S’il y a bien une question à se poser c’est...que foutait la CBFA ? ( Autorité de contrôle de l’état pour tout ce qui concerne banque, finance et assurance ( depuis la fusion avec l’OCA))
Comment a-t-on pu permettre à Fortis d’avaler un morceau aussi gros qu’ABN Amro sans de très bonnes garanties de liquidité et de solvabilité derrière ?
Comment Fortis a-t-il pu posséder autant d’actifs pourris sans le savoir ?
L’incompétence des dirigeants est sidérante. Leur aveuglement sur la pertinence du rachat d’ABN Amro à un tel prix, le moment de cet achat ( la crise pointait déjà le bout de son nez...)...
En fait, on peut affirmer sans trop de mal qu’ils sont encore dans la logique de la "banque à papa". La gentille petite banque qui se gère gentillement dans un marché parfait et à qui rien ne peut arriver.
Connaissaient-ils seulement l’état de leur entreprise ?
Conaissaient-ils leur incapacité à concurrencer les bandes "internet" style DB ?
Les épargnants restaient chez Fortis non pas à cause de leurs taux ( ridicules) ou de leur frais de gestion ( exhorbitant) mais simplement parce qu’ils y étaient depuis la CGER, qu’ils y ont toujours été et ne voyaient aucune raison de changer.
Ce manque de clairvoyance, d’adaption est inimaginable pour une banque de cette taille.
Je vous plussoye totalement et je vais me permettre d’ajouter quelques petites précisions pédagogiques. ( Je pense de plus en plus écrire un article sur le sujet d’ailleurs, il faut que je retrouve mon bouquin :) )
"« l’organisme de placement verse au moment du départ en retraite l’intégralité du capital épargné » par définition un produit de retraite verse des rentes pas de capital"
Très important de préciser que par défault, il s’agit d’une rente.
Qui peut se transformer en capital à la demande normalement ( même si je ne connais pas toutes les conditions générales des différents régimes)
Je trouve aussi le paragraphe sur la vente des titres particulièrement mal venu.
Quel sous-entendu y-a-t-il la dessous ?
N’est-ce pas le fonctionnement logique d’un marché financier que la vente/achat d’actions ? Que le versement de dividendes ?
Le système de capitalisation sous-entend l’existence d’un marché financier, immobilier, des matières premières...S’il existe, et dans une situation normale, il n’existera aucun problème à vendre les actifs sous-jacents au moment où le plan arrive à échéance.
Et si, par malheur, on se retrouvve dans une situation compliquée sur le plan financier, seule une petite partie des actifs sera touchée et le versement par rente permettra de différer la vente de ces actifs.
Concernant le rendement, je ne peux qu’être abasourdi comme vous de l’ignorance des auteurs de ce machin.
La capitalisation à un rendement supérieur lorsque le système de capitalisation est optimal ( c’est d’ailleurs ainsi qu’on défini quand on doit pencher vers la capitalisation ou la répartition...on regarde le rendement de chaque système et on trouve une condition d’optimalité dépendant de la démographie, du rendement des actifs sous-jacent, du taux sans risque...)
Un pur non-sens que d’affirmer que le rendement de la capitalisation est toujours inférieur à celui de la répartition.
Erreur grossière.
Concernant le risque...forcément, tout plan de pension engendre un risque vu qu’il consiste en une projection de CF dans le futur. Malheureusement, on est pas en déterministe dans le monde réel...
La répartition a aussi des risques. Le risque de démographie est le principal mais n’est pas le seul. Imaginons que le plan de retraite en répartition s’arrête à l’instant t...Que font les retraités aux temps t+1 ? Ils n’ont aucune capitalisation individuelle, rien. Terminé pour eux.
En capitalisation, le plan de pension ne suggère pas que l’entité responsable ait un temps de vie infinie. Chaque personne cotisant pour sa propre retraite ( en simplifié), elle n’est pas dépendante d’autres générations.
Si l’entreprise fait faillite et si les règles ont été respectées ( En Belgique et dans l’ensemble des pays européens, le plan de pension doit être différencié de l’entreprise. Il ne peut être comptabilisé dans les actifs. Une entité juridique distincte doit être créé qui protège la capitalisation même en cas de disparition de l’entreprise.), le plan en capitalisation n’est pas mis à mal. Ceux qui sont à la retraite recevront leur rente et les cotisations déja versées par une personne encore active l’attendront jusqu’au jour de sa retraite.
