Tout
d’abord, si je comprends bien le fil de votre pensée, vous qui supportez une
personne qui, dites vous, affronte le libéralisme, vous admettez qu’elle lutte
indifféremment contre le libéralisme politique et économique puisqu’en réalité
il ne fait qu’un.
Il
est fastidieux de devoir se répéter. Voilà ce que je disais précédemment :
« TOUS les courants libéraux s’accordent pour dire qu’il y a une dualité
évidente et consubstantielle entre le libéralisme économique et celui
politique. De ce point de vue, c’est à dire du point de vue de la théorie
libérale et de ces éminents penseurs, il y a unanimité. Il y a un consensus
formel et limpide. »
Vous
admettrez donc que je me situais du point de vue des auteurs libéraux qui ont
théorisé les différents courants du libéralisme depuis plus de deux siècles. Or
eux prétendent que les libéralismes politique et économique ne sont pas
dissociables.
Si vous l’entendez bien,
Michéa, qui n’est pas ce qu’on peut appeler un apologète du libéralisme, soutien
précisément cette assertion :
Pour recadrer cela dans une
perspective historique, étant votre domaine supposé de compétence, sachez tout d’abord que le libéralisme - pièce
maîtresse de la philosophie des Lumières s’il en est – est fondamentalement
une idéologie progressiste, opposée à ce titre à toutes les positions « conservatrices » ou « réactionnaires ».
Ce qui permet par
la même de comprendre les déboires historiques répétés, et non des moindres,
des différentes variantes de l’anticapitalisme de gauche. Il est en effet
parfaitement illusoire de penser qu’on pourrait développer jusqu’au bout le
programme du libéralisme politique et culturel, c’est-à-dire le programme de la
gauche et de l’extrême gauche contemporaines, sans réintroduire, à un
moment ou à un autre, la notion de nécessité d’économie de marché.
Et il est
tout aussi naïf de penser qu’on pourrait étendre à l’infini la logique du
marché sans accepter la « libéralisation » des mœurs qui en est le
complément culturel inévitable. On comprend mieux pourquoi le socialisme
originel ne se définissait généralement pas en fonction de ce clivage
gauche/droite dont toute discussion est devenue sacrilège. Pourriez-vous
seulement citer, du reste, un seul texte de Marx où celui-ci appellerait à
l’union de la gauche et autres billevesées ?
Ce à quoi nous assistons (c’est la thèse de Michel Clouscard), au
contraire que ne l’appréhende habituellement la pensée dominante, est le fruit
en ligne directe de l’idéologie libérale-libertaire commune avec la gauche sociétale post-soixante huitarde à laquelle s’est totalement soumis nos bonnes âmes progressistes (à travers notamment l’imposture d’un antiracisme idéologique et institutionnel), elle-même découlant du concept de liberté
de choix et d’action (suffisamment revendiqué par les féministes d’alors), donc
d’un libre-arbitre lui-même issu de l’idée de liberté transcendantale qui
s’oppose absolument avec l’idée d’un déterminisme historique qui fonde la
philosophie politique de Marx et précédemment d’Hegel.
Il faut donc en revenir à
rechercher les véritables causes de cette évolution qui a infusé de façon tout à
fait considérable les sociétés dites modernes à partir de cette période (début des années 70),
puisque il est à présent démontré, du fait de son développement à travers des
structures politiques et culturelles relativement hétérogènes, que cela ne peut
en être aucunement réduit au seul socialisme, que ce soit d’ailleurs sous sa
forme d’économie politique que sous sa forme doctrinale qui la sous-tend nécessairement.
Le
libéralisme politique, dans les faits, a-t-il TOUJOURS été lié au libéralisme
économique ?
A
quelque rares exceptions près, assurément. Sur le
rôle de l’Etat : les premiers théoriciens libéraux ne concevaient pas de
libéralisme sans Etat protégeant le libéralisme. Que serait le libéralisme sans
le rôle du Royaume-Uni et des USA dans les guerres mondiales ?
L’Etat garantit par
l’autorité conférée par sa force armée le libéralisme qu’il prône et dans la
mesure de son pouvoir (contre les antilibéraux extérieurs) et de sa puissance
(contre les antilibéraux intérieurs tels les criminels et la mafia).
Le pacifisme bien réel
(phénomène connu sous le nom de démoralisation) instillé par la propagande
soviétique chez les intellectuels occidentaux, bride encore notre volonté
d’autorité et de force armée, ce qui menace d’autant, du point de vue encore
une fois de la théorie libérale, le libre échange et l’enrichissement global
consécutif des démocraties et du reste de la planète.
