Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
Merci pour cet article et son interview. Un ouvrage que je met dors et déjà dans ma liste de lectures à venir.
@ Dominique Dupagne
Je note, au début de l’interview, l’emploi que vous faites des termes « nature humaine ». J’imagine que vous devez avoir parfaitement conscience de la portée que ces termes peuvent avoir dans la compréhension du phénomène qu’ils veulent décrire ? Ces termes souvent employés depuis des décennies (des siècles ?) découlent, d’après mon analyse, de l’interprétation orientée par la doxa libérale des thèses de Darwin : l’Homme serait par nature un prédateur, au sommet de l’échelle naturelle, un dominant « par nature », et le fonctionnement naturel lui-même reposerait sur la supériorité des plus forts et des plus intelligents, qui ont vocation « naturelle » à s’imposer et à dominer « pour assurer la pérennité de l’espèce ». Une interprétation qui, on s’en doute, va également à ravir avec les religions bibliques, d’où une bonne pénétration de ces idées dans nos sociétés judéo-chrétiennes.
Il semble, selon l’article, que votre analyse dépasse ces thèses, au moins en partie. Puis-je me permettre de vous proposer une approche, sans simple, mais à mon avis pertinente, et avoir votre opinion sur celle-ci ?
Je dirais donc, pour ma part, que l’observation des phénomènes interactifs et évolutifs de l’ensemble des espèces vivantes sur cette planète - dont l’homme fait partie - se caractérise d’avantage par la notion d’adaptation. Les Hommes, comme l’ensemble des espèces vivantes (animales ou végétales), développent des facultés innées permettant de s’adapter à l’environnement afin de permettre la pérennité de son espèce. Cela fait partie de ce que l’on peut qualifier « d’instinct de l’espèce ». Les espèces qui s’adaptent à leur environnement - lui-même changeant au fil du temps - survivent et évoluent, tandis que celles qui ne parviennent pas à s’adapter disparaissent.
Sur cette base, on peut étudier plus spécifiquement le comportement humain (je préfère parler de « comportement » que d’utiliser le terme « nature », qui est fortement connoté et implique une forme de « fatalité génétique incontournable »).
L’être humain n’est ni bon ni mauvais. Il n’est pas « naturellement vertueux », pas plus qu’il n’est « naturellement porté au vice » (croyances d’ordre religieux). Un enfant en bas âge montre effectivement un penchant égoïste, mais ce n’est pas dû à sa « nature » : c’est dû au fait qu’il n’a pas encore intégré entièrement le discernement entre « ce qui est soi » et « ce qui est extérieur à soi ». Au fil du temps, l’enfant apprend que « le monde extérieur » n’est pas « lui », bien qu’il évolue dans cet environnement. Et il développe en grandissant et en évoluant des réponses à différentes expériences interactives avec son environnement.
Placé dans un environnement socioculturel hostile, inquiétant, effrayant, malveillant, où la violence (verbale, physique, psychologique) est quotidienne, la compétition, la domination, etc. sont déterminants, il est logique que l’individu développe diverses réponses modulable afin de survivre à cet environnement : il s’adapte et adopte des comportements afin de trouver sa place dans ce monde-ci.
Placé dans un environnement socioculturel bienveillant, sécurisant, épanouissant, où règne la coopération et l’entraide mutuelle, l’individu sera porté à développer, toujours pour s’adapter à son environnement, des qualités propre à s’intégrer dans ce monde-là.
Selon cette conception, on ne devrait plus parler de « nature humaine ». L’être humain ne se différencierait pas intrinsèquement des autres espèces, mais obéirait au mêmes principes. Ce qui le différencie des autres espèces résulterait donc de la façon différente dont il a conscience de lui-même (car, à leur niveau, beaucoup d’animaux ont conscience d’eux-mêmes, bien que ce ne soit pas à la façon des humains).
On peut également évacuer ce que j’appelle, en référence au film Matrix, le « sophisme de l’agent Smith ». Celui-ci tente de démontrer que les humains ne se comportent pas comme les autres mammifères de cette planète, mais plutôt comme des virus : ils s’installent quelque part, puis se multiplient, se multiplient, jusqu’à épuiser toutes les ressources, ce qui les mène à se déplacer jusqu’à un autre endroit pour survivre. Or, le sophisme de Smith résulte, ici, qu’il n’analyse le comportement humain que dans sa courte période dite « civilisée », c’est-à-dire, grosso modo, depuis la sédentarisation et la « vie dans la cité ». Ce qui serait donc en cause dans ce « dysfonctionnement » ne serait donc pas une quelconque « nature humaine », mais plutôt le produit de la civilisation elle-même !
