer de l’Histoire) et qui y ont laissé des proches :
    Le communisme imposé.

    Un Viet qui y vit peut voir, de temps en temps, un infirme de l’agent orange. Ça lui est pénible et ça lui fout les boules. Mais il peut tout de même considérer qu’il s’agit d’une erreur ancienne. Et pendant qu’il rumine ce fait, quelque chose lui casse les oreilles. En permanence, dès 5h du mat, des hauts-parleurs diffusent de la propagande. Ça c’est une erreur actuelle.

    D’autre part, il arrive un autre paramètre. La Chine qui autrefois ne pouvait pas croquer le Vietnam, peut désormais le faire et prend ses aises, déjà en mer, dans les 200 miles marins du Vietnam. Qui peut aider le Vietnam en cas de conflit ouvert avec elle ?



  • easy easy 1er septembre 2012 12:21

    Je crois que ça vaudrait le coup de retracer la piste du concept de progrès.

    Il y a bien des endroits du monde qui me semblent l’avoir inventé et propagé mais il est alors étonnant que l’Afrique subsaharienne et l’Amérique du nord y aient résisté avant la circumnavigation

    Ce concept n’a pas conquis ou vaincu si facilement que ça les esprits. Il y avait eu pendant longtemps des peuples montant des chevaux dans le nord de l’Europe, leurs voisins refusant de les imiter. Darius cultivait le concept de progrès mais n’était pas emballé par la monte des chevaux dont il avait forcément entendu parler.
    Les Aztèques avaient la roue sous les yeux mais ont refusé d’en faire un moyen de transport (peut-être parce que ça aurait obligé à faire des routes puisque le Japon avait refusé pour cette raison)

    Le concept de progrès a donc existé en bien des endroits du monde mais avec bien des réticences ici et là tout de même.

    Comment des gens ont-ils fait pour résister à ce concept en persistant par exemple à combattre des gens à canons avec des sagaies ?
    Mystère.

    Le concept de progrès a conquis bien des peuples, Inuits compris, mais ne perdons pas de vue que des milliers d’autres le refusent toujours.
    Au Vietnam, sur les plus de 56 ethnies, une seule, la Viet, a adopté ce concept. 

    Ce qui est épatant, c’est que ces ethnies qui refusent ce concept sont très loin d’avoir constaté toutes les nuisances du progrès.
    Parfois, elles découvrent une nuisance, par exemple quand un hélicoptère fait paniquer les nichées d’oiseaux, quand un buldozer défonce leur environnement naturel, quand un barrage inonde leur pays, quand une torchère ou le mercure des orpailleurs les rend malades. Mais elles refusaient déjà le progrès avant d’avoir constaté quelques unes seulement de ses nuisances.

    Pourquoi des milliers de peuples refusent donc ce concept en ignorant 98% de ses nuisances ? Quel est le mystère de cette résistance ? Qu’est-ce qui fait que des milliers de peuples refusent le concept de la monnaie fiduciaire et de la propriété foncière ?

    Parmi ces résistants, il y en a qui ont une vieille écriture. Mais leur voisins la refusent toujours et ne comptent pas. Un aborigène ne sait pas dire combien il a d’enfants, il ne peut que les citer. En revanche un Massaï sait compter l’argent qu’on lui donne en compensation des vaches dévorées par les lions que nous lui interdisons de tuer.

    Je crois qu’on devrait étudier ces phénomènes aussi surprenants que mystérieux. 

    Si ça se trouve, c’est le concept de travail tel que nous l’entendons qu’il refusent d’abord (Nos Roms aussi développent un énorme résistance à nos concepts) 


    Il m’a semblé remarquer un fait.
    Les peuples sans monnaie ni chiffres travaillent d’une manière que nous ne savons pas reconnaître selon nos termes. Et quand ils échangent un produit contre un autre, c’est toujours en inscrivant leur geste dans un cycle sans fin : don  contre don don contre don. 
    J’ai vu des montagnards du Vietnam accepter de descendre dans la vallée pour bosser dans une plantation d’hévéa de français. Le soir venu, quand ils ont fait la queue pour recevoir leur paye des mains du contremaître, ils n’ont pas perçu dans son visage la moindre expression de reconnaissance et n’y sont plus jamais retournés. 
     
    Peut-être que quand nous essayons de vendre notre concept de progrès aux réticents perçoivent-ils très vite qu’il y a quelque chose de peu chaleureux dans notre comportement.





  • easy easy 1er septembre 2012 11:25

    Jusqu’en 1840, les gens ne ressentaient pas le besoin ou désir de naviguer pour naviguer. Ils n’avaient même pas envie de rouler pour rouler, ni envie de courir pour courir. Ils aimaient marcher pour marcher, boire pour boire, baiser pour baiser, écrire pour écrire.


    Depuis, stress de la vie quotidienne et nouvelles transcendances maritimes faisant, voilà que lancés à corps perdu dans la civilisation des loisirs qui exige d’en avoir sous une allure signifiante, les Français ne peuvent plus se passer de naviguer.

    C’est cher un bateau et ça demande, quand on aime le confort et qu’on ne supporte pas les aléas des tempêtes, des ports sûrs pratiquables 24h/24h, nonobstant les marées. 

    Au bilan, la navigation de plaisance représente une composante significative de la croissance économique. Composante qui entraîne son lot de voracités et nuisances.

    Les aqualands avec leur parking défigurent le paysage. Les centres commerciaux avec leur parking défigurent le paysage. Les stations de ski avec leur parking défigurent le paysage. Les autodromes avec leur parking défigurent le paysage. Les aéroports avec leur parking défigurent le paysage. Les ports de plaisance avec leur parking défigurent le paysage.


    Chacun, las de ne plus voir que béton et bitume, cherche à s’évader en envahissant un nouvel espace qu’il va bitumer et bétonner.


    Bitume et béton font désormais le sens.

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