Scientifique, créateur d’entreprises. Observateur de la res publica depuis de nombreuses années, de plus en plus concerné et préoccupé par la tournure des évènements.
Mon précédent commentaire fait doublon avec celui d’alterego, que je n’avais pas vu en le rédigeant. Les deux commentaires sont donc indépendants et vous pouvez constater qu’ils se recoupent totalement...
Vous êtes fermement dans le camp des « cornucopiens » (croyants en la Corne d’abondance). Vous n’avez, à mon avis, ni tout à fait tort, ni tout à fait raison. Permettez-moi de tempérer votre optimisme.
Deux chiffres tout d’abord : il se produit (et se consomme) dans le monde environ 84 Millions de barils de pétrole (tous liquides) par jour, soit près de 31 milliards de barils par an.
"Alors, voici ma question : Dans 50 ans, en 2059, combien d’années de pétrole restera-t-il ?...
vous savez répondre ? moi pas, mais j’ai ma petite idée, et elle n’est
pas plus stupide, historiquement, que celle des « spécialistes » qui se
sont, toujours, plantés.«
Pas tous ! En 1956, le géologue Marion Kink Hubert a annoncé que la production américaine (hors Alaska qui n’avait pas encore été prospecté) culminerait en 1970. Et c’est bien ce qui s’est passé. Depuis, et malgré la découverte et l’exploitation des gisements d’Alaska, la production américaine est passée de près de 10 Mbbl/jour à 3 Mbbl/jour. En 1974, Hubert a prévu le pic mondial (pas l’épuisement, le maximum de production) un peu avant l’an 2000. Le maximum a été atteint en 2005 et, après une légère baisse, très temporairement au début de l’été 2008. Pas trop faux, non ? Sur ce sujet, les meilleures prévisions et prédictions sont établies par les géologues indépendants de l’ASPO (Association for the study of peak oil).
Voyons un peu les découvertes : »alterego" cite le chiffre de 4 milliards de barils au large du Brésil et vous celui de 33 à 50 milliards. Vous avez tous deux raison : le gisement Tupi est estimé à 5-8 Gbbl et l’ensemble du bassin de Santos à, peut-être, 50 Gbbl. Seulement, pour l’extraire, il va falloir percer 5 km de roche sous 2 km d’eau ! Sans parler de l’investissement qui se chiffrera en dizaines de milliards de dollars, on ne sait pas encore exactement comment faire techniquement. Il y a aussi les gisements de l’Arctique, estimés à 100 Gbbl. Là aussi, forer sous la banquise pose quelques problèmes...
Mais comparons ces chiffres à la consommation mondiale annuelle (31 Gbbl) : l’ensemble du bassin de Santos représente moins de 2 ans. Les gisements de l’Arctique 3 ans. La consommation mondiale est un ogre qui avale tout à un rythme effrayant. En fait, quand on consomme 3 barils, on en trouve un seul.
Le cas des sables et schistes bitumineux est à part : les réserves semblent très importantes, mais le débit restera limité, disons 10-20 Mbbl/j. Il semble inéluctable que la production pétrolière soit passée dans la seconde partie de la courbe de Hubert : elle va descendre inexorablement. La seule question vraiment débattue est le rythme de cette descente.
D’un autre côté, les réserves de charbon représentent plusieurs fois celles de pétrole. Si on les exploite - et c’est bien ce qu’on fait et fera toujours plus - la décroissance énergétique globale sera repoussée de plusieurs dizaines d’années... Et là, nous retrouvons le lien avec l’hypothèse du RCA...
Bien sûr, les lobbies sont très intéressés par le RCA. D’un côté comme de l’autre. Mais, sur cette question, cela n’a aucune importance car on peut trancher par la recherche de la vérité scientifique. Le RCA n’est pas - d’abord - un sujet politique. Il le devient - ensuite - par ses implications. Je vois que je me retrouve avec beaucoup de libéraux. Ça n’est pas un problème pour moi. Je sais que, sur d’autres questions, je m’opposerai à eux. On me renvoie aussi à Claude Allègre, personnage que je n’aime pas.
L’Histoire nous a appris que le réflexe binaire gauche/droite, bien/mal, ne peut servir de grille d’interprétation du présent. Voir Katyn. Même les nazis pouvaient parfois dire la vérité. Et notre allié russe et communiste mentir. Voir aussi Lyssenko.
