Je commente un peu tard, mais au final, le DIF en l’état actuel ne sert à rien. C’est juste du vent puisqu’il est nécessaire d’avoir l’accord de l’employeur pour que le DIF soit accepté. Quand on voit que ce qui est mis en avant est le fait que ce devrait être à l’initiative du salarié, ça prête plutôt à sourire … jaune. C’est à l’initiative du salarié, tant que cela plaît à l’employeur ; cela revient au même que de dire que c’est uniquement au bon vouloir de l’employeur.
Pour que le DIF soit utile, il faudrait que l’employeur soit obligé d’accepter le choix de formation du salarié. Tant que cela ne sera pas le cas, prétendre qu’il est à l’initiative du salarié est juste bidon.
Bref, du flan pour complaire aux très nombreuses agences de formation qui facture des fortunes pour des prestations plus ou moins pathétiques, et dans tous les cas, les prix sont loin d’être justifiés. C’est juste une question de gros fromage à prendre pour ces gens là. Ils viennent s’ajouter à la longue liste des castes de parasites profiteurs notre société.
Je crois que tout est dit. Donc, répétons la phrase autrement : à richesse générée égale, 11 700 emplois ont été détruits en un seul trimestre.
Il y a, il me semble, une explication fort simple : la productivité a augmenté au second trimestre suffisamment pour permettre de produire la même chose avec 11 700 personnes de moins. Qui a donc bénéficié des richesses supplémentaires crées par les salariés restants ? Étant donné les augmentations de salaires faméliques depuis déjà de nombreuses années, il n’est pas très difficile de répondre à la question.
Que proposent nos amis libéraux et néolibéraux ?
Un petit indice pour les aider à répondre : ne pas répondre qu’il faut plus de croissance. La croissance c’est terminé ; il y a une toute petite crise écologique et énergétique mineure en cours et la croissance infinie dans un monde fini est juste impossible. Nous avons déjà dépassé les limites physiques de notre biosphère. Aussi, merci d’essayer de nous pondre une réponse un peu plus réalistes que vos litanies habituelles.
N’oubliez pas de prier pour ne jamais avoir à faire de séjour à l’hôpital. Si vous aviez à en payer vous-même le coût, vos petites combines individualistes ne pèseraient pas lourd.
Un petit exemple chiffré : une personne à effectué un court séjour — quelques jours — à l’hôpital aux États-Unis, sans assurance, et a subit une petite opérations à la suite d’un accident de voiture. Elle en a eu pour plus de 350 000 € de frais. Vous allez pouvoir en faire du black …
Priez également pour ne pas devenir une personne âgée dépendante. La aussi, tout votre pactole ne vous servira pas longtemps. Et une fois celui-ci écoulé, vous n’aurez plus qu’à crever dans un coin en silence.
Espérez aussi ne pas avoir d’enfant handicapé, ou alors prévoyez déjà de le tuer ou de le mettre dans une poubelle, faute de quoi votre petit plan échouerai.
Assurez-vous de ne jamais être victime d’une affectation longue durée, le coût du traitement étant tellement élevé que vous ne pourrez jamais vous le payer. Le suicide serait une meilleure option, et en fait la seule option pour vous éviter une mort souffreteuse. Votre magot pourra toujours vous servir à vous payer une injection mortelle pour faire cela proprement. Ne parlons pas des autres maladies sympathiques tels que les cancers puisque cela ne touche que les autres. Là non plus, votre pactole ne suffira pas à payer le coût de votre prise en charge.
En cas de pépin, fidèles à vos idées, vous irez bien entendu vous faire soigner dans une clinique ou un hôpital privé, assurant ainsi une disparition encore bien plus rapide de votre si précieux magot. Vous pourrez ensuite vous promener, l’air hagard, dans les rues avec votre robe de chambre de malade et votre perfuseur, l’hôpital vous ayant mis dehors car vous ne pouviez plus payer.
Votre combine individualiste ne peut fonctionner que si vous n’avez pas trop de pépins tout au long de votre vie. Dans le cas contraire … Ce peut tout à fait être un modèle de société qui vous plaise j’en conviens. Mais il faut bien prendre en compte tous les risques.
