Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
Sauf que la Constitution, ce n’est maintenant plus au niveau national qu’elle se décide, mais au niveau des institutions européennes, qui impose aux états de transcrire leurs lois et leurs règlements (qui ont valeur de loi, je le rappelle).
Bref, les français, espagnols, italiens, belges, etc. l’ont de toute façon dans le cul. Déjà qu’ils l’ont profond du fait que les Constitutions Nationales sont écrites par ceux qui sont au pouvoir (et sont censé la craindre), on a atteint là le degré suprême de fuckisation à sec des peuples, puisque leurs Constitutions seront imposée par la dictature européenne, même pas élue (elle le serait que ça ne changerait pas grand chose, remarquez).
Bref, un bel effet d’annonce totalement creux, une belle diversion.
Moi, ce qui me titille le plus dans cette histoire, c’est l’abominable prétention d’un candidat à la présidentielle de dire qu’en tant que Président, il changera la Constitution : une Constitution digne de ce nom, seul le peuple a le droit d’y toucher, sûrement pas un représentant, et moins encore un représentant de l’exécutif.
Encore un signe - un de plus - que la France, malgré ses prétentions, n’est en rien démocratique, mais bien une pure oligarchie - et qu’elle l’a TOUJOURS été. C’est l’apocalypse. Au vrai sens du terme.
De toute façon, si les Français décident finalement de voter Hollande en 2012 après avoir voté Sarkozy en 2007, ils auront signé l’acte final de leur connerie citoyenne cosmique. Ils n’auront alors que ce qu’ils méritent ...
Choisir un traitre pour remplacer un félon, c’est sûr, ça s’appelle l’alternance.
Si j’étais Président, ce que l’inscrirait dans la Constitution, c’est l’interdiction de toute religion !
Les religions reposent sur des mythes mensongers. Ces mythes mensongers servent avant tout à mobiliser les peuples dans un sens déterminé. Ces mobilisations divisent la société, provoque des conflits, des guerres, des massacres.
Enfin, la religion est le dévoiement le plus crapuleux de toutes les véritables démarches spirituelles, par nature et par essence personnelle et individuelle.
La religion - les religions - sont ennemis de la paix, et ennemis de la démocratie.
Je comprends ce que
vous voulez dire en parlant de « voter avec le cœur », et pourtant, je
ne suis pas du tout sûr que cela soit opportun, au contraire. Voter "avec
le cœur", cela renvois à un acte émotionnel (le cœur = l’émotion ; la tête
= la raison), et c’est précisément en jouant avec les émotions (notamment, la
peur du F.N.) que l’on arrive à imposer le « vote utile », qu’il soit
« utile » à la gauche ou la droite (cf. les 80% de Chirac face à Le
Pen).
Il serait bien plus
judicieux d’inviter les électeurs à voter avec la tête, c’est-à-dire en
connaissance de cause, donc après avoir évalué les différents programmes des
divers candidats.
Ce qui mène à un autre
problème inhérent à la gouvernance par représentants : les programmes partisans.
Lorsque l’on vote pour tel ou tel candidat, celui-ci est, dans 99% des cas,
issu d’un parti politique. Déjà, c’est le parti qui décide qui sera le
candidat, et non les électeurs. On aboutit déjà à un choix biaisé, puisqu’on en
arrive à devoir voter pour des candidats que les électeurs n’ont pas choisis
eux-mêmes. C’est le premier point.
Second travers, cette
logique de parti veux que pour parvenir à gagner une élection, il FAUT en
passer par un parti, à moins d’être soi-même immensément riche. En France, pour
des raisons culturelles, cela ne passe pas (on n’est pas encore au USA). Car
seul le parti, avec les moyens de financement dont il dispose, peut permettre
de se poser en candidat « sérieux » (lire "vainqueur
crédible") : par conséquent, le dictat du parti devient le passage obligé
de tout candidat à l’élection présidentielle (ou à n’importe quelle élection,
d’ailleurs, ceci valant pour les députés ou autres représentants).
Troisième problème, le
programme lui-même : voter pour un candidat revient à voter pour un programme.
