Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
Voyons, Pilou, je ne suis pas dans la détestation de la nation, restons raisonnable. Je suis même favorable au protectionnisme et au respect de la souveraineté, alors vous voyez ...
Ce contre quoi je suis, en revanche, ce sont les mythes nationaux, parce que toutes les nations modernes sont établies sur des mythes. ces mythes - comme le mythe de la Révolution telle qu’elle est écrite dans les manuels scolaires (notamment) - n’ont aucun rapport avec l’Histoire ni avec la réalité, mais seulement avec leur fonction, à savoir orienter et mobiliser le peuple.
Je suis favorable à une vrai démocratie, ou le peuple est (enfin) souverain (ce qu’il n’est pas et n’a encore jamais été). Je crois en la capacité du peuple, dans son ensemble, à prendre son propre sort en main et voter lui-même ses lois. Je crois qu’en responsabilisant, en éduquant et en faisant confiance au peuple, il est plus à mêmes que n’importe quelle « élite » de faire les bons choix qui nous concernent tous.
Et je crois surtout qu’un peuple constitué de citoyens autonomes (nous ne sommes qu’un peuple d’électeurs hétéronomes) refuserait de faire la guerre, sauf pour sa propre défense et sur son propre sol.
En dénonçant les drapeaux, les hymnes guerriers et les marches militaires, je dénonce les manipulations politiques les plus odieuses de ces oligarques qui nous enfument avec la fausse démocratie (et je ne vise pas François Asselineau, mais ceux qui sont effectivement au pouvoir).
Vous n’êtes pas obligé de vous mettre au niveaux des « adorateurs du gourou » et tuer ainsi votre propre intelligence en donnant dans l’argumentaire ad personam (façon ultime stratagème de la dialectique éristique, cf. Schopenhauer, L’art d’avoir toujours raison) ; vous pouvez élever le débat et émettre des argument, ou même simplement exprimer vos sentiments sur la question sans pour autant tomber dans la haine de l’autre. Tout d’abord, tous les gens qui apprécient François Asselineau ne sont certainement pas dans une démarche sectaire d’adoration, ensuite, certains peuvent apprécier certaines idées et éclairages de ce monsieur sans tout cautionner (c’est mon cas ; j’exerce mon droit d’inventaire), enfin, faire de pareilles généralisation est du niveau de l’extrémisme que vous dénoncer.
« La coutume : qui la ramène à son principe, l’anéantit. Rien de tel pour bouleverser l’État que d’ébranler les coutumes établies en sondant leur source où apparait à plein leur défaut d’autorité et de justice. L’aveuglement des sujets est la condition de base de ce que l’on appelle le bon ordre. Il ne faut surtout pas que le peuple sente la vérité de l’usurpation. Il faut la faire regarder comme raisonnable et éternelle et en cacher le commencement si on ne veut pas qu’elle prenne bientôt fin. » [PASCAL]
Cher Monsieur Asselineau,
Autant je vous suis et j’aime à vous entendre parler de la construction des institutions européennes, car vous replacez à juste titre les choses à leurs places et remettez à l’endroit un certain nombre d’idées perverties, tout en dénonçant les mythes de l’UE, autant je ne vous suis pas dans la défense de la Marseillaise, chant guerrier et nationaliste auquel - et de très loin - je préfère celui des partisans et des résistants.
L’un commence déjà, à mon goût, fort mal, qui dit « Allons ENFANTS de la patrie ... », car j’en ai assez que, toujours, le peuple soit considéré comme infantile et devant donc être dirigé par de braves parents politiques professionnels, tandis que l’autre commence par « Ami, entends-tu ... ». Je préfère être considéré comme l’ami - l’égal -, que comme l’enfant. Je suis adulte et c’est en adulte que je veux être considéré.
« Mais c’est de la poésie » me rétorquera-t-on. Mais les mots on un sens, et si l’on parle d’hymne national, un sens plus important encore. Tant la phrase qui parle du « sang impur » qui prête bel et bien à confusion et n’est de toute façon pas en phase avec les valeur humanistes d’aujourd’hui, tant le « Allons enfants » me dérange.
Vous qui dénoncez à juste titre l’impérialisme américain, vous n’êtes pas sans savoir comment on fait prononcer aux enfants américain dans les écoles un serment d’allégeance au drapeau. A des enfants ! Vous ne voudriez pas que l’on procède pareillement, avec nos enfants, en France, j’espère !
« La marche au pas cadencé détourne les pensées des hommes, elle tue l’intelligence, elle supprime la personnalité, elle est le coup de baguette magique indispensable pour accoutumer les gens à une activité mécanique, quasi rituelle, jusqu’à ce qu’elle devienne une seconde nature. » [Aldous Huxley - 1958]
Voltaire était fournisseur aux armées. A sa mort, sa fortune a été évaluée à l’équivalent de 2 milliards de francs français de 1960. Sa fortune provenait de trois sources : 1) il collectionnait les pensions de toutes sortes ; 2) il spéculait - y compris sur des objets de spéculation interdits par les lois (donc il pratiquait la spéculation illégale) ; 3) il était fournisseur aux armées et pratiquait largement la corruption (il fournissait 10.000 paires de chaussures mais il en facturait 100.000).
Voltaire était avide, vaniteux et malhonnête. Son rapport au pouvoir et à l’argent fait partie de tout ce qui est haïssable chez une personne lambda, plus encore chez un personnage public.
La rouerie et la félonie de François-Marie Arouet, dit Voltaire, va jusqu’à essayer de faire tuer Jean-Jacques Rousseau par le Petit Conseil de Genève (ville natale de Rousseau). On voit bien que cet homme était dangereux et pas du tout ouvert à la liberté d’expression (contrairement à l’image d’Épinal qui est faite de lui par les historiens malhonnêtes et manipulateurs qui ont rédigés les manuels scolaires et autres livres d’ « histoires » (et sûrement pas d’Histoire).
« Il faut d’abord s’entendre sur ce terme mis à toutes les sauces.
Aujourd’hui les gauchistes ont réussi à faire accepter ce terme comme
synonyme de capitalisme
ce qui est étymologiquement faux et permet de brouiller le débat. Le
capitalisme est l’action d’accumuler du capital, l’idéologie politique
libérale est d’accorder le maximum de liberté au maximum d’individus, on
voit que ces deux termes n’ont rien à voir entre eux. Le capitalisme
qui tend naturellement vers le monopolisme, l’étatisme et l’impérialisme
ne peut tendre qu’à restreindre les libertés et donc a être
parfaitement contradictoire d’avec le libéralisme. »
C’est à la fois vrai et faux. En fait, le capitalisme n’existait pas encore au sens ou on l’entends aujourd’hui, ni au XIXe siècle. Mais il était déjà bel et bien là, en germe, dans les idées des physiocrates du XVIIIe siècle. Et ce qui est certain c’est que bon nombre de réformes qui furent adoptées grâce à la révolution sont directement issues de la pensée des physiocrates, qui constitue le germe du capitalisme. Utiliser le terme « capitalisme » est sans doute un raccourcit, mais sur le fond, son usage n’est pas intellectuellement malhonnête, tant la filiation entre les théorie physiocratiques et capitalistes est évidente.