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  • Premier article le 16/04/2009
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Derniers commentaires



  • Naja Naja 29 janvier 2009 12:16

    Bonjour,

    Je me suis aussi penchée sur le rapport de l’OND après avoir lu les déclarations de M. Alliot Marie et N. Sarkozy sur le recul de la délinquance. Je me permets de compléter votre article des quelques réflexions que je me suis faite à ce sujet.

    Le rapport distingue 3 grands types d’infractions : atteintes aux biens, atteintes aux personnes et escroqueries. Dans la deuxième catégorie, on trouve les atteintes crapuleuses (dont le mobile est le vol) et toutes les autres.
    Le recul annoncé est essentiellement dû à une diminution des atteintes aux biens, et une baisse des violences crapuleuses. Et globalement, les violences (déclarées) aux personnes ont augmenté.

    MAM commente : "Les violences crapuleuses, c’est-à-dire majoritairement les vols avec violences, ont connu une baisse de 6 000 faits par rapport à l’année précédente. Si les violences aux personnes ont augmenté en 2008, malgré la baisse des violences crapuleuses, c’est majoritairement le fait de la hausse des violences intrafamiliales, ou tout au moins de la hausse de leur déclaration aux services de police et de gendarmerie."
    www.interieur.gouv.fr/sections/a_l_interieur/le_ministre/interventions /presentation-chiffres-delinquance/

    La précision "tout au moins la hausse de leur déclaration aux services de police et de gendarmerie" semble indiquer que la ministre est consciente du fait que ces chiffres ne sont que la partie emergée de l’iceberg... ce que les rares études menées sur le sujet confirment. 
    Voir les chiffres de l’ODAS sur l’enfance en danger, les résultats de l’enquêtes de l’INED sur la violence sexuelle - vous aviez écrit un article à ce sujet - et hier la publication d’un sondage IPSOS sur la prévalence de l’inceste dans la population. Tous ces chiffres, bien que partiels, indiquent qu’a minima une personne sur dix a fait l’objet de violences criminelles et/ou délictueuses dans son environnement proche (famille, entourage), majoritairement des enfants.

    Mais cette réalité n’empêche pas la ministre de déclarer que : "En 2008, la délinquance de proximité, celle qui touche le plus nos concitoyens, a nettement reculé. Par rapport à 2007, ce sont 103 000 victimes qui ont été épargnées."
    Le président renchérit : "La délinquance générale a baissé de près de 1% en 2008, la délinquance de proximité de 6% Depuis 2002, plus de 1,5 million de crimes et délits ont été évités"
    Source : http://www.franceinfo.fr/spip.php?article237802&theme=9&sous_theme=11

    Intéressant ! Et qu’est-ce donc que cette "délinquance de proximité" ? Le rapport de l’OND ne la définit pas.
    Si l’on se base sur les chiffres avancés par les politiques, on peut supposer que pour MAM le terme renverrait aux atteintes aux biens auxquelles elle ajoute les violences crapuleuses (et encore, on ne retombe pas sur le chiffre des 103 000 victimes), et que pour Sarkozy, il recouvrirait les violences crapuleuses seulement.
    L’absence de définition indique qu’il s’agit plutôt d’un concept assez creux sur lequel chacun est libre de plaquer ses peurs les plus diverses... et souvent, les plus fantasmogariques. Ce n’est pas une surprise pour quiconque perçoit la portée des discours sur la peur et l’insécurité.
    Je déplore en outre une bonne dose de cynisme dans le fait de se féliciter si généreusement du recul de cette "délinquance de proximité"... quand on sait que la première forme de violence qui touche la population se perpètre au sein des familles et que la proportion de victimes est effarante.
    Un mari qui bat sa femme, un patron qui harcèle sa secrétaire, un père qui viole ses enfants, un frère qui agresse sa soeur, une mère qui néglige son fils, une tante qui torture sa nièce, ce n’est pas de la délinquance de proximité ! Un proche ne fait donc pas partie de la proximité. La proximité, c’est la "racaille"... c’est à dire un jeune noir ou arabe de préférence, en situation irrégulière si possible ?
    Berk.



