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Naja

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  • Premier article le 16/04/2009
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Derniers commentaires



  • Naja Naja 14 décembre 2008 17:55

    Au temps pour moi, vous avez déjà répondu plus haut  :

    " Vous n’avez rien compris, si, le chien a une empathie émotionnelle, il ressent le manque en voyant son congénère mais il n’a pas un sens rationnel de l’équité, comme les humains. "

    Ce qui ne répond en fait pas franchement à la question de savoir si le sentiment d’équité peut s’expliquer chez l’homme avec les neurones miroirs... mais laisse entendre que l’équité serait une conception rationelle née de l’empathie là où le chien ne perçoit qu’un manque. Cela mériterait développement je trouve, car si les chiens n’ont certes pas écrit de charte universelle des droits du chien, je ne vois pas vraiment ce qu’il y a de si outrancier à appeler "perception de l’injustice" ledit manque. Mais bon, tant pis. 



  • Naja Naja 14 décembre 2008 15:01

    Bonjour,

    J’ai lu attentivement votre article et les commentaires, et je me pose une question à ce sujet.

    J’ai cru comprendre que l’explication neurologique que vous proposez au comportement observé s’oppose à l’interprétation "le chien a un sens de l’équité" que vous jugez être un anthropomorphisme exagéré, c’est à dire naïf

    " Ce qui a conduit les expérimentateurs à supposer que le chien serait récalcitrant car il ressentirait l’injustice flagrante et serait sensible à l’équité. [...] Cette découverte est étonnante. Mais elle passe certainement à côté d’une interprétation moins spectaculaire et sensationnelle mais bien plus riche de perspective pour qui connaît la science des miroirs neuronaux. "

    Pourtant, à un commentaire vous répondez  :

    " Au contraire, je ne suis pas dans l’état d’esprit de Descartes, je ne nie pas le volet affectif dans ces expériences. Dommage que les lecteurs soient passés à côté de ces neurones miroirs, une découverte qui n’a pas été diffusée dans l’espace public. "

    D’où ma question  : le fonctionnement des neurones miroirs n’est-elle pas tout simplement l’explication strictement physiologique que les neurologues pourraient donner aux sentiments d’empathie et d’équité, et qui serait valable aussi pour l’homme ?

    Et si oui, en quoi serait-il abusif de dire que le chien perçoit l’iniquité ?

    J’ai l’impression qu’il y a chez les neurologues une volonté d’expliquer de façon mécanique, rationnelle, biologiste les comportements humains. Et de l’autre, il y a chez l’homme ce sentiment que sa condition diffère de celles des autres animaux parce qu’il est doté de raison mais aussi d’une âme ; deux caractéristiques que notre espèce pense être la seule à posséder.
    Sur ce, certains décèlent chez les animaux des attitudes qui chez l’homme ferait appel à sa raison et à ses sentiments humains (son âme ?) ; ici la perception de l’iniquité. La distinction condition humaine/animale s’en trouve troublée. Heureusement, notre raison a apparemment plus d’un tour dans son sac. Elle peut permettre d’expliquer cette attitude animale d’une façon qui exclut l’intervention d’un sentiment que l’on attribue à l’humanité seulement. Sauf que de ce point de vue, il devient alors logique de comprendre le sentiment de l’homme de la même façon, c’est à dire sans invoquer la moindre parcelle d’âme dite humaine là dedans. 
    Si bien qu’en cherchant à défendre la supériorité de sa condition, l’homme en vient à la vider de son sens ? Ca me laisse songeuse...



  • Naja Naja 10 décembre 2008 20:06

    Bonsoir,

    Je me permets d’agrémenter cet article d’une chanson sur le sujet. Une reprise au second degré de certains des propos qu’on peut parfois lire au sujet de l’immigration...

    Axiom (feat. MAP), "Des youyous dans ma mairie" :
    www.deezer.com/track/des-youyous-dans-ma-mairie-T2175127











  • Naja Naja 4 décembre 2008 00:36

    Merci Kieser.

    En fait, j’avais pas fini, lol. Sur mon pc, trainent deux bouts d’articles qui, je crois, s’insèrent assez bien dans ce débat.