@John_john : vous êtes forts loins des réalités. Vous prétendez que le salarié a signé son contrat de travail de son plein gré. C’est bien évidemment faux. Le pistolet sur la tempe se matérialise sous la forme d’un marché du travail difficile dans lequel le salarié a un rapport de force fortement en sa défaveur. Le jour où nous serons proches du plein emploi, nous pourrons rediscuter de vos arguments. Aujourd’hui, avec un tel chômage, vous êtes juste totalement à côté de la plaque.
Le fait que louez les services d’un homme soit pour vous la même chose que la revente de marchandise en dit long sur votre considération de l’homme, que vous placez au même niveau qu’une vulgaire marchandise. Dans le milieu, nous appelons les SSII par leur vrai nom, à savoir les marchands de viande. Autre exemple pour rester dans le milieu : la quasi totalité des salariés de SSII ne rêvent que d’une chose : les quitter pour rejoindre une vrai société. Prétendre qu’ils ont eu le choix est juste faux lorsque vous connaissez le marché de l’emploi informatique, qui n’est pourtant pas le plus sinistré de tous : l’essentiel des offres provient des SSII. Un informaticien n’a donc en général pas le choix. Donc si, il a eu comme un pistolet sur la tempe.
Continuons sur votre conseil idiot suivant : cequi qui n’est pas content peu se lancer en freelance. Une nouvelle fois, vous démontrez que vous ne connaissez rien à la structure du marché. Se lancer en freelance n’est pas accessible à tout le monde. En effet, la plupart des clients potentiels ont un service des achats qui se chargent de référencer qui peut leur fournir des prestations. Seules les grosses structures telles que les SSII ont accès à ces référencements, ce qui exclut de fait, d’une part essentielle du marché l’ensemble des Freelance, à qui il ne reste que les miettes. Les quelques-uns qui s’en tirent bien sont ceux qui ont pu au cours de leur carrière connaître suffisamment de personne pour s’assurer un flux de missions suffisantes. Les autres doivent se contenter de passer en Freelance par l’intermédiaire des SSII et là ,bizarrement, ça n’a plus aucun intérêt d’être freelance tant le coût facturé sera faible. Bref, c’est juste irréalisable pour la majorité des salariés.
Tous les principes que vous énoncez seraient vrai s’il y avait un rapport de forces équitable entre l’employeur et l’employé. Dès que ce postulat n’est plus vérifié, tout ce que vous dites devient faux.
Aujourd’hui, le rapport est très défavorable aux salariés. Vous estimez que si l’on s’estime spolié par notre parton, nous pouvons démissionner. C’est juste idiot. Du fait du rapport de forces actuel, quelque soit l’emploi suivant que je pourrais trouver, je me ferais tout autant spolier.
Vous dites que le vol suppose le non consentement, mais même en restant sur votre postulat, il est possible de démontrer l’aberration de votre position : le salariat est bien du vol dans la mesure où même si le salarié a effectivement signé le contrat, il ne l’a pas consenti. Il n’a juste pas le choix.
En fait, c’est un peu la même chose qu’avec les mafias : soit vous payez pour votre « protection », soit il va vous arriver des bricoles. Si on suit votre raisonnement, ce n’est pas du vol puisque celui qui payera pour sa « protection » l’aura consenti. Mais moi, j’appelle cela de l’extorsion de fonds.
Pour les salariés, c’est la même chose : c’est où l’on signe aux conditions — le plus souvent pourries et sous-payées — du patron, ou l’on reste sans emploi. La menace de rester sans emploi dans un contexte de chômage élevé est en général suffisamment forte pour obliger le salarié à signer contre son gré.
@John_john : n’importe quoi. Je cite seulement une phrase : « et piocher dans la poche du voisin sans son accord ça s’appelle du vol. » C’est pourtant ce que font tous les jours les employeurs. Cela ne s’appelle pas du vol, mais l’emploi salarié.
