Gérard Haddad, médecin, psychiatre, psychanalyste et essayiste, traducteur de l’hébreu, juif... est plus explicite dans son article sur ce concept
psychanalytique de forclusion
[.......] Le sionisme s’est construit sur une forclusion du judaïsme Pour
les fondateurs du sionisme, tout ce qui avait trait au judaïsme, sa
religion, l’histoire millénaire, les rites, etc. n’étaient que
superstition qu’il fallait extirper. Seule la science devait dominer. Ce rejet radical, je l’appelle forclusion, en reprenant un concept de Jacques Lacan. Herzl et Nordau ont construit une boite vide dont les parois sont le nationalisme et la violence coloniale. Les sionistes vont arriver en Palestine avec cette boite vide. Dans son discours à l’ONU, Yasser Arafat dira plus tard : « Vous
étiez persécutés par des pogroms, mais si vous étiez venus en Palestine
comme réfugiés, nous vous aurions accueillis comme nous avons accueilli
les Circassiens* ; mais vous êtes venus en nous rejetant, pour nous
dominer… » Avec cette boîte vide, tous les repères étaient perdus :
comment enterrer les morts, comment organiser les mariages ? Etc. Toute
vie sociale repose sur un minimum de rites, mais les sionistes
voulurent les effacer. Dans les années 1930, le rabbin Rav Kook, citant
Isaie, émettra cette idée : les sionistes, cette bande d’athées, c’est
l’âne que Dieu nous envoie pour arriver au Messie. Dans Isaïe, le Messie
doit arriver sur un âne.
Ma théorie, c’est donc que le sionisme s’est construit sur une
forclusion du judaïsme. La terrible guerre dont nous sommes témoins
aujourd’hui au Proche-Orient, c’est une guerre fratricide. Je l’ai dit,
le schéma psychanalytique que je promeus repose sur cette notion de
conflit entre frères.
J’ai souhaité aller plus loin en posant la question : pourquoi déteste-t-on son frère ? Lacan parlait du « stade du miroir »,
ce moment où le bébé jubile quand il voit son image spéculaire. Je
crois au contraire que le bébé n’est pas content de se voir. Il se
demande : qui est ce type ? C’est mon double. Le frère, c’est ce qui
ressemble le plus au double. Le philosophe français René Girard
(1923-2015) a beaucoup parlé de cela dans La Violence et le Sacré (1972). Pour l’Israélien, le Palestinien c’est son double, et qu’est-ce qu’on fait face à son double ? On le tue.
Le psychanalyste le plus proche de Freud, Otto Rank, a écrit sur
ce sujet passionnant un court essai. Le grand Dostoïevski aussi a écrit
un roman intitulé Le Double. Dans
cette guerre fraternelle, les deux frères meurent, c’est ce à quoi l’on
assiste au Moyen-Orient, un double suicide. Le judaïsme se meurt :
comment peut-on encore être juif avec Netanyahou et la grande majorité
de la population israélienne qui le soutient ? Les manifestations en
Israël sont marginales, 80 % des Israéliens veulent la disparition des
Gazaouis. Itzhak Rabin aimait dire qu’il avait fait un rêve dans lequel,
à son réveil, Gaza avait disparu… Cette tragédie est une psychose qui
se traduit par un massacre et on ne connaît pas ses conséquences. Elles
seront terribles.
*Habitant le Caucase, les Circassiens furent chassés par les
Russes au XIXe siècle, puis installés dans diverses régions du
Moyen-Orient dont la Palestine ottomane, où ils maintinrent leur
identité culturelle et eurent de bonnes relations avec la communauté
locale.
Gérard Haddad
Témoignage de Gérard Haddad, médecin , lors du rassemblement Palestine proche de l’ambassade d’Israël à Paris :
Gérard Haddad explique qu’il est bouleversé par le génocide à Gaza :
« Pendant longtemps j’étais sioniste. Je suis parti vivre en Israël
comme médecin pendant 3 ans. Ça m’a guéri de mon sionisme.[..] la
violence là bas est sans limite… » « les relations humaines là bas entre
juifs déjà sont désastreuses et d’une violence incroyable … je ne me
suis pas retrouvé là dedans : tous les rêves que j’avais. Tous mes
fantasmes d’une société idéale , fraternelle se sont effondrés. »« Je
suis bouleversé. effondré . Les Massacres d’enfants , de journalistes,
de médecins , de vieillards … tout ça au nom … je suis juif moi même …
je suis attaché à mon judaïsme... le sionisme s’est constitué une forclusion du judaïsme
. Ils ont construit une boite vide dont les parois étaient faites de
violence nationaliste et aujourd’hui cette forclusion se traduit par ce
génocide du peuple palestinien, qui est un peuple frère. »« Ce sont des
êtres humains comme vous et moi . Tout ça est d’une infinie barbarie ,
bouleversant, scandaleux. Pire peut être que ce qu’ont fait les nazis.
Et surtout on ne sait pas les conséquences à moyen terme. »
Une région qui allait devenir une ligne de Front idéologique
entre impérialisme et communisme... comme aujourd’hui entre
monde unipolaire et monde multipolaire. L’histoire se répète !
A propos des « pogroms », le mot a pris le sens d’émeutes
contre les Juifs, pouvant aller jusqu’aux massacres. "Les
sanglants pogroms de Russie, échelonnés de 1880 à 1905"
(Weill Julien, Le Judaïsme, 1931, p.55). Et le mot « pogrom » est
devenu par métonymie synonyme de l’oppression des Juifs dans l’Europe
orientale.
Or il se trouve que dans son étymologie, le mot n’a aucune
connotation raciste, contrairement au sens commun actuel
véhiculé par le mouvement sionisme depuis la fin du XIX°,
l’associant à de l’antisémitisme.
Empr. au russe pogrom « id. », dér. de gromit’
« détruire » et du préf. po- indiquant une notion
d’achèvement. https://www.cnrtl.fr/etymologie/pogrom
Tout massacre d’une population, d’un village, pourrait être
qualifié de pogrom.
Le logique voudrait que
l’on se questionne pour savoir quels purent avoir été les
événements déclencheurs de ces pogroms dans cette Russie
encore tsariste, vers 1880. Un fait remarquable est l’assassinat du
Tsar Alexandre II de Russie le 13 mars 1881 à
Saint-Pétersbourg. Attentat à la bombe commis par un
mouvement Narodnaïa
Volia (« Volonté du Peuple »), un parti
anti-tsariste, branche armée /aile terroriste du Narodniki
un mouvement socialiste agraire actif de 1860 à la fin du
XIXe siècle fondé selon les marxistes par des populistes
russes.
Les aspirations au socialisme faisaient leur chemin dans
cette Russie impériale... dans l’espoir que cela
précipiterait une révolution.
Il en ressort que les Juifs d’Europe orientale n’était pas
particulièrement visés par une répression spécifique
raciste, que l’ennemi politique était les aspirations
révolutionnaires... qui aboutiront à la révolution
bolchévique en 1917...
Ces pogroms ont tué des Juifs des deux côtés de ce front idéologique.
Source, un élément à charge pour qu’il soit traduit en justice devant la CPI ! : « Tricky Bibi » : Netanyahou le perfide. Une vidéo secrète filmée en 2001 confirme la stratégie de Netanyahou visant à commettre un génocide. Commentaire de Gideon Levy Par Gideon Levy Mondialisation.ca, 26 juin 2025 Haaretz 15 juillet 2010 Cette vidéo aurait dû être interdite aux mineurs. Cette vidéo aurait
dû être diffusée dans tous les foyers d’Israël, puis envoyée à
Washington et à Ramallah. Interdite aux enfants pour ne pas les
corrompre, et distribuée dans tout le pays et dans le monde entier pour
que chacun sache qui dirige le gouvernement d’Israël. Channel 10 a
présenté : Le vrai (et faux) visage de Benyamin Netanyahou. Diffusée
vendredi soir dans l’émission « This Week with Miki Rosenthal », elle a
été filmée secrètement en 2001, lors d’une visite du citoyen Netanyahou
au domicile d’une famille endeuillée dans la région de la mer Noire.
En 2001 il se vantait en privé d’avoir fait échouer les Accords d’Oslo, ce qu’il disait de plus à ses hôtes de la colonie d’Ofra en plein cœur de la Cisjordanie à propos des Palestiniens préfigurait ce qui se passe à Gaza :
"... L’essentiel est, avant tout, de les frapper, non pas une
fois, mais plusieurs fois, si douloureusement que le prix à payer en
sera insupportable.
Pour l’instant, le prix n’est pas insupportable. [Je veux dire] une attaque à grande échelle contre l’Autorité
palestinienne, leur faisant craindre que tout soit sur le point de
s’effondrer.
C’est la peur qui les amène… – Attendez, mais là encore, « le monde » dira que nous sommes des agresseurs. – Ils peuvent dire ce qu’ils veulent. – Tu n’as pas peur de ce qu’ils vont dire, Bibi ? – Non. Surtout aujourd’hui, avec les États-Unis. Je sais comment ils sont.
L’Amérique est quelque chose que vous pouvez facilement manœuvrer et avancer dans la bonne direction..."