Et je précise bien que mon discours n’est absolument pas moralisateur. Au contraire, la suspicion morale qui pèse actuellement sur les séropositifs au titre du VIH est véritablement scandaleuse.
Aux yeux du monde, la reconnaissance de l’importance de ces cofacteurs permettrait de dédramatiser tout cela, et d’encore mieux soigner toutes ces personnes. En réalité, c’est la situation actuelle qui les aliène.
"Que direz vous aux parents d’un gamin de 17 ans qui aura été contaminé cet été parce qu’il aura oublié de faire gaffe lors de son premier rapport ?"
Rien du tout, car ce gamin n’existe pas ! Tout le monde sait que la probabilité d’un tel événement est de l’ordre de 1,5 sur 10 millions. La probabilité de la transmission de la séropositivité d’une femme vers un homme est de l’ordre de 3 sur 10000. Avec 30000 femmes seropositives, soit 1 sur 2000 habitants, on obtient bien, en multipliant les deux chiffres, une probabilité de 1,5 sur 10 millions.
Par contre, personne ne cherchera à savoir si sa séropositivité provient de la drogue. Désolé pour vos convictions, cette piste est de plus en plus prégnante.
Justement si, le sida choisit, et de plus en plus de scientifiques se rendent compte qu’il y a des "cofacteurs" ... qui se comportent comme les facteurs essentiels : Sans eux, pas de Sida. L’exemple du sélénium est tout récent.
Pour combattre cette épidémie, il faut, comme le disent à demi-mot la plupart des scientifiques qui comptent, aborder d’autres voies de recherche... et sans doute pas la trithérapie ni le vaccin (voir la réaction de Roche et l’article d’Altman dans le NYT)
Mais ces autres voies de recherche - celle du sélénium par exemple - ouvrent bien d’autres horizons que celui d’un virus (si peu transmissible). Et, un chimiste honnête se doit d’admettre que certaines drogues, certains médicaments sont la cause première du sida. Qu’un virus peu transmissible apparaisse, pourquoi pas. Mais à partir du moment où l’on fera des études épidémiologiques qui font abstraction des habitudes sexuelles des gens, et qui se focalisent sur ce qu’ils consomment, les yeux de tout un chacun se dessilleront.
Nouvelles encore plus étonnantes et contradictoires :
Tout d’abord, Kevin de Cock, patron de l’ONUSIDA, vient tranquillement raconter que l’épidémie hétérosexuelle est terminée dans le monde.
Cela provoqua un tel four dans le monde de ceux qui gagnent bien leur argent dans ce bizness qu’il a été obligé de revenir officiellement sur ses dires.
Mais ce qui a été écrit est écrit. Si de Cock a fait cette sortie, c’est qu’il y a bien anguille sous roche (eh ! en ! ).
Voici quelques phrases tirées de "The Independent" :
"Les 25 ans de campagne contre le Sida ont été mal utilisés". . . . "il n’y aura pas d’épidémie généralisée du SIDA dans la population hétérosexuelle en dehors de l’Afrique". . . .
"en dehors de l’Afrique subsaharienne [la menace du sida]. . . s’est limitée à des groupes à risque, notamment aux hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, aux consommateurs de drogues injectables et aux travailleurs du sexe et leurs clients. "…
"La menace d’une pandémie mondiale hétérosexuelle a disparu". . .
"Il ya dix ans, beaucoup de gens ont dit il y aurait une épidémie généralisée en Asie. . . Cela ne semble pas probable". . . .
"En 2006, le Fonds mondial de lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose. . . a mis en garde que la Russie était sur le point de vivre une catastrophe. . . . il est peu probable qu’il y aura une vaste propagation hétérosexuelle en Russie. . . . "
"les facteurs qui favorisent le VIH [ne sont] pas encore pleinement compris. ."
Ajouter à cela la démission d’un autre membre du staff de l’Onusida, Peter Piot, et on comprendra que Jean-Luc Roméro devrait étudier d’un peu plus près les dernières nouvelles et se poser des questions.
Une dernière chose. Plus personne ici ne semble se souvenir qu’on est passé de 40 Millions de séropositifs en 2006 à 33 Millions en 2007. Passera-t-on à 25 Millions en 2008 ?
Désolé, mais le terme de placebo a été inventé par Samuel Hahnemann, qui en parlait explicitement dans ses compte-rendu - et le prescrivait à l’insu du malade.