Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
je ne crois pas que Étienne (Chouard) se soit décrédibilisé en acceptant de le rencontrer. C’est dans la logique d’Étienne de rencontrer qui il veut, sans se soucier du qu’en-dira-t-on et sans poser de jugement a priori sur les gens. Je suis néanmoins d’accord avec toi à propos de Laurent Louis.
On ne devrait pas céder à cette forme de pression qui vise à obliger la sélection des personnes « fréquentables » et « pas fréquentables » sous peine de « se décrédibiliser ». Cela nous emprisonne et ne nous rend aucun service, ni à nous ni à des personnalités que nous apprécions. Étienne Chouard reste Étienne Chouard, et Laurent Louis reste Laurent Louis, même après leur rencontre.
Pouvoir (et accepter de) discuter avec tout le monde, c’est une vertu démocratique si rare que nous devrions franchement y regarder à deux fois avant de la stipendier. Rencontrer une personne et parler avec elle ne signifie pas qu’on est « contaminé » par ses idées ou qu’on la soutient : juste qu’on la considère comme une personne. C’est un principe qui devrait nous animer, en particulier lorsque l’on se veut démocrate et libre d’esprit et de pensée.
Beaucoup de réactions vont dans le sens « il ose critiquer le système, alors si vous le critiquez, c’est que vous êtes pro système » ou des conneries du genre.
Désolé les gars, mais c’est un peu court. On peut critiquer le système ET le faire sans finesse, sans intelligence, sans discernement, sans réflexion, sans jugeote, sans originalité et même - et c’est le cas de Laurent Louis - sans personnalité. Vous appelez ça du courage, j’appelle cela, au mieux de la témérité. Vous appelez cela du panache, j’appelle cela de la critique de potache.
Il ose dire quelques vérités que les guignols politiques professionnels ne dirons jamais ? Oui et alors ? Il ne le fais pas parce qu’il a du courage ou du panache, mais parce qu’il n’a rien à perdre. Il a dissous son parti et il ne se représentera pas. Et quoi qu’il puisse dire, cela n’aura aucun impact, excepté celui de se ridiculiser. Raison pour laquelle les guignols politiques se foutent ouvertement de sa gueule.
D’accord, ces guignols sont des minables. Mais cela ne fait pas de Laurent Louis une lumière. Faut pas déconner. Derrière ses invectives et ses rodomontades, y a quoi ? Objectivement, un bouffon ! Il dit tout haut ce que personne n’ose (ne veut et ne peut) dire tout haut, exactement comme le faisait, au temps de la monarchie, le bouffon du roi. Sans courir de risque et sans que cela ne porte à conséquence.
Sans discernement, vous n’êtes que des imbéciles qui seront les proies faciles des démagogues. Essayez de vous hissez un poil plus haut, histoire d’avoir une meilleure vue.
Laurent Louis est peut-être sincère. Ne le connaissant pas personnellement, difficile de savoir. Mais admettons que ce soit le cas.
La sincérité étant rare en politique, ses déclarations peuvent avoir quelque chose de rafraichissant. Cela étant, son action politique est-elle cohérente ? Son analyse politique est-elle vraiment éclairée ? Ses méthodes sont-elles en adéquation avec les valeurs qu’il semble vouloir défendre ? Quelles sont ses propositions concrètes ? Quel est son projet politique ? Il y a beaucoup de question à se poser à son sujet.
Déjà, voilà un homme qui s’engage dès son adolescence en politique dans la faction libérale, capitaliste (le PRL est l’ancêtre de l’actuel MR, équivalent de l’UMP en France), puis va vers l’extrême-droite (les subtilités de la novlangue journalistique la décrivant comme la « droite extrême » dans la mesure où elle se distingue de « l’extrême droite » par un discours n’étant pas spécifiquement axé sur l’immigration), le PP, ouvertement ultra-libéral, pour ne pas dire plus.
Laurent Louis parviens d’ailleurs, par sa présence au PP, au poste de député où il siège actuellement, qu’il conserve bien entendu après avoir été éjecté du PP.
Puis, il commence à s’orienter vers un discours plus « gauchiste », ou en tout cas très anti système. C’est très bien, ce n’est pas moi qui vais le blâmer de stipendier un système que je dénonce moi-même depuis longtemps. Bon. Tout le monde peut évoluer et changer d’opinion, c’est même en général un signe de bonne santé mentale. Admettons.
Il reste certaines méthodes, pour le moins discutable.
Voulant attirer l’attention, Laurent Louis organise, avec quelques amis, une fausse agression contre sa personne, histoire de faire un buzz sur le mode « j’ai été agressé à cause de mes opinion ». Il révélera ensuite lui-même la supercherie et la justifiera sous le prétexte que « il n’y a que de cette manière que l’on peut faire parler de soi ».
Mouais...