    « Inutile d’insister pour démontrer où se trouve la passion, l’absence de raison. »
    En effet !

    « Il y a tout de même les lecteurs anonymes qui passent ici. Beaucoup entendent.  »
    J’espère...

    Bonne fin de soirée à vous,

    Naja



  • Naja Naja 4 décembre 2008 00:29

    Je conclurai par le récit du stupéfiant échange que j’ai eu avec une ancienne juge d’instruction, lors du cocktail de fermeture du colloque évoqué dans mon précédent commentaire (il fallait bien ça). Elle débattait de la prescription avec une autre personne et je suis arrivée au moment où elle avançait justement l’argument de l’absence de preuves matérielles après un certain nombre d’années.

    "Mais de quelles preuves matérielles parlez-vous au fait ?", lui ai-je demandé.
    "Les analyses ADN, les traces de spermes, les éventuelles lésions.."
    "Quand il y en a... Vous êtes d’accord pour dire qu’après quelques mois, il ne reste rien de tout cela ?"
    "Quelques mois ? Non, pensez-vous, deux semaines tout au plus ! "
    "Ah ! Pensez-vous qu’il faille réduire le délai de prescription à deux semaines alors ?"
    ".... Mais il y aussi la question des reconstitutions des scènes de viols. Si la victime dit « j’ai été violée dans telle ou telle pièce, sur la table de la cuisine et dans le salon » par exemple, il faut pouvoir se rendre sur les lieux et vérifier si la description concorde par exemple."
    "Vous réalisez le décalage qu’il y a entre votre discours et notre réalité ? Abusés pendant des années, ce n’est pas comme si l’on pouvait se rappeler précisément qu’on a été violés x fois sur la tables de la cuisine et y fois dans la voiture..."

    A ce point, Madame la Juge a radicalement changé de discours. Elle s’est mise à parler déni de survie de la la victime, amnésie post-traumatique, meurtres psychiques. Elle nous a expliqué (merci pour l’info) qu’en réalité, il était parfaitement logique et normal que les victimes de sévices pédosexuels ne puissent se rappeler distinctement des faits, surtout quand les abus avaient été répété pendant plusieurs années. A son avis de juge d’instruction, plus les souvenirs de la victime sont imprécis, partiels et confus, plus celle-ci est crédible. Elle a même ajouté :
    "Vous savez, j’ai été juge d’instruction pendant 10 ans. Et en 10 ans, je suis persuadée qu’aucun des plaignants que j’ai reçus ne mentait. Ah si, une seule. C’était une jeune fille de 16 ans amoureuse de son prof de lycée, frustrée d’avoir été éconduite. Elle a craqué et fondu en larmes et en demandant pardon au premier entretien avec moi. Pour toutes les autres, j’ai l’intime conviction qu’elles disaient vrai, mais en l’absence de preuves matérielles j’ai souvent dû prononcer des non lieux. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai arrêter d’exercer ce métier, c’était trop dur pour moi. (!)"

    Bref, elle nous a montré par là qu’elle savait pertinement de quoi il retournait et que les arguties qui précédaient n’étaient que la récitation de son petit précis de défense des inepties de la stricte application du droit positif.
    Je me suis demandée si allait décider soutenir la pétition contre la prescription. Mais non, son argument final était le même que celui précédemment entendu :
    « C’est protéger la victime que de l’empêcher de demander justice »
    (... une justice que la justice se sait incompétente à mettre en oeuvre alors ?)

    Quand cessera-t-on de vouloir à notre place en prétendant savoir mieux que nous ce que nous sommes et ce dont nous avons besoin ?

    Ce que je comprends de ces échanges et de la réflexion que j’ai menée à ce sujet, la question de la prescription met en lumière les difficultés qui se posent à la justice pour le traitement de toute plainte pour viol ou agression sexuelle... mais qu’elle peut confortablement ignorer en l’absence de débat public.
    Je conçois que reconnaître que la plupart des pédocriminels sont intouchables du fait du fonctionnement de l’institution judiciaire soit une position inconfortable pour le législateur et le magistrat. Mais si la justice choisit d’ignorer le respect de l’équité par facilité et paresse, c’est bien la preuve qu’il y a un grave problème.
     

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