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Nycolas

Auteur de romans et nouvelles, naturopathe, blogueur occasionnel et "mystique", utilise son temps à observer le monde et la société par le petit bout de la lorgnette, essayant de mieux les comprendre tant il a parfois l'impression d'y être un étranger... mais au fond, ce n'est qu'un homme... Un homme qui traque les idées reçues, la pensée-réflexe, dénonce l'embrigadement et les conditionnements, et essaye modestement d'oeuvrer à un monde plus intelligent et plus humain.

Tableau de bord

  • Premier article le 30/06/2008
  • Modérateur depuis le 13/06/2009
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Derniers commentaires



  • Nycolas 22 juin 2009 11:41

    Je suis allé lire votre article, et très sincèrement, jusqu’à ce que je lise « croyants laïcs », j’ai cru que vous confondiez laïcité et athéisme. Ouf, ce n’est pas le cas...

    Ce qui est donc dommage en définitive, c’est que vous mettez sur le même plan religiosité et laïcité, alors que ces deux choses ne sont pas sur le même plan, puisqu’elles ne s’excluent pas entre elles. C’est pour cela que l’on peut parler de croyants laïcs.

    Or c’est cela qui rend la compréhension du débat sur la laïcité difficile : on ne cesse de mettre la laïcité sur le même plan que les religions, induisant l’idée que l’une et les autres s’opposent...

    La laïcité ne recommande ni de perdre ni de cacher sa religion, elle demande juste de ne pas l’imposer aux autres. Or certains semblent se trouver agressés ou indisposés par les signes religieux que certain(e)s arborent, et c’est pour cela que tant de monde veut les interdire, ces signes.

    Le malheur de l’islam est que ses signes, ou supposés comme tels, puisque la bourqa est une tradition locale plus qu’un signe religieux, ne peuvent pas être ignorés, comme un crucifix, par exemple. Ils sont tellement ostentatoires qu’ils dérangent. Mais tout de même, s’en prend-on aux hindous qui portent une marque de couleur sur le front ? Non... L’islam est bien l’objet d’une détestation profonde dans notre pays, qui s’exprime par le rejet de ces signes que l’on ne saurait voir. Et ce rejet hypocrite par l’interdiction ne règle certainement pas la question, au bout du compte...



  • Nycolas 22 juin 2009 11:20

    M. Péréol, vous me surprenez. Je suis en accord sur le fond de votre article, en accord total sur le principe de la problématique que vous soulevez, alors même que lorsque j’écrivais un article pour dénoncer un autre genre de détournement de la langue à but politique (sur le terme « pédagogie » vous vous en souvenez sûrement : http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/l-abus-de-pedagogie-peut-nuire-a-55622) vous m’aviez reproché de me présenter comme le dépositaire de ce terme, et pourquoi pas de la langue toute entière. Aujourd’hui vous voilà à faire la même chose que moi : dire que les mots sont importants et que toute dérive de sens mérite d’être surveillée.

    Certes vous parlez ici, à juste titre d’une inversion du sens de la laïcité, car non seulement la laïcité n’est pas une tradition, pas plus qu’elle ne peut être une religion. Moi je ne parlais pas à proprement parler d’une dérive sémantique, mais d’un abus d’utilisation d’une sémantique, ce que vous aviez prétendu être un oxymore... Mais à l’arrivée, le résultat est le même. Que l’on détourne le sens d’un terme, ou que l’on introduise l’utilisation de ce sens dans un cadre où son utilisation a manifestement un but politique, dans les deux cas on instrumentalise un mot, et soit on le dépouille de son sens, soit on le détourne, ce sens, mais en tout cas on en fait un usage orienté et politique.

    Pour en revenir à votre article, le collectif « les mots sont importants » dénoncent ce détournement du sens du mot laïcité dans un objectif politique, depuis longtemps, déjà. Voici un lien :

    Une révolution conservatrice dans la laïcité
    D’une laïcité laïque à une laïcité religieuse
    ...

    http://lmsi.net/spip.php?article530&var_recherche=laicit%E9

    Alors bravo pour votre article qui rappelle fort bien ce qu’est censé être le principe de laïcité, même si je ne comprends pas pourquoi à vos yeux, un tel glissement un soudain plus essentiel qu’un autre, dont le but est exactement le même, dans le principe général.

    Je ne doute pas que l’on vous reprochera de faire le jeu de l’islamisme par votre argumentation pourtant neutre, sur le terme dont vous parlez. Le problème est que ce débat est par avance miné, puisque portant d’énormes charges affectives relatives à une confusion entre laïcité et athéisme, entre une ouverture laïque perçue comme laxiste et l’exigence d’une sévérité nouvelle, et plus précisément d’une fermeture, à l’égard de cette religion si forcément marquée à notre époque par des débats politico-médiatiques viciés, qu’est l’islam... En clair, le débat a de grands risques d’être mort-né.