Ce n’est pas tout. Dans le genre populiste, rien de mieux que de surfer sur la vague d’indignation populaire en rapport avec la pédophilie, et notamment le dossier bis de l’enquête Dutroux, aujourd’hui classé sans suite après plusieurs années, et portant sur les réseaux pédophiles. Laurent Louis ne trouvera rien de mieux que, d’une part, diffuser dans la presse et à la Chambre des photos sordides des cadavres des gamines victimes de Dutroux (qui sont des pièces du dossier judiciaire), sans bien entendu demander l’autorisation aux familles, et toujours dans le but de choquer et faire parler de lui. D’autre part, il va diffuser une liste absolument abracadabrantesque de soi-disant « suspects » liés a un soi-disant réseau pédophile international. Cette liste émane d’un chasseur de pédophiles hollandais, qui a rédigé cette liste sans le moindre discernement, et notamment en faisant des analogie par nom de famille. Dans cette longue liste se trouvent de tout, des personnalité de familles royales, des personnalités politiques, des notables, mais aussi des personnes lambda et des association.
Jeter ainsi des noms et des associations en pâture à l’opinion publique, sous l’accusation grave de pédophilie, sans la moindre preuve, est absolument irresponsable et scandaleux. Cela dénote une personnalité irraisonnée qui n’entrevoit pas les conséquences de ses actes. Souvenez-vous de l’affaire d’Outreau en France et des drames que ce scandale judiciaire et médiatique ont engendré...
Là je dis halte !
Alors, compte tenu de tout cela, il me semble que Mr Laurent Louis est une personnalité instable, irréfléchie, immature, irresponsable et incohérente, inexpérimentée, peut-être sincère et naïve, c’est possible, mais en tout cas peu digne de nous représenter. Dans un an, à l’issue de son mandat, il ne sera pas réélu et il disparaîtra de la scène politique (et publique).
Au delà même de l’impasse du système scientifique, il me semble que ce que vous avez expérimenté, c’est l’impasse du système de l’économie fondée sur la monnaie et le profit auquel le système scientifique est inféodé
Pour développer cela, voir mon dernier article. Je vous livre cependant un extrait de celui-ci concernant l’approche scientifique.
Extrait. Ce que dit Matthieu Ricard est pétri de bon sens, toutefois, son
observation néglige un aspect important : il juge l’impact de la science
sur nos vies et notre environnement à l’aune de la société dans
laquelle nous vivons. Or, la science n’est pas la cause de ses propres
dérives : ce sont les choix des humains d’utiliser les sciences et les
connaissances techniques et scientifiques d’une certaine façon et avec
certains objectifs qui sont en cause. Il n’est pas difficile de
comprendre que bon nombre de calamités engendrées par des technologies
modernes auraient pu être évitées dans un monde qui n’est pas gouverné
par le paradigme du profit. Considérer, dès lors, que c’est la
science qui est la cause de ces calamités est erroné. Cet aspect bien
compris, il devient facile de comprendre notre propre réaction face à la science, et comprendre que nous sommes trompé par notre propre jugement. Dans ce que dit Matthieu Ricard, il ne faut donc surtout pas négliger le passage (...) à moins que nous décidions de porter spécifiquement nos efforts en ce sens.
Ayant compris cela, et tout en restant attentif et méfiant — non pas
vis-à-vis des sciences en elles-mêmes, mais des hommes qui les
utilisent —, je peux dépasser ma première (mauvaise) impression.
J’envisage dès lors les sciences et la technologie sous un nouvel angle.
Je l’imagine dans un contexte socioculturel non plus anxiogène, ou
règne la pénurie donc la compétition, la cupidité et la violence, mais
dans un contexte socioculturel bienveillant, ou règne l’abondance et
l’entraide mutuelle, et où le profit, la cupidité et l’avidité n’ont
plus de sens. je reste méfiant vis-à-vis des scientifiques, mais ma
méfiance demeure pondérée, car je comprends que les scientifiques ne
sont pas intrinsèquement fous ou malveillants. Eux aussi
agissent en fonction de leur environnement socioculturel. Par
conséquent, l’orientation qu’ils vont donner à leurs recherches et leur
savoir est fonction de cet environnement.
Il n’est pas étonnant que des milliers de scientifiques et des
millions d’ingénieurs dans le monde contribuent à divers degrés aux
innombrables causes de catastrophes : ils sont utilisés et requis par un
système tourné vers le profit, et ils n’en sont que les petites mains.
Ils s’adaptent, comme n’importe qui, à leur environnement. Ils se
vendent, tout comme la plupart d’entre nous, à ceux qui leur offrent le
plus, qu’il s’agisse d’argent, de renommée, de statut social ou
d’opportunité de développer leurs recherches. Ils ne sont pas différents
d’un politicien, d’un fonctionnaire ou de n’importe qui.
Le point crucial, c’est donc l’environnement socioculturel, et donc,
en définitive, les croyances qui sont véhiculées (notons au passage que
croyances = opinions - du latin opinio, -onis
« croyances »). Il est difficile de faire évoluer les croyances des gens
car, comme le dit je ne sais plus qui « l’Homme est un animal
religieux » : ce qu’il recherche, par facilité, ce n’est pas la
connaissance, mais la certitude. Il veut être rassuré. Donc, les humains
ont tendance à s’accrocher à leurs croyances (opinions).