Mais il n’est pas question ici de la langue de « pensée » et de réflexion.
D’ailleurs, en sciences, la langue n’a que peu d’importance dans le développement et le travail de recherche.
Le support de base n’est pas la langue mais un langage scientifique précis, des normes, des mathématiques...
Tout ce genre de choses qui est compréhensible tant que l’alphabet et les conventions restent les mêmes.
Vous serez à ce propos peut-être heureux d’apprendre que les Etats-Unis et l’Europe se batte férocément pour défendre leurs normes ( ISO d’un côté et américaines (oubliés les initiales) de l’autre.)
Tout n’est pas bon à prendre chez les scientifiques de langue anglaise et la distinction est très clairement faite.
Si lobby il devait y avoir, il ferait mieux de s’attaquer à ces conflits permanents de conventions différentes entre Etats-Unis et Europe.
La langue anglaise n’est pas la langue de la réflexion mais de la communication.
Alors oui, « bien » parler anglais est difficille...Mais l’anglais se parle et se comprend facilement jusqu’à un niveau assez acceptable pour permettre une compréhension assez bonne des écrits ou des exposés oraux.
Il n’est pas nécessaire d’atteindre un niveau important en anglais pour pouvoir communiquer des travaux scientifiques.
Et je parle d’expériences.
La quasi-totalité des publications que nous devons consulter à l’université sont en anglais et la compréhension est simplissime.
La quasi-totalité des conférences sont données en anglais sans que cela ne pose de problèmes majeures.
Certains cours ont une base (syllabus, livres, transparents) en anglais mais donnés en français.
Il y a un tel mélange entre anglais et langue d’origine ( français en l’occurence) qu’il est fréquent que l’on exprime la moitié de sa phrase en termes français et l’autre en termes anglais.
Tout simplement parce que certains termes anglais spécifiques ont parfois pris l’avantage (dans la littérature, par habitude) sur les termes français correspondants.
Il n’y a pas de rivalités entre anglais et français au niveau du domaine scientifique.
On utilise l’un ou l’autre suivant la situation dans laquelle on se trouve.
« Le monde entier s’en serait aperçu ! »
Bizarrement, les étudiants étrangers qui sont arrivés en décembre à l’université préfèrent de loin recevoir les énoncés et les cours en anglais qu’en français.
D’ailleurs, la plupart des cours sont disponibles dans les deux langues uniquement pour ces étudiants-là.
Allez donc leur dire que désormais tous les cours se donnent en français...Ils iront voir ailleurs et les universités françaises reculent encore d’un cran ( si cela est encore possible) dans les classements internationnaux.
« mais à ce niveau toutes les langues le sont. »
Justement non.
« Et il serait appris en un an, sans séjours linguistiques... »
Il est en tout cas appris en 6 mois d’Erasmus si on est pas enfermé dans son kot.
Vous parlez des difficultés d’un anglais « bien parlé » avec accent, intonations and inc...Mais tout ceci n’a guère d’importance dans le domaine scientifique sinon à un niveau élevé de compétence.
Enfin soit, le département où je suis n’a pas ces problèmes de conscience linguistique et c’est tant mieux.
Pourvu que ça dure...
La quasi-totalité des publications scientifiques sont en anglais, il en est de même au niveau des études de gestion pour une grande partie.
La langue du « business » et de la technique est l’anglais.
Cela fait-il de tout ces étudiants des pions du lobby anglophile ? Non.
Il y a un fait tout simple qui justifie l’emploi de l’anglais comme mode standard de communication :
Sa FACILITE !
L’anglais est compréhensible de manière simplissime à l’écrit. Et d’autant plus lorsqu’on aborde des sujets techniques où l’écriture n’est pas romanesque ou théatral.
Il n’est pas étonnant que les Wallons ( le chtit bout de terre au dessus de la France) préfère l’anglais comme deuxième langue à tout autre langue comme le Neerlandais par exemple.
Alors, venir nous dire « C’est encore un coup de l’Europe et des méchants lobbys qui veulent assassiner le français... », c’est risible.
Une telle attitude ne peut qu’entraîner une baisse de niveau d’universités si elle refuse de s’ouvrir à ce qui est, et sera encore pour longtemps, LA langue de communication professionnelle et technique.
Il est peut-être difficille aux français d’admettre que leur langue n’est pas aussi accessible que l’anglais, il est plus facile de faire croire à un méchant lobby ( pas gentil du tout le lobby) qui pousserait à imposer cette langue (l’anglais) alors qu’elle ne serait pas du tout adaptée, ect ect...
On peut très bien concilier la pratique de l’anglais et la défense de sa langue maternelle. Défense objective et tenant compte des aptitudes de chaque langue à être comprises rapidement par un étudiant étranger.
Vraiment, cet article a un relent assez « archaïque » des pauvres petits français martyrisés par le méchant nanglais.
Lorsqu’on voit les difficultés en Belgique pour « forcer » les Wallons à apprendre le Neerlandais et les Flamands à apprendre le Français, on aurait mieux fait de directement passer à l’anglais pour les discussion inter-communautés.
