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Naja

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  • Premier article le 16/04/2009
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Derniers commentaires



  • Naja Naja 2 décembre 2008 23:15
    Bonsoir Gül,
     
    Merci pour votre commentaire.
     
    "Pardonnez-moi d’insister sur ce fait"
    Pas de problème, si je poste, c’est que je suis prête à répondre.

    "Vous seriez donc finalement assez proche de ce que proposait Le Péripate"
    Oui assez. Mais je ne pense pas non plus que le rôle de la justice doive se limiter à la prise en compte des victimes. Je ne remets pas en cause le bien fondé des buts collectifs qu’elle sert.

    ***
     
    Pour ce qui est de vos questions, il y a pour moi deux niveaux de réponses possibles. En tant qu’individu ayant été victime, je peux dire ce que j’attends personnellement de la justice. En tant que citoyenne, je peux faire part de mes réflexions sur le sens de la justice pour la société.
     
    « Est-ce qu’il(s) ne doi(ven)t que simplement porter cette culpabilité toute leur vie, ou croyez-vous qu’il faille "punir" d’une manière plus concrète ? »

    Telle que la justice est exercée, la peine effectuée ne m’apporterait rien en soi en tant que victime. Si ce n’est pas effet indirect de reconnaissance.
    Pour autant, du point de vue collectif cette fois, je ne juge pas que toute condamnation soit inutile. Si l’on s’interdisait de sanctionner le non respect de la loi par des mesures concrètes, le pouvoir législatif ne serait plus qu’un concept. Une condamnation est aussi censée amener le délinquant ou criminel à redevenir un honnête citoyen. Et je ne pense pas que la prison soit le seul moyen d’y parvenir. Non que je trouve absurde de décider d’isoler des individus dangereux mais encore faudrait-il se donner les moyens d’essayer de faire en sorte que ces derniers s’y amendent. Or à l’évidence, il ne suffit pas de coller quelqu’un en taule et d’attendre que « ça se passe » pour qu’il en ressorte honnête et inoffensif...
     
    « [...] bien que vous n’abordiez pas le thème d’une forme de compensation, en ce qui concerne la reconnaissance de la victime. [...] Avez-vous malgré tout, une opinion, au-delà de cette reconnaissance, face à l’avenir du (ou des) agresseur(s) ? »

    Je n’ai pas abordé ce point en effet. Ou plutôt, j’ai affirmé que la reconnaissance des faits et de leur gravité était la seule forme de réparation que l’on pouvait espérer de la justice. C’est en effet ce que je pense, dans l’état actuel des choses. Cependant, j’envisage aussi une autre forme de réparation possible, au delà de la seule reconnaissance « publique ». Et par ailleurs, des compensations sont déjà prévues. Cela dit, une compensation n’étant pas ue réparation.
    J’avais préparé un commentaire à ce sujet, en lisant votre échange avec Le Peripate justement, que je n’ai finalement pas posté. Je le copie donc ici  :
     
    J’ai l’impression que vous concevez le dédommagement financier comme une possibilité à considérer et non une réalité existante comme c’est le cas. Je me permets donc de faire le rappel suivant, peut-ête inutile : en France, la justice considère les victimes uniquement du point de vue civil (pour la partie dite pénale d’un procès, elles sont simples témoins) et un dédommagement du préjudice est prévu dans ce cadre, sous la forme d’indemnités.
    L’argent ne peut évidemment pas réparer ou compenser des atteintes physiques et morales, mais peut rembourser le manque à gagner financier et les pertes consécutives aux infractions (exemples, pas forcément personnels  : coût d’un handicap, frais de thérapie, argent perdu pour cause d’arrêt maladie, études abandonnées etc.). Selon cette acceptation des DI (dommages et intérêts), pour ma part, j’empocherais l’argent sans complexe. Mais de ce que j’ai lu, certaines victimes s’en sentent honteuses ou indignées... comme si la somme versée revenait à un salaire a posteriori ou un cadeau de consolation ridicule voire injurieux en regard du vécu.
    Je crois que ce sentiment dégradant provient du fait que les DI peuvent aussi être considérés comme le dernier vestige d’une volonté d’équité que la justice semble avoir oublié par ailleurs. Pour s’en faire une idée, il n’y a qu’à lire les propos de nombreux juristes (sur le blog d’Eolas par exemple) répétant à l’envie que "la justice n’est pas là pour faire plaisir aux victimes, les satisfaire". Pour faire plaisir non, certes. Mais pour chercher à apporter une réparation satisfaisante, c’est à dire la plus juste et la plus équitable possible ?... ben, j’ai comme un doute du coup. Effectivement, si les acteurs de la justice affirment que la prise en considération de la victime en tant que telle doit se limiter à la traduction en euros du préjudice qu’elle a subi, et ce par application automatique d’une grille prédéfinie (oui, le plus souvent ça marche au forfait  : pour tel crime, telle somme), il y a comme un défaut d’humanité insultant pour la personne... et l’équité !
     
