Je pense que nous n’avons pas communiqué sur le même "plan", en fait.
Il est évident que vous parlez de l’objectivité et presse d’opinion "aujourd’hui", et moi en termes plus "intemporels".
Je vous suis complètement quand vous affirmez qu’aujourd’hui la presse d’opinion n’a plus aucune prétention objective et plus aucune honnêteté intélectuelle. Cela la disqualifie aujourd’hui d’ailleurs en tant que presse d’opinion ; une opinion ne se conçoit pas sans démonstration et aspiration à l’objectivité.
Espérons que la goût pour le futile et le facile disparaîtra au fur et à mesure que l’on s’aperçevra de leur incapacité à résoudre les problèmes. Espérons également que le Net, par sa capacité à confronter les informations et les opinions, permettent d’être un vecteur d’objectivité et d’honnêteté (pour l’instant, ce n’est pas vraiment le cas, mais la chose reste possible)
Je pense que nous sommes d’accord sur beaucoup de points, à commencer par la triche sur l’information, et le manque de responsabilité intélectuelle de nombre de journaux. Vous avez raison, il faut exiger de l’objectivité ! Exiger de la décence ! Exiger de l’intelligence ! De l’investigation ! Votre indignation est également mon indignation. Cela fait longtemps que j’espère un journal présentant, comme vous le proposez, deux (ou plus ?) parties contradictoires. Si vous le connaissez, faites-moi signe !! Après tout, ce n’est que notre choix de consommateur qui déterminera la ligne de conduite des journaux... Ils changeront le jour où les lecteurs deviendront exigeants, et désireux d’une information moins futile et obscène. Et là est la plus grosse difficulté, et je pense que vous êtes autant en défaut que moi, sur cet aspect...
J’émets plus de doutes sur votre distinction géographique "objectif" et "opinion". Vous serez d’accord que l’objectivité ne se décrète pas par des lois. Etiqueter "ici c’est objectif" n’a pas de sens. L’objectivité s’apprécie par notre jugement, l’information croisée, le changement de point de vue, et au final, donc, par notre propre subjectivité. Le jugement d"objectivité" est FORCEMENT subjectif, et donc non objectif. La contradiction est à mon sens rédhibitoire, et, finalement, seul son propre jugement (aussi acéré et vigileant que possible, d’où l’entraînement) permet de se rapprocher plus ou moins de la vérité.
Pour ce qui est du contrôle des médias, le meilleur contrôle est, au risque de me répéter, le consommateur lui-même. Qui surveillera la commission de contrôle ?
Mais la question n’est bien sûr pas si simple que cela ! Au plaisir de lire votre article sur le sujet...
Rien n’est moins sûr. Un vote électronique permet un vote moins coûteux à long terme, et un vote plus détaillé : je choisis le candidat "A" mais non sa proposition "A.2". j’apprécie la proposition "C.2" du candidat "C" mais préfère malgré tout le candidat "B".Cela permettrait de se sortir de ce bi-partisme qui fait qu’on accepte tout ou rien d’un candidat, qui font de nos élections une logique d’affrontement binaire. Les élections deviendrait plus des élections de programme que des élections de personnalités. Voire de séparer en deux le candidat, et le programme. Cela semble plus sain, non ?
Pour résumer, le vote électronique permettrait :
Un vote moins coûteux
... et donc des votes plus fréquents...
permettre de voter un programme plus qu’une personnalité ou un parti
En contrepartie, il faut trouver des moyens de rendre ce vote non frauduleux et de ne surtout pas mettre en danger le caractère secret du vote (voir un peu plus haut, sur quelques solutions existantes..
Pour aller plus loin, pourrait-on conditionner l’accès postérieur au résultat de son vote par un mot de passe entré dans la machine lors du vote ?
Ainsi sur le site accessible par tous, il faut rentrer la référence, présente sur le bulletin imprimé, et son mot de passe, personnel.
Ca aurait pour effet de ralentir le vote bien sûr, et l’on peut envisager qu’une personne soit "forcée" de révéler son mot de passe, en effet.
On peut compenser cela par limiter l’accès à ce site résumant les résultats à des isoloirs dans les mairies où l’on ne peut entrer que seul.
Cela n’exclut pas des problèmes lié à votre exemple "de la soeur", mais le complique rudement : il faut que la personne aille à la mairie, et se fasse éventuellement remarquer, ce qui peut limiter le "courage" de la personne à vérifier les votes de ses proches...
Bon, la solution n’est pas parfaite pour l’instant, mais avez-vous des idées pour l’améliorer ? Qu’en pensez-vous ? Quelles objections ? Quelles évolutions possibles ?