Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
La confusion n’est pas « totale », elle réside dans le fait que, contrairement à ce que vous interprétez de ce que je dis, je ne défend pas le droit français face au droit européen.
Dans mon chef, le droit français est à mettre au chiottes de la démocratie (car pas du tout démocratique), mais le droit européen est pire (c’est-à-dire, concrètement, que les deux sont à mettre aux chiottes).
Vous tirez quelques exemples d’application de la CEJ accordant - apparemment (faudrait étudier les cas) - plus de respect des droits de l’homme que le droit français. Mais de mon point de vue, c’est comme comparer les droits individuels et les droits collectifs : les droits sociaux durement acquis par les classes défavorisées durant le siècle dernier importent plus que les droits particuliers acquis par des minorités ces trente dernières années (sans pour autant dire que ces derniers n’ont aucune valeur, je tiens à le préciser).
La CEJ peut très bien rendre des avis a priori plus respectueux des droits de l’homme au cas par cas, cela ne lui coûte rien dans la direction globale des choses : c’est même un paravent, un prétexte, une diversion parfaite, histoire de leurrer l’esprit des gens de bonne volonté.
Considérez, s’il vous plait, la force et la portée de droits collectifs (s’appliquant à tous, sans discrimination) et les droits individuels > les uns ont forcément une plus grande force que les autres, ces derniers allant dans le sens individus contre individus, les premiers dans le sens tous contre quelques-uns (je simplifie, mais à peine, et vous saisirez certainement le sens de ma simplification).
Vous devez sûrement connaître Pierre Carles ? J’ai l’impression que vous êtes sur une voie similaire. Les chemins divergeant pris d’une part par Pierre Carles et de l’autre par Daniel Schneidermann sont d’ailleurs très intéressant à observer et analyser.
C’est plutôt rare, les personnes qui choisissent de sacrifier un avenir professionnel pour préserver un idéal. Dans la plupart des cas, les étudiants se conforment bien gentiment au conditionnement et aux paradigmes de pensée qui leur sont imposé, et s’en font, pour la plupart, les défenseurs - souvent les plus acharnés.
Vous n’êtes pas de ceux-là, et rien que cela mérite de vous féliciter. Tout ce que j’espère, c’est que vous ne vous laisserez pas rattraper par la « nécessité ». Si vous voulez rester libre et indépendant d’esprit, il vous faudra sacrifier pas mal de choses : pas d’engagement dans un parti, pas d’engagement religieux (ça tombe un peu sous le sens), mais sans doute aussi, pas de femme ni d’enfant ... à moins d’être déjà suffisamment nantis pour subvenir à vos besoins, où de sacrifier au confort de vie au quotidien pour préserver son intégrité morale. Ou alors, vous avez l’immense chance de rencontrer une âme sœur qui vous encourage et vous soutient dans votre indépendance (on peut toujours rêver).
En tout cas, il faut des esprits indépendants, plus que jamais, alors continuez.
L’UE plus démocratique que la France ? C’est une blague ou une totale
méconnaissance des institutions européenne. En plus d’une méconnaissance
des institutions françaises, déjà pas démocratiques en elles-mêmes (au
sens véritable de démocratie). Mais au delà d’une opinion, voici
quelques points essentiels sur lesquels repose mon jugement (et ma
condamnation) de l’UE :
- Prise en compte du
vote blanc comme sanction des propositions / candidats : non
- Référendum
d’initiative populaire : non
- Interdiction du cumul
des mandats : non
- Limitation du
renouvellement des mandats : non
- Responsabilité des
juges pour leurs fautes : non
- Responsabilité des
acteurs politiques (reddition des comptes) : non (les fonctionnaires de l’UE
jouissent d’une immunité judiciaire à vie !!!)
- Mode de scrutin : par
liste, proportionnel, mais sans possibilité de corriger la liste, ce qui
garantit l’élection aux têtes de listes (désignées par les partis). De toute
façon, le Parlement est sans réel pouvoir, c’est la Commission (non élue) qui
dispose de l’essentiel du pouvoir.
- Deuxième chambre
législative : composée de ministres nationaux des pays membres, autrement-dit,
lorsqu’ils sont à l’UE, ils créent les lois, et lorsqu’ils rentrent dans leur
pays, ils exécutent celles-ci en faisant inscrire ces lois européennes dans le
droit national : confusion complète entre législatif et exécutif, c’est une
atteinte directe à la séparation des pouvoirs, une pure escroquerie et un déni
total des principes fondamentaux de séparation des pouvoirs !
- Référendum obligatoire
pour toute révision de la Constitution : non. En pratique, la Constitution (appelée
« traité », ce qui est un contresens) est figée, car elle exige, pour
changer la moindre virgule, une triple unanimité des 27 (bientôt 28), ce qui
rend la chose impossible ; par contre, le Conseil des Ministres (la deuxième
chambre) dispose, elle, d’une procédure de révision simplifiée ... hors de tout
contrôle démocratique.
- Force supérieur du
préambule (qui institue les principes éthiques et les objectifs de la
Constitution) : non, au contraire.
- Indépendance et
contrôle citoyen du Conseil Constitutionnel : Cour de Justice contrôlée par les
exécutifs qui nomment les juges pour 6 ans renouvelables (de nouveau, entorse à
la séparation des pouvoirs, puisque les juges dépendent, pour leur nomination
et le renouvellement de leur mandat (donc leur carrière), de l’exécutif.
- Inéligibilité des
constituants aux fonctions qu’ils instituent eux-mêmes (indispensable en
démocratie pour ruiner l’évidente confusion d’intérêts !) : non
- Contre pouvoir au
gouvernement, aux juges, au CSA : non
- Pouvoirs importants de
la Cour des comptes : non
Nous sommes donc soumis, par nos
gouvernements (traitres à leur propre Constitution et à leur peuple), à
la pire dictature oligarchique qui puisse exister. La pire, parce
qu’elle se déguise (mal) en « démocratie », et que des gens comme vous,
persuadés de la légitimité « démocratique » de ces institutions opaques,
s’en font les défenseurs, sans en avoir étudié les rouages avec esprit
critique et lucidité. C’est véritablement navrant.