  • Naja Naja 19 janvier 2009 12:12

    Vous écrivez un article pour discuter la place que la justice doit accorder aux victimes. Votre position est claire  : aucune.
    Et en conclusion du débat, vous commentez cela d’un " Il n’y a pas de places que pour elles. "

    Dans votre texte initial, vous vous êtes attaqué à chaque moment de la procédure où La Victime intervient. Vous lui prêtez alors une attitude que vous tournez en dérision. Vous accusez ensuite cette prétendue posture de conférer à La Victime un pouvoir susceptible de corrompre la justice. En conséquence de quoi, vous prônez l’exclusion totale de La Victime.
    Vous suggérez ainsi de départir les personnes justiciables (dont moi) de l’ensemble de leurs droits dans la procédure pénale relative aux crimes ou délits commis (ou allégués) sur leur personne. Jusqu’à nier le fait qu’ils existent en tant qu’être humain, ce qui revient soit à nier leur humanité, soit la réalité du préjudice, soit les deux.
    Ce faisant, vous les (nous) avez aussi insulté en vous obstinant à prendre pour réalité les comportements tour à tour indignes, pathétiques, totalitaires et auto-destructeurs que vous prêtez à votre figure imaginaire de La Victime.
    Et vous concluez  : "Je ne pense pas parler contre la victime".
    C’est beau !

    Etes-vous plutôt stupide ou de mauvaise foi ?

    La question que je me pose est la suivante  : A quel moment avez vous-réalisé (si tant est que ce soit arrivé) qu’en déblatérant sur La Victime, vous vous en référiez à des personnes physiques réelles ?

    Pour vous, dénoncer des infractions au pénal, c’est un jeu de La Victime. Organiser une confrontation, c’est faire un simulacre de procès où La Victime sera à la fois juge et partie dans la mise en accusation de son bourreau. Et La Victime qui témoigne à l’audience des crimes jugés se donne en spectacle impudiquement.
    A ce point, vous devriez réfléchir aussi à l’exclusion des accusés, la suppression des cours d’assises (fichus jurés aveuglés par La Victime), et le remplacement des magistrats par des ordinateurs.
    Vous vous rapprocheriez d’autant de votre idéal de la justice déshumanisée.

    Une dernière chose  : ce n’est pas La Victime qui tombe malgré elle dans le piège médiatique, c’est vous. En refusant de vous apercevoir que la personne victime ne s’y exprime pas et que vous l’identifiez tout seul à votre mythe.




  • Naja Naja 18 janvier 2009 11:26

    @ L’auteur,

    « Beaucoup de victimes sont devenues des acteurs médiatiques de leurs propres drames pour finalement occuper une place dans la société que le seule la catastrophe justifie, alors qu’avant elles étaient ordinaires ou sans mérites particuliers ».
    Je vous ai demandé de citer des exemples concrets de ce type d’individus gonflés par la notoriété et vous n’en avez aucun. Tout juste vous en referrez-vous à un troupeau de misérables indistincts, dont vous avez tout oublié en dehors de la façon dont les médias ont présenté les faits dont ils ont été victimes (ou plutôt de ce que cela vous a inspiré). Ainsi que les participants du téléthon.
    Va pour le téléthon alors. Pensez-vous sérieusement que les malades sont hissés au rang de héros adulés et intouchables qui abuseraient du pouvoir que vous attribuez à l’icône de la victime sacrée... par la médiatisation d’une collecte de don annuelle que personne n’est tenu de regarder ? Qui plus est, vous parliez jusque là des "victimes sur la scène pénale", ce qui exclut le téléthon.

    La seule victime à qui vous êtes en mesure d’attribuer un nom, des propos et une position qui fut médiatisée est un contre exemple de ce que vous étiez censé illustrer... c’est dire combien votre image de victime idolâtrée est désincarnée !
    Ce qui est assez stupéfiant dans les discours comme le votre, c’est que ceux qui les tiennent semblent toucher du doigt le fait qu’ils parlent du pouvoir d’un symbole que personne n’incarne dans la réalité... mais que cela ne les empêche pas d’identifier l’ensemble des personnes victimes à l’icône en question sans se demander qui l’utilise en réalité.

