En version française, le début de l’article peut se lire ainsi :
« Frontalière de trois pays de l’Union européenne (Italie, Allemagne et Espagne), la France (République Démocratique Française depuis 1981) a voté ce 17 juin 2007. Ces élections législatives sont un nouveau camouflet pour la démocratie et pour la diplomatie européenne.
Un signe qui ne trompe pas : aucun candidat de l’opposition nationale n’a obtenu ne serait-ce qu’un seul des 577 sièges qui étaient en jeu. »
"S’agissant des élections en Biélorussie, le scrutin présidentiel s’est terminé avec un score de 82% pour M. Loukachenko tandis que M. Milinkevitch, que j’avais reçu au Quai d’Orsay, n’aurait que 6%. Ces résultats sont inquiétants, ils confirment la tonalité de la campagne marquée par une montée de violence de la part des autorités, par la multiplication des arrestations d’opposants, par les menaces répétées de peine de mort contre les partisans de l’opposition, la mainmise du pouvoir sur les moyens d’information et de propagande... une situation d’un autre âge qui appelle de notre part une réaction d’une extrême fermeté."
Je vous invite à reprendre ce texte, version réalité française.
« S’agissant des élections en France, le scrutin présidentiel s’est terminé avec un score de 82,21% pour M. Chirac tandis que M. Le Pen, que j’avais refusé de recevoir, n’aurait que 17,79%. Ces résultats sont inquiétants, ils confirment la tonalité de la campagne marquée par une montée de violence de la part des autorités, par la multiplication des arrestations d’opposants, par les menaces répétées de peine de mort contre les partisans de l’opposition, la mainmise du pouvoir sur les moyens d’information et de propagande... une situation d’un autre âge qui appelle de notre part une réaction d’une extrême fermeté. »
A cette époque, Chirac avait refusé le débat avec l’opposition et monté des manifestations monstres pour la discréditer.
Moralité : Regarde la poutre dans ton oeil au lieu de la paille dans celle du voisin.
En voulant passer son temps à donner des leçons de démocratie aux autres et à montrer du doigt le vilain comportement de nos voisins, on oublie la dérive totalitaire de notre pays et de l’UE. Quand un vote ne convient pas, ce n’est pas grave, on en refait un autre. Même aux USA, maintenant que le Congrès à mal voté on pense à le faire revoter. Au moins, Staline ne s’embarassait pas de ces hypocrisies.
En tant que militant politique au PS que pensez-vous des accords de l’Organisation Mondiale du Commerce qui ont été préparés, votés et contre-signés pour la France par les premiers ministres Rocard, Cresson et Beregovoy ?
Ne voyez-vous pas une contradiction entre l’attitude du PS qui a toujours voté les lois que lui demandait la haute-finance internationale et vos diatribes contre un système qu’il soutient ?
Pourquoi le PS a-t-il voté toutes les lois sur l’abandon de notre souveraineté et sur la suppression des frontières commerciales ? Pourquoi le PS a-t-il voté toutes les lois de l’Union Européenne favorisant le capital apatride et l’interdépendance des économies nationales au détriment du peuple ? Le PS est un agent actif de la mondialisation dont nous payons aujourd’hui les excès. Il n’est pas le seul, je vous l’accorde, mais ceci n’enlève rien à sa responsabilité dans la crise.
Effectivement, la crise n’est pas pour tout le monde. Entre le militant qui se bronze à l’Ile de Ré et Ségolène Royal qui encaisse ses 20.000 euros par mois sur le dos des nigauds, le PS sait trés bien où se trouve son intérêt.
Vous vous avancez un peu en parlant de crépuscule des dieux. Ils on l’air de s’en sortir plutôt bien, nos demi-dieux de l’olympe financière. Le texte proposé par Paulson au Congrès contient une clause exorbitante. Il s’agit tout d’abord de laisser Paulson gérer tout seul les 700 milliards et pire encore de lui donner l’immunité juridique pour ses décisions. Ainsi, juge et partie et à l’abri de toute poursuite, il va allègrement racheter au prix fort des créances pourries afin de donner le maximum d’argent à ses amis banquiers.
