à arturh qui a oublié de réfléchir et écrit « Les »déclinologues« , dont je suis, constatent qu’en moins d’un quart de siècle, la France est passée du 4ème rang au 7ème rang du Produit Brut Mondial. »
Moui, sauf que :
1- qui est passé devant ?
Des pays comme la Chine, le Japon, nous faisant passer à la 6e place. Est-ce si étonnant ? On peut déjà annoncer que l’Inde sera très bientôt devant aussi. Cela signale t-il un déclin de la France ou une croissance pas si inattendue de grands pays (oui même le Japon : deux fois la France en population).
2- ce qui compte pour évaluer la performance c’est le PNB par tête voire (voir Eurostat) le PIB par habitant en standard de pouvoir d’achat
3- Enfin il y a d’autres indicateurs à prendre en compte : taux de pauvreté, en particulier chez les enfants, taux de mortalité infantile, espérance de vie ec.
Sur tous ces indicateurs vous nous expliquerez où se situe le supposé déclin ?
à l’auteur qui écrit « En d’autres termes, non, il n’y a pas à l’heure actuelle une crise économique généralisée, qui se caractériserait par des soupes populaires, une très forte hausse soudaine du chômage, etc. »
Il faut être prudent avec ce genre d’assertion :
- le ralentissement du secteur de l’immobilier (dont construction et réparation) a déjà conduit la croissance US à se tasser (cela était considéré comme représentant 0,5% dans le taux de croissance)
- en début d’année on parlait de 1 millions de foyers qui allaient perdre leur logement (= se retrouver à la rue quand même), à la mi année c’était devenu 2 millions, si des millions de personnes se retrouvent ainsi à devoir radicalement se serrer la ceinture ça va se sentir sur l’activité quand même. On parle là, suivant l’évolution, de 2 à 3 % des foyers, ce n’est pas négligeable (NB : je glisse là sur les considérations sociales pourtant... ça aussi cela devrait focaliser ceux qui nous dirigent)
- en parallèle d’autres secteurs ne vont pas si bien (en gros tout ce qui est manufacture, dans les 700 000 emplois perdus depuis 6 ans)
Bref suivant comment les choses se combinent et s’enclenchent...
à Eric qui écrit « de mémoire salaires de 1 à 2,7 entre les deux déciles extrêmes après impot et transferts »
Votre mémoire est très approximative et - de plus - on ne compare pas des salaires nets d’impôts mais des revenus nets d’impôts (distinction d’autant plus importante que la part des revenus non salariaux augmente beaucoup depuis quelques années) ou des niveaux de vie normalisés.
Je vous suggère de vous référer à ce rapport d’un organisme officiel national, le centre d’étude des revenus et des coûts : l’écart entre le décile supérieur et le décile inférieur est de 1 à 5,6. Si l’on considérait les fractiles inférieurs (centiles) l’écart serait bien sûr largement supérieur.
Par ailleurs ceci ne prend pas en compte complètement les revenus du patrimoine ni l’impact du coût du logement.
Le revenu disponible après paiement des impôts, du logement et des besoins de base (alimentaire etc.) a sensiblement diminué depuis 10 ans pour les déciles inférieurs, ne serait-ce que parce que l’explosion de l’immobilier (hausse bien supérieure à celle des salaires) l’a fortement rogné.
A l’inverse pour le décile le plus élevé, les coupes dans les impôts et la situation usuellement de propriétaire du logement voire de biens autres, avec une hausse des revenus du patrimoine (des rentes en gros), conduisent à une forte augmentation du revenu disponible.
Au total et pour faire court et général : depuis 25 ans l’écart entre les plus riches et les plus pauvres s’est accrû dans la plupart des pays occidentalisés.
Avec la pression exercée sur les bas salaires par la montée en puissance de la Chine et de l’Inde cela n’est pas près de changer...
D’où sortez vous votre chiffre de 6,2 millions de fonctionnaires (hormis le site très partisan dont vous donnez le lien et qui n’a aucune crédibilité ?).
Les dernières statistiques officielles sont de fin 2005, sur le site du ministère concerné, le secrétariat d’état à la fonction publique :
3,5 millions de personnes dans la fonction publique, nationale ou territoriale, (pas tous à temps plein)
1,67 millions dans les établissements publics
soit 5,18 millions
L’état aves ses établissements publics représente 2,54 millions. Le reste des effectifs est dans les collectivités locales (employés de mairies etc.), 1,23 millions et dans le secteur hospitalier (le reste).
Depuis 1994 il y a une baisse continue des effectifs dans le minsitère de l’équipement et dans celui de l’économie. Ils ont légèrement augmenté à l’éducation nationale et à l’intérieur (+5%). Ils ont fortement augmenté à la défense (+13% : résultat du passage à une armée professionnelle) et à la justice (+20% : ne pas oublier que créer des prisons implique de recruter des gens pour y travailler...).
Alors dans ces évolutions qui induisent une augmentation globale de +5% environ depuis 1994, quelles sont celles que vous contestez ?
à Bateleur du Tarot... dont la mémoire est défaillante
Le taux de chômage en RFA n’a jamais atteint les 12%, pour les 5 dernières années il navigue dans une bande en gros de 8% à 9% pour l’OCDE et de 6,5 à 8,3 % pour Eurostat
A noter les évolutions très parallèles du taux de chômage en RFA et en France durant les cinq dernières années : hausse continue jusqu’à un maximum au printemps 2005 et lente décrue depuis (ce qui est tout sauf une surprise et pas tant que ça le résultat des politiques économiques conduites, lesquelles ont été différentes).
Par ailleurs un gouvernement d’ouverture est un gouvernement dont la politique est définie en recherchant un consensus entre différentes orientations politiques.
Là on a un gouvernement dont la politique est définie souverainement par un président monarque, et dans lequel on retrouve quelques individus de l’autre bord qui ont retourné leur veste. Ca n’a pas grand chose à voir.
Ou alors vous voulez dire que le président serait en train de conduire une vraie politique d’ouverture et aurait donc déjà enterré ou sérieusement amendé son « programme » de mai dernier ?