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  • Premier article le 16/04/2009
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  • Naja Naja 15 janvier 2009 00:20

    @ l’auteur,

    Je suis d’accord pour dire que les rétractations de Virginie Madeira et le fait qu’elle ait écrit un livre pour expliquer qu’elle a menti méritent largement que la justice se penche sur cette nouvelle information, et sérieusement. L’ennui est que l’on ne sait pas précisément ce qui a été examiné à ce sujet, eu égard aux judicieuses que Pigripi soulève plus haut, notamment.
    Vous pensez que ces déclarations justifient une ré-ouverture de l’affaire. C’est un point de vue qui se défend. Mais il est contradictoire avec le fait d’affirmer à l’avance que dans tous les cas, elles suffisent à innocenter M. Madeira. Car il vous faudrait alors prôner la libération de ce monsieur séance tenante.

    Quoi qu’il en soit, il est regrettable que votre position au sujet de ces affaires vous amène à véhiculer des idées reçues et asséner des contre-vérités au sujet de l’inceste et du viol. 
    J’en ai déjà souligné certaines précédemment. En voici une autre  :
    Vous affirmez que "Le rappel de la définition du viol, des circonstances atténuantes et des condamnations ne change pas le fait que c’est la prétendue victime qui connaît parfaitement l’histoire vécue".
    Dans le contexte de cet échange, cela revient à dire qu’une victime connaît parfaitement le détail de son histoire, ce qui est totalement faux. Une victime d’inceste ayant subi des sévices répétés sur des années, depuis l’enfance, n’aura jamais le souvenir précis et complet des faits. Ce ne sont pas des évènements que l’on mémorise comme les autres. Question de survie. Sur le moment, et après.
    Ainsi, elle peut tout à fait se tromper, se contredire et se montrer incohérente quant au récit des actes et à leur chronologie. Les certitudes sont ailleurs que dans la qualité des souvenirs factuels.

    Vous écrivez ensuite :
    " Car la crédibilité ne fonctionne que dans le sens de l’accusation et vous aurez approuvé ce principe de justice."
    C’est faux. Renseignez-vous auprès de victimes de viols qui portent plainte et vous verrez bien ce qu’il en est.
    Le premier souci de l’enquêteur est en général de se faire une idée sur la crédibilité de la personne qui se déclare victime. Cette dernière est ensuite soumise à des expertises psychologiques, puis psychiatriques. J’ai lu plusieurs témoignages où l’affaire avait été classée sur la base d’expertises bâclées de la plaignante, sans même que l’accusé ait été expertisé de son côté.

    Enfin :
    Perrmettez moi encore de vous dire que chacun de nous peut-être confronté à la dénonciation mensongère d’un enfant. Si un jour cela vous arrive, car cela peut arriver à tout le monde, alors songez bien dès à présent que la condamnation injuste que vous subirez sera irréversible même si l’enfant pris de remord par la suite vous déclare innocent
    Permettez-moi de vous dire que chacun de nous peut-être confronté aux révélations d’un enfant abusé. Compte tenu de la statistique, il est même certain que vous en connaissiez au moins un dans votre entourage, probablement plusieurs. Comme tout le monde. Alors songez bien dès à présent aux conséquences pour l’enfant du refus de le croire. Les conséquences sont là aussi irréversibles.
    Face à un enfant qui dit subir des violences sexuelles, il convient de ne pas avoir d’a priori afin de pouvoir l’entendre et chercher à en savoir plus. Dans tous les cas, il a besoin d’écoute et de soutien. Et comme le fait très justement Pigripi plus haut, chercher à comprendre ce qu’il se passe pour lui est le plus sûr moyen de ne pas commettre d’erreur irréparable, dans un sens comme dans l’autre. Car si l’enfant ment effectivement, il ira répéter ailleurs son mensonge si personne n’écoute ce qu’il à dire derrière. En revanche si il dit la vérité et qu’il est ignoré ou traité de menteur, il en concluera que sa parole est vaine, que personne n’est diposé à lui venir en aide et les abus de perpétueront.

    Soit dit en passant, les révélations fondées sont nettement plus fréquentes que les fausses allégations dans ce domaine.




  • Naja Naja 14 janvier 2009 18:47

    Bonjour,

    Nul doute qu’être accusé puis condamné à tort est un drame terrible. Encore plus injuste est le fait de ne pas être innocenté si il existe des preuves suffisantes d’erreur judiciaire.

    Les propos qui suivent ne constituent pas un point de vue sur ces affaires. Ils visent seulement à rectifier une contre vérités d’ordre générale, suggérée par certaines déclarations relative l’affaire Madeira et reprises dans votre article. 

