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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 11 juillet 2012 13:31

    Si des concepts préexistent à l’homme, alors tous les concepts nous préexistent.

    On peut en effet se mettre à croire que le concept de brosse à dent électrique existait avant la formation de la Terre, avant la formation de l’Univers.
    On peut, mais c’est gratuit et ça nous rend inutiles.




  • easy easy 11 juillet 2012 13:23

    Il y a tellement d’écarts entre les conditions de nos vieux qu’il faudrait d’abord une solidarité entre eux.
    J’ai des voisins retraités depuis peu. L’un avait été adjudant chez Air France ou Aéroport de Paris, l’autre avait été adjudante dans un labo de chimie.
    L’un d’eux avait hérité de 2 MF il y a 20 ans.
    Ils ont 14 appartements en plus de leur maison et de leur résidence secondaire. Quand on les voit on les croirait smicards (ils économisent tout pour leur fils unique kiné qui a 4 centres à son nom)

    Il y a donc à refondre le système des retraites en intégrant les diverses rentes de chacun. 
     

    A part ça, il y a de toutes manières un problème d’engorgement qui vient à la fois d’une démographie vieillissante (les couples qui ont moins de trois enfants en étant très directement responsables. La médecine en étant plus accessoirement responsable aussi mais c’est le lot des prométhéens) et aussi du bête chômage.
    Un chômeur est non seulement quelqu’un qui ne participe pas à la retraite des vieux mais c’est en plus quelqu’un qu’il faut subventionner.

    Et d’où vient le chômage ?
    C’est complexe mais l’arrivée de la machine en 1850 a foutu le boxon total dans les habitudes des gens et dans leurs considérations.
    Avant le machinisme, chaque gueux trouvait logique de suer au boulot. Au début de la machine, les gueux affectés à son huilage et charbonnage transpiraient encore. Mais depuis que la gueusaille a des machines chez elle, depuis qu’il n’est plus question de monter un escalier à pied, de monter se rideaux et d’ouvrir son portail à la main, le gueux veut vivre comme un Voltaire. Il travaille certes mais comme les aristos d’autrefois. Conduire un chariot élévateur, c’est considéré comme anormalement fatigant par toutes les classes sociales.


    Les grandes surfaces de bricolage représentent 5% des commerces. Dans ces magasins où il est encore question de travailler, le rayon des outils fait 5% de la surface. Et dans ce rayon des outils, ceux qui ne sont pas des machines représentent 1%.

    Ce qui fait la croissance est constitué pour 99% de transferts du manuel vers la machine. Machine à café, machine à raser, machine à épiler, machine à laver, machine à cuisiner, machine à brosser les dents, machine à masser, machine à couper les concombres, c’est cela qui a fait la croissance.
    Mais on arrive à la limite tant parce qu’il ne reste plus rien à machiner que parce que les ressources du Monde s’épuisent.

    On peut encore continuer un peu vers le bout du machinisme en donnant des ordres à la télé sans avoir à appuyer sur un bouton, par la seule pensée. Mais va arriver le moment où il ne restera plus qu’à faire une machine à faire chier sans pousser et nous serons bien au bout du bout. 

    Mais à quoi servirons-nous alors ?



  • easy easy 11 juillet 2012 00:09

    Jusqu’à Alexandre, les Grecs étaient casaniers (si la guerre de Troie a vraiment existé, ils l’auront menée à 500 bornes puis seront rentrés dans leurs pénates)
    Etant casaniers, ne concevant pas de pays plus grand que la Saine et Marne, les multiples républiques grecques avaient des dieux tout aussi casaniers. Ces païens ont probablement été ceux qui auront le plus domicilié ou situé leurs dieux, les actions de leurs dieux.
     Il existe d’autres paganismes où il y a aussi plein d’histoires homériques mais sans aucune précision géographique. Les attachements aux lieux, par le biais de rochers, de sources, d’arbres, etc. est alors un principe commun au paganisme grec -puis romain- et à l’animisme.

    Les Romains d’avant l’empire, étaient eux aussi des casaniers et longtemps après Alexandre.

    Avant Alexandre, Grecs et Romains étaient casaniers pendant que d’autres païens, peut-être sous l’influence de Mithra, tels les Perses et les Egyptiens, s’ils avaient eux aussi des dieux multiples, ces derniers n’étaient cependant ni logés, ni mariés, en rien engagés ou attachés sinon par leur spécialité et par leur permanence.
    Par exemple, quand on divinise le Nil, on ne verse pas dans l’universel. Mais quand on divinise le soleil et la lune, ce que ne faisaient ni les Grecs ni les Romains, on voit forcément les choses de façon plus universelle « Notre est partout aussi important, tous les hommes du Monde l’adorent probablement autant que nous » 

    Et il se trouve que Perses et Egyptiens qui furent les premiers à avoir des dieux universels (ciel, terre, lune, soleil) furent aussi les premiers de notre région à ne pas être casaniers, à avoir des empires de 4000 km d’envergure. (je ne compte pas les Parthes qui ont jailli après Alexandre) 

    Que les Grecs aient connu le concept d’universalité et l’aient appliqué par exemple en géométrie, en arithmétique, en musique, certainement. Mais concernant leurs dieux, je crois qu’ils ne les considéraient pas comme étant universels et ne se sont jamais attachés à les retrouver chez leurs voisins quand ils sortaient éventuellement de Grèce.