En soi, il n’y a rien de saugrenu à vouloir échanger des risques contre d’autres types de risques. D’autant plus lorsque l’optimalité d’un des systèmes est prouvé au temps t.
Pour le reste, je pense que vous ne devez même pas répondre à leurs assertions sur l’impact démographique.
Un calcul d’optimalité démontre qu’avec les paramètres démographiques européens actuels, le plan en capitalisation est optimal.
Je suis pour ma part partisan d’un système mixte où l’on fixerait la part capitalisation/répartition en fonction des éléments démographiques/financiers/...
Je ne vois pas en quoi l’un serait plus inégalitaire que l’autre...Le but des deux plans est le même. Permettre à l’épargnant de recevoir x% de son dernier salaire, de la moyenne de ses 5 derniers salaires, de ...Seule la méthode diffère.
Vraiment désespérant ce machin.
Pour les frais de gestion, au niveau de l’assurance-vie, ils n’atteignent jamais 20%. Je dois retrouver le cours donné par un assureur mais les paramètres de frais de gestion n’étaient jamais à deux chiffres.
La première étape étant simplement d’expliquer ce qu’est le système de retraite par capitalisation.
@l’auteur
La crise actuelle ne remet aucunement en question le système de retraite par capitalisation en général.
Il remet en question la gestion de risque appliqué par certains acteurs économiques.
Gestion de risque défficiente qui a engendré une crise de confiance.
Et vu que le système économique actuelle est basé en grande partie sur la confiance des différents acteurs envers leurs homologues, l’ensemble du système pête un cable. On se méfie de la banque d’à côté qui elle-même se méfie de nous.
Le transfert de liquidité devient impossible, d’où les besoins immenses des banques actuellement.
La crise se propage aux autres entités économiques vu l’interconnexion évidente des différents acteurs.
Et on se retrouve dans la mouise par simple incompétence des départements de gestion de risque.
Si les banques s’intéressaient un tant soi peu à leurs actifs, elles auraient refusé de prendre en charge de tels risques dans leur portefeuille ( ou alors dans une part très faible). Du coup la crise se serait cantonné aux acteurs à risque du crédit.
Mais lorsqu’on découvre qu’une banque comme Fortis possède énormément d’actifs risqués, ça la fout mal. Crise de confiance, crise de liquidité...ect.
Cependant, on peut constater que les banques "safes" ( Deutsche Bank, ING,...) n’ont strictement aucun problème.
Ce qui tend à démontrer que le problème n’est pas intrinsèque au concept de "banque" ou d’économie de marché mais bien plus dépendant au comportement des acteurs qui le composent.
Rien que ce petit post montre la complexité de la chose et la stupidité de vouloir associer crise et faillité du système de retraite par capitalisation.
Celui-ci est certes soumis au rendement d’actifs sous-jacents mais ceux-ci peuvent être extrêmement diversifiés, risqués ou non.
Certains systèmes vont se casser la gueule par manque de gestion de risque. Mais le concept de retraite par capitalisation, s’il est bien maîtrisé, permet de lutter efficacement contre les fluctuations démographiques vu qu’il en est indépendant.
Comme quoi, il y aurait vraiment moyen d’écrire un article sérieux sur le sujet.
Le but n’est pas de faire changer d’avis les différents intervenants.
Juste démontrer qu’un débat idéologique sur la pertinence de la capitalisation/répartition n’a pas lieu d’être.
Je pense qu’expliquer calmement les choses ne peut pas être pire que la situation actuelle sur ce fil.
Mais répondre à cet article ne consisterait pas à expliquer l’ensemble des systèmes. Juste rappeller quelques bases sur les deux systèmes et montrer qu’il n’existe aucun débat idéologique possible entre ces deux systèmes.
Pour le reste, vous pourrez renvoyer vers les différents livres sur le sujet.
Pour ma part, je renverrais le lecteur vers "Le Financement des caisses de pensions" par P. Devolder.