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Naja

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  • Premier article le 16/04/2009
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Derniers commentaires



  • Naja Naja 1er novembre 2008 13:47

    Bonjour,

    Je rejoins votre analyse sur certains points. Particulièrement celui-ci :
    l’atrocité des meurtres commis par des autres que l’on ne connaît pas rassure. Ils ne peuvent être nous, car ils sont trop différents, ce sont des monstres, c’est-à-dire des gens que l’on peut montrer, ou plutôt exhiber, se dit l’inconscient collectif. Or, que constatons-nous le plus souvent, en dehors de quelques psychopathes à gueule d’assassins, comme « on les aime » car trop prévisibles, de nombreux criminels, loin d’être patibulaires, ressemblent à Monsieur tout le monde, au voisin, à l’oncle, au père ou pire à nous-même.

    En revanche, je ne partage pas votre compilation de jugements péremptoires sur le plaisir ou la tendance que chacun aurait à "se délecter du sordide", "se prélasser dans le pervers, le glauque et le malsain".
    Que les côtés sombres de notre humanité puissent exercer une fascination, c’est certain. Je m’interroge ici sur le choix des mots employés  : le champ lexical exploré et l’insistance donnée à des termes comme "se délecter". Le tout donne à votre propos un ton résolument insultant dont on ne sait trop à qui il s’adresse. Visez-vous ceux qui un jour n’auraient pas immédiatement éteint leur télé ou tourné la page de leur journal face à une information portant sur un crime ? Ceux qui aurait conçu un intérêt à suivre les tribulations d’une enquête ou d’un procès ? Ceux dont vous supposez qu’ils ne prennent pas un recul équivalent au votre en le faisant ?
    En se laissant aller à des interpétrations semblables aux votres, il serait tout aussi facile de dire que la rédaction de votre article témoignerait d’une volonté d’exorciser hors de vous lesdites tendances de voyeurisme malsain. Ce que vous réaliseriez en prétendant vous placer dans une position de supériorité conférée par votre analyse de la plèbe se vautrant dans le détail croustillant. Or vous conviendrez sans doute qu’une telle affirmation serait infondée et relèverait de l’insulte.

    Enfin et surtout  :
    Si vous parlez du criminel, de son public et des média, il est un protagoniste dont le point de vue est totalement exclu de votre réflexion : la victime. Votre oubli résulte-t-il d’un choix conscient et assumé ? Si oui, je serais curieuse d’en savoir plus sur les raisons qui motivent votre omission volontaire.
    Car si l’on cherche à aborder objectivement les enjeux, effets et dommages de la médiatisation des faits divers, je trouve curieux de ne pas s’interroger ce qu’il s’y joue côté victimes. 
    En détaillant les méfaits d’un psychopathe et en lui octroyant un statut de star, ses proies n’existent plus en tant qu’êtres humains ayant subi une violente atteinte, citoyens ayant vécu une injustice. Elles ne sont plus que "lieu du crime" et c’est précisément la place que vous leur accordez ici. Il y a pourtant beaucoup à dire sur les conséquences du phénomène pour les innombrables victimes de crimes dont nos sociétés s’évertuent à dénier la fréquence et minimiser la gravité. Que ce soit par le public fasciné et/ou indigné ou bien par celui qui, en réaction, rejète de façon épidermique toute information sur le sujet, la population victime est bien la première que la brève médiatisation de quelques criminels permet d’ignorer en toute bonne conscience. Quand elle n’est sont pas carrément désignée comme responsable d’une hystérie collective supposée prendre naissance dans un prétendu excès de considération à son égard...
    La réalité est à l’opposé des déclarations compatissantes ou enflammées qui assortissent les affaires médiatisées. Et il est clair que le spectaculaire et le sensationnel permettent de masquer habilement les carences, insuffisances et le mépris auxquels les victimes anonymes sont confrontées.
    Le fait divers fait diversion, ce n’est pas nouveau. Sur le thème des crimes sexuels, son pouvoir semble rayonner jusque dans les analyses qu’il suscite.



  • Naja Naja 30 octobre 2008 23:22

    Bonsoir,

    Merci pour votre commentaire juste et sensible, ainsi que vos réponses.

    Une précision  : l’article cité n’est pas de moi, j’ai simplement témoigné en commentaire. (Je ne sais pas si c’est ce que vous vouliez dire, dans le doute, je préfère le souligner).

    Je souscris entièrement à vos développements sur les mécanismes de déni mis en jeu dans l’inceste. J’aurais à en rajouter mais j’ai en cours la rédaction d’un article à ce propos, je le ferai plutôt dans ce cadre.

    A ce propos, puisqu’on y est, je pense de mon côté que cse crimes sont de plus en plus fréquents. Quoique "je pense" est un bien grand mot, "je suppose" serait plus exact, tout comme vous supposez l’inverse.
    Il y a de plus en plus de plaintes et de témoignages, c’est un fait. Et à mesure qu’ils augmentent l’on explique qu’il s’agit d’une libération de la parole. Je ne nie pas cet effet, il est avéré. Mais l’un n’empêche pas l’autre pour le moment je crois. Cela mériterait de longs développements, lesquels resteraient de l’ordre de l’analyse du phénomène et non de la démonstration.
    Il n’en demeure pas moins que, même si de tout temps près d’un enfant sur 5 a été un objet sexuel.... un tel constat ne saurait justifier l’aveuglement, l’ignorance et les préjugés qui entourent ces crimes. Nul doute que cela est plus crucial que de déterminer si oui ou non, c’est de pire en pire.

