Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
Je développe donc la thématique (importante) de la « nature humaine » (je vais aussi revenir - pas pour vous emmerder, mais parce que cela fait partie du raisonnement - sur la monnaie > peut-être que, même si cela ne contribue pas à vous convaincre, cela vous permettra de comprendre le fil de ce raisonnement qui mène à considérer la monnaie comme une cause, et non comme un simple outil neutre).
Une des idées (fausses) les plus difficile à combattre est celle de « nature humaine ». Énormément de gens sont persuadés de l’idée que les êtres humains sont comme « imprégnés » d’une « nature » qui les pousse au mal (individualisme, compétition, méfiance mutuelle, domination, prédation, violence, etc.). C’est une idée totalement fausse, induite par les sophismes des théoriciens du capitalisme, qui ont brodé leurs théories en partie sur base d’une interprétation orientée fondée sur les intérêts d’une classe sociale dominante, des théories darwiniennes de l’évolution (cf. les théories physiocratiques du XVIIIe siècle).
Leur leitmotiv est que l’homme est un prédateur, au sommet de la hiérarchie prédatrice, que la compétition est dans sa nature et que celle-ci est le facteur essentiel, sinon unique, de sa « réussite ». C’est faux. La théorie darwinienne nous enseigne surtout que la constante de l’évolution, ce n’est pas la compétition, mais la faculté d’adaptation. Et c’est ce facteur, la faculté d’adaptation, qui est l’élément crucial à appréhender et à prendre en compte lorsque l’on cherche à cerner les comportements sociaux et à construire un système social qui prenne en compte cette donnée naturelle.
Donc, si je devais résumer en quelques points forts le fil de ce raisonnement, cela pourrait donner ceci :
1. Contrairement à une idée fort répandue, l’être humain n’est pas « mauvais par nature ».
2. L’être humain, comme toutes les formes de vie sur Terre, répond à la loi darwinienne de l’adaptation. La loi de l’adaptation est le cœur de la théorie darwinienne, et non la « loi du plus fort » (propagande sophiste de l’idéologie capitaliste).
3. S’adaptant à son environnement socioculturel, l’être humain développe le comportement utile à sa (sur)vie. L’environnement socioculturel dépend de nos croyances (opinions), donc n’est pas une fatalité.
4. Cela signifie que, dans un contexte socioculturel anxiogène, où règne la pénurie, donc la compétition et la violence, il aura tendance à développer des attitudes agressives, violentes et anxiogènes. A contrario, dans un contexte socioculturel bienveillant, ou règne l’abondance et l’entraide mutuelle, il aura tendance à développer des attitudes bienveillantes, coopératives et solidaires.
5. Par conséquent, si l’on cherche la cause des causes de tous les problèmes que rencontre notre civilisation, nous trouvons l’économie basée sur la monnaie. L’économie monétaire repose sur le postulat de la rareté, de la pénurie ; c’est une économie de rationnement : il n’y en a pas assez pour tous, il faut rationner et gérer les échanges grâce à la monnaie.
6. Dans un système d’économie monétaire, ce qui donne de la valeur aux ressources, biens et services, c’est leur relative rareté. Par conséquent, le système économique, fondé sur le profit, alimente et génère — artificiellement — la pénurie (surproduction, thésaurisation et confiscation des ressources et des biens, gaspillage, obsolescence planifiée).
7. Paradoxalement, considérant les immenses ressources de la Terre - notamment les ressources renouvelables, ainsi que les connaissances techniques et scientifiques actuelles, une autre alternative est possible et souhaitable : l’abondance pour tous (!) est possible.
8. Cette alternative se fonde, primo, sur une économie basée sur le partage et la gestion raisonnée des ressources, secundo, sur la cybernétique.
Voilà. On ne se mettra peut-être pas d’accord sur tout, mais quoi qu’il en soit, je vous remercie de vos interventions et de cet échange (et je ne dis pas cela par civilité, mais parce que c’est bel et bien par ce genre d’échange que je peux, moi aussi, progresser dans les réflexions).
Cordialement, Morpheus
PS : je suis également en phase avec Etienne Chouard
Permettez-moi de vous communiquer deux citations que j’ai notée après les avoir lues. Elles me donne de la force.
« Nous créons nous-mêmes l’enfer et le paradis. C’est nous qui perpétuons ce cercle. Notre manichéisme nous impose cet antagonisme du bien et du mal, tout comme la lumière renvoie à l’ombre, sinon elle ne serait pas lumière. Quand on a saisit ce schéma, on peut faire un autre choix : refuser l’alternative duale » (on appelle aussi cette alternative « alternative du diable »)
Et puis cette citation de Yehudi Menhuin :
« Nous sommes tous unis. Le sort de l’humanité entière dépend des relations de chacun avec les autres. Jamais nous n’avons à ce point dépendu les uns des autres. Mais nous ne le comprenons pas. L’homme échoue à devenir un être doué de compassion, il semble incapable d’entraide. Si nous persistons dans cette attitude qui exige que nous considérions notre voisin comme notre premier ennemi, à éveiller la vengeance et la haine, à polluer notre monde et nos pensées, cela veut dire que nous n’avons rien appris des grands maîtres. Et si nous ne corrigeons pas ces réflexes pavloviens, nous seront impuissants à affronter cette époque où l’humanité s’acharne encore et toujours à exploiter, à vaincre, à exercer la tyrannie. A amasser le plus possible, sans se soucier de ce qui suivra. Et à vivre aux dépens de ceux qui n’ont ni recours, ni ressources... Il faut partager avec ceux qui ne nous ressemblent pas, car leur différence nous enrichit. »
Très bonne soirée à vous aussi et merci de cet échange, Morpheus
Ne désespérez pas, les premières pierres de l’édifice sont en train de se mettre en place en ce moment même. Une cité universitaire et un centre de développent sont sur le point d’être construit, qui permettront de développer de façon pratique les applications du PV. Et ce n’est que la première étape avant le développement de villes pilotes.
Pour la diffusion des idées et des concepts au niveau d’un large public, un film grand public verra le jour dans les prochaines années (rapidement).
Et pour l’évolution des consciences, je suis optimiste, dans la mesure où je vois déjà poindre - sans que cela soit lié au PV (donc indépendamment), des initiatives comme les incroyables comestibles, qui font florès et qui traduisent un changement profond de paradigme ainsi qu’une réelle volonté de changement radical.
Si on est nombreux à le vouloir, c’est comme la vrai démocratie : cela arrivera, plus vite qu’on ne crois