Or, dans un programme, il est extrêmement rare que l’on soit favorable à CHAQUE
point du programme. Il est beaucoup plus probable que l’on soit en faveur de
tel ou tel point du programme (dont certains points jugés plus importants, et
cela varie évidemment d’une personne à l’autre). Il est même tout à fait
possible que tel point de programme nous déplaise grandement, tandis que tel
autre point du programme du parti adverse nous semble bien. Mais en votant pour
un candidat de parti, on n’a pas le choix : c’est tout ou rien.
De plus, quelque soit
le candidat, dans le système de gouvernement représentatif, on se retrouve face
à des personnes qui sont professionnels de la politique. Celui signifie que la
politique représente leur plan de carrière : ils doivent durer toute leur vie
dans le milieu politique. Cela conduit inévitablement à des compromissions. Et
qui est trahis par ces compromissions ? Les électeurs, inévitablement,
puisqu’en dehors des élections, il n’existe aucun contre-pouvoir. Ce qui, il ne
faut pas être grand clerc pour s’en rendre compte, est un bien maigre « contre-pouvoir »
(si tant est qu’on puisse encore parler des élections en ces termes).
Cela nous mène à nous
interroger sur la notion même de suffrage universel. Personne ne contestera que
le suffrage universel (une personne = une voix) représente un pas déterminant
dans la définition d’une démocratie véritable. Mais cette seule notion ne
suffit pas à déterminer si un régime politique est démocratique ou non : après
tout, l’URSS avait aussi adopté le suffrage universel, et le Chili de Pinochet
en faisait pareillement usage ...
La chose que l’on a
trop souvent tendance à oublier (à faire oublier), lorsque l’on parle de
démocratie et de suffrage universel, c’est CE POUR QUOI LE PEUPLE VOTE.
Vote-t-on pour des « représentants » (= programme / paquet) ? Ou
vote-t-on pour des mesures précises (= [pléonasme]démocratie directe[/pléonasme]
?
A y réfléchir de plus
près, la démocratie, ce serait plutôt l’implication directe des électeurs dans
la prise de décision sur telle ou telle mesure, point par point, bien plus que
sur des « paquets de mesures » que sont des programmes. De plus, même
en élisant programme à travers la désignation d’un « représentant »,
nous n’avons aucune garantie que le dit programme soit respecté (aucune forme
de reddition des comptes dans les structures actuelles) : dans la réalité, les
promesses électorales restent bien souvent ... de belles promesses.
En conclusion :
- le choix de la raison
demeure encore préférable - de loin - à celui des émotions (du cœur).
- le suffrage
universel n’a vertu démocratique que pour choisir des mesures, non des
individus représentant des « paquets de mesures ».
Problème : aucun
candidat n’est favorable à un changement radical du système, à savoir faire de
la France une démocratie dans le véritable sens du termes.
Dire que la Constitution n’est « qu’un outil », c’est mal connaître l’esprit de l’ouvrier-artisan.
Pour l’ouvrier-artisan, l’outil est essentiel, fondamental. Un bon outil n’a pas de prix, et c’est la raison pour laquelle, chez les compagnons du devoir, il incombe encore souvent à l’artisan-ouvrier de fabriquer lui-même son outil (ses outils), à sa mesure, à sa main, à sa manière.
Un mauvais outil donne toujours un mauvais ouvrage, quand bien même l’ouvrier est bon. L’artisan-ouvrier entretient quotidiennement ses outils. Il veille toujours à utiliser les bons outils pour les bonnes tâches. On n’utilise pas une pince pour enfoncer un clou. On n’utilise pas un couteau pour dévisser une visse. On n’utilise pas un marteau de maçon pour fabriquer une charpente.
Si, pour l’artisan-ouvrier, l’outil est primordial, alors, pour le citoyen-démocrate, la Constitution l’est tout autant : une bonne Constitution donne une bonne démocratie, mais une mauvaise Constitution, même entre les mains de bons démocrates, donnera une mauvaise démocratie.
Je rejoins donc sans hésiter l’analyse et la position d’Étienne Chouard.