    "[...] même si je ne l’avais pas vraiment perçu dans nos premiers échanges"
    Lol, c’est de bonne guerre comme on dit. Euh... j’ai dit que je refusais de sombrer dans l’attitude généralisée en question, mais c’est pas du 0%. Cynique, je l’ai été, amère, je le suis encore souvent. Pour ça que je vois le danger qui me guette d’ailleurs.

    Bien à vous,
    Naja





  • Naja Naja 29 octobre 2008 12:25

    Crotte de bique ! J’ai posté mon commentaire au mauvais endroit. Il fait suite à l’échange initié plus haut par ma première intervention.
    Désolée pour cette erreur qui ne facilite pas la lecture.



  • Naja Naja 29 octobre 2008 12:22

    Bonjour,

    J’itère ma question  : qu’entendiez-vous par "malheureusement, il y en a toujours eu..." ?
    Effectivement, j’y ai vu une forme de soupir comme indiqué plus haut, en précisant que j’espérais bien me tromper. "Je rêverais que vous me détrompiez", pour me citer.

    Je ne présage rien de ce que les gens font de leur vie. Sur internet, je m’en tiens à ce que je lis, et là, j’ai lu une formule laconique, ne vous en déplaise.
    Vous l’entendez comme un procès d’intention dirigé à l’encontre de votre personne et vous en défendez avec colère, arguant que je n’ai pas à jouer les redresseurs de torts. Vous avez raison, je n’ai pas de leçons à vous donner sur la façon dont vous menez votre vie. Sauf que je ne le faisais pas, je m’interrogeais sur le ton désabusé de votre phrase et enfonçait le clou quant à la situation actuelle de déni collectif sur ce sujet. Point.
    Vous me prêtez des accusations que je ne formule pas, ni ne pense. Et je note que vous ne vous privez pas de m’asséner vos leçons au passage, ce qui il faut bien le reconnaître, a quelque chose d’amusant étant donné que vous vous élevez précisément contre ladite attitude.

    Tout comme vous, j’estime ne pas avoir à me justifier. Toutefois je juge utile, dans le contexte de cet échange, de répondre à votre dernière question.

    "Et vous que faites vous concrètement ?!!"
    Je m’efforce de mettre un pied devant l’autre sur un chemin qui, j’espère, me mène à une dignité recouvrée.
    Le plus souvent passive et solitaire, je m’informe et observe autour de moi les réactions et les non réactions sur quantité de questions. J’enregistre et je réfléchis. Après quoi, je transmets, parle et débats de ce que j’ai compris comme de ce qui m’échappe.
    Et quand j’en ai le courage et l’énergie, je témoigne de ce que je connais bien. Je m’efforce de trouver les mots et le ton qui me convient le mieux pour exliquer ce que c’est d’avoir dû grandir dans une famille de pervers incestueux  :
    Se réveiller, passé 20 ans, d’une vie d’anesthésie pour "découvrir" que d’aussi loin qu’on se rappelle, on a toujours été l’objet sexuel de son père, puis de son frère, dans le silence de sa mère.
    Vivre a postériori ces trahisons et intégrer peu à peu les horreurs subies depuis la petite enfance. 
    Devoir abandonner tout ce qu’on pensait être ses repères et son identité.
    Se confronter au vide sidéral qui s’ouvre alors devant ce qui reste de soi dans cet effondrement.
    Chercher des valeurs plus humaines et déterrer son anthenticité, enfouie sous des montagnes de merde.
    Lutter contre soi-même et ses tendances auto-destructrices.
    Devoir se taire et avoir l’air normale pour ne pas souffrir les réactions défensives de ses pairs, ces derniers se sentant irrémédiablement mis en danger devant cette réalité.
    Découvrir avec stupeur que de telles infâmies sont effroyablement courantes.

    Se confronter au déni de toute une société après être péniblement sorti du sien.
    Assister impuissante à l’instrumentalisation de sa douleur anonyme par des décideurs ou hauts-responsables cyniques et uniquement mûs par leur besoin de pouvoir et leurs intérêts personnels.
    Accepter d’être oubliée, voire raillée et accusée, par ceux dont on aurait espérer quelque soutien et reconnaissance, à défaut d’avoir pu se construire dans une famille digne de ce nom. (proches et collectivité  : psys, médecins, justice, politiques, opinion publique).
    Refuser de transformer la colère qui en découle en amertume, misanthropie ou cynisme.
    Essayer de s’ouvrir à ce que les gens peuvent avoir de bon et d’appréciable en dépit des mesquineries et bassesses que la vie nous amène à relever.

    Concrètement, ça ne donne pas grand chose non.
    J’essaie du mieux que je peux d’ouvrir les yeux de certains, en restant à ma place et sans me faire d’illusions sur la petitesse de mes moyens. Loin de moi l’idée d’enjoindre quiconque à en faire son cheval de bataille. J’estime qu’il
    faudrait déjà que l’on cesse de vouloir s’aveugler. Qu’on le fasse en minimisant, déniant, banalisant ou en se disant qu’on ne peut qu’accepter en le déplorant ce que l’on suppose -sans savoir- exister depuis la nuit des temps.
    Chacun de nous compte dans son entourage proche, et sans le savoir, une personne qui a vécu la même chose que moi et crève lentement dans un silence imposé par les tabous d’une société qui préfère ignorer sa barbarie.

    Sur ce, bon courage dans vos actions. Sincèrement.

    Cordialement,
    Naja



  • Naja Naja 29 octobre 2008 00:03

    Erratum :
    Dans mon premier commentaire, le deuxième lien pointe vers le présent article. Ci-dessous le lien que je voulais mettre.
    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44265
    On sait jamais, des fois qu’il vienne à quelqu’un l’idée saugrenue de cliquer... 


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