Le point d’achoppement évident étant que votre postulat universaliste, qui fonde votre corps de doctrine, et même
si prévisible, énonce une aberration conceptuelle en déclamant que tous les
humains jouissent des droits libéraux (libéralisme politique) sans contrepartie
comportementale. Cela constitue une imposture intellectuelle et morale formelle.
« Car une civilisation
repose sur ce qui est exigé des hommes, non sur ce qui leur est fourni » -
A. de Saint-Exupéry.
C’est
sans doute que vous ne retenez du libéralisme économique que la liberté de
circulation des marchandises et des humains
Absolument pas, vous
extrapolez à partir de données incomplètes me concernant, ce qui est
assimilable à un procès d’intention. Attention de ne pas vous départir de votre
méthode « extrêmement rigoureuse » !
Non !
Le droit à la propriété, pour ne parler que de lui, n’est pas remis en
question,
Parce
que ce droit – garanti par la déclaration des droits de l’homme en tant que
faisant partie intégrante du corpus jusnaturaliste - serait donc remis en
question par le frère-maçon Mélenchon, à la vulgate essentiellement
droits-de-l’hommiste ? Vous vous moquez certainement.
(dans
son programme : suppression de l’impôt sur le revenu, réduction des droits
de succession, suppression des prélèvements sur les plus-values boursières...).
Auriez-vous
l’amabilité de me fournir vos sources je vous prie, je ne crois pas du tout
qu’il soit prévu dans le programme de MLP de supprimer l’IR ??! Ni d’ailleurs votre autres affirmations sans doute tirées d’un mauvais tract du FdG.
Ensuite,
je ne suis pas anti-protectionniste, certainement pas. Mon protectionnisme,
contrairement à vous, se borne aux limites de l’Europe, qui doit être une
instance de solidarité sociale entre les différents peuples qui la composent.
J’excuse par avance votre
méconnaissance totale des dossiers économiques, mais sachez avant toute chose que le
protectionnisme, comme toute politique quelle qu’elle fut, à vocation d’abord de
s’ancrer dans le réel. Or votre protectionnisme européen est nul et non avenu puisqu’il supposerait que tous les Etats-membres s’y soumettent ensemble et
simultanément.
DES pays et DES peuples aux cultures multiséculaires qui, ne vous en
déplaise, pour ces raisons mêmes et jusqu’à preuve du contraire (dans mille ans peut être si dieu nous prête vie), demeurent avoir encore des intérêts
divergents sinon antagonistes.
D’autre part, si l’argument
invoqué pour justifier le retour à une politique protectionniste sont les
niveaux de vie, de salaires, de protection sociale et environnementale entre
sphères économiques radicalement hétérogènes, pourquoi donc vouloir vous
limiter à vous borner aux limites de l’Europe, puisqu’en Europe les dumping
sociaux et fiscaux opérés par de nombreux pays sont tout aussi importants qu’à
l’extérieur de celle-ci ? Hâ oui : elle DOIT être… Nous sommes ni
plus ni moins que dans le registre du yaka focon.
Mais je vous pose une question pour le moins légitime : auriez-vous l’obligeance de
tirer le bilan des vingt dernières années de construction européenne afin de tester
l’hypothèse - votre hypothèse - selon laquelle celle-ci aurait pu permettre l’émergence d’une
Europe socialement convergente et progressiste ?
Eu égard au bilan socio-économique
objectivement désastreux, et dont Mélenchon que vous le vouliez ou non est
comptable du fait de ses nombreuses participations gouvernementales et cautions
politiques, vos préceptes se révèlent faussement sages. Et pour cause :
ils sont en réalité le masque de vos inconséquences et utopies criminelles, et,
sauf votre respect, de votre médiocrité.
La seconde critique de votre positionnement européiste est évidemment le fait que si notre but est de réequilibrer nos échanges
La
chienlit (puisque vous semblez être amateur du général De Gaulle) actuelle est
au contraire la conséquence directe de l’absence d’un pouvoir politique fort
qui fasse de cette Europe plus qu’une Europe du fric gérée par des technocrates
Bruxellois
Vous
n’avez donc pipez mot sur ce que j’ai patiemment pris le temps de vous
expliquer : qu’il n’y a pas de peuple européen, sous bassement absolument
nécessaire et condition du saut « qualitatif fédéral » que vous
appelez de vos vœux, et qu’en conséquence, au-delà de vos chimères discursives,
vous continuez de brasser du vent pendant que les peuples européens se
meurent. Sachez bien une chose : en politique comme en amour il n’y
a pas d’amour et de politique au sens le plus noble sans preuves. Et quels
preuves vous concernant !