    A moins que les Romains viennent vraiment de Troie, Alexandre serait le premier Grec à être allé très loin en grand équipage, en déménageant donc (beaucoup de philosophes avaient arpenté la Méditerranée mais en solitaires, en se faisant discrets)
    Or, quand il s’est retrouvé chez les Perses et aux abords de l’Inde, jamais il n’a imposé son panthéon maison. Au contraire, il a toujours accepté les panthéons locaux et il est allé très loin dans l’ouverture (que permet toujours le paganisme) puisque qu’il a poussé 4000 de ses hommes à épouser des Perses à la manière perse. Manière de montrer que même vainqueurs, conquérant, ils s’adaptaient sans rien mépriser ni imposer d’autre que leur autorité politique, même pas économique car il n’a jamais obligé les régions conquises à verser un impôt à la Macédoine.

    Une fois l’empire d’Alexandre constitué, ses diadoques ayant régné et formé ce qu’on a appelé la période hellénistique, quels dieux ont-ils mis en place dans leurs satrapies ? Des dieux grecs ? Non, des dieux locaux. (Alexandre s’étant fait désigner pharaon d’Egypte et descendant du dieu Amon qui est tout à fait égyptien). Après trois siècles de Ptolémée, on parlait certes le grec en Egypte mais les dieux de l’époque antérieure étaient toujours honorés.

    Après Alexandre, les Romains jusque là casaniers, avec des dieux aussi casaniers, commencèrent à se promener au loin en quand équipage, au point de bouffer les Grecs très facilement (Car à part Alexandre, les autres Grecs en étaient restés à leur home sweet home) 
    Et là encore, quand ces conquérant romains se sont retrouvés face à des peuples ayant d’autres dieux, ils n’ont pas bronché. Ils ont très probablement poussé leurs colonisés à adopter les manières romaines mais jamais absolument et chacun a pu continuer d’honorer ses dieux locaux. 

    Ni les Grecs, ni les Romains ne considéraient leurs dieux comme étant universels et ils ne tenaient pas du tout à les imposer aux autres. 
    Aussi bien entre eux que vis-à-vis des étrangers, ils n’ont jamais imposé leurs croyances et se sont au contraire laissé bouffer par les monothéismes (à la belle résistance de Julien l’apostat près) 

    La dureté des Romains vis-à-vis des chrétiens donne l’impression qu’ils tenaient à ce que les gens croient à leur panthéon mais c’est là une présentation toute chrétienne. Les romains n’avaient rien à cirer de la présence de gens croyant au « poisson » dans cette Rome où il y avait déjà plus de 500 divinités d’honorées par des citoyens, des pérégrins et esclaves venus de tous les coins de l’empire. Ce que les romains n’ont pas supporté c’est le caractère très autoritaire, dictatorial du dieu chrétien alors qu’aucun autre dieu au monde, même le soleil d’Akhenaton, même Ahura Mazda, n’imposaient de lois civiles aux hommes. 

    C’est assez extraordinaire mais on ne le réalise pas et c’est bien dommage : En dehors du dieu des abrahamistes, aucun autre dieu au monde n’a ou ne revendique de pouvoir sur les hommes. Ni en intervention au présent, ni en juge.
     
    Le dieu des abrahamistes est le seul à vouloir non seulement une promiscuité avec lui mais une promiscuité absolue et avec lui seul. A part leurs avatars en Staline et autres Mao, il n’y a pas eu de politiciens plus absolutistes et paranoïaques que les Pères des monothéismes.
    C’est cela l’universalisme religieux. 



  • easy easy 10 juillet 2012 18:26

    Je veux bien vous suivre quand vous reprochez à Onfray et Soler de rejeter toutes les religions en bloc mais je crois malsain de fonder votre critique sur l’Histoire.

    L’Histoire est éventuellement accessible à tous mais d’une part il faut des exhumeurs et d’autre part il faut le temps de s’instruire de leurs trouvailles. 

    Or Dieu ou pas dieu devrait être une question à trancher individuelle sans savoir, sans connaissance, sans science, sans autorité. 

    La perversité potentielle des religions tient dans leur connaissance ou exégèse car il en ressort alors une élite qui sait et une masse qui ne sait pas. A partir de là...

    Toutefois, concernant les polythéismes, bien savoir leur panthéon n’est pas vraiment indispensable. On peut déjà bien s’amuser avec l’Olympe, je veux dire vivre heureux avec (je ne péjore pas) sans trop connaître qui a couché avec qui. Mettons donc que pour les religions païennes le savoir ne soit pas trop important. Je ne sache pas que les Leonidas, Alexandre et autre Platon aient fait long en matière d’exégèse, je ne vois pas de lutte entre exégètes de l’Olympe.

