C’est bien la dictature du possible qui alimente la pensée unique néolibérale et la soumission au désordre (financier) établi.
Si on avait été réaliste, il n’y aurait eu ni Révolution française, ni congés payés, ni réduction du temps de travail.
C’est effectivement la lutte et la critique qui sont fécondes, pas les arrangements réalistes sous prétexte qu’on ne peut faire autrement.
D’ailleurs, c’est bien cet argument qu’on ne peut faire autrement qui nous est seriné à longueur de temps pour désespérer les citoyens et en faire des assujettis aux soi-disant contraintes des marchés.
Le chapeau de cet article vaut son pesant de cacahuètes et le reste ne démérite pas !
J’ai rarement eu l’occasion de lire une telle bouillie idéologique : l’auteur met tout sur le même plan et se pare de la vertu du bon sens contre le gauchisme (évidemment bobo, on aurait dit il y a quelques
années petit-bougeois) et l’ultralibéralisme pour cautionner les opinions les plus démagogiques d’ordre juste, d’équité contre l’égalité et de restauration de l’autorité . Je passe sur le caractère définitif et peu ragoûtant des qualificatifs utilisés pour caractériser les « gauchistes ». Je passe également sur le plaidoyer pro Zemmour.
N’est pas pamphlétaire qui veut et le pamphlet politique ne fait mouche que lorsqu’il est véritablement lucide et irrespectueux de l’ordre établi.
Or ce réquisitoire ressemble fort à une apologie masquée de ceux qui nous gouvernent .
Et pourtant, quels risques prennent les électeurs de l’UMP à voter socialiste ? Les même que les les partisans de Thatcher qui ont subi la politique de Blair, pas de grandes différences entre les deux tant sur le plan social qu’international.
Il ne faut pas oublier que Lionel Jospin a plus privatisé que ses prédecesseurs de droite et que la politique étrangère de Mitterand était plus atlantiste que celle de Chirac.
Bref, si on ne peut confondre les deux électorats de l’UMP et du PS, leurs responsables ne se distinguent que sur une rhétorique qui ne trompe plus grand monde.
Les indignations de Hollande ou de Royal ne les empêchent pas de se trouver dans le même camp que les partisans du libre marché et de la suprématie étatsunienne.
Je pense qu’en France de plus en plus de citoyens prennent conscience qu’une véritable alternative de gauche devra se passer de l’impasse « socialiste ».
La loi sur le voile intégral est
devenu une urgence, comme si cette pratique confinait au terrorisme
et était en passe de se généraliser sur le territoire.
Je
suis totalement abasourdie par les arguments évoqués pour justifier
cette interdiction. Lorsque la République Laïque
colonisait les pays du Maghreb personne ne s’offusquait de la
présence d’« indigènes » voilées.
Curieusement
c’est avec la même condescendance qu’aujourd’hui on considère que
les femmes musulmanes habitant les quartiers populaires risquent
toutes de devenir esclaves de leurs maris, pères ou frères.
D’une
pratique marginale on fait un risque majeur, considérant que
potentiellement les hommes musulmans veulent séquestrer leurs femmes
et que celles-ci n ’auront pour seul choix de se laisser faire. Ceci
est méprisable pour les uns et les autres.
La convergence sur
ce sujet entre des personnalités qui se disent de gauche, voire des
maires PC et l’extrême-droite me laisse totalement perplexe : quel
consensus peut-il y avoir autre que l’anathème porté sur la 2°
religion pratiquée en France.
Quant à Fadéla Amara, sa
prestation sur France-Inter n’est pas digne de sa fonction tant
par la forme que par le contenu : à l’écouter on a le sentiment que
la dignité de la femme est massivement bafouée dans les foyers des
cités au point que ces femmes sont littéralement prisonnières chez
elles.
Comment peut-on aussi radicalement
accuser ses concitoyens de telles pratiques ?
Lorsqu’une loi doit être votée
d’urgence pour régler un problème concernant une infime minorité,
pour satisfaire la partie la plus glauque de l’opinion, c’est la
dignité de la loi qui est bafouée.
Il est sûr qu’il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade (voire handicapé) dans la France de Sarkozy !
Cependant qui veut aujourd’hui « de la poudre et des balles » ?
C’est une métaphore bien sûr. Mais elle nous rappelle que notre démocratie est largement devenue un jeu de dupes où « s’affrontent » parlementairement des complices plus occupés à gérer une alternance sans enjeu qu’à offrir une véritable alternative politique.
Il est particulièrement désolant de voir le principal parti prétendument d’opposition dépenser toute ou presque son énergie à déterminer le protocole pour désigner le calife qui remplacera le calife. Alors que l’offensive sur les retraites est déclenchée et sera bouclée bien avant les prochaines présidentielles.