Prenons un exemple concret très simple que j’ai vu il y a peu : soit un stagiaire travaillant dans une SSII (société de service informatique). Cette SSII va louer son stagiaire 600 € la journée à son client. Le stagiaire a donc produit 600 € de richesse par jour où il est loué, soit environ 12 000 €. (Nous travaillons environ 20 jours par mois). Le stagiaire sera rétribué quelques centaines d’euros, disons 600 car l’employeur est généreux. Le stagiaire a donc généré 12 000 € de richesse, et a été rétribué 600 €. Le reste, les 11 400 €, sont dans la poche du patron. Donc, oui, le patron a bien volé 11 400 € au stagiaire ( Bon, dans les fait, c’est un peu plus complexe puisqu’il a bien fallut trouver le client, etc. ce qui fait que le stagiaire ne devrait pas toucher 11 400 € mais moins pour prendre tout cela en compte, mais le partage est tellement déséquilibré que l’extorsion en reste manifeste).
Vous prétendez que les pauvres sont pauvres car ils ne produisent pas assez de richesse. C’est juste faux. Ils sont pauvres car la richesse qu’ils produisent est confisquée par plus fort qu’eux. Mon exemple ci-dessus le démontre aisément.
Un autre exemple pourrait être, à tout hasard, le patron de Lidl. Il est plus que milliardaire tandis que la quasi intégralité de ses salariés sont pauvres. Ce sont pourtant eux qui font tourner les magasins, et créent la richesse dont il dispose. Mais du fait de sa position de force, il l’a simplement confisquée à son unique profit. Le cas est répétable quasiment à l’infini tant la structure capitaliste et néolibérale actuelle va dans ce sens : la confiscation par une minorité de la richesse produite par la majorité.
Nous pourrions également étendre la réflexion en termes de biens publics pour démontrer l’inanité de votre position : la richesse crée par une personne n’est tout simplement jamais de son seul fait. Il n’est donc, quoi qu’il en soit, même en suivant votre raisonnement, pas illogique que celui-ci en reverse une partie dans le pot commun. Prenons tout simplement mon cas : si je peux aujourd’hui créer de la richesse, c’est déjà en premier lieu grâce à l’enseignement public que j’ai reçu. Si je peux me rendre sur mon lieu de travail, c’est ensuite grâcre au réseau de transport mis à ma disposition par la collectivité. Ensuite, tout ce que je crée au travail dans ma petite tête ne survient bien entendu jamais de nulle part, mais est toujours construit à partir de mes acquis passés, des idées échangées avec d’autres, etc. Je pourrais continuer à le décliner longtemps. Mais au final, le résultat est que la richesse que je crée n’est pas de mon fait entier. Bien sûr, j’y suis également pour quelque chose de part les efforts consentis et du temps passé. Mais je n’en ai pas le mérite seul.
Prétendre que la richesse n’est crée que par des individus est juste fausse. Elle est créée par un ensemble d’individus, chose que l’on appelle société, et que seuls quelques extrémistes tels Margaret Tatcher prétendent que cela n’existe pas.
Pour terminer, bien qu’il y ait encore tant à dire, imaginer que donner des « compétences » aux pauvres leur permettrait d’être riche, c’est, au mieux un vœux pieu. Je vous épargne la liste de personnes que je connais ayant des compétences mais étant malgré tout pauvres. Il est amusant à la lecture de vos arguments de constater que ceux qui apportent le plus à la société, et qui devraient donc être les plus riches, sont pourtant parmi les plus mals payés : ouvriers, infirmières, balayeurs, agents d’entretien ; tandis que les parasites de notre société, les nuisibles inutiles qui ne font que lui extorquer de l’argent indue tel que les juristes, les traders, les rentiers, les actionnaires, les héritiers, les lobbyistes, eux, sont fort loin d’être pauvres.
La vérité est simplement que nous n’avons pas assez de travail pour tous, car nous sommes déjà trop productifs et que, en plus, nous avons un ensemble de sangsue à notre dos pour nous pomper un peu plus les miettes laissées par les possédants.