Votre article est intéressant même si je ne conçois pas le "tout état" comme une hypothèse raisonnable. Je proposerais plutôt une innovation théorisée par quelques uns mais (hélas) jamais appliquée : la mise en place d’un triumvirat d’actionnaires à hauteur d’un gros tiers pour les deux premiers, 40% pour l’état, 40% pour les salariés et le reste pour l’actionnariat privé.
Naturellement, je rêve tout debout parce que nous avons dans notre pays un patronat aussi fanatique qu’obtu, fort bien soutenu par le pouvoir en place.
Nos grotesques élites étant incapables de penser autrement qu’avec le "Dogme" jusqu’ici appliqué, elles nous entraineront au fond du gouffre en chantant : "après moi, le déluge ! "
Pour éviter cela, il ne nous restera qu’une seule et unique solution : sortir les fourches.
Mais en serons-nous capables ?
...inventons ensemble de nouvelles règles qui construiront une musique beaucoup plus attractive et contemporaine que celle des sirènes du protectionnisme.
Les sirènes du dumping fiscal et social ne sont pas mal non plus. C’est ainsi que l’Europe se détricote en jouant les pays membres les uns contre les autres.
Un protectionnisme raisonnable à l’échelle de l’Europe vaudrait mieux que les décisions aberrantes de la Comission Européenne qui n’à qu’une idée en tête : imposer la concurrence la plus impitoyable entre chaque états membres au nom d’une idéologie importée d’Outre-Atlantique durant le début des années 80.
Mais nos cousins américains sont moins stupides que nous. Il n’existe pas réellement de concurrence entre la Californie, le Texas ou le Michigan (du moins pas de la même manière que chez nous).
Je ne suis pas spécialement américanophile (ni américanophobe, d’ailleurs) mais il faut reconnaître que le tirage au sort ne nous a guère été favorable. Les pragmatiques sont à washington, les fanatiques (dont la légitimité est contestable puisque non élus) à Bruxelles.
Le protectionnisme ne signifie pas nécessairement la fermeture du pays.
Anecdotique mais révélateur : Môssieur S. souhaitait en finir avec "l’esprit de mai 68" . Qu’à t-il proposé une fois devenu président ? Des Grenelles par brassées de dix.
Il y eut le Grenelle de l’environnement, barnum médiatique sans aucune substance, puis le Grenelle de l’insertion pour installer durablement le travail précaire et sous-payé dans le champ social (Le RSA n’est que le fait accompli de la raréfaction du travail). Le Grenelle du très haut débit a suivi, sous le patronage de ce voyageur sans bagages (idéologiques), le très malléable Eric Besson, avec un résultat proche de zéro ("il faut fibrer la France" ont-ils conclu). Bientôt, le grenelle des banlieues ou encore celui des hôpitaux ?
Il faut reconnaître toutefois que notre derviche tourneur élyséen est habile. Réussir à galvauder en si peu de temps le terme "Grenelle" relève de la prouesse, alors que les accords du même nom comprenaient de réelles avancées sociales.
Aujourd’hui, on convoque simplement plusieurs centaines de journalistes puis on organise des tables rondes avec des associations avant que le petit manitou ne vienne plastronner sur nos écrans plats, misant tout sur la forme et écrasant de sa duplicité le fond des problèmes.
Afin de rester branché et moderne, j’ai moi aussi quelques suggestions à proposer à notre président :
Mettons en place de toute urgence un "Grenelle de la talonnette" afin qu’il puisse se réhausser dans les sondages, un "Grenelle du rasage du matin" s’il souhaitait se représenter en 2012, un "Grenelle de la Rolex" dirigé par Séguéla, un "Grenelle du Devedjian" pour enfin trouver une place utile à ce pauvre homme, un "Grenelle des ventes de disques de la première dame", il faut sauver la chanteuse Carla Bruni....
Allons, Français, encore un effort, que diable ! Le président a besoin de nous !
Excellent article même si je ne crois pas réellement en un conflit généralisé pour conséquence de nos...inconséquences. Plutôt à l’apparition de multiples petits chaos régionaux et locaux.
Nul n’est en mesure, je le répète, de trouver des solutions à cette crise. Le monde est devenu trop complexe pour pouvoir en maîtriser la destinée. Les plans de relances, des plus sérieux au plus fantaisistes, ne correspondent plus à rien. Tout les acteurs économiques et politiques pédalent dans la semoule exceptés les parasites et autres requins qui s’enrichissent sur notre dos mais ne produisent ni biens, ni idées.
Le protectionnisme, faute d’initiatives nouvelles, deviendra prochainement la norme. On choisit toujours la solution la plus simpliste pour résoudre un problème apparement insoluble.
J’aimerais entendre du nouveau, des gens qui ne pensent pas forcément comme le sommet, qui disent leur vision, quitte à commettre des erreurs : au moins ils apprendront l’humilité et l’imperfectibilité.
Je suis bien d’accord mais de tels individus qui apparaîtraient sur la scène politique française deviendraient des cibles de choix pour nos chers élus et seraient massacrés à la première idée intelligente qu’ils oseraient proposer. Depuis de nombreuses années, dans nos contrées, le pouvoir appartient aux conformistes dont les émanations ridicules sont distillées par d’autres conformistes aux plumes serviles. N’est pas américain qui veut et nous sommes très loin d’un Obama "français" (même si ce nouveau président est largement préférable aux néo-cons, il n’est pas non plus notre "Sauveur").