    L’exégèse serait donc surtout le propre des monothéismes abrahamiques. Cette exégèse très porteuse d’une classe de savants alors très autoritaires, ne peut s’asseoir que sur des livres, en l’occurrence anciens. Tous étant fumeux. Adaptation à l’évolution impossible.
    Il faudrait donc au croyant contraint de l’être (on est contraint sans s’en rendre compte lorsque tout le monde joue à être croyant) savoir les livres, savoir les canons et savoir les interprétations pour ne pas être dominé par un plus autorisé que lui. Il est absurde que le contact avec Dieu doive passer par une telle somme de connaissances.


    Il découle forcément de cette obligation de savoir, une hiérarchie entre savants, du plus grand au plus petit et une guerre entre eux car aucun savant n’admettra que son savoir doit s’écraser au profit du non savoir.


    Alors que ce point du savoir est déjà extrêmement polluant de la chose divine, s’ajoute encore le fait que les trois monothéismes abrahamiques parlent d’un dieu unique exclusif jaloux et grave de grave, qui attend quelque chose des hommes. Qui attend d’eux qu’ils soient tout à Lui, qu’ils lui sacrifient tout, leur vie comprise, pour quelque très fumeux paradis ou salut.

    La somme de ces deux éléments ne pouvait que conduire les croyants forcés (d’une manière ou d’une autre ils sont tous forcés) à adopter les comportements les plus sadiques et pervers. On voudrait rendre les gens hystériques et prêts à égorger leur voisin pour strictement rien de concret, on inventerait ces religions à dieu unique, jaloux et autoritaire.

    Comme il est tout à fait possible d’exposer les travers délirants des monothéismes sans rien dire de leur Histoire sinon qu’ils ont conduit les hommes à s’entretuer hors toute raison (mais ça tout le monde le sait) je trouve suspect de les démonter par quelque exégèse.
    Ce que vous racontez est oeuvre de savant. Alors c’est élitiste, alors vous pouvez manipuler, alors c’est malsain.


    S’il devait exister une seule chose à vivre sans avoir besoin de savoir, ce serait, avec le désir, le sens de dieu.




    Au regard du fait que les païens n’ont jamais tué qui que ce soit au nom de leurs dieux (quand les romains ont persécuté les chrétiens ce n’était pas du tout au nom de leur panthéon, c’était plutôt pour sonder l’absurdité du christianisme) et qu’en dépit de l’endogamisme très couramment pratiqué par les groupes humains, ils étaient peu xénophobes et ne fondaient en tous cas jamais leur xénophobie sur une question religieuse (je répète ici que placer un chrétien se disant protégé par son dieu devant des lions était une curiosité d’ordre ordalique « Voyons si leur dieu peut calmer ces lion affamés » et ils ne sont jamais allé à torturer comme l’ont fait les chrétiens), je préfère largement le paganisme aux monothéismes.

    Je rappelle (j’espère ne pas verser dans ce savantisme que je récuse) que quand un païen allait consulter la Pythie ou une sibylle, ce n’était pas pour obtenir une faveur d’un dieu. C’était pour demander à un des rares dieux capables de prédiction, Apollon le plus souvent, de lui dire son avenir s’il faisait comme ci ou comme ça.

    Leurs dieux ayant leurs propres occupations dans les nuages, n’ayant rien à battre du devenir des hommes n’ont donc pas leurs préférés parmi les humains. Ainsi le maximum qu’un païen peut espérer d’un de ses dieux, c’est des conseils à chaque bifurcation de la vie. Et le seul moyen de se faire entendre d’un dieu païen, c’est de lui livrer de quoi boire et manger. On lui sacrifie donc des comestibles, jamais de vie humaine.


    Enfin, je vois qu’il est tout à fait possible de vivre en honnête homme sans croire à aucun dieu. Les religions ne sont donc pas indispensables. N’étant pas indispensables alors que ses prêtres prétendent qu’elles le sont, elles sont facteur de domination égocentrique et de perversion de l’éthique.



  • easy easy 9 juillet 2012 09:16

    Bonjour Leo le Sage

    Vous le savez, ce qui aura rendu les monothéismes si délirants et terrifiants, c’est seulement le fait qu’ils exhortaient aux rassemblements autour de quelque représentant exploitant l’effet de masse pour censurer.

    Chez les païens grecs, les sibylles nomades et même la Pythie rattachée à Delphes énonçant de leur bouche des prophéties soit pour leur propre compte en prophétesses, soit pour le compte d’un dieu prédicateur, ne censuraient jamais. Les païens n’ont jamais conçu d’entreprendre une guerre pour servir quelque dieu, les leurs n’attendant rien des hommes. Eux qui étaient très soucieux d’éviter qu’un triomphateur s’enivre d’hybris détestaient donc les monothéismes où un dieu exigeant prétendait tout ramener à lui seul et ont toujours préféré la diversité. 

    Plutôt que former une meute, je préfère les défaire en ramenant chacun à ses pénates.



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