Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
En parlant des trois « hypostases » du monothéisme, ne s’agirait-ils pas plutôt de « métastases » ?
Si vous ne connaissez pas déjà, je vous recommande la lecture du livre de Messod et Roger Sabbah « Les secrets de l’Exode (l’origine égyptienne des hébreux) » où vous découvrirez l’origine la plus vraisemblable du monothéisme : le schisme entre le culte d’Amon (le « dieu multiple ») et le culte d’Aton (le « dieu unique ») imposé par Akhenaton (anciennement Aménophis IV) au XIVe siècle avant J.C., et l’exode qui fut la conséquence du rétablissent, après la mort du « pharaon hérétique », du clergé amonien.
Il se pourrait que cela aille plus loin que les égyptiens. Il me semble que les Sumériens avaient déjà établis des institutions à caractère politico-religieux, dont l’Ancien Testament a repris, en les réécrivant à sa sauce, certains mythes (notamment le mythe de l’Arche de Noé).
Selon mon analyse, ce phénomène vient avec l’avènement de la civilisation, c’est-à-dire le renversement de paradigme dans le rapport de l’homme à la nature. Nomade ou semi-nomade, l’Homme est en phase avec les rythmes naturels, dont sa vie dépends ; en se sédentarisant et en commençant à « domestiquer » la nature, l’Homme a inversé les chose et s’est mit en tête d’en devenir le maître. A mon sens, c’est de cette façon que la pensée spirituelle est devenue religieuse.
On peut voir, en tout cas, qu’avec les premières cités-états sont venu : la structure hiérarchique (pyramidale) de la société ; l’esclavage ; la guerre ; la religion sécularisée ; la monoculture (entre autres exemples).
Je dois confesser que j’ai présenté ici ma propre interprétation de l’Aïn Soph Aur. Étant syncrétiste, et en quête, comme Joseph Campbell, d’une source commune à la spiritualité humaine, je puise à diverses fontaines, dont celle du bouddhisme. J’ai trouvé que le concept de vacuité bouddhiste répondait adéquatement (selon ma sensibilité et mon degré de compréhension) à la question de « l’infini », une question que je me suis posée - sous forme de vertige existentiel, dès l’âge de sept ans. Cela étant, je ne suis pas convaincu qu’un kabbaliste « pur et dur » approuverait ce rapprochement.