Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
Mor Aucon écrit : " Cet argument de Chouard ne peut se constituer en unique vérité en ce qui
concerne le mode d’élection puisqu’il contient le même vice qu’il
prétend combattre. En effet, pourquoi devrait-on renforcer le concept de
détention du pouvoir ? Il semble urgent, au contraire, de redéfinir d’abord ce que l’on nomme pouvoir en lui redonnant un sens légitime et démocratique, c’est à dire le pouvoir d’agir pour le bien commun, et non pas celui d’exercer une autorité sur le reste de la société.«
- »Il contient le vice qu’il prétend combattre ?« > Lequel ?
- Il ne s’agit pas de »renforcer le concept de détention du pouvoir" : les faits sont évidents, le pouvoir est détenu par une caste politique, elle-même inféodée à la caste financière, qui détient, pour le coup, le véritable pouvoir, puisque le pouvoir, dans un monde régit par une économie basée sur la monnaie, c’est la création monétaire. Le fait essentiel, ici, est de comprendre que le système de gouvernement représentatif consacre l’impuissance des peuples à déterminer eux-mêmes la politique qui décide de quoi sera fait leur quotidien. Si vous ne voyez pas que vous êtes impuissant, que le fait de voter est une vaste mascarade, et que cela n’a rien à voir avec la démocratie, c’est soit que vous êtes vous-mêmes candidat au pouvoir, soit que vous refusez d’admettre une réalité qui bouleverse vos croyances.
- le fait d’attendre, indéfiniment, d’espérer la vertu des hommes politique est une espèce de carotte que l’on agite devant les peuples. En attendant ce miracle improbable, ce que la (vrai) démocratie propose, c’est d’instaurer un système politique robuste, qui protège le peuple de tous les abus de pouvoir, en regardant la réalité en face : l’homme, dans l’environnement où il évolue pour l’instant, est corruptible, et dès lors il convient de créer des institutions et un système qui protège contre cette corruption.
- lorsque le pouvoir est détenu par personne en particulier, mais que les décisions sont prises par referendum, la vertu apparait inévitablement, parce que les gens savent ce qui est bon pour eux, au quotidien.
Pour préparer l’après démocratie, faudrait déjà préparer la démocratie ...
Parce que si tu crois, Aldous (non pas toi , que nos régimes sont des démocraties, c’est que tu n’a pas encore bien ouvert les yeux en te réveillant. On ne t’en voudra pas, on a nous-mêmes eut du mal à le croire, mais, non, nos régimes, depuis plus de deux cent ans, ne sont PAS des démocraties.
L’astuce de nos maîtres a été de nous faire croire que nous étions en démocratie GRÂCE AU VOTE et au SUFFRAGE UNIVERSEL. Mais nos maîtres savaient à l’époque pertinemment que le suffrage universel N’EST PAS la démocratie. Tocqueville le dit d’ailleurs très bien : « Je ne craint pas le suffrage universel, car les gens voterons comme nous leur dirons de voter. »
Nos maître ne voulaient pas de démocratie. Et leur formidable duperie a été de faire croire à nos ancêtres - et par conséquent à nous-mêmes - que suffrage universel = démocratie, alors que c’est son stricte contraire ! Et en y repensant, c’est assez facile à démontrer (surtout si on a quelques notions d’étymologie) : « démocratie » viens de demos cratos, le « pouvoir du peuple » (d’où la définition « pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple »).
« Aristocratie » viens de aristo cratos, le « pouvoir des meilleurs » (l’élite). Or, lorsque les gens votent :
1. ils votent non pas pour un candidat de leur choix, mais un candidat qui a été choisit pour eux par un parti, et ce dans un panel de quelques partis, qui se résume en général à deux partis (UMPS).
2. parmi ce panel ridicule et pas du tout représentatif de la société dans laquelle nous vivons, les gens votent pour celui (celle) qu’ils pensent être le meilleur (le moins pire ?).
Dans tout les cas, voter signifie désigner celui qu’on considère être le meilleur « représentant ».
Donc, le suffrage universel (le droit de vote) est une tromperie qui instaure, non pas la démocratie, mais bien l’aristocratie, c’est-à-dire l’oligarchie (pouvoir d’un très petit nombre).
Le piège s’est refermé sur nous car nous appelons le problème (le système de gouvernement « représentatif ») par le nom de la solution. Donc nous sommes dans la pire confusion, puisque nous continuons de croire que voter = démocratie, et cela même si nous observons que, depuis plus de deux cents ans que nous expérimentons le vote et la représentativité, nous n’avons jamais vu les pauvres ou la classe moyenne au pouvoir, mais toujours les riches. Ce piège est, stricto sensus, celui de la novlangue de G. Orwell dans son roman 1984.
Or, dans l’Histoire, la seule période où les pauvres et la classe moyenne ont toujours eut le pouvoir, et les riches jamais, est la période de la démocratie athénienne, il y a 2500 ans. Et qu’est-ce qui différencie la démocratie athénienne de nos système fondés sur un vote « représentatif » ?
« Ne confondons pas ce qui est naturel et ce qui est habituel. »
Gandhi
Il n’y a pas de « nature » humaine, mais une corrélation (interdépendance) entre l’être humain et l’environnement (social, culturel, économique, religieux, philosophique, médiatique, ...) dans lequel il évolue. L’être humain s’adapte à son environnement et en prend les traits utiles à sa survie. Dans un environnement hostile (comme l’est notre société), il peut avoir tendance à développer la violence, la méfiance et le « chacun pour soi », mais ce n’est nullement une fatalité. Si l’on change l’environnement, nous pouvons changer la « nature » humaine.
Il n’y a donc pas de « nature » humaine, au sens où cette expression désolante est utilisé habituellement.