    Le viol ne se limite à des pénétrations vaginales entraînant la défloration de la victime si elle était vierge et/ou des lésions traumatiques. Il y a aussi :

    - La fellation

    - La sodomie

    - La pénétration, vaginale ou anale, avec doigts ou objets. Et celle-ci peut ne laisser aucune sorte d’indices.

    De sorte que la virginité d’une personne ou son absence de lésions traumatiques ne saurait constituer la preuve qu’elle n’a pas été violée. Dans le premier cas, c’est la preuve qu’elle n’a pas été déflorée. Dans le second, c’est la preuve qu’elle n’a pas subi de viols entraînant des lésions durables.

    Par ailleurs, vous dites :
    " Pour Loïc Sécher, le refus de remise en liberté a été fondé sur le fait qu’ « il y avait, en l’état, d’autres éléments confortant les accusations d’origine, la lettre de rétractation n’étant pas seule de nature à justifier la suspension de l’exécution de la peine"  ! Or, la condamnation de Loïc Sécher était basée sur les seules déclarations de la jeune fille. Il n’y avait pas eu d’analyse ADN et de confrontation ! "
    Je comprends bien le sens de votre propos, toutefois la mention à l’absence d’analyse ADN donne à penser qu’un tel examen est classique et pertinent en cas d’accusation de viol. Or il n’en est rien.

    Dans le doute, je crois utile de faire le rappel suivant :
    Les analyses ADN servent ici à détecter d’éventuelles traces de sperme et à comparer l’ADN trouvé à celui du ou des suspects. Déjà, comme rappelé plus haut, le viol ne se limite au coït. Mais dans ce cas là, les traces de sperme disparaissent dès que la victime prend une douche.
    Ces analyses ne sont donc pertinentes qu’en cas d’allégation de ce type et si elles ont été menées juste après la supposée agression. Dans les faits, celles-ci sont réalisées à la demande d’une victime qui se rendrait à l’hôpital juste après un viol, ce qui n’arrive pour ainsi dire jamais. En cas de flagrance. Ou encore (comme on voit dans les films) sur une victime retrouvée morte.

    Désolée pour cette plongée dans le détail cru, mais il faut en passer par là pour rectifier certaines erreurs quant à la pertinence de l’absence de preuves matérielles.

    Pour ce qui est de l’innocence ou la culpabilité de M. Madeira et Secher, l’analyse des rétractations des plaignantes et de leur contexte est bien plus riche d’enseignement.

    Cordialement,
    Naja



  • Naja Naja 13 janvier 2009 21:55

    PS : je serais curieuse de savoir ce qui motive le choix de l’illustration de votre article.



  • Naja Naja 13 janvier 2009 21:38

    Bonsoir,

    Merci pour cet article qui aborde une réalité en effet méconnue (mais ne peut-on pas en dire autant de tous les sujets touchant à la violence sexuelle ?).

    Cependant, il est faux de dire que tous les jeunes agresseurs "commencent avec des petits larcins, des vols à l’étalage et après ils commettent d’autres délits, plus graves." Il en est qui ne sont pas délinquants par ailleurs et ne correspondent pas au portrait du marginal que vous en dressez. Pour ma part, j’incline à penser que ces derniers auront le plus souvent grandi dans des familles où la violence sexuelle, la maltraitance et/ou le mépris de l’autre était la norme. Et cela n’implique pas nécessairement d’être ce que l’on désigne communément par "jeune en difficulté", les apparences sont parfois trompeuses à cet égard.

    Par ailleurs, vous présentez le sujet sous l’angle des agresseurs uniquement. Je me permets donc de compléter en évoquant brièvement l’autre point de vue, à savoir celui de la victime d’un jeune agresseur.
    Si la gravité de la violence sexuelle est minimisée de manière générale, j’ai remarqué que cela était d’autant plus vrai que l’agresseur était jeune, ou très jeune. J’ai très souvent entendu et lu des propos allant en ce sens. Exemples :
    "C’est un jeu de touche pipi à cet âge là" (alors que c’était des actes de viol commis par un adolescent qui étaient décrits).
    "Il n’était pas responsable de ses actes, tu ne peux pas lui en vouloir".
    "Ce n’est pas traumatisant pour la victime, à la différence de cas où l’agresseur et adulte"
    En bref, dans l’esprit de beaucoup de gens, c’est comme si la responsabilité atténuée de l’agresseur, du fait de son jeune âge, revenait à annuler la violence ou du moins l’amoindrir. En résulte une maladresse accrue à l’égard des victimes (déjà qu’en général, c’est pas terrible...), un déni encore plus fort du préjudice subi.



  • Naja Naja 10 janvier 2009 13:48

    Dommage que vous n’interveniez pas dans les commentaires...

    Tant pis, je remballe ma question alors.

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