• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Naja

Naja

Cet auteur n'a pas encore renseigné sa description

Tableau de bord

  • Premier article le 16/04/2009
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 3 198 63
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Ses articles classés par : ordre chronologique






Derniers commentaires



  • Naja Naja 4 décembre 2008 00:19

    La prescription de ces crimes témoigne d’une profonde méconnaissance de leur nature et/ou d’une banalisation de leur gravité.
    Sa définition juridique est « un mode d’extinction d’un droit résultant de l’inaction de son titulaire pendant un certain laps de temps ». Selon les fondements du droit, deux raisons justifient la prescription  :

    - Passé un certain délai, le législateur estime qu’il convient d’accorder à l’auteur d’une infraction le droit à l’oubli, supposant qu’il serait injuste de le condamner pour des faits remontant trop loin dans le passé,

    - Pratiquement, elle permet de simplifier l’exercice du droit en évitant la multiplication des procédures (aussi inutiles qu’iniques ?).

    Dans le cas qui nous occupe ici, on peut raisonnablement se demander laquelle de ces deux raisons prévaut...
    Il semblerait que pour certains ici, un père qui sodomise ses enfants dès leur petite enfance doit pouvoir bénéficier du droit à l’amendement spontané... pendant que ses victimes doivent être soumises au devoir d’oubli et à l’impossibilité de demander justice. D’un côté on aurait un individu qui perdrait injustement son humanité en étant poursuivi pour ses crimes (dixit Cogno1), un "Valjean pédosexuel" (dixit Yannick Harrel) et de l’autre de pauvres victimes qu’il conviendrait de protéger de la réouverture de leurs plaies en justice (dixit Internaute).
    Synthèse du propos par Internaute  : "ni la victime ni l’accusé ne sont semblables à ce qu’ils étaient au moment des faits". Certes, chacun a veilli. Sans même parler de la perversité de l’accusé, notons que la victime reste une personne qui a subi un très lourd préjudice. Le temps ne suffit pas à refermer les plaies, en revanche la reconnaissance des crimes en justice peut y aider. He non, la prescription ne relègue pas la réalité aux confins de l’espace temps comme certains aimeraient visiblement s’en convaincre...
    Le législateur, plus avisé, nous précise de son côté que pour ce qui est des crimes les plus graves, la prescription trouve plutôt sa légitimité dans la difficulté à trouver des preuves relatives aux faits après un trop grand nombre d’années. Or en l’occurrence ici, l’absence de preuves matérielles est la même 1 mois ou 40 ans après. Et dans bien des cas, il n’y a même jamais eu !

    Le droit français a opté pour une limitation l’imprescribilité aux crimes contre l’humanité. Ce choix est loin de faire l’unanimité dans les pays démocratiques. Cela étant, j’estime qu’il n’y aurait rien absolument rien d’absurde, outrancier, passionnel ou négationniste à inscrire l’inceste et la pédocriminalité au rang de crimes contre l’humanité.
    Mais quoiqu’il en soit, quelques remarques s’imposent  :
    La prescription protège de fait une multitude de criminels. On pourrait naïvement arguer qu’ils ne le sont plus, repentis et convertis en honnête citoyens par la seule action du temps. C’est n’avoir aucune idée de ce qu’est la perversité que de prétendre une chose pareille. Il est certain que nombre d’entre eux continuent à abuser d’autres enfants auxquels ils imposent le silence, celui là même qui a rendu impossible toute poursuite par leurs victimes précédentes.
    A l’heure où N. Sarkozy et R. Dati nous explique que la rétention de sûreté est une mesure d’une telle urgence qu’elle se devrait d’être rétroactive, des milliers de pervers ayant agressé ou violé un ou plusieurs enfants, souvent durant de longues années, jouissent d’une parfaite impunité sans que personne ou presque ne s’en inquiète.
    A ce propos, je me suis rendue il y a deux mois à un colloque intitulé « neutraliser les grands criminels » organisé à l’assemblée nationale par le député Garraud (à l’origine de la loi sur la rétention de sûreté). La question de la prescription y a été brièvement évoquée. Il m’a alors été donné d’entendre, de la part de juristes et "experts" l’argument suivant : "La prescription protège les victimes en les empêchant de choisir de s’engager dans une procédure dont l’éventuel échec serait pour elle une blessure supplémentaire."
    Ah parce que l’interdiction de ce choix n’en est pas une ?
    Quoi de plus cynique et hypocrite que ce mépris masqué derrière la bonne conscience ?
    J’invite ceux qui nous assènent que « l’enfer est pavé de bonnes intentions » à s’interroger sur leurs bonnes intentions.



  • Naja Naja 3 décembre 2008 22:40

    Je ne ne crie pas vengeance et je suis loin de faire exception.
    Le désir de vengeance enferme dans la haine, laquelle perpétue le lien à mes agresseurs dont j’aspire à me libérer. Si quelqu’un se mettait en tête de me venger par exemple, je vivrais un préjudice supplémentaire. Je me sentirais totalement oubliée par ce geste qui ignore son égoïsme. Peu de choses me révolteraient davantage que de voir des actes que je réprouve accomplis en mon nom. Enfin, cela reviendrait à me priver de mon droit à demander réparation en justice, de façon citoyenne et équitable.
    Pour échanger régulièrement avec d’autres victimes, j’ai remarqué que nous étions peu nombreuses à vivre dans un esprit de vengeance. L’idée selon laquelle les victimes seraient nécessairement assoiffées de haine vengeresse relève donc du préjugé.