Cette thèse est brûlante, et en choquera certainement plus d’un, convaincus que la civilisation humaine représente le summum de l’évolution. Sans jeter le bébé avec l’eau du bain, je crois qu’il y a là matière à remettre en question un certain nombre d’idées reçues. C’est en effet avec la civilisation que viennent les structures sociales très hiérarchisées et surtout inégalitaires, la transformation de l’environnement, la sélection de diverses semences (monoculture), les guerres, l’esclavage, les religions codifiées, etc.
Les derniers incidents qui ont eut lieu à Molenbeek-St-Jean (commune de Bruxelles) dernièrement montre en effet une menace réelle - et pas imaginaire comme certains le disent.
Les faits, en bref : une personne habillée tout en noir, portant un niqab et dont même les yeux ne sont pas visible (voilette de tulle noire sur les yeux) est contrôlée par la police de St-Josse. La loi en Belgique interdit le port du niqab - en outre, en dehors de la période du carnaval, la loi interdit de porter un masque qui occulte les traits du visage. La femme - en réalité, il s’agit d’une Belge noire (d’origine africaine) convertie à l’islam - refuse d’obtempérer lorsque les policiers demande qu’elle enlève son niqab afin de contrôler s’il s’agit bien de la personne qui figure sur la photo de sa carte d’identité. Elle exige que ce soit une femme policier qui la contrôle. Elle est alors emmenée au commissariat de police de Molenbeek, mais là, lorsque les femmes policiers lui demande d’enlever le niqab, elle refuse. Une des femmes veut le lui enlever et elle reçoit de la femme en niqab un violent coup de tête sur le nez. La femme est alors interpelée, suite à une altercation assez violente (plusieurs policiers et policières blessés).
Sur ce, une association de fait, charia4belgium, déjà connue de la justice, lance la rumeur que des policiers s’en sont pris à une femmes musulmane et l’on violemment battue. La rumeur se répand comme une traînée de poudre et des émeutes ont lieu à Molenbeek devant le commissariat.
zelectron, peut-être pourriez-vous écrire et poster un article pour présenter et argumenter votre propre proposition ? Ce serait une bonne façon d’amener le débat.
Si l’on parle de méthodes et de techniques de communication, il doit y avoir moyen de développer, en effet, des outils de communication qui remplissent les fonctions que l’on souhaite :
- interpeler le grand public (susciter son intérêt) - l’amener à réfléchir (par lui même !) sur les sujets - lui redonner confiance dans sa faculté de réfléchir et de décider par lui-même - élever son implication dans « la chose publique » - (liste non exhaustive)
Si l’on étudie, en revanche, la fonction des outils de « communication » (= propagande > voir Edward Bernays) utilisés par la nomenclature du prêt à penser médiatique, ce n’est pas exactement les mêmes objectifs (ce serait même plutôt l’inverse). Donc, de façon moins théorique (discussion précédente sur l’étique et les principes philosophiques qui sous tende l’action), je dirais que pragmatiquement, les méthodes de la propagande ne nous seraient pas très utiles.
A nous d’imaginer des méthodes de communication qui répondent à nos objectifs (à partir des mêmes connaissances en sciences humaines que nos « opposants » > c’est là que nous pouvons sans doute trouver un terrain d’entente entre nos différentes sensibilités).
La production allemande aussi était au beau fixe pendant la seconde guerre mondiale : accès aux ressources à peu de frais, accès à la main d’œuvre « volontaire », ...
Se vanter d’une économie florissante faite en grande partie sur l’exploitation et le génocide d’une population, voilà bien la mesure du cynisme crapuleux des fachos sionistes.
Ce que les nazis et les collabos ont fait aux juifs durant la seconde guerre mondiale ne justifiera jamais les crimes israéliens, qui tôt ou tard verront leur revers. Dans un monde de causalité, c’est inévitable. Vous vous sentez fort et intouchable et vous montrer un orgueil sans borne, mais la loi naturelle, c’est que les choses changent ...