Pour réécrire les pathogénésies, il faut tout d’abord se référer à la toxicologie. Ce sont ces signes-là qui sont les plus fiables. Et je pense en effet que certains signes psychiques obtenus avec de 30 CH par Hahnemann et d’autres le sont beaucoup moins.
Par contre, je le répète, les signes qui disparaissent « ab usu in morbis », même et surtout s’ils n’ont apparemment aucune relation avec la maladie qui amène à traiter, sont certainement à colliger. On ne me fera pas croire que l’absence de soif indiquant l’utilisation de Gelsemium dans un syndrome grippal n’a pas été vérifié des milliers de fois au chevet du malade.
Personnellement, j’ai toujours recherché les signes physiques non pathognomoniques pour choisir le bon remède, signes physiques relevant généralement de la toxicologie de la substance.
Quelle tristesse de voir des personnes aussi intelligentes que vous ne pas être capable de penser autrement que ce que la culture ambiante lui a imposé à son insu.
Il est vrai que ce n’est pas Kent qui m’a le plus parlé, mais un vieux monsieur nommé Nash. C’est en relisant une bonne vingtaine de fois son bouquin que j’ai à peu près compris de quoi il retournait. Mais la répertorisation, bien faite, est assez mathématique. La difficulté réside dans le choix des symptômes saillants, qui ne sont pas nécessairement ceux mis en avant par les patients.
Le modèle expérimental consisterait d’abord à expérimenter les substances en double aveugle sur l’individu sain, et il est vrai que les symptômes caractéristiques découverts ab usu in morbis ont autant de valer, si ce n’est pasfois plus. Puis, pour une pathologie donnée - et non pour un remède donné - opérer l’individualisation la plus rigoureuse sur chaque patient, nécessitant sans doute un choix collégial. Puis une prescription des remèdes alternant aléatoirement avec un placebo, suivi d’une lecture de l’évolution également en double aveugle.
A ce compte-là, ce n’est donc pas tel ou tel remède qui est validé, mais telle ou telle pratique de l’homéopathie, mais je ne vois pas que l’on puisse faire autrement.
Eh bien non, Pascal, les études les plus rigoureuses bien adaptées aux remèdes classiques, ne conviennent pas pour montrer l’efficacité de l’homéopathie, parce qu’elles ne sont pas adaptées à l’individualisation qui est le pilier de la prescription homéopathique.
Pas d’irrationnel, pas de miracle. Mais une recherche quasi mathématique du remède.