Libre
à vous de ne pas y croire parce qu’hélas aucune preuve scientifique ne permet
de prouver quoi que ce soit dans ce domaine
Bah
voyons, vous voilà basculer soudainement et opportunément vers la « science molle » que vous fustigiez : nous avons l’exemple de plusieurs dizaines de zones monétaires uniques
qui ont explosé ces cinquante dernières années pour exactement les mêmes raisons, mais bien sur nous n’avons toujours pas
de preuves tangibles, de tendances objectives, et de faits étayés...
Et
bien sûr les peuples européens veulent le fédéralisme, soit aliéner un peu plus
qu’elle ne l’est déjà leurs prérogatives régaliennes et de souveraineté, et
donc in fine leurs idéaux démocratiques. Et il serra toujours temps que vous
nous démontriez comment la démocratie peut s’épanouir et ne serait-ce que
subsister sans souveraineté.
C’est d’ailleurs tellement vrai qu’ils le souhaitent que je me dois de vous rappeler que les français, les
irlandais, les hollandais, soit tous les peuples qu’ont eu daigné de demander
leur avis directement, se sont prononcé CONTRE l’accentuation du processus
d’intégration d’une Europe, certes libérale (mais il est bien tard pour s’en
apercevoir quant on l’a soutenu par le passé de tous ses votes), mais qui a
vocation également au fédéralisme et ce depuis le début, tel que la concevait explicitement
les pères de l’Europe, tous stipendiés par les officines du renseignement
américain, nous le savons désormais, au fur et à mesure des déclassifications.
Là
encore, plus que par naïveté, certains (bien identifiés) ont pêché par infinie médiocrité.
Sachant que l’ONU a elle-même reconnu une fourchette de morts comprise en 7 et 10 millions de 1932 à 1933, le génocide ukrainien serait soumis aux mêmes règles de droit que celles concernant le génocide juif par les nazis vous tomberiez ni plus ni moins et immédiatement sous le coup de la loi pour contestation de crime contre l’humanité.
Vous êtes un négationniste forcené, et donc potentiellement criminel.
D’autre part la révolution « culturelle » chinoise et le non moins fameux « grand bond en avant » sous le joug d’un marxisme-lénninisme à la sauce Mao, est quant à lui responsable de la mort de plusieurs dizaines de millions d’autres individus de 1958 à 1961 (de 15 à 36 millions selon les estimations).
Au Cambodge, le pouvoir khmers rouges provoque 1 million de nouvelles victimes au cours de la révolution communiste.
Vous parlez d’un sacré bilan !
Non vraiment, taisez-vous à tout jamais, c’est une question de salubrité publique. Vous êtes DEFINITIVEMENT disqualifié, notamment pour tenir des leçons de morale à l’intention de vos adversaires. Je serais vous je creuserai un trou pour ne plus jamais en sortir et mourrai de honte.
Je vous mets au défi, vous entendez, de démontrer que des crimes, des tendances, des faits équivalents se sont tenus ou ont existé en Europe occidentale ou aux Etats-unis.
Vous nous apprenez que de Gaulle, qui représentait la quintessence du souverainisme et de l’indépendance nationale cher également à Marine Le Pen, pouvait être réduit au qualificatif d’extrême-droite ?!
Nous ne sommes plus dans les années 80 que diable, et, malgré sa rhétorique à l’intention des éternels cocus, votre ex-sénateur socialiste est disqualifié puisque ô combien comptable de l’extrêmement lourd passif de la gauche dite « de gouvernement » à laquelle il a appartenu tant et tant d’année, et qui cogéré le pays à mi-temps avec la droite éponyme.
Vos catégorisations sont surannées. Et vos épouvantails n’ont désormais plus qu’un effet très modéré sur l’opinion. Ceci expliquant certainement cela.
Ainsi, nous verrons bien au soir du premier tour des législatives si le fameux vote utile a fait globalement perdre tant d’électeurs que ça au FdG au profit du PS.
Car j’ai entendu il y a quelques jours de la bouche même de Mélenchon qu’il ne devrait avoir justement plus de phénomène de vote utile du fait de la nature particulier de ce scrutin.
Et il en sera de même pour le vote concernant le « rassemblement bleu marine ».
Attention donc aux désillusions, les éléments de langage ont leur limite !
Etant donné que le FdG est comme chacun sait le faux nez du PCF, qui fut lui-même fondé en 1920, non effectivement le ratio d’efficacité électorale ne joue pas en faveur de ce premier. Ainsi la comparaison étant fort peu flatteuse avec le FN, surtout lorsque l’on se concentre sur les résultats du vote ouvrier...