Votre proposition pourrait être une idée, mais permettez moi d’y voir un défaut : l’information "objective", et clairement identifiée comme telle, peut elle-même être tronquée. Et, là où ça devient pernicieux, c’est que cette information pourrait paraître paradoxalement plus "fiable", plus "digne de confiance" car étiquetée comme "objective".
Ne croyez-vous pas qu’un entraînement permanent (et personnel) à détecter les manques, la mauvaise-foi, la manipulation est en soit meilleur garant de l’objectivité ? Cela nous oblige à multiplier les sources, et à réfléchir au sens d’un article de presse. A débattre. Et à ne pas nous endormir...
De plus, un fait objectif est-il possible ? Il sera fatalement observé, relaté, et donc traité par une subjectivité (ton, mots employés, voire angle de prise de vue). La science "dure" a pour but de décrire la réalité (et d’ensuite en élaborer des modèles prédictifs), et elle n’y parvient que difficilement. N’en est-il pas de même pour un événement ? Comment le décrire dans sa globalité ? On ne peut pas transmettre tout le contexte qui a conduit à cet évenement, l’information serait alors immense...
Nous sommes en quelques sortes forcés de réaliser un "modèle" de l’évenement, un modèle que l’on pourrait oser appeler une opinion. Et une opinion se doit d’être étayée pour avoir une valeur.
Et, peut-être voudriez-vous en discuter (d’autres ne le souhaitent pas, apparemment), croyez-vous vraiment qu’un fait, brut, est seulement si souhaitable ? Un fait n’apporte pas grand’chose, seule la compréhension des phénomènes qu’il traduit, à un sens, un intérêt (sinon c’est juste une information obtenue pour le seul plaisir de l’avoir). Pour aller plus loin, comment un débat démocratique est-il possible sans opinion, et surtout sans opinion contradictoire ? Le journaliste est le premier vecteur d’opinion, et craindre la propagande est une vision très pessimiste de nos capacités de réflexion.
J’ai bien peur que craindre les opinions, c’est craindre toute information. Un article de presse, un article d’AVox, un post, votre post...
Première réflexion : l’information objective n’existe pas. Même en sciences. Et vous le dites vous-même : "Je ne vous apprends rien en vous disant que l’on appréhende notre environnement en fonction de nos orientations, de nos croyances et de notre culture ? Comment faîtes vous pour déterminer où s’arrêtent les faits et où commencent les opinions si vous mélangez tout ? " Comment le journaliste idéal objectif fait-il ?
"Avez vous réellement besoin d’une information prédigérée pour vous faire votre propre opinion ? N’êtes-vous pas capable de faire le travail de réflexion que fait le journaliste ?" "Avez vous si peu confiance en vos propres capacités d’analyses ? "
Je mettrais votre confusion sur le temps qu’il vous manque pour lire un post correctement. Relisez-le, et comprenez que j’affirme que dans un article orienté, l’important n’est pas dans l’opinion du journaliste, mais sa DEMONSTRATION, l’acte intélectuel, qui stimulera votre propre INTELECT. Donc oui, j’ai confiance en mes propres capacités d’analyses puisque je suis prêt à les frotter à celles d’un journaliste.
Vous affirmez que nous sommes influencés par notre subjectivité, mais vous avez l’air de considérer d’être capable de vous détacher tout seul, à coup de dépêches AFP, de votre propre subjectivité. Comment comprendrez-vous le point de vue de vos contradicteurs, si vous n’essayez pas de comprendre leur raisonnement ?
Et donc de négocier avec eux pour trouver un terrain d’entente...
"vous avez raison, il y a longtemps que j’avais compris qu’il était complètement inutile de venir sur Agoravox pour s’informer. Mais si vous aviez lu mon commentaire, vous auriez compris que je venais ici pour confronter mes propres convictions à celles des autres. "
Je suis d’accord avec vous, Avox a cet intérêt de pouvoir essayer de comprendre pourquoi les gens qui ne sont pas d’accord avec vous ne sont pas d’accord avec vous. Essayer de comprendre. De les comprendre. D’être humain. Et de trouver comment arriver au terrain d’entente.
Et retenez bien que votre commentaire est aussi orienté que celui d’un journaliste. Devrait-on le lire avec peur ? Ne pas le lire parce que vous y exposez une opinion ?
PS : le vote commentaire constructif ne sert pas à dire que vous n’êtes pas d’accord, ce qui n’aurait aucun intérêt, mais à affirmer qu’il est dégrand, insultant ou encore non réfléchi. Je vous affirme que ce n’est pas le cas...
"Je pense au contraire qu’un article n’est pas nécessairement là pour tout vous expliquer, mais bien pour alimenter une réflexion que le lecteur développe au fur et à mesure des informations acquises par ailleurs !"
Pourquoi "au contraire" ?. C’est d’ailleurs exactement ce que j’ai affirmé : "l’article doit alimenter la réflexion par la démonstration". Et comme une démonstration n’a pas de sens sans exemple, votre information s’enrichit par la lecture de la démonstration. J’en déduis que le sens de votre remarque est donc : "vous avez raison, mais il ne faut pas oublier de varier les sources d’informations, et de lire de nombreux articles".
@ Gilles
J’avoue également mon incompréhension. Ais-je été choquant ? insultant ? illogique ? partisan ?
Ou peut-être mon post n’a pas été assez long... Les votants n’en sont restés qu’à l’émotif ...
Trève d’ironie ou d’aigreur... Pourrais-t-on me dire ce que mon post n’a de pas constructif ???? Soyez constructifs, et aidez moi à le devenir !
L’important dans un article objectif "politiquement orienté", c’est le raisonnement. l’acte cérébral d’analyse. A la sortie d’une démonstration, vous aurez réfléchi, suivi le raisonnement, et "dialogué" intérieurement avec le journaliste. Ainsi, vous aurez déterminé si les arguments sont pertinents ou non. Et vous vous fabriquerez une opinion justifiée et étayée
Si on ne vous donne qu’une information brute, vous n’aurez pas ce raisonnement. Vous "ressentirez" l’article immédiatement, selon votre popre subjectivité, sans vous faire la violence de comprendre ce que votre contradicteur a voulu dire.
Pour résumer : une information brute, courte, de quelques lignes, vous laisse au niveau de l’émotif, qui réagit (pout tout le monde) beaucoup plus vite que l’intélect. Si vous lisez un article, une démonstration longue, vous aurez le temps de commencer à réfléchir.
Et nous savons que l’émotif est conditionné par notre éducation, ou des événements récents ou violents. Son manque de recul, rend impossible une discussion technique sur un sujet politique.
Le discours de Sarkozy, il faudra en parler au moins un mois, pour le "digérer"...
D’ailleurs, si vous ne souhaitez que l’information brute, comment se fait-il que vous trainiez sur le fil des commentaires