  • Nycolas 21 juin 2009 05:40

    Je précise bien que je suis archi-contre la bourqa qui est vraiment une tradition de cons esclavagistes ne considérant pas la femme comme un être humain à part entière, mais ce qui me dérange dans ce débat, c’est l’instrumentalisation politique de ces femmes, qui n’ont (une fois de plus, il faut dire que c’est tellement débile qu’on n’arrive même pas, nous non plus, à voir en elles des êtres humains) même pas leur mot à dire dedans, et qui sert à réintroduire du religieux dans la sphère publique de manière pernicieuse, sous couvert d’en enlever. Cette politisation du débat cache quelque chose, demandez-vous quoi.

    Pour moi il est clair qu’il y a une nostalgie du temps des croisades, champ lexical qui est d’ailleurs revenu à la mode en ce début de 3e millénaire. Tous comme les nazis avaient récupéré une imagerie païenne, voilà que nous récupérons une logique médiévale... On n’arrête pas le progrès, sous couvert de vouloir défendre des femmes contre leur milieu, pour mieux les dissoudre dans un autre. Nous posons-nous vraiment les bonnes questions ?



  • Nycolas 21 juin 2009 05:29

    "et puis, ce ne sont pas les musulmans que l’on stigmatise, mais les intégristes, ceux qui dénient aux femmes le droit d’exister en tant que citoyenne !« 

    D’accord, mais vous savez très bien quel effet d’amalgame ce genre de débat produit inévitablement...

     »Les intégristes musulmans font porter la bourqa à leur femme, c’est scandaleux !« ==> effet d’amalgame ==> »ces arabes, tous des salauds !« 

    Le débat porte sur des fondamentalistes religieux, et la réputation englobe aussitôt tous les arabes pas forcément musulmans, et des peuples non-arabes pouvant être musulmans ou non. Je me rappelle de l’indignation de certains de mes amis kabyles, de se faire assimiler aux arabes alors que les peuples berbères ne sont pas arabes, au point de vue ethnique, et même pas souvent par la langue.

    Mais bon... il est tellement plus facile de mettre tous les étrangers dans la même case : les arabo-musulmans à tendance forcément intégriste et pourquoi pas terroriste. Bon moi je le dis carrément, ça me fait chier, ces débats où on parle toujours des gens sans leur demander leur avis, comme à l’époque du débat sur le voile, quelques adolescentes qui le portaient se sont vues exclure de certains établissements parce qu’on voulait bien les instrumentaliser... quelques destins pourris par un débat qui est politisé à outrance, et n’a pas grand rapport avec ce que devrait être un débat citoyen où chacun a la parole et peut soutenir son point de vue. Le vrai drame du voile, c’est qu’on considère que ce qui est dedans n’est pas humain et n’a pas le droit de s’exprimer. Et ceux qui disent ça sont avant tout ceux qui parlent de civisme et qui s’opposent à la »barbarie" musulmane... ça laisse songeur.

    La vérité est que, comme on ne peut plus justifier la fracture culturelle entre occident et moyen orient comme au bon vieux temps des croisades, on a un sacralisé la laïcité, y introduisant de vieilles notions religieuses, comme par exemple lorsqu’on met sur le même plan le fait d’enlever ses chaussures avant d’entrer dans une mosquée, et d’enlever son voile avant d’entrer dans une école, comme si l’école était sur le même plan que le temple, c’est à dire la religion.

    Admettons le : nos écoles sont les temples de la république... Le moralisme et le religieux sont de retour dans la justice, dans l’école, et bientôt dans la rue. A quand les preux chevaliers de la sainte-laïcité allant pourfendre le mécréant à coup de taser béni dans les banlieues impies et incultes ?



  • Nycolas 21 juin 2009 05:06

    Je ne comprends pas en quoi la présence d’un article tel que le mien empêche de s’indigner contre les abus anti-démocratiques en tout genre... Il me semble même que c’est, en filigrane, ce que dit mon article : il y a des dénis de démocratie, jusque dans notre pays. C’est même l’un de mes principaux chevaux de bataille ici, si vous regardez un peu mes autres articles : les dénis de démocratie, l’instrumentalisation de la justice à des fins autoritaires et moralistes.

    Et je ne suis pas pro-Dieudonné. Je considère qu’il a droit à la parole, comme tout un chacun, en revanche.

    Et pourquoi ne balaye-t-on pas devant notre porte, au lieu de s’indigner perpétuellement de ce qui se passe en Iran, en Irak, en Afghanistan, ou si des mouches tournent autour d’Obama ?

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