« 35 Euros le billet d’avion aller simple ! J’en ai eu pour moins cher pour aller le voir que pour aller voir mes parents en Ardéche ! »
Vous me parlez encore d’argent ! Vous savez ce que c’est que prendre l’avion, ce n’est pas comme un samedi soir rendre visite à des amis, ce n’est pas comme assister à chaque anniversaire de ses meilleurs amis, ce n’est pas assurer une présence parfois nécessaire en passages difficiles (une présence humaine, proche, pas seulement pas msn). Le fait de rester près de chez soi permet AUSSI d’augmenter son cercle d’amis.
Attention, je ne fais pas ici l’apologie du « restez chez vous », non bien sûr que non, je présente juste des avantages à considérer avant tout départ définitif, je me fait votre pendant !
« Oui mais le système social des pays nordique n’a rien à envier au système social français. »
Vous avez raison.
« C’est moche la Norvége ? Je n’ai pas remarqué en y allant. »
Je n’ai jamais dit ca ! Vous extrapolez ! Quand on a vécu plusieurs mois (voire quelques années) à l’étranger, le retour permet d’avoir un regard très différent... C’était le sens de mes deux remarques... Ce regard très différent, permet souvent de se rendre compte de la beauté de ce qu’on ne voit jamais, par habitude.
Nous la Norvège n’est pas moche ! Oui, c’est très enrichissant de voyager, de rencontrer l’Autre, l’Ailleurs, mais je vous promet que la france, après un long moment à l’étranger, est particulièrement BELLE !!!!
« Oui le sujet de thèse était bandant. »
Voilà une raison EXCELLENTE de partir en Norvège
« Justement un pote l’a croisé dernièrement et il lui a dit qu’il ne remettrait probablement plus les pieds ici sauf en vacances. »
Wait and see
Non, Marc Bruxman, je refuse de stigmatiser perpétuellement notre pays. Je travaille avec des thésards BIEN SUR mal payés, c’est évident, mais MAL TRAITES ???? Il y a d’énormes chantiers pour l’éducation, pour la recherche, c’est une évidence...
De là à partir !!! Je refuse de croire qu’une nation est un supermarché qu’on quitte si on est pas content...
Mais cela dit, si votre ami est heureux en Norvège, j’en suis heureux pour lui. Ne vous inquiétez pas, de nombreux amis à moi sont partis travailler à l’étranger, je suis je ne les ai pas insultés pour autant, nos liens restent forts, je suis également parti, puis revenu, mais je vous assure : le retour au pays, pour mes amis, ou pour moi, a toujours été un moment puissant. On n’aime jamais autant notre pays que quand on l’a quitté...
« On ne permet plus aux cadres d’acquérir une culture générale inoxydable la meilleure prévention devant les aléas de la vie et des conjonctures économiques. »
Cela, Monsieur, c’est l’expérience qui l’apprend. L’école apprend la science, la technique ; la vie, elle, apprend la vie !
« Mine de rien faire des études un tant soit peu correctes celà coûte. Dans mon entourage j’en voie des parents et des grands parents qui se saignent aux quatre veines »
Je connais des gens qui ont fini ingénieurs en partant d’un milieu social défavorisé, qui n’avaient pas une thune, mais que les aides sociales ont largement permi de faire des études, et même de vivre, avec et comme les autres, une vie extra-scolaire. Les écoles dont vous parlez, sont les écoles d’ingénieurs qu’on doit payer quand on ne réussit pas le concours, ou les écoles de commerce, qui elles, sont un véritable scandale démocratique
« Et les enseignant-chercheurs des facs ont si peu la fibre pédagogique. »
Peut-être ne sont-ils pas pédagogues, mais en retour, les étudiants ne sont pas particulièrement battants. Histoire de culture ? Histoire de société adepte de la facilité et du tout cuit ?
@ Marc Bruxman
Je rajouterai que les universités devraient non pas se situer en plein centre ville, mais en prériphérie, plus ou moins lointaine, ce qui réduirait les coûts d’implantation, ce qui permettrait...
... de construire des logements étudiants pour tout le monde.
Le vrai problème de l’éducation et du logement de manière générale se trouve en partie là ! Quand les étudiants n’ont pas de logement dédié à eux, non seulement ils perdent une grande partie de la vie estudantine, mais en plus, ils doivent chercher un logement. D’où pression sur l’offre, déjà pressurisée. D’où augmentation des prix. Comme les bourses de logement sont évaluées en fonction des prix, les loueurs ont avantage à augmenter leurs tarifs, et donc faire augmenter les bourses, jusqu’à accentuer l’inflation. C’est une spirale infernale... Que l’on pourrait dégonfler en réservant des logements pour les étudiants.
@ tous
J’ai un ami qui a fait une formation de six mois après bac (dans le bâtiment), et qui gagne autant que moi à bac+5 (sachant qu’entre temps, il a eu un salaire et pas moi). Non les grandes études sont utiles pour des métiers techniquement difficiles, pas forcément pour le salaire...