Une arnaque de cette taille n’arrive qu’une fois tous les mille ans. Nous avons le triste privilège d’y assister.
Je partage en gros votre point de vue mais j’aurais aimé qu’il soit soutenu par quelques chiffres.
Vous dites que la crise est systémique, ce qui est vrai aujourd’hui mais vous n’en précisez pas les causes. Pour ma part, les causes sont trés anciennes et remontent au refus de redimensionner les entreprises en conséquence de l’augmentation sans précédent de la productivité. Il y a un cas d’école, la sidérurgie. Il serait intéressant de voir comment on est passé de l’époque Wendel-Empain à celle de Lakshmi Mittal car toute la problématique actuelle se trouve résumée dans l’histoire de la sidérurgie, ses luttes sociales et les mesures prises par l’Etat. Pour faire simple, au lieu de compenser les gains de productivité par des licenciements massifs (qui ont quand-même eu lieu) on a cherché à écouler le surplus sur les marchés extérieurs. C’est la fuite en avant. Le contre-coup évident est qu’on a commencé à délocaliser pour réimporter ensuite les produits moins chers. On a alors des entreprises trans-nationales qui s’allient à la finance internationale pour faire passer des lois supprimant tous les freins à leur commerce. Les Etats faibles ont cédé, l’UE en étant le pire exemple.
Le côté bancaire de la crise est temporaire. La vraie crise est qu’on ne produit presque plus rien en Occident.
Vous faites bien de mentionner que les bonus des étoiles du Cac40 sont une ridicule goutte d’eau dans l’océan de la masse salariale.
L’histoire du "on est riche parce qu’ils sont pauvres" est un poncif sans aucun fondements. Allez demander au Cheik du Qatar ou au roi Fayçal s’ils s’estiment spoliés de leurs matières premières. Ils sont riches grâce à nous et non pas l’inverse. Selon quel principe les aborigènes autraliens seraient-ils proriétaires des mines dont ils n’ont jamais soupçonné l’existence jusqu’à ce qu’on s’en charge ? En exploitant ces mines on ne les a privé de rien. Ni de leur revenu ni de leur bien.
Sur le plan technique, la France est endettée uniquement parcequ’elle n’a plus le droit de frapper de la monnaie. Quand on dépense plus que ce que l’on gagne, on a le choix entre le non paiement des engagements en dévaluant la monnaie et l’endettement.
La dévaluation de la monnaie a été le moyen privilégié de combler le déficit de l’Etat. L’inflation était couramment de 5 à 10% dans les années 60 et 70. Ceci avait un avantage pour les emprunteurs immobiliers. Les taux d’emprunt étant fixes, plus le temps passait et plus il était facile de payer les mensualités. En effet, les salaires suivaient l’inflation (avec du retard) et les emprunteurs étant jeune, leur salaire montait avec l’avancement de leur carrière professionelle. A l’inverse, les personnes plus âgées voyaient leur revenus fondre comme neige au soleil.
Le problème de fond est l’avidité du public. Quand un politicien promet un avantage, l’électeur croit toujours qu’il bénéficiera de l’avantage mais que c’est son voisin qui va payer. Si quelqu’un se présente en disant qu’il va augmenter les impôts et diminuer les prestations, personne ne votera pour lui. Au bout du compte, le système pousse à l’augmentation des dépenses au-delà du raisonnable. Prenez le cas du transport en commun. Les conseils généraux payent 4 fois le prix du billet, c’est à dire que le coût du billet est 5 fois ce que paye l’usager, plus cher que l’automobile.
Une saine politique consisterait à faire payer le vrai prix à tout le monde, que ce soit le transport ou les médicaments et à aider financièrement les plus pauvres. Peu à peu les gens prendraient conscience de la valeur des choses. On préfère jouer à l’autruche.