    « Concernant les médias, parce qu’elles se succèdent, les actualités se concurrencent et ce qui nous bouleversait se dégrade en anecdotes. On banalise la représentation de l’épouvante. L’exhibition de l’effroi favorise une de nos pulsions : le voyeurisme. Il y a au bout de ces vues insoutenables de mutilations une apathie qui renaît. L’enfer devient à son tour monotone. [...]
    Les médias sont donc les porteurs d’une morale héroïque et nous assomment d’une culpabilité aussi écrasante qu’abstraite : nous manquerons toujours à la solidarité qui nous lie à notre prochain. Notre époque est douce face aux misérables : on les élève sur un piédestal sans cesse, on rappelle le scandale de leur détresse. Dès lors, tout ce qui est souffrance demande à ce qu’on la combatte. Les stars n’hésitent pas à se montrer serviables, elles rêvent de devenir des saintes. Cette « plus-value » du cœur semble un atout artistique. Elles suscitent sympathie car elles militent en faveur des déshérités. »
    Vous est-il déjà venu à l’esprit de vous demander qui s’exprimait dans ces médias que vous évoquez ?
    Si vous le faites, vous vous apercevrez que ce sont très rarement les victimes qui s’y expriment pour parler de leur souffrance. Mais d’autres personnes qui parlent à leur place et s’octroieent ainsi le droit d’utiliser la souffrance d’autrui à leurs propres fins.
    Ce qui donne tant de puissance à cette figure de la "victime au sommet de la gloire sacrée" (dont vous illustrez l’inconsistance avec brio), c’est bien que les victimes réelles n’y participent pas.
    Rien n’est plus simple que d’attaquer une personne qui userait de sa propre souffrance pour se rendre célèbre, manipuler autrui ou l’opinion publique et en tirer un profit indû. En le faisant, elle exposerait la partie la plus blessée d’elle-même ce qui la placerait de fait dans une position de fragilité et de doutes. Il suffira de nier la réalité de sa souffrance, la tourner en ridicule et lui dire qu’elle étale impudiquement ses plaies nauséabondes en plublic (comme vous savez si bien faire) pour la faire taire. C’est d’autant plus facile et efficace que sa souffrance est profonde et sa plaie vous parait repoussante. Et contrairement à ce que vous affirmez en théorie, croyez bien que nombreux sont les gens qui n’hésitent pas à insulter les victimes et leur adresser mépris et condescendance pour les réduire au silence ! A commencer par vous.
    Il est beaucoup plus difficile de critiquer quelqu’un qui se réfugie derrière la souffrance d’un autre et prétend oeuvrer à sa défense.

    Plus haut vous m’accusez d’utiliser ma souffrance pour me donner tous les droits et interdire la critique. Vous proférez là une accusation infondée et a priroi proférée a priori et infondée (vous, l’impartial. épris de justice..), puisque je n’en ai pas parlé de ma souffrance et n’ai même pas mentionné de quoi j’avais été victime.
    Mais c’est à peu près à cette instrumentalisation de la douleur que se livrent les politiciens quand ils prononcent leur discours de la peur puis justifient leurs mesures ou intentions sécuritaires au nom de la souffrance des victimes. C’est aussi ce que font tous les partisans de la peine de mort ou autres positions extrémiste. Et dans les deux cas, il n’est nullement question de l’intérêt des victimes. Il ne suffit pas de se proclamer porte parole pour l’être, ni de parler au nom de la souffrance d’un autre pour défendre et respecter ce dernier.

    Ce que vous nommez "sacralisation des victimes" renvoie en réalité à l’instrumentalisation de la souffrance - réelle ou supposée - de celles-ci par d’autres.
    Mais au lieu de vous en prendre aux personnes responsables de cette honteuse manipulation, vous persistez à reprocher aux victimes d’être ainsi utilisées. Sauf que leur participation à la manoeuvre s’arrête en réalité au simple fait d’exister en tant que victime, c’est à dire d’être des personnes en position de porter plainte pour des crimes ou des délits commis sur leur personne. Qu’à cela ne tienne ! C’est à cette existence humaine des victimes que vous vous attaquez.

    Pour le bien commum, vous jugez nécessaire qu’aucune de nous ne manifeste ailleurs que dans la sphère du privé son humanité si malséante. Mais comme vous confondez le privé et l’intime, il en résulte que nous devons toutes cacher ce que vous avons vécu en dehors du cercle de nos intimes.
    Une victime qui témoigne à l’audience d’un procès est pour vous quelqu’un qui "expose son intimité au public". Et si vous nous laissez quand même gracieusement la liberté de porter plainte, vous estimez préférable que personne ne nous voit, entende ou parle durant la procédure afin de ne pas risquer de voir l’impartialité des magistrats ou jurés altérée par la vision de la puanteur de nos plaies.
    Sur ce, vous n’oubliez pas d’ajouter que c’est dans bien sur dans notre intérêt que vous prônez une exclusion si radicale. (Vous pensez sérieusement être crédible dans votre bien pensance alors que vous insultez globablement toutes les victimes par ailleurs ?) Peu importe, pour vous "le procès infecte [nos] plaies dans la réalité de leur chair" (alors qu’en réalité c’est l’inverse... mais vous en vous foutez bien.) et "L’univers juridique se transforme en une foire où les avocats racolent leurs clients, le persuadent de son malheur" (ce qui suppose que notre malheur n’existe pas en l’asbsence de racolage d’avocat). Ce serait vraiment trop farfelu de supposer dans vos préjugés que les attentes des victimes puissent être relatives à leur intérêt plutôt qu’à leur destruction ?