    Par ailleurs, je signale au passage que nous ne récoltons pas non plus spécialement la sympathie d’autrui. Les réactions face à la connaissance de ce que nous avons subi vont classiquement de l’incrédulité à la condescendance en passant par l’agressivité et la commisération (qui n’est pas l’empathie).
    Là aussi je m’interroge sur l’origine du préjugé qui laisse penser que nous sommes soutenues (trop selon certains) et notre souffrance prises en considération (trop selon certains, à nouveau). Je me dis qu’il provient sans doute en parti des émois collectifs que certains faits divers suscitent et qui font naturellement supposer que c’est ainsi que l’entourage d’une victime réagit nécessairement. Mais être téléspectateur n’est pas être confronté à la réalité. Face à impensable, les sentiments empreints de respect et d’humanité s’effacent bien souvent devant l’angoisse, la peur ou tout simplement le mépris, lesquels engendrent des comportements insultant. Et il se trouve que sur ce point, les acteurs de la justice ne sont pas en reste.

    Pour ce qui est de mes attentes envers la justice maintenant, c’est la reconnaissance de ce que j’ai subi dans toute sa gravité qui m’importe. Peut-être n’est-ce pas évident pour chacun, mais oui la reconnaissance est bien une réparation en soi... et son absence un préjudice. Elle comprend la reconnaissance de la culpabilité des criminels et celle de la gravité de leurs forfaits.
    De ce que je comprends, la condamnation ignore les victimes pour servir des buts collectifs seulement  : affirmation de la valeur des lois par condamnation de leur transgression et nécessité de protection des citoyens par mise à l’écart des individus dangereux... en attendant qu’ils s’amendent... si tant que la société se donne les moyens de poursuivre ce but. De fait, je n’ai rien à attendre en soi de la peine que pourraient purger mes agresseurs, car celle-ci ne me concerne pas. Je pourrais en attendre quelque bienfait si l’un des buts d’une condamnation était d’amener le criminel à s’amender auprès de sa victime, mais dans notre système ce n’est pas (plus ?) le cas. Ce n’est pas eux que je pense, mais à moi, et aux éventuelles futures victimes.
    Partant de là, si la justice me traitait respectueusement, que les atteintes que j’ai subis étaient qualifiées correctement dans le code pénal (ce n’est pas le cas) et mes agresseurs reconnus coupables de leurs crimes pour ce qu’ils sont réellement, ce serait une réelle réparation et je n’aurais rien à attendre de plus de la société. Pour le reste, c’est à moi d’apprendre à vivre avec, ou sans. Personne ne pourra me rendre tout ce qui m’a été volé ou dont j’ai été privée et rien de changera mon passé.

    Il est évident que la prescription empêche précisément cette réparation puisqu’elle interdit la poursuite du criminel, sa mise en accusation et l’éventuelle reconnaissance publique de ses crimes devant l’autorité législative.

    Cordialement,
    Naja



  • Naja Naja 3 décembre 2008 22:25

    Test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test



  • Naja Naja 3 décembre 2008 22:24
    Test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test test



  • Naja Naja 3 décembre 2008 22:17
    Bonsoir à tous,
     
    A la lecture des commentaires de cet article, je constate qu’un certain nombre d’entre vous s’octroient le droit de dire à la place des victimes ce qu’elles vivent, ressentent, attendent et doivent faire, éprouver, oublier etc.
    Victime d’inceste durant mon enfance et mon adolescence, je ne me reconnais dans aucune des attitudes que l’on me prête ici. Comme c’est souvent le cas d’ailleurs. Quant à savoir ce qui est le meilleur pour moi, ce n’est pas à des internautes qui visiblement n’ont aucune idée de ce dont ils parlent de me le dire.
    Devant cette méprisante suffisance, je m’interroge :
    Le but (probablement inconscient) serait-il de provoquer notre indignation afin de pouvoir vous conforter dans le préjugé selon lequel nous n’aurions que des réactions émotionnelles, qualifiées pour l’occasion de passionnelles, exagérées, hystériques, liberticides etc. ?
    Il est vrai que fort d’une telle idée reçue, il est plus aisé d’argumenter qu’il vaut mieux refuser de prendre notre « cas » (notre parole) en compte, si l’on veut éviter de verser dans « les pires excès ».
    Je m’abstiendrai donc de commenter point par point ce type de discours que je trouve choquant.
    Je vais plutôt reprendre un témoignage que j’ai produit avant-hier en commentaire d’un autre débat. Il me semble à propos de le poster ici, vu qu’il s’agissait de répondre à certains a priori sur les supposés ressentis des victimes et notre soi-disant désir de vengeance confondu (dans notre pauvre esprit amoindri par la douleur) avec la justice.
     
    Je salue au passage le calme de Dan et bien sûr l’auteur pour son article.

Voir tous ses commentaires (20 par page)

LES THEMES DE L'AUTEUR

Société Citoyenneté

Publicité


Publicité



Palmarès

Publicité


Agoravox.tv