    Au delà de la reconnaissance, la seule autre réparation qui aurait un sens pour moi serait que mes agresseurs prennent conscience de l’horreur de ce qu’ils ont fait et me fassent part de remords cuisant. C’est à dire qu’ils intègrent la réalité de leur culpabilité, ce qui en général pas le cas des criminels dont nous parlons ici (ceux qui commettent des actes d’atteintes à la dignité des personnes). Cela nécessiterait qu’ils s’engagent une démarche responsable d’amendement, ce qui supposerait de sortir de leur fonctionnement pervers. J’ai beaucoup de mal à l’imaginer une telle éventualité tant elle me parait improbable mais je crois que ça m’aiderait. Je doute fort que je puisse leur pardonner pour autant et ce n’est pas la question, mais savoir qu’ils vivent (ou se suicident) avec ce poids sur la conscience m’apaiserait probablement. Peut-être est-ce encore une question de vengeance qui se cache là dessous, je ne sais pas, je ne suis pas sûre. Le fait est que reconnaître ses torts revient à reprendre sa merde et donc contribue, il me semble, à la réparation de celui à qui l’on a fait du mal.
    D’un côté, on pourrait dire que cette réparation là n’aurait rien à voir avec la justice. D’un autre, on pourrait imaginer que ce soit justement à la justice d’essayer d’amener les criminels à ladite prise de conscience, par la nature de la condamnation prononcée et les modalités de son application.
    Je remarque par ailleurs que c’est précisement cet amendement des criminels que la justice prétend, en théorie, chercher à obtenir par la condamnation, à des fins collectives. Or compte tenu des conditions déplorables de détention, de l’inefficacité et du petit nombre des thérapies dispensées à ce type de criminels pervers, je trouve malhonnête d’annoncer que la prison serait là pour leur faire prendre la mesure de la gravité de leurs actes.
    Il me semble que si notre société réfléchissait davantage en termes de "que faire pour amener le criminel à s’amender ?" et moins en termes de "comment rassurer le citoyen effrayé par ce qu’il voit à la télé ?", on finirait bien par arriver à des solutions plus satisfaisantes pour tout le monde (collectivité et personnes concernées) que l’alternative peine de mort/prison à vie qui semble se dessiner ces derniers temps.

    ***

    "votre parole est véritablement riche d’enseignements !"

    Ben... merci...
    En espérant que mes commentaires ne soient pas trop décourageant par leur longueur, lol.

    Bien à vous,
    Naja



  • Naja Naja 2 décembre 2008 11:51

    	 	

    Bonjour,
     
    Suite à de nombreux commentaires que j’ai lu sur ce que veulent les victimes, la sympathie qu’elles reçoivent, ce que les uns voudraient que la justice fasse et ce que les autres décideraient de faire eux-même, je tiens à réagir en tant que victime (de crimes  : viols dans mon enfance et adolescence). Etant donné que je ne me reconnais, comme bien souvent, dans quasi aucune de ces supposées réactions.
    Je suis consciente que mon commentaire est hors sujet de l’article, qui traite d’une décision de "justice" en Iran, sujet qui recouvre bien d’autres questions. Mon intervention porte sur une partie du débat seulement.
     
    Exemple de réactions parmi d’autres, COLRE dit  : "La victime (sauf exception) crie vengeance."
     
    Je ne ne crie pas vengeance et je ne suis pas une exception.
    Il me semble que l’idée selon laquelle les victimes seraient nécessairement assoiffées de haine vengeresse relève du préjugé. Pour échanger régulièrement avec d’autres victimes (mêmes types de crimes), j’ai remarqué que nous étions peu nombreuses à souhaiter la vengeance, du moins de façon durable. C’est un désir qui semble être plus prononcé parmi les proches des victimes (quand ils ne dénient pas les faits ou leur gravité, ce qui est le plus courant).
    J’en conclus, peut-être à tort, que cette idée reçue découlerait de ce que les personnes non-victimes projettent qu’elles ressentiraient si elles l’étaient... sauf que de ce que je vois (ici et ailleurs), l’identification se fait davantage avec les proches de victimes que les victimes elles-même.

    Par ailleurs, je signale que nous ne récoltons pas non plus spécialement la sympathie d’autrui. Les réactions face à la connaissance de ce que nous avons subi vont classiquement de l’incrédulité insultante à la condescendance en passant par l’agressivité et la commisération (qui n’est pas l’empathie).
    Là aussi je m’interroge sur l’origine du préjugé qui laisse penser que nous sommes soutenues, choyées (trop selon certains), prises en considération (trop, à nouveau). Je me dis qu’il provient sans doute en parti des émois collectifs que certains faits divers suscitent et qui font naturellement supposer que c’est ainsi que l’entourage d’une victime réagit nécessairement. Mais non, être téléspectateur n’est pas être proche de victime. Confronté à une réalité impensable, les bons sentiments et la générosité s’effacent bien souvent devant l’angoisse et la peur lesquelles provoquent des comportements opposés à la supposée empathie ou colère passionnelle.

