La seule chose qui me gêne c’est le mot d’ordre en anglais. Pourquoi ne pas appeler à « une journée sans Sarkozy ? ou si on veut ne pas être »franchouillard « Sarkozy basta » ou « Niet Sarko » !
Le diagnostic est lucide mais la conclusion mériterait un rebondissement : pour sortir de cette désespérance léthargique.
La démocratie participative n’est qu’un slogan quie recouvre des pratiques fort disparates. La « campagne participative » à la Royal lors des présidentielles, les différents « Grenelle », n’ont été que des enfumages pour donner le change et surtout impliquer malgré eux des participants de bonne foi qui ont cru qu’on tiendrait compte de leurs avis.
Il n’y a pas une solution mais ce qui est sûr est qu’il faut se déconnecter du parcours décourageant qui nous fait aller d’élections en élections, de faux espoirs en trahisons diverses.
Ecoutant récemment l’interview de Naomi Klein, ses propos me stimulent. En réhabilitant l’action de résistance, les solidarités subversives, l’affrontement réel aux mesures du pouvoir et aux attaques du capital, elle peut donner espoir et déboucher sur des initiatives à la fois concrètes et révolutionnaires.
Ce n’est pas l’incitation à la frugalité qui me gêne mais la philosophie implicite du programme : on imposerait aux individus des contraintes qui n’ont aucun sens si la question de la répartition des richesses n’est pas clairement posée. D’autant plus que cela entretient une illusion redoutable. Il suffirait que chacun , calculette en main, fasse des économies de CO2 alors que le jeu des intérêts financiers poursuivent le saccage de la planète. Il n’est d’ailleurs pas neutre que le principal responsable d’Europe Ecologie, Cohn Bendit, n’ai jamais renié son option libérale.
Ce qui fait froid dans le dos c’est la tranquille assurance avec laquelle certains veulent réglementer la vie des gens à coup de taxes diverses, niant même la nécessaire solidarité géographique : à quand un tarif postal proportionnel à la distance parcourue par les lettres ou colis ou un tarif de l’eau proportionnel à la longueur des canalisations d’accès chez soi ?
Quant à la vie frugale il est sûr qu’elle est plus aisée en centre de grande ville qu’à sa périphérie.
Pourtant on est bien dans l’esprit d’une certaine orthodoxie « verte » qui préconise une sorte d’utopie terrorisante.
Un tel « programme » fait absolument froid dans le dos : au lieu de réfléchir à ce que serait le bien commun et la solidarité, tout est quantifié, tarifé, exprimé en coût nécessaire.
Il y a fort à parier que les heureux de ce système sont les bourgeois urbains pouvant prendre les transports en commun parce que leur travail est proche et qu’ils ont les moyens de s’évader par l’avion ou le TGV.
Dans ce contexte ce sont les pauvres qui sont à la double peine : ils paieront plus cher et seront accusés d’être de mauvais citoyens !