Vous avez oublié un autre registre de lèse bigoterie écolo : aimer un plat de viande n’est pas écologico-compatible étant donné la quantité d’énergie qu’il faut pour élever le porc.
Je suppose qu’il aurait été encore plus « écoloclaste » de sa part d’avouer que son plat préféré était le boeuf bourguignon car si on ajoûte le coût de l’élevage de cet animal au temps de cuisson de cette recette, il faut 6 mois de nettoyage à la main d’une plage bretonne couverte d’algues vertes pour compenser un tel crime !
Je viens de lire in extenso l’appel de DCB sur Libération et je suis stupéfiée par son formalisme et son vide politique. Il n’est question que d’organisation, de mode de fonctionnement sur fond de critique péremptoire des partis.
Comme si le plus important était de construire une nébuleuse regroupant je ne sais qui pour je ne sais quoi.
Cependant son appel n’est pas neutre stratégiquement, il permet à son auteur de se placer au dessus de tous les autres leaders d’EE. L’imprécision dans laquelle il laisse le contenu de sa future « organisation » lui permettra de faire avaler au coup par coup toutes les couleuvres. DCB est un libéral, il a approuvé le TCE et le traité de Lisbonne. Il aimerait certainement occuper le terrain cédé par Bayrou.
Ce qu’il appelle un ailleurs est surtout un recentrage politique vers le centre droit. Il a d’ailleurs à plusieurs reprises bien précisé qu’il ne voulait pas se situer à gauche.
Mais foncièrement l’UMP et le FN
partagent beaucoup en commun : de l’identité nationale à la
politique de chiffre sécuritaire, de la chasse aux immigrés à la
vindicte portée sur l’Islam, du refus de l’intégration turque à
l’Europe au discours de Dakar sur les Africains "sans sens
historique" et on pourrait en ajouter bien d’autres !
Les
seules différences portent sur sur leur base de recrutement : le FN
chasse essentiellement sur deux électorats distincts et
complémentaires. Le père vise les couches moyennes
principalement d’Alsace et de Paca plutôt âgées et principales
victimes de la mondialisation et de la disparition du petit commerce.
Il a pris le relais des poujadismes successifs et des nostalgiques de
l’Algérie française. La fille prospère sur la misère économique
et les friches industrielles, profitant de l’aubaine d’une gauche
social démocrate convertie au libéralisme et d’un PC qui a
perdu prise sur le mouvement ouvrier et populaire.
Que ce soit le
père ou la fille, les deux s’appuient sur la peur des immigrés et
la désespérance engendrée par l’absence d’alternative politique au
sein de ce qui devrait être l’opposition. De là une banalisation du
discours raciste et du « tous pourris ». Les deux également
s’en prennent à tout ce qui peut tisser de la solidarité :
l’opposition entre les français de souche maltraités et sacrifiés
et les immigrés privilégiés et profiteurs sont un bon moyen de
créer un affrontement entre les plus démunis afin de faire oublier
ceux qui sont les véritables privilégiés du système.
On voit ici combien il y a plus une
« division du travail » entre FN et UMP qu’une véritable opposition.
Et la seule chose qui n’est pas pardonnée à Le Pen c’est le franchissement de la ligne rouge avec ses « petites phrases ».
Zemmour serait d’une certaine manière « blanchi » de ses propos injurieux sous prétexte que ceux qui l’attaquent sont des bobos qui ignorent la réalité sociale.
Mais Monsieur Zemmour n’est pas jusqu’à nouvel ordre un pauvre blanc français qui souffre de la promiscuité des bruits, des odeurs et de la délinquance. Et si il a tellement à coeur d’éructer contre les noirs et les arabes ce n’est ni par solidarité, ni par compassion mais parce que cela lui assure une notoriété sans cesse renouvelée auprès d’un public qui éprouve une véritable jubilation à entendre sur un plateau de télé des propos qu’ils n’osent ou qu’ils ne peuvent tenir en public.
Zemmour n’est ni un rebelle, ni un iconoclaste, c’est le porte-voix protégé d’une opinion hélas trop développée.
Attiser rancoeur et haine n’a jamais constitué un courage quelconque tout au plus il s’agit d’une manière de se construire une popularité douteuse et facile.