Le gouvernement, à deux ans d’une échéance majeure, préférerait pouvoir jouer les pères noel que les pères fouettard. C’est bien pour cela que la France essaie d’imposer une doctrine de fabrication de monnaie à la BCE contre l’orthodoxie rigoriste allemande. D’où l’idée de nettoyer les dettes douteuse des pays méditerranéens par l’impôt des pays du Nord (Anglo saxons).
Mais pour imposer cette doctrine keynesienne, il faut montrer que l’on est capable de s’auto discipliner, question de crédibilité. D’où une politique restrictive paradoxalement impopulaire afin de pouvoir faire payer nos dettes par nos voisins.
Cette rigueur pourrait être bien perçue si l’on était convaincu que l’administration, à tous ses niveaux, avait le souci du respect du bien commun. Mais les dernières affaires montrent à quel point il faudrait une révolution culturelle pour changer la mentalité de la fonction publique. Il est tout à fait normal que lorsque sa survie n’est pas menacée par ses erreurs, on ne soit que peu motivé à changer ses mauvaises habitudes.
La priorité est beaucoup plus à la remise en cause du statut de la fonction publique, afin de pouvoir motiver les plus méritants et sanctionner les irresponsables. Sans cette réforme fondamentale, les mentalités ne pourront évoluer et toute restructuration condamnée à l’échec.
Si il y a une théorie du complot à chercher, elle n’est pas dans des « pouvoirs ocultes » mais dans le fonctionnement des démocraties.
Pour se faire élire, il faut créer du bonheur. Le bonheur est lié au pouvoir d’achat dans nos sociétés marchandes. Nos politiques doivent donc arroser toujours plus de liquidités pour remporter leur ’marché politique’.
Les sociétés occidentales, autrefois appelées pays industrialisés, se sont desindustrialisés au profit des pays asiatiques. Elle ne peut donc plus créer ces liquidités à partir du travail, il leur faut donc les créer par le capital.
Le moyen de plus efficace de créer ces liquidités est de garder les taux d’intérêts à zéro en termes réels. Le problème, c’est que ces taux d’intérêts sont uniformes qu’ils soient destinés à la consommation ou à l’investissement. L’affflux de liquidités sur les marchés mobiliers et immobiliers créent des bulles qui profitent aux possédants (ancienne génération) mais rendent l’accès à la propriété impossible pour les jeunes générations. De plus, dans un monde fini, la demande de matière première induite par ces liquidités crée des tensions sur le marché des matières première. On arrive alors à la limite de la politique keynesiennes, l’inflation par la demande venant assécher les liquidités et la demande sur l’immobilier se tarit. Les prix, dans un marché libre, chutent et les liquidités disparaissent, laissant les individus et les banques insolvables.
C’est là qu’intervient la théorie du complot. Le politicien ne peut être élu sur un programme de rigueur. Le père fouettard n’est pas des plus sympathiques. Il faut donc, pour garder le pouvoir, sauver l’effet richesse du capital et intervenir par des mesures fiscales incitatricces pour garder les valorisations mobilières et immobilières au dessus de leur prix d’équilibre.
Système injuste puisqu’il rigidifie la structure des classes possédantes. Les populations les plus âgées prospèrent de ces bulles alors que les plus jeunes doivent payer une rente de plus en plus lourde avec des opportunités de plus en plus rares.
Mais dans des sociétés vieillissantes, favoriser les rentes assure un rente politique, puisque la majorité vit de son travail passé (capital).
Voilà pourquoi nos hommes politiques ont le regard fixé sur les courbes des prix immobiliers et des marchés actions. Leur pérennité dépend entièrement de la bonne santé des ces marchés. Il faut sans cesse créer plus de richesse capitalistique à défaut de pouvoir la créer par le travail.
L’explosion de la bourse en 2009 n’est le résultat d’aucun optimisme. Les opérateurs étaient toujours aussi conscients de l’extrême fragilité du système. Mais il fallait absolument sauver les banques des conséquences de l’explosion de la bulle immobilière américaine et le vecteur le plus rapide et le plus liqiude était bien la bourse.
Les sommes soit disant destinées à rétablir les liquidités dans l’économie ont donc servi de béquille pour faire des plus values de court terme permettant de d’éponger les dettes toxiques désormais cachées en fond de bilan. Les résultats du stress test de Juin ont montré que la stratégie a parfaitement fonctionné, les 2/3 des banques européennes ayant pu rembourser l’emprunt à 1% qui leur avait été accordé il y a un an (juste avant que les bourses prennent 40%).
Il fallait parallèlement éviter d’ajouter des dépréciations immobilières européennes à celles américaines. Les taux d’intérêts nuls ont servi cet objectif, propulsant l’immobilier à de nouveaux records, faisant le lit d’un futur cycle de créances douteuses.
Le plus inquiétant, c’est que les gouvernements sont condamnés à encourager les bulles et l’instabilité qu’elle engendre en conservant les taux d’intérêts nuls, puisque toute augmentation rendrait le service de la dette insupportable.
En soignant le mal par le mal, l’excès de crédit par encore plus de crédit, c’est bien dans une spirale destructrice que nous enrainent les keynesiens. Mais cela n’affectera pas nécessairement les actifs, dont la survalorisation est vitale pour éviter d’afficher un bilan en faillite.
Dans votre réquisitoire totalitariste vous oubliez deux faits, Mycroft :
- La France connait déjà un niveau de prélèvements obligatoires « champion du monde », et ce depuis une génération. Et pourtant jamais ces prélèvements records n’ont permis d’atteindre un budget équilibré. Comme vous le savez, nous sommes en économie ouverte, le système confiscatoire que vous préconisez ne peut fonctionner que dans une zone économique fermée, et encore, l’expérience de nos voisins de l’Est montre que même en vase clos, le système s’effondre sur lui même, puisqu’il détruit toute notion de responsabilité individuelle.
- A service public comparable, chaque français a une charge des salaires de la fonction publique deux fois supérieure à celle d’un Allemand. Aucun des sectateurs des lobbies corporatistes n’a su ici expliquer pourquoi.
Le discours pseudo social de ceux qui vivent de la dette publique est d’une hypocrisie criminelle, puisque la défense de leurs intérêts particuliers se fait en hypothécant t à des intérêts étrangers la force de travail de leurs enfants. Un égoisme inter générationnel dont ils espéraient pouvoir repousser les conséquences après leur disparition. Mais l’emballement du cercle vicieux des déficits publics leur rappelle qu’ils ne pourront s’exonérer de participer, eux aussi, à l’effort national pour retrouver le contrôle de notre avenir.
Il ne s’agit pourtant pas de prose, mais de simple logique.
Si nous n’avons pas su équilibrer non comptes lorsque la génération la plus large de la population était active, on ne voit pas comment nous pourrions y arriver alors qu’ils arrivent en âge de cesser d’être contributeurs nets et espèrent devenir bénéficiaires.
Nous n’avons pas aujourd’hui les moyens de prendre en charge le grand âge, comment ferons nous quand le nombre de français dépendants aura doublé avec moins d’actifs ?
On peut reprocher à Attali son caractère, son élitisme, mais certainement pas de ne pas savoir compter.