« tant il est vrai qu’il ne faut pas croire que nous allons continué de vivre en travaillant moins, moins longtemps, mieux, avec des soins de santé accrus, etc. en consommant des produits de moins en moins chers fabriqués par des congénères travaillant 12 heures par jour 7 jours sur 7 et n’ayant ni retraite ni chômage ni sécurité sociale etc. »
Là est la véritable absurdité de la situation. la technologie, maîtrisée et inscrite dans le développement durable, nous permet de travailler moins, moins longtemps, mieux et nous permet de nous soigner.
Croire que les entreprises délocalisent pour la main d’oeuvre locale est FAUX ! (à part pour les industries du textile, qui ne représentent qu’une fraction des biens délocalisés) Dans la plupart des cas, les machines qui produisent les biens industriels en série sont si coûteuses que le salaire de ses opérateurs est négligeable par rapport à l’investissement. Si les entreprises délocalisent, c’est parce que là-bas, il n’y a pas de normes environementales contraignantes, il suffit de corrompre le fonctionnaire local, de construire son usine en un an, et de mettre immédiatement sur le marché son nouveau produit.
En france, la même usine aurait mis trois ans à se construire, à cause de toutes les normes à respecter (et ce sont souvent des normes NECESSAIRES au point de vue de la santé, de la sécurité et de l’envrionement, même si, je vous le concède, certaines n’existent que pour du protectionnisme). Et en trois ans, mis pour construire l’usine, au rythme des cycles économiques actuels, le produits sera devenu OBSOLETE, avant même d’être introduit dans le marché.
Bon si en plus, on peut trouver dans ces pays une main d’oeuvre servile et peu coûteuse, c’est toujours ca de gagné
En tout cas, je suis heureux que vous constatiez, en conclusion, que le principal handicap des pays en voie de développement est notre propre train de vie La guerre humanitaire sera plus dure qu’à envoyer des soldats régler le problème, elle consistera à changer de voiture moins souvent, à changer de vêtements moins souvent, à prendre des douches moins longues, à manger moins de viande, à prendre plus souvent le train, et ca, bordel, c’est pas facile !!!
Ce n’est facile pour quiconque ! Mais c’est pourtant nécessaire
Boah, Arthur, il suffit de considérer qu’on est pas tous des cons, juste des gens un peu passionnés et souvent tous « un peu trop dans le trip » !!!
Pour ce qui est des délocalisations, je vais vous exposer mon point de vue :
Vous avez raison, la mondialisation est une redistribution des richesses, mais là où vous avez tort, c’est qu’elle n’est pas « voulue » en tant que telle. Elle est subie ! Subie par la main do’euvre non qualifiée, qualifiée, voire très qualifiée des pays d’où l’on délocalise. Subie comme un « escalavage » moderne dans les pays où l’on délocalise.
Selon moi, de plus, vous vous trompez dans les flux de cette redistribution des richesse : elle ne va pas dans le sens des populations riches aux populations pauvres, elle va des riches des pays développés aux riches des deux types de pays (surtout en Afrique, mais aussi en Chine, tant que le gouvernement chinois pratiquera l’épargne plutôt que le développement de son économie intérieure). Les plus pauvres de nos pays délocalisateurs s’appauvrisent sérieusement. Ce transfert n’est pas pour moi très sain.
Plutôt qu’un transfert brutal, soudain, et dangereux (genre courant d’air), la situation aurait été meilleure si elle avait été maîtrisée : laisser partir un flux contrôlé de capitaux et de technologie, pour permettre à ces pays de s’enrichir par eux-mêmes (grâce à ce petit « coup de pouce ») sans « voler » leur manne à la masse grandissante des pauvres des pays riches... Voyez-vous ce que je veux dire ?
Cette situation n’est enrichissante au niveau civilisationnel pour personne. Elle maintient toujours plus de pauvreté.
De toute façon, la raréfaction des ressources énergétique va peu à peu réduire l’intensité des échanges par elles-mêmes. j’imagine qu’un cargo de 200 m de long voit d’un mauvais oeil les 80 dollars le baril
Vous savez, partir uniquement pour des raisons de salaire, c’est quand même relativement réducteur :
* On se coupe de ses racines, de sa famille, de ses amis proches, de tous ceux qui nous ont permis de construire notre vie
* On perd le bénéfice d’un système social qui ne nous met pas sur les genoux en cas de coup dur
* On quitte un pays fort agréable à vivre, il suffit de le quitter pour s’en rendre compte
* On quitte un pays magnifique, aux paysages et aux villes variées
Votre ami avait probablement d’autres raisons que le salaire : envie de voyager, un sujet de thèse bandant, une copine à suivre... que sais-je ?
Je parie qu’après sa thèse, il reviendra en france
Et puis, juste en passant, partir uniquement à cause d’une différence de salaire, alors qu’on s’engage dans la recherche scientifique, c’est quand même faire preuve de bien peu de passion pour son métier, et de bien peu de patriotisme. Allons, rassurez-moi, votre ami n’est pas tant que ca un mercenaire ?