    En bref, vous prônez une "saine" interdiction de notre expression et exclusion de notre participation à la vie collective.... que vous prononcez au nom de la justice et de l’égalité. Rien moins.
    Et pour toute justification à votre délire, vous vous en referrez au procès d’intentions que vous faites aux victimes sur la base de positions, ressentis et attentes que leur prêtez en vous identifiant à elles. Et à aucun moment bien sûr, vous ne vous interrogez sur la légitimité que vous pouvez bien avoir à parler au nom de personnes dont directement, vous ne savez rien. Cela ne vous effleure même pas. Pas étonnant que vous soyiez incapable de remarquer que ce ne sont pas les victimes qui s’expriment dans les médias !

    Si il vous est encore possible de marquer une petite pause dans votre développement totalitaire, pourquoi ne pas plutôt vous demander comment fonctionne cette intrumentalisation de notre souffrance qui s’opèrent en réalité dans notre silence ?
    Ce serait sans doute beaucoup moins rigolo pour vous que de jongler avec des néologismes creux qui reviennent à nier les victimes dans leur humanité, parler à leur place et les insulter. Mais au moins, vous analyseriez un phénomène réel et non l’illusion que vous en formez à partir de faux-semblants politiques et de ce que vous vous imaginez tout seul en regardant la télé.



  • Naja Naja 17 janvier 2009 11:02

    " Je parle de la victime en général, pas que dans la justice. Je stigmatise effectivement ces gens qui racontent leurs déboires privés et qui en tirent profit par le seul fait de se montrer dans les médias et de jouer avec eux. D’ailleurs c’est l’introduction, c’est la victimisation en général. "

    Intéressant.

    Et ces gens là, vous en connaissez ? Combien ? De quoi sont-ils victimes ?
    Comment racontent-ils leur déboires privé et de quelles façons en tirent-ils profit ?

    Dans les médias vous dites. Pouvez-vous citer des interventions de victimes dans les médias et nous expliquer comment elles s’y prennent pour tirer profit de leur apparition ? En quoi ce profit consiste-t-il ? 

    Peut-être qu’en tentant de répondre à ces questions vous commencerez à toucher du doigt la vacuité de votre propos...



  • Naja Naja 16 janvier 2009 14:16

    Bonjour,

    Merci pour vos réponses.

    Au sujet du premier commentaire, j’ai une nouvelle question. 
    Pourriez-vous m’indiquer précisément ce que vous entendez par victimisation ?

    En France, ce vocable est un genre de fourre tout que beaucoup de gens emploient pour dire que les victimes "se complaisent dans leur malheur", "se vautrent dans la souffrance" et "refusent de sortir la tête de l’eau" etc.... supposément parce qu’elles trouveraient un intérêt à "s’enfermer dans leur statut de victime". Elles en profiteraient pour être indument assistées ou glorifiées et manipuler ainsi leur entourage, voire la société dans son ensemble.
    Ce n’est qu’une des nombreuses façons que nous avons ici de dire aux victimes de la fermer et de se renier soi-même pour ne pas incommoder l’autre.
    Voici un article que j’ai trouvé très instructif à ce sujet  : www.monde-diplomatique.fr/2007/09/CHOLLET/15078

    Il me semble évident que ce n’est pas dans ce sens là que vous l’employez.
    Sur un forum d’échange entre victimes auquel je participe, nous avons dernièrement débattu de cette question. Il paraîtrait qu’à l’origine le mot "victimisation" avait un sens précis en psychologie et/ou sociologie... avant d’être repris comme instrument de jugements accusatoires et dégradants. Mais aucun d’entre nous n’a trouvé de quoi il s’agissait.
    C’est pourquoi je serais vivement intéressée de savoir comment vous le comprenez, si vous avez le temps de repasser.
    Je fais aussi ce commentaire pour indiquer les possibles malentendus auxquels vous vous exposez par l’emploi de ce terme.

    Pour ce qui est de ma question sur l’illustration, j’apprécie la franchise et simplicité de votre réponse. 
    " La photo peut laisser sous-entendre que la fille attire les garçons et qu’elle a sa part de responsabilité, ce qui est contraire à ma pensée. "
    En effet, merci pour la précision donc.
    Sur le moment, je me suis aussi demandée si vous l’aviez mise en tant qu’illustration de la façon dont un agresseur sexuel voit sa victime (oui... un peu tiré par les cheveux, lol) : un objet sexuel (on ne voit qu’une partie de son corps), une petite salope provoquante (mini jupe). En cela, l’image me paraît assez réaliste...

    Cordialement,
    Naja

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