    Pour ce qui est des attentes des victimes envers la justice maintenant  :
     
    Pour ma part, c’est la reconnaissance de ce que j’ai subi dans toute sa gravité qui m’importe. Peut-être n’est-ce pas évident pour chacun, mais oui, la reconnaissance est bien une réparation en soi... et son absence un préjudice. Elle comprend la reconnaissance de la culpabilité des criminels et celle de la gravité de leurs forfaits. Et à mon avis, elle n’est en fait pas liée à une sentence punitive.
    De ce que je comprends de la justice, la condamnation ignore les victimes, pour ne servir que des buts collectifs  : affirmation de la valeur des lois par condamnation de leur transgression et nécessité de protection des citoyens par mise à l’écart des individus dangereux... en attendant qu’ils s’amendent... si tant que la société se donne les moyens de poursuivre ce but. De fait, je n’ai rien à attendre en terme de réparation du sort réservé à mes agresseurs, qui ne me concerne pas. Je pourrais en attendre quelque bienfait si l’un des buts d’une condamnation était d’amener le criminel à s’amender auprès de sa victime, mais dans notre système ce n’est pas (plus ?) le cas.
    Partant de là, si la justice me traitait décemment, que les crimes que j’ai subi étaient qualifiés correctement dans le code pénal (ce n’est pas le cas) et mes agresseurs reconnus coupables de les crimes pour ce qu’ils sont réellement, je vois difficilement ce que je pourrais attendre de plus. Personne ne pourra me rendre tout ce qui m’a été volé ou dont j’ai été privée. C’est trop tard, je n’ai pas d’autres choix que de faire sans. De même, rien de changera mon passé, et là non plus, je n’ai pas d’autres choix que de faire avec.
     
    J’ajoute que la vengeance, ou loi du Talion, ne me serait en rien bénéfique, au contraire. Le désir de vengeance enferme dans la haine, laquelle perpétue le lien à mes agresseurs dont j’aspire à me libérer.
    Alors quand je lis que des commentaires du genre "si quelqu’un violait mes filles, je le tuerais" ou pire encore les demandes de rétablissement de la peine de mort, je ne peux que faire remarquer que ces réactions ignorent et/ou méprisent les victimes (pourtant supposées être les enfants du lecteur...).
    Le plus troublant est qu’à mon avis les personnes qui parlent de se venger de crimes perpétrés contre leurs enfants s’imaginent probablement en toute bonne foi qu’ils le feraient pour ces derniers. Je les invite à réfléchir plus sincèrement à aux questions suivantes  : De quoi se vengeraient-ils sinon leur propre douleur ? De quoi se défouleraient-ils à part de leur propre haine ? De quoi leur enfant auraient le plus besoin : d’un parent qui les soutient, ou d’un parent criminel et en prison ?
    Si quelqu’un se mettait en tête de me venger (des années après dans mon cas), je le vivrais un préjudice supplémentaire. Je me sentirais totalement oubliée par ce geste qui ignore son égoïsme. Peu de choses me révolteraient davantage que de voir des actes que je réprouve accomplis en mon nom. Enfin, cela reviendrait à me priver de mon droit à demander réparation en justice, comme je l’entends.
     
    Cordialement,
    Naja
     


  • Naja Naja 1er décembre 2008 18:33

    	 	

    Test de copie depuis open office. Sushi, le retour :
     
    Test 1 :
    sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi
     
     
    Test 2 :
    sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushisushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi sushi



  • Naja Naja 1er décembre 2008 18:07

    @ Franc Tireur,

    "Quel châtiments infligeriez-vous à votre violeur ou au voleur de vos enfants ?"
    Si mon enfant était violé, je penserai à m’occuper de lui, et non de son violeur.
    Je le soutiendrai comme je peux pour l’aider à vivre avec ce qu’il aura subi. Et je sais pertinement que toute vengeance à l’encontre de son agresseur ne lui apporterait rien de bon. Elle ne soulagerait que moi, et encore, rien n’est moins sûr.
    Evidemment je porterai plainte contre le criminel, pour le bien de mon enfant et par devoir civique. Et dans le cadre de cette procédure, je ferai tout ce qui en mon pouvoir pour m’opposer aux éventuels dysfonctionnements de la justice. 



  • Naja Naja 1er décembre 2008 12:42

    Dans l’aperçu, ça semblait assez prometteur.
    Nevermind, je m’en tiendrai donc au pad.



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