L’entrée dans le système économique de façon totale en instaurant la rétribution de ceux qui participent à la confection du produit ne peut se faire qu’en gardant à l’esprit le produit que l’on propose.
Et en l’occurence, il ne s’agit pas de ballons de foot ou de chocolats.
Je pense même qu’il ne s’agit pas d’articles de presse ou de reportage d’envoyés spéciaux sur le terrain au Liban.
Il s’agit de participation citoyenne à des événements, des sujets qui concernent ( ou devraient concerner) la société.
On décide de participer à Agoravox pour faire connaitre son point de vue, son expérience, ses recherches dans le cadre de son travail, le monde qui nous entoure, ect ect...
Et ceci s’arrête souvent à notre propre expérience, à une recherche de documents et bien plus rarement à une recherche sur le terrain. ( Même si cela arrive dans certains articles, cependant souvent lié soit avec un engagement bénévole/militant soit avec le travail de l’auteur.)
Participer à Agoravox n’est pas un « métier ».
Participer à Agoravox n’est pas pénible, obligatoire à la survie, nécessaire pour manger le soir ou autres.
Participer à Agoravox est un acte volontaire, bénévole.
Vouloir le ramener sur des concepts économiques ne pourraient que réduire son influence du nombre.
En faisant de certaines personnes une « caste » rétribuée de rédacteurs, l’exacerbation des clivages qui s’en suivrait « Meuh, pourquoi il est payé et pas moi ? Je commente moi ! » « Son article était pourri, et il est payé quand même ? »
Je n’ose imaginer, et je ne veux pas l’imaginer, que des débats d’argents remplacent le débat d’idée.
Il y a dans les pays francophones des centaines de personnes prêtes à rédiger un ou plusieurs articles par mois/par semaines sans demander aucune contrepartie sinon le respect de l’auteur et de son écrit.
Aussi, il serait inopportun ( et à mon humble avis, dangereux) d’instaurer un système de rétribution qui n’est nullement nécessaire comme incitatif ou comme reconnaissance des talents des différents auteurs.
Nous ne sommes pas là pour cela.
Quant à la rétribution d’OhMyNews, elle ne signifie en rien qu’il s’agit d’une « bonne » chose qui devrait être étendue aux autres médias citoyens.
Introduire le loup économique dans la bergerie de la citoyenneté ne pourra qu’aiguiser les appétits et les conflits.
Avec une contre-partie dérisoire vu la facilité actuelle à trouver des articles pertinents et la NON-demande d’une grande partie des rédacteurs vis-à-vis de cette rétribution.
Ho et puis zut, de toute façon, DW a dit, DW a raison.
« La rétribution est une garantie d’indépendance de tous les éléments de la chaîne »
On ne peut qu’être ébahi devant un tel diagnostique.
La rétribution des rédacteurs entraîneraient des problèmes pratiques considérables dans un premier temps :
- Rétribution par article ? par commentaires ? par heures passées sur Agoravox ?
- Période de probation avant d’accéder au statut de rédacteur retribué ?
- Seuil minimal de « participation » pour pouvoir être rétribué ?
- ...
Ensuite, il s’agirait d’un problème de fond.
Pour un média citoyen, serait-il normal d’accorder un statut « spécial » et donc rétribué à une catégorie des internautes sous le prétexte qu’ils participeraient plus à ce média ? Rien que les critères de « participation » sont flous.
Ainsi, on peut estimer qu’une personne ne faisant que commenter mais le faisant tous les jours et sur base de documents ( ou d’expériences personnelles) joue un plus grand rôle qu’un rédacteur qui ne suit même pas le débat provoqué par son article.
En rétribuant les rédacteurs, on sortirait du cadre de la libre participation et du concept même de média citoyen qui fait appel à ce concept désormais bien malmené de citoyenneté.
On rédige sur Agoravox pour faire connaître un sujet de société, pour ouvrir des portes, pour débattre...
Avec la rétribution viendrait immanquablement le désir de profit et la recherche de ce dit-profit. Les dérives seraient nombreux et incroyablement compliquées du point de vue juridique.
Car la rétribution entraînerait des droits et des devoirs d’Agoravox envers ses « employés » et des employés envers Agoravox. On assisterait alors immanquablement à des contentieux dans des cas de refus d’articles, de retrait de commentaires, ect ect...
Quant au gage d’indépendance, on ne peut que sourire en voyant comment l’indépendance du Figaro, de Libération, du Monde est soumis à la rétribution de groupes financiers proches des sphères politiques.
On peut par contre remarquer que des journaux ayant un mode de rétribution bien moins dépendant de la publicité et de ses actionnaires s’en sortent mieux.
A l’heure où certains voyent en Agoravox un média pro-modem, on ne tarderait pas à le considérer définitivement comme tel s’il se mettait à « s’organiser », à fonder une société « Agoravox » dont le but, au delà de l’information, serait de générer du profit pour payer ses rédacteurs.
En entrant ainsi dans le système économique d’une manière totale, Agoravox se heurterait à des contraintes de formes et de fond insurmontables.
Tout cela pour profiter à une minorité dont les critères de sélection serait forcément subjectif et loin des critères appliqués au monde du travail.