En l’occurrence, le RCA est abondamment réfuté, sur le terrain scientifique. Les libéraux le disent haut et fort parce que ça les arrange idéologiquement ? Tant mieux. Richard Lindzen est un grand scientifique et ses éventuelles relations avec le Heartland Institute n’y changent rien. Vincent Courtillot est en train de retrouver ce que disait notre meilleur climatologue, Marcel Leroux, à savoir que parler de climat et de température moyenne de la Planète n’a pas de sens. Marcel Leroux était-il lui aussi à la solde du lobby pétrolier ? La vérité est simple : le gang du Climategate a tout verrouillé, à commencer par les crédits de recherche. Il faut bien que les autres chercheurs financent leur recherche.
Le lobbying, c’est comme la SNCF : un lobby peut en cacher un autre. Ici, le TGV de Goldman Sachs et du gouvernement mondial tente de se cacher derrière le petit train à vapeur des pétroliers. Les deux ne sont pas à la même échelle et ne représentent pas le même danger. Le RCA a été lancé par Thatcher pour fermer les mines de charbon et promouvoir le nucléaire...
Si, si, les pro-RCA ont parlé de cette étude de Lindzen montrant que tous les modèles climatiques (GCM) du GIEC prévoient un « hot-spot » intertropical dans le haut de la troposphère (à 10 km d’altitude), alors que les mesures montrent qu’il n’y a rien du tout. Et qu’ont-ils dit : les modèles sont justes, ce sont les les mesures qui sont fausses, il faut les corriger. Affligeant et édifiant ! Je ne peux pas qualifier de scientifiques des gens qui réagissent comme cela.
Vous êtes à contre-temps. Vous prenez parti pour le RCA (réchauffement climatique anthropique) au moment où cette hypothèse s’effondre, scientifiquement d’abord, dans l’opinion ensuite et maintenant même dans les médias officiels.
A ce titre, voir l’attitude d’Yves Calvi dans ce « C dans l’air » intitulé « Climat : a-t-on réchauffé les chiffres ? ». Calvi se place du côté des sceptiques et semble découvrir les multiples falsifications des tenants du RCA. Quand on connaît Yves Calvi, on doit en conclure qu’il a reçu, au minimum, un feu vert implicite pour attaquer le dogme.
Encore à ce titre, voir cet article d’opinion publié dans le Monde et intitulé « Prosternons-nous tous devant l’autel de Copenhague ». Jusqu’ici, le Monde s’était illustré par une défense systématique du GIEC et du RCA, sous la plume de son journaliste Stéphane Foucart.
Zen, permettez-moi de vous alerter sur le fait que vos références montrent que vous êtes plus désinformé qu’informé sur le RCA. Je lis contrinfo.net régulièrement, mais sur le RCA, le parti-pris de ce site est lamentable. Comme l’est celui de Sylvestre Huet, le journaliste de Libération, porte-parole militant des scientifiques impliqués dans le Climategate (lire à ce propos l’édifiante lettre ouverte de Charles Muller). On ne peut être correctement informé sur le sujet si on ne lit que (a) la presse officielle, (b) des sites comme realclimate, futura-sciences, contreinfo.net et (c) last but not least, Wikipedia.
Contreinfo.net se lance aujourd’hui dans un grand dossier d’attaques ad hominem contre les sceptiques. Comme si c’était le problème (la question est avant tout scientifique) et comme si les tenants du RCA étaient de blanches et innocentes colombes. Le cas de Maurice Strong, affairiste louche impliqué dans le scandale « pétrole contre nourriture à l’Irak », réfugié en Chine, est autrement plus grave. Mais contreinfo n’en parlera jamais.
J’ai étudié le RCA assez soigneusement, parce que je voulais proposer un projet sur les « puits de carbone » dont la théorie prédisait l’existence. La conclusion de mon étude (bibliographique) est que rien ne tient dans cette théorie. De plus, les mensonges communiqués, avec la complicité des scientifiques du GIEC, sont écœurants. Le rapport AR4 du GIEC comporte plusieurs manipulations flagrantes des observations. J’en ai étudié deux : (1) la « durée de vie » du CO2 dans l’atmosphère et (2) l’omission du rôle de la vapeur d’eau. La théorie du RCA est complètement fausse et ces manipulations sont nécessaires pour masquer ce fait.
Connaissant maintenant bien le sujet, je peux dire que des auteurs comme Vincent Bénard et Jean-Michel Bélouve l’ont creusé sérieusement. Ils ont vraiment bossé. Je précise que je ne suis pas libéral, me sentant proche du parti de Mélenchon.
Dans le registre des manipulations, il faut savoir qu’en soutenant le RCA, on ne prépare pas du tout la disparition du capitalisme, mais, bien au contraire, on roule pour le pire représentant de ce capitalisme véreux et criminel : Goldman Sachs (lire « bulle n° 6 »).
@Papy Jako,
Il est vrai que votre article est écrit d’une manière très - trop - publicitaire.