Je citais Gamaliel à titre exemplaire, puisqu’il fait partie de la doctrine chrétienne évangélique, une direction spirituelle à suivre...
On va dire à la louche que dans l’univers des monothéismes dans la filiation abrahamique, la Oumma (c’est ainsi qu’on appelle la famille musulmane) dans sa diversité, représente en nombre de croyants, le même poids démographique que la chrétienté... entre un milliard et demi de personnes chacune, ou deux, on ne va pas chipoter... La religion des israélites cent fois moins... ce qui n’ôte rien à la valeur de certaines sources de la Torah, ou Tanakh fort respectables.
Est-ce que cela ne mérite pas quelques considérations... la polémique islamo -chrétienne (surtout catholique pour tout dire historiquement) n’est pas nouvelle, elle date du moyen-âge...
Il serait peut-être temps de changer de registre plutôt que d’alimenter des polémiques stériles
« Mais un pharisien, nommé Gamaliel, docteur de la loi, estimé de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin, et ordonna de faire sortir un instant les apôtres. Puis il leur dit : Hommes Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces gens. Car, il n’y a pas longtemps que parut Theudas, qui se donnait pour quelque chose, et auquel se rallièrent environ quatre cents hommes : il fut tué, et tous ceux qui l’avaient suivi furent mis en déroute et réduits à rien. Après lui, parut Judas le Galiléen, à l’époque du recensement, et il attira du monde à son parti : il périt aussi, et tous ceux qui l’avaient suivi furent dispersés. Et maintenant, je vous le dis ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette oeuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu. Ils se rangèrent à son avis. »
Dans la rhétorique du choc des civilisations qui servait hier à justifier la mal nommée « guerre contre le terrorisme » et aujourd’hui la guerre génocidaire à Gaza, un concept se trouve depuis une quarantaine d’années mobilisé : celui de la « civilisation judéo-chrétienne ». Ce contre-sens historique est porté aujourd’hui en étendard par les droites extrêmes et les extrêmes droites occidentales, de Bruno Retailleau jusqu’à Benyamin Nétanyahou.
À quoi renvoie au juste ce concept ? Que signifie cette appropriation récente par la culture européenne et nord-américaine de la judéité, après une histoire pluriséculaire de pogroms anti-juifs sur le Vieux continent ? Quels en sont les mécanismes ? Et contre quels nouveaux ennemis de l’Occident ce doublon est-il mobilisé ?
Nous explorerons toutes ces questions avec l’historienne et ancienne journaliste tuniso-française Sophie Bessis, à l’occasion de la sortie de son dernier livre La Civilisation judéo-chrétienne : anatomie d’une imposture, aux éditions Les Liens qui libèrent (mars 2025).
00:00 Étrange Histoire Étrange Géographie
07:37 Anti-Judaïsme
14:14 Antisémitisme
18:30 Nazisme
21:58 Une invention orientale
24:22 Sionisme Nationalismes
31:09 Moment Eichmann
36:44 l’Europe se restaure une innocence
41:48 « Innocence ontologique »
48:36 Colonialisme
55:56 Monde Arabe
1:03:38 Sionisme chrétien
1:08:25 Diaspora
1:13:40 Tchat : et l’extrême droite ?
C. Thèses délibérément mensongères : C1 : Jésus n’a pas été crucifié (blasphème contre le sacrifice de Jésus - Coran, 4.157)
La citation complète pour contextualiser
155 En raison de leur violation de l’Alliance, de leur mécréance en les Versets d‟Allah, des Prophètes qu’ils ont assassinés sans aucune juste cause, et de leurs dires : « Nos cœurs sont incirconcis ?! » Mais c‟est Allah qui les A Scellés, en raison de leur mécréance car peu nombreux sont ceux qui croient, 156 et en raison de leur mécréance et de leur profération une immense calomnie contre Marie,
157. et en raison de leurs dires : « C‟est nous qui avons tué le Messie, Jésus fils de Marie, le Messager d’Allah ». Ils ne l’ont point tué, et ils ne l’ont point crucifié, mais il leur sembla. Certes, ceux qui divergèrent à son sujet doutent de cela : ils n‟en ont aucune connaissance, sauf que de suivre la conjecture. En toute certitude, ils ne l’ont point tué. 158 Mais Allah l’A Élevé vers Lui.
Le Coran pointe la contradiction entre point tué_ point crucifié il leur sembla et la Résurrection, v 158 Allah l’A Élevé vers Lui *
Le blasphème consiste à proférer contre Dieu qui suscité des Prophètes, d’une certaine manière symboliquement c’est Dieu qui est crucifié au travers de son Prophète... et symboliquement Sacrifié Lui aussi...
* Ce qui peut laisser penser à l’enlèvement de Élie au Ciel...2 Rois 2/11 Comme ils continuaient à marcher en parlant, voici, un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l’un de l’autre, et Élie monta au ciel dans un tourbillon.
B. Thèses hérétiques B1 : Jésus n’est qu’un simple prophète (Coran, 2.136, 3.84, 5.75) B2 : Jésus n’est pas le Fils de Dieu (Coran, 17.111, 19.35, 23.91, 25.2) B3 : Jésus n’est pas Dieu (Coran, 5.17, 5.72) B4 : Dieu n’est pas un Dieu unique en trois personnes (Coran, 4.171, 5.73)
Les hérésies sont toujours en référence par rapport à une doctrine, qui est un postulat, une hypothèse dans le cas de figure sur la nature de Jésus qui se désignait (pourtant) « fils de l’homme »..., pas « fils de Dieu »
Schéma des principales divergences christologiques :
Certaines églises chrétiennes tiennent la Trinité pour Vérité, d’autres restées minoritaires comme les coptes, certaines églises orthodoxes, arménienne, syriaque, ne sont pas trinitaires... qui dit vrai...
Le Coran ne reconnaissant pas la Trinité, ni une nature divine à Jésus / Issa... dans la logique chrétienne trinitaire, il passe pour un hérétique. Néanmoins le Coran le reconnait comme Prophète, ce qui n’est pas le cas des Juifs.
De même que Jésus est présenté comme étant le Messie par certaines églises chrétiennes, alors que rien ne l’indique dans